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ARCHIVÉE - Ressources et services multiculturels

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Ressources

EC 01:29

Collections et services multilingues / multiculturels

Proposition

Groupe de travail sur les politiques

de développement des collections

Pierre Gamache
Libby Martin
Maryna Nowosielski


19 septembre 2001


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Table des matières

CONTEXTE

Une société canadienne multilingue et multiculturelle
La population canadienne
Biblioservice multilingue

LA SOLUTION CANADIENNE

Collections et services du patrimoine
Des services de bibliothèque pour le nouveau millénaire

Recommandations

I. RÔLE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

1. Général

II. COLLECTIONS DE LA BNC

1. Collections de documents canadiens
2. Documents canadiens publiés à l'étranger
3. Collections multilingues / multiculturelles générales
4. Ouvrages de référence internationaux
5. Publications d'organisations internationales
6. Publications de gouvernements étrangers

III. BIBLIOTHÈQUES CANADIENNES

1. Collections
2. Sélection, acquisition et consultation
3. Services Internet
4. Ressources financières et humaines
5. Consultations

IV. BIBLIOTHÈQUES INTERNATIONALES

1. Bibliothèque multilingue internationale virtuelle

COLLECTIONS ET SERVICES MULTILINGUES / MULTICULTURELS

CONTEXTE

Une société canadienne multilingue et multiculturelle

Selon Gwynne Dyer, historienne et journaliste, le Canada est en voie de devenir « le pays le plus spectaculairement diversifié au monde »1, et certainement la société la plus diversifiée qui ait jamais existé. En 1967, le Canada a décidé d'ouvrir ses frontières aux immigrants de toutes couleurs, croyances religieuses et langues, et cette décision a changé la face du pays pour toujours. Au fil du temps, le Canada a constitué un microcosme de toute la planète2. Ce pays n'impose pas une identité unique aux immigrants, et les aide même à conserver leur identité, leur langue et leur culture. En 1971, le Canada devenait le premier pays au monde à adopter le multiculturalisme comme politique officielle. La Loi sur le multiculturalisme canadien affirme la valeur et la dignité des citoyens canadiens, sans égard à leurs origines raciales et ethniques, à leur langue ni à leur foi. Cette loi confirmait les droits des peuples autochtones ainsi que le statut des deux langues officielles du Canada.

Le multiculturalisme canadien a transcendé son rôle premier de prestation de services et de programmes spéciaux pour les nouveaux arrivants. Notre diversité fait maintenant partie de notre patrimoine national. Les Canadiennes et les Canadiens aptes à utiliser plus d'une langue et à comprendre de nombreuses cultures favorisent la participation du Canada sur la scène mondiale dans les domaines de l'éducation, des sciences et de la technologie, du commerce et de la diplomatie. La mondialisation et les récents progrès technologiques sont en voie de créer un monde sans frontières et multilingue, dans lequel les communications et le commerce internationaux priment plus que jamais. « Avec la mondialisation et l'augmentation de la migration, le multiculturalisme étend sa portée pour inclure non seulement les minorités locales dans un contexte national, mais aussi les groupes ethnoculturels au sein d'une société et d'une économie mondiales. Dans une société planétaire, nous faisons tous partie de « tribus » minoritaires, dans lesquelles nous échangeons et nous nous développons en tant qu'être humains dans un contexte multiculturel. »3. [Traduction]

La population canadienne

Manifestement, l'amalgame linguistique et culturel de la population canadienne change rapidement, comme en témoigne l'information de base révélée par la plus récente répartition démographique des langues patrimoniales au Canada, y compris la langue parlée à la maison. La population appartenant au groupe des minorités visibles a doublé entre 1986 et 1996. À Toronto et à Vancouver, ce segment représente près du tiers de la population. Durant cette même décennie, le nombre de citoyens d'expression chinoise a presque triplé ; celui des citoyens parlant arabe, tagalog, punjabi, russe, coréen et espagnol a plus que triplé ; le nombre de locuteurs vietnamiens et polonais a augmenté de 150 % et celui des locuteurs italiens et ukrainiens a connu une légère hausse. Le rapport annuel Faits et chiffres 1999 : Aperçu de l'immigration, produit par Citoyenneté et Immigration Canada, dresse la liste des 10 principaux pays d'origine des immigrants venus au Canada entre 1997 et 1999 : Chine, Inde, Pakistan, Philippines, Corée, Iran, États-Unis, Taïwan, Sri Lanka, Royaume-Uni, Russie et Hong Kong. On ignore à quels groupes linguistiques appartiennent les immigrants canadiens provenant des États-Unis et du Royaume-Uni. Pour la même période, les origines des demandeurs ou des personnes à charge se répartissent comme suit : 50,77 % - Asie et Pacifique ; 20,5 % - Europe et R.-U. ; 17,62 % - Afrique et Moyen-Orient ; 8 % - Amérique du Sud et Amérique centrale ; 2,9 % - États-Unis et 0.21 % non déclaré. Il sera intéressant de voir si le recensement de 2001 précisera ces tendances.

