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ARCHIVÉE - Enregistrements sonores autochtones : la musique et la chanson

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Les Premières nations

Le pow-wow

Le terme « pow-wow » provient d'un mot algonquin qui signifie « sorcier » ou « celui qui rêve ». Un pow-wow est un rassemblement de personnes visant à célébrer la vie par des chants, des danses, des cérémonies, des rituels, ainsi que par des démonstrations d'accueil et d'harmonie. Les chansons et les danses des pow-wow évoluent avec chaque génération. Les pow-wow ne sont pas une reconstitution du passé culturel. Ils représentent l'expression artistique et spirituelle d'un peuple en évolution.

Différentes histoires racontent les origines des pow-wow. Une légende anishnabe (ojibway) relate comment le Premier Homme descendit sur Terre et marcha dans la Création. Les mouvements du Premier Homme sont imités par les pas du danseur. Une histoire lakota parle d'un conseil de nations qui s'est réuni vers le milieu des années 1800 pour faire la paix. Le conseil s'est terminé par des jeux, des danses