L'évolution rapide de la composition démographique du Canada a un impact de plus en plus prononcé sur les besoins en services d'information et de bibliothèque au pays. Aujourd'hui, Toronto est reconnue comme la ville la plus multiculturelle au monde et est représentative de la tendance vers la fusion de plusieurs municipalités de moindre étendue en une « mégacité » rassemblant une grande variété de groupes linguistiques et de cultures. Dans ce contexte multilingue et multiculturel toujours plus complexe, les bibliothèques publiques doivent trouver des approches novatrices pour leurs collections et leurs services.

Il ne suffit pas de connaître les données démographiques. Les bibliothèques doivent reconnaître les différences culturelles et linguistiques et y adapter leurs collections et leurs services. En plus d'éprouver des besoins particuliers, les immigrants apportent avec eux les attitudes qui prévalent dans leur pays d'origine en ce qui concerne la lecture, l'apprentissage et l'utilisation des bibliothèques en tant qu'organismes. Ces facteurs influent sur le fait qu'ils utilisent ou non les bibliothèques et, le cas échéant, sur les raisons qui les incitent à le faire. Les bibliothécaires municipaux de la ville de New York ont indiqué que les immigrants chinois, philippins et russes sont ceux qui utilisent le plus les services de bibliothèque. Ils lisent pour le plaisir, ils cherchent des sources de renseignements et apprennent l'anglais en utilisant les différents services offerts par les bibliothèques.

Biblioservice multilingue

En 1973, la Bibliothèque nationale créait le Biblioservice multilingue (BM), système de distribution central destiné à fournir des services de bibliothèque en langues patrimoniales aux Canadiennes et Canadiens intéressés. Ce programme ambitieux allait vite gagner la reconnaissance du milieu international. Ce service a été créé pour répondre directement aux directives du Cabinet concernant le Programme multiculturel des années 1970 et à la résolution prise en 1970 par la CLA (Canadian Library Association) d'examiner la possibilité d'établir un point central de distribution de livres multilingues. Au départ, le Biblioservice multilingue devait fournir des documents destinés à compléter les collections des bibliothèques locales mais, à mesure que diminuaient les ressources financières et humaines des bibliothèques publiques, nombre de petites bibliothèques en sont venues à dépendre entièrement du service. Les documents distribués étaient accompagnés de notices de catalogue et l'acheminement au sein de la province était assurée par les services de bibliothèque provinciaux. Des listes d'éditeurs étaient également produites afin d'aider les bibliothèques à choisir et à acheter des documents pour leurs propres collections. Au cours de la dernière décennie, les besoins des bibliothèques membres, en termes de nouvelles langues et de nouveaux types de lectures, ont changé parallèlement à l'évolution de la composition démographique des régions et même des villes. Après avoir fonctionné efficacement durant 20 ans, la distribution de livres par le BM a cessé en 1994, en raison des modifications apportées par la Bibliothèque nationale en réponse à l'Examen des programmes. Les documents faisant partie de la collection ont été redistribués aux bibliothèques participantes.

En 1994, après avoir consulté l'ensemble des bibliothèques multilingues, la Bibliothèque nationale a préparé et produit des lignes directrices concernant les collections et les services multiculturels dans le document intitulé Le Vaste Monde de l'information : Comment créer des collections et des programmes multiculturels dans les bibliothèques publiques canadiennes. Destiné principalement aux bibliothèques de petite et moyenne envergure, cet outil traitait des thèmes comme la constitution d'une collection, les profils démographiques, la promotion et les programmes, la participation de la collectivité et la formation du personnel.

Depuis 1995, aucune activité n'a été entreprise ni relancée dans le secteur multilingue / multiculturel à la Bibliothèque nationale. Aujourd'hui, il existe différentes façons d'aborder les méthodes permettant de constituer des collections et des services multilingues / multiculturels, sans recourir nécessairement à un modèle de distribution centrale à l'échelle nationale. Les nouvelles technologies, en particulier Internet et l'édition électronique, offrent des moyens novateurs de proposer des documents et des services à des collectivités multilingues. Il devient donc nécessaire de revoir ces services et de les adapter à la nouvelle réalité.

LA SOLUTION CANADIENNE

Collections et services du patrimoine

Les chercheurs et les politiciens insistent de plus en plus sur les quatre facteurs démographies de la société canadienne : les peuples autochtones, les francophones, les anglophones et les communautés ethniques. Ce dernier groupe, diversifié du fait de l'ensemble de ses caractères culturels et linguistiques, finira par supplanter en nombre les francophones et les anglophones. En tant que bibliothèque nationale, la Bibliothèque nationale du Canada (BNC) devrait adapter davantage ses collections et services à la réalité linguistique et culturelle actuelle. Les gens recherchent de l'information qui les représente, quel que soit le médium et, en tant que « bibliothèque au service de tous les Canadiens et Canadiennes », la BNC doit veiller à ce que les Canadiennes et Canadiens y trouvent une information à leur image.

Le Groupe de travail sur les politiques de développement des collections a décidé d'adopter une approche globale par rapport aux collections et services offerts en langues patrimoniales au Canada. Le groupe s'est intéressé non seulement aux collections et services de la Bibliothèque nationale, mais aussi aux services coordonnés ou étayés par elle et offerts par des bibliothèques locales, ainsi qu'aux ressources et services qu'il serait possible d'offrir avec le concours de sources internationales.

Après avoir organisé des réunions, conférences et rencontres personnelles avec des intervenants du domaine, le Groupe de travail a produit une première analyse des besoins des Canadiennes et des Canadiens en ce qui concerne les documents en langues patrimoniales et a examiné les programmes présentement offerts à travers le pays pour répondre à ces besoins. Ces consultations ont confirmé le besoin de documents en langues patrimoniales ainsi que la nécessité d'améliorer et d'étendre les services en place. Elles ont aussi révélé que la Bibliothèque nationale devait reprendre l'initiative de la création et du développement des collections et services multilingues et multiculturels au pays, y compris l'augmentation de ses propres collections et la coordination des efforts de développement de ces collections aux niveaux national et international.

Le Groupe de travail sur les politiques de développement des collections a examiné différentes approches que la Bibliothèque nationale pourrait adopter au regard des collections multilingues / multiculturelles. Différents modèles utilisés tant au Canada qu'à l'étranger ont été analysés et évalués. On a envoyé un questionnaire aux 22 bibliothèques publiques canadiennes ayant participé au programme du BM pour établir l'état de leurs collections et services multilingues et mieux comprendre et définir leurs besoins. Toutes les bibliothèques ont répondu au sondage, sauf une. Les réponses ont permis de compiler des renseignements de base sur la situation actuelle des petites et moyennes bibliothèques de toutes les régions du pays : taille des collections, nombre de langues patrimoniales représentées par les collections, pourcentage du budget affecté aux documents en langues patrimoniales, connaissances linguistiques du personnel, etc. Les bibliothèques participant au sondage devaient aussi indiquer leur opinion à l'égard de certains rôles et projets envisagés pour la Bibliothèque nationale ainsi que leur intérêt à participer à différents projets nationaux.

Le sondage a révélé que la plupart des petites et moyennes bibliothèques affectent peu de crédits budgétaires, s'il en est, au développement de leurs collections en langues patrimoniales et que celles-ci sont demeurées pratiquement inchangées depuis le démantèlement du BM. Les petites bibliothèques n'ayant plus les ressources pour faire progresser leurs collections se sont montrées particulièrement intéressées par des projets comme des programmes de subventions pour la création ou le soutien de collections par l'entremise d'un point de distribution central. En fait, toutes les bibliothèques ont appuyé l'idée de mettre en place un programme de subventions assorti d'une aide adéquate pour l'acquisition de documents en langues patrimoniales. Les grandes bibliothèques ont indiqué qu'elles s'occupaient activement de développer leurs collections et leurs services et se sont plutôt intéressées aux questions comme le manque de spécialistes linguistiques et de soutien technologique. La plupart des bibliothèques ont largement appuyé les projets suivants : former des partenariats et coordonner le développement des collections, produire des outils de développement, comme des répertoires, des listes de fournisseurs et des avis de nouvelles publications, établir une fenêtre dans le site Web de la BN pour organiser l'information pertinente par rapport aux collections disponibles au Canada, créer un portail Web sur le site de la BN proposant des liens structurés vers des ressources électroniques offertes de par le monde dans différentes langues et effectuer une étude officielle sur la demande canadienne concernant les documents produits en d'autres langues. Bon nombre des répondants ont estimé que la Bibliothèque nationale pourrait jouer un rôle de promotion et de défense des services de bibliothèque multilingues / multiculturels au Canada au niveau national.

Le Groupe de travail a aussi examiné en détail les modèles d'acquisition de documents et les activités de plusieurs bibliothèques canadiennes au regard de leurs collections et services multilingues, notamment les bibliothèques municipales de Toronto, de Calgary et de Vancouver ainsi que la bibliothèque provinciale de la Saskatchewan. Les recherches du Groupe ont surtout porté sur les bibliothèques publiques offrant des services directs aux collectivités multiculturelles. Les bibliothèques provinciales n'ont pas été consultées, car ces institutions semblent en période de transition quant à leur rôle dans la prestation de services multilingues. Le Groupe a aussi examiné les études sur les services de bibliothèque multilingues effectuées par la Library Services Branch de la Colombie-Britannique et par la Bibliothèque publique d'Ottawa. Les conclusions et les recommandations de ces deux études, ainsi que les résultats de l'examen des différentes bibliothèques et les réponses données au sondage ont tous été pris en compte dans les recommandations du présent rapport.

Cependant, il faudra mener davantage de recherches et de consultations sur des questions d'ordre général, tel que le taux de lectures effectuées en langues patrimoniales par différents groupes ethniques, la relation entre la langue parlée à la maison et les services de bibliothèque, la relation entre la durée du séjour au Canada et le type de documents demandés, empruntés ou consultés par les nouveaux Canadiens et Canadiennes ainsi que l'utilisation des nouvelles technologies par les différents groupes linguistiques. Il serait aussi utile de savoir pourquoi certains groupes utilisent les bibliothèques et d'autres pas, et comment promouvoir l'utilisation des services de bibliothèque auprès de ces derniers. De plus, il faudrait étudier l'importance et la valeur des services de bibliothèque sur l'avenir et la carrière de ces clients. Ces études pourraient être versées au site Web de la BNC et être consultées sous forme électronique par les autres bibliothèques.

On a également examiné des modèles d'acquisition de documents utilisés au niveau international pour des documents produits en différentes langues afin de déterminer le ou les modèles qui pourraient s'appliquer à la Bibliothèque nationale du Canada et d'établir dans quelle mesure une collaboration internationale pourrait améliorer la prestation des services au Canada. Ces recherches ont porté notamment sur les méthodes d'acquisition utilisées ou envisagées par d'autres bibliothèques nationales, comme les bibliothèques nationales de l'Australie, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de la Finlande. Les approches utilisées par les bibliothèques nationales des pays nordiques et de l'Australie ainsi que les modèles des bibliothèques publiques de New York, de Queens et de Brooklyn ont aussi été analysés.

Des services de bibliothèque pour le nouveau millénaire

Il est clair qu'il faudra envisager pour l'avenir de nouveaux modèles d'acquisition et de nouveaux modes de prestation des services pour les ressources en langues patrimoniales. Nous devons aussi redéfinir le rôle que la Bibliothèque nationale du Canada jouera dans la coordination ou la création de ces services. Les hypothèses qui sous-tendent notre action sont que ces services devraient être accessibles à tous les citoyens du pays, dans toutes les régions, et qu'ils devraient provenir de différentes sources : de la Bibliothèque nationale - collections de documents canadiens, de documents canadiens publiés à l'étranger, collections numériques et documents de nature générale et de niveau moyen produits en langues patrimoniales (ni populaires, ni universitaires) ; des bibliothèques publiques et de certaines bibliothèques ethniques - surtout des ressources documentaires locales et des lectures pour le plaisir ; des sites et portails Web bien structurés et accessibles - liens vers des ressources du monde entier et liens pouvant être créés et entretenus conjointement dans le cadre d'une forme de consortium international, tel que la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (l'IFLA).

Ainsi, la vision et l'approche globale et intégrée adoptées par le Groupe de travail dans ses recommandations englobent les collections de la Bibliothèque nationale du Canada, celles de différentes bibliothèques canadiennes - bibliothèques de recherche, organismes publiques et ethniques - ainsi que les collections d'autres bibliothèques du monde entier. Tous les supports ont été pris en compte : imprimés et électroniques, matériels et en ligne. Cette vision comprend aussi des ressources multilingues mondiales, présentement offertes en différentes langues sur Internet et évaluées par des bibliothèques américaines, européennes et australiennes, ainsi que des liens offrant un accès multilingue disponibles sur leurs sites Web. L'utilisation de la plus récente technologie (systèmes d'exploitation, fureteurs) et d'Unicode pour la prestation des services dans toutes les langues constitue aussi un élément important de cette approche. Le Groupe de travail reconnaît également que, pour être efficaces et pertinents, ces collections et services de consultation devront être offerts localement. Les bibliothèques locales connaissent bien les besoins de la collectivité et, avec un soutien adéquat au niveau national, elles seront plus en mesure de répondre à la demande de services en langues patrimoniales.

Recommandations

I. RÔLE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE

1. Général

(a) Confier de nouveau à la Bibliothèque nationale du Canada la responsabilité première de soutenir, de promouvoir, de coordonner et d'offrir des collections et des services multilingues à tous les Canadiens et Canadiennes ;

(b) Consulter davantage les bibliothèques, les communautés ethniques et les spécialistes sur le terrain afin de discuter de questions comme les besoins d'information des groupes ethniques, le contenu des collections, l'accès ainsi que les ressources technologiques et humaines nécessaires, au moyen de conférences nationales, de réunions, d'ateliers, de rencontres en personne, etc.,

(c) Coordonner la révision et la mise à jour des lignes directrices nationales concernant les services de bibliothèque multiculturels, formulées à l'intention des bibliothèques publiques canadiennes dans le document Le Vaste Monde de l'information1994.

II. COLLECTIONS DE LA BNC

1. Collections de documents canadiens (y compris les ouvrages, sur tout support, en langues patrimoniales publiés au Canada, ce qu'on appelle également les documents canadiens ethniques)

(a) S'efforcer d'acquérir tous les ouvrages par le biais du dépôt légal. Acheter les documents anciens non assujettis au dépôt légal. Étendre les politiques d'acquisition aux histoires locales en langues patrimoniales dans les cas où ces documents ne font pas l'objet d'acquisition des bibliothèques locales.

(b) Créer des programmes destinés à sensibiliser les éditeurs ethniques. Élaborer davantage de feuillets documentaires au sujet du dépôt légal en langues patrimoniales et les diffuser sur le Web. Faire en sorte que les médias et les organisations ethniques aient accès à ces feuillets.

(c) Organiser et promouvoir les collections multilingues / multiculturelles de la BNC et les offrir au public au moyen d'AMICUS, de cédéroms, de bibliographies et de guides, d'expositions, de programmes musicaux, d'articles dans les médias ethniques, etc.

(d) Utiliser Unicode pour permettre la consultation dans la langue de publication (en écritures non romanes).

(e) Augmenter la visibilité de la presse ethnique et d'autres médias ethniques à la BNC, par exemple, par le biais du projet « Nouveaux livres ».

(f) Créer des listes trimestrielles de « Nouvelles acquisitions », consultables par langue, afin de faire connaître les ouvrages.

(g) Numériser les documents canadiens ethniques, comme les premiers journaux ethniques.

2. Documents canadiens publiés à l'étranger (y compris les ouvrages, sur tout support, publiés à l'étranger, par des Canadiennes et Canadiens ou au sujet du Canada ou de Canadiennes et Canadiens, dont bon nombre sont en langues patrimoniales)

(a) Multiplier les acquisitions, augmenter les budgets consacrés aux collections; faire participer les médias ethniques, les organisations et les centres de ressources ethniques, coopérer avec le Conseil international d'études canadiennes (CIEC), le milieu de la recherche et les citoyens canadiens.

(b) Présenter et faire connaître les ouvrages, préparer des expositions et des bibliographies, coopérer avec d'autres bibliothèques nationales, centres d'études canadiennes et organisations ethniques pour obtenir des exemplaires de ces documents ou être informés au sujet des documents canadiens étrangers.

(c) Utiliser Unicode pour permettre la consultation dans la langue de publication (en écritures non romanes).

(d) Inclure ces ouvrages dans les listes des « Nouvelles acquisitions ».

3. Collections multilingues / multiculturelles générales

(a) Élargir les politiques de développement des collections de la Bibliothèque nationale relatives à l'étude du Canada afin qu'elles incluent aussi les Œuvres types / fondamentales des cultures et pays représentés dans la société canadienne. Il pourrait s'agir, par exemple, d'ouvrages portant sur les systèmes politiques, la philosophie, la religion, la structure économique, les pratiques sociales, la littérature et la culture des pays patrimoniaux, de documents en langue patrimoniales ou traduites, ou encore en anglais et en français. La collection s'adresserait à tous les Canadiens et Canadiennes, qu'ils soient nouveaux ou déjà établis.

(b) Revoir les politiques de développement des collections afin qu'elles permettent l'acquisition de documents dans d'autres langues et y retirer toute référence à l'exclusion d'autres langues ou à la prédominance de l'anglais et du français dans le développement des collections.

(c) Entreprendre l'acquisition d'Œuvres pour au moins les trois à cinq principaux groupes linguistiques (selon les plus récentes données du recensement). Obtenir le soutien des groupes ethniques concernés et du milieu diplomatique d'Ottawa ; conclure ou renouveler des ententes en vue de procéder à des échanges dans le but de réduire les coûts d'acquisition.

(d) Élaborer un nouveau modèle pour les spécialistes linguistiques ou thématiques ; former des réseaux de spécialistes linguistiques au sein de la Bibliothèque nationale et la Région de la Capitale nationale, avec les médias et les écoles ethniques et des traducteurs professionnels. Au besoin, envisager l'embauche à plein temps de spécialistes linguistiques et thématiques pour appuyer l'expansion de ces collections et services. Intégrer les activités avec celles des collections de documents canadiens en langues patrimoniales.

(e) Promouvoir l'utilisation de ces ressources et permettre les prêts entre bibliothèques pour cette collection. La faire connaître au moyen de la liste des « Nouvelles acquisitions », d'articles dans la presse ethnique, d'expositions et de programme de diffusion externe. Organiser des festivals, des concerts et d'autres événements afin de promouvoir les ressources multiculturelles.

4. Ouvrages de référence internationaux

(a) Maintenir des collections d'ouvrages récents et anciens - bibliographies, dictionnaires, encyclopédies - et des sources d'information récentes sur les pays du monde, dans des langues qui intéressent les Canadiennes et Canadiens.

(b) Faire en sorte que les Canadiennes et Canadiens puissent consulter facilement ces ouvrages (p. ex., placer ces documents dans la section Référence ou dans les salles de lecture).

(c) Offrir l'accès à des publications électroniques qui figurent dans les collections de la BNC ainsi qu'à celles disponibles sur les sites Web d'autres bibliothèques nationales.

(d) Utiliser Unicode pour permettre la consultation dans la langue de publication (en écritures non romanes).

(e) Promouvoir et faire connaître ces ressources.

5. Publications d'organisations internationales

(a) Mettre à jour régulièrement les politiques de développement des collections afin de les adapter aux questions qui intéressent les Canadiennes et Canadiens.

(b) Tenir un registre des décisions concernant les politiques développement des collections prises en rapport avec certaines organisations internationales et les afficher au site Web de la BNC ; indiquer quelles sont les autres bibliothèques maintenant désignées comme bibliothèques de dépôt ou celles qui conservent des collections complètes de documents, y compris des renseignements sur les prêts : p. ex., la bibliothèque de l'Université de l'Alberta, pour les imprimés de l'Organisation mondiale du commerce, celle de l'Université d'Ottawa, pour les publications de la Banque mondiale, et la Bibliothèque du Parlement, pour les publications de l'OCDE.

(c) Offrir l'accès à des publications électroniques pertinentes en établissant des liens vers des publications électroniques et des sites d'éditeurs électroniques par le biais du site Web de la BNC.

(d) Établir des liens et tirer profit des sites offrant un accès direct complet; sites établis par des bibliothèques de recherche canadiennes et américaines.

(e) Établir une approche globale et procéder à un archivage sélectif du contenu canadien proposé par ces organisations, quelle que soit la langue.

(f) Déterminer les ressources humaines nécessaires pour acquérir ces ressources et leur fournir un accès.

6. Publications de gouvernements étrangers

(a) Mettre en Œuvre la politique d'acquisiiton révisée et approuvée - Publications officielles des gouvernements étrangers - et continuer de concentrer les efforts de collection sur trois pays - France, Royaume-Uni, États-Unis ; faire connaître la politique révisée.

(b) Désigner des « collections nationales » de publications officielles étrangères dans les bibliothèques canadiennes pour les pays non inclus par les collections de la BNC, diffuser par voie électronique l'information concernant ces collections.

(c) Continuer d'établir les ententes d'échange de documents officiels étrangers au nom de la Bibliothèque nationale, tout en faisant envoyer les documents directement aux bibliothèques désignées.

(d) Distribuer aux bibliothèques désignées les collections de publications officielles étrangères présentement en entrepôt ainsi que les documents que l'on ne peut intégrer à nos collections et qui sont reçus par la Section des dons et échanges.

(e) Préparer et signer des ententes concernant l'accès et les services avec toutes les bibliothèques désignées. Utiliser le modèle de l'université de la Colombie-Britannique et des publications chinoises, diffuser en ligne l'information sur ces ententes.

(f) Améliorer l'accès aux ressources électroniques gouvernementales de différents pays au moyen du site Web de la BNC (bases de données électroniques et liens vers les ressources Internet).

(g) Pourvoir un poste de bibliothécaire spécialiste des publications officielles étrangères, responsable des imprimés, documents électroniques et publications en ligne (Web).

III. BIBLIOTHÈQUES CANADIENNES

1. Collections

(a) Créer, sur le site Web de la BNC, une fenêtre donnant accès à un répertoire interactif des collections multilingues conservées par les bibliothèques canadiennes. Ajouter des liens vers les catalogues de ces bibliothèques.

(b) Explorer les possibilités de partenariats et de création conjointe de collections avec les bibliothèques canadiennes.

2. Sélection, acquisition et consultation

(a) Fournir des outils de développement de collections, comme des répertoires, des guides / listes de fournisseurs, de distributeurs et de librairies ainsi que des avis de nouvelles publications.

(b) Créer un site interactif dans lequel les utilisateurs pourront échanger de l'information sur la sélection et l'acquisition d'ouvrages, présenter de courts résumés en anglais, en français et dans la langue source, le cas échéant.

(c) Établir une agence de services ou un consortium permettant d'effectuer (en ligne) la sélection, la commande et le catalogage.

(d) Créer un catalogue collectif des collections en langues patrimoniales destiné à soutenir la mise en commun des données de catalogage ainsi que les prêts entre bibliothèques (notices provenant des bibliothèques participantes).

(e) Concevoir et offrir aux bibliothèques canadiennes le soutien technique et l'information sur les logiciels donnant accès aux collections et aux services en langues patrimoniales (Unicode, systèmes d'exploitation, fureteurs).

3. Services Internet

(a) Créer des serveurs de liste permettant aux bibliothèques et aux intéressés canadiens d'échanger des idées et de l'information sur des questions liées aux services de bibliothèque multiculturels.

(b) Offrir un accès en ligne à des données statistiques à jour concernant les nouveaux arrivants et les collectivités ethniques canadiennes. Créer des guides et donner accès à des études sur ces groupes, y compris des renseignements sur les collections et les services d'information.

(c) Offrir un accès en ligne à de l'information à jour concernant les subventions destinées à soutenir les services de bibliothèque multiculturels dans les bibliothèques canadiennes, les projets en cours, les lignes directrices, les pratiques exemplaires, etc.

(d) Créer des listes électroniques de ressources publiées dans le domaine des services de bibliothèque multiculturels : collections, bibliographies, études, comptes rendus de conférences, etc.

(e) Créer un lien vers la « MCL » (Multicultural Library : projet conjoint mis en Œuvre par des pays nordiques en 1996) et le « mclforum » australien (créé en 2000), ou fournir de l'information à ce sujet, afin de faciliter les discussions sur les questions et les concepts liés à la prestation de services de bibliothèque multiculturels.

(f) Lancer des projets conjoints de numérisation de documents multilingues et multiculturels canadiens. Consulter les groupes ethniques et le milieu de la recherche canadien avant de procéder à la numérisation de certains ouvrages ou certaines langues (p. ex. journaux, publications d'organismes ethniques locaux).

(g) Créer un site Web multiculturel, localisé à la BNC, offrant l'accès à des ressources Internet évaluées dans le domaine des langues patrimoniales. Établir des liens vers d'autres ressources évaluées par d'autres bibliothèques, comme WordlinkQ, de Queens, Open Road, de la State Library of Victoria (Australie) ou FINFO, du Danemark.

4. Ressources financières et humaines

(a) Mettre en place, en collaboration avec les responsables des bibliothèques concernées, un programme de subvention pour l'acquisition de documents multilingues, destiné aux provinces et aux territoires.

(b) Pourvoir un poste permanent de bibliothécaire multiculturel à la BNC (au sein des Programmes nationaux et internationaux), qui coordonnera les services de bibliothèque, maintiendra le contact avec les collectivités ethniques, se renseignera sur les nouveautés et les nouvelles approches technologiques et stimulera la participation aux niveaux national et international. Ce poste pourrait être pourvu par des bibliothécaires issus de bibliothèques multilingues canadiennes ou internationales, dans le cadre d'affectations de trois à cinq ans.

(c) Créer un forum des bibliothèques canadiennes - organismes de recherche, bibliothèques provinciales, publiques et ethniques - afin de mieux comprendre les besoins des groupes multiculturels et de coordonner / créer les services nécessaires. Utiliser les connaissances et l'expertise de bibliothécaires canadiens tels que Marie Zielinska, Stan Skrzeszewski, Chryss Mylopoulos et Sylvia Cook, pour ne nommer que ceux-là. Tenir des conférences téléphoniques ou en personne dans des bibliothèques offrant des services multilingues complets.

(d) Constituer un répertoire de spécialistes canadiens des langues (bibliothécaires, commis de bibliothèque, traducteurs et représentants de médias ethniques).

(e) Mettre en place un projet de recrutement semblable au Programme de stagiaire autochtone en bibliothéconomie afin de diversifier les langues et les cultures représentées au sein du personnel de la Bibliothèque et combler le manque de connaissances linguistiques ; examiner la possibilité de créer un programme axé sur les techniciens en bibliothéconomie et les spécialistes d'une discipline.

5. Consultations

(a) Consulter régulièrement les bibliothèques publiques, les associations de bibliothèques, les bibliothèques et les organisations ethniques ainsi que les citoyens canadiens au sujet des recommandations approuvées.

(b) Support studies of information needs and reading for pleasure materials of Canadian multicultural communities,

(c) Appuyer l'exécution d'études sur les besoins des collectivités

IV. BIBLIOTHÈQUES INTERNATIONALES

1. Bibliothèque multilingue internationale virtuelle

(a) Participer à la création d'une « bibliothèque multilingue / multiculturelle internationale virtuelle » offrant des services interactifs et coopératifs à la fois aux bibliothèques canadiennes et directement aux Canadiennes et Canadiens. Soutenir l'élaboration de logiciels et de technologies servant à l'affichage de caractères autres que romains. Contribuer au rayonnement de la « vision canadienne ».

(b) Coopérer avec l'IFLA, l'American Library Association (ALA), les bibliothèques publiques américaines, ainsi que les bibliothèques de l'Australie et des pays nordiques, à l'élaboration d'approches globales et de programmes conjoints tels que le CDRS (Collaborative Digital Reference Service).

(c) Participer activement aux travaux de la Section des services de bibliothèque aux populations multiculturelles de l'IFLA. Renouveler l'adhésion à cette section ; contribuer aux échanges de personnel et d'information.


1 Dyer, Gwynne, « Visible majorities », Canadian Geographic, Jan/Feb 2001, pp. 44-51

2 Ibid.

3 Stan Skrzeszewski, « Technology And Multicultural Library Services: A Vision For The Future ». ALA/PLA meeting, Chicago, July, 2000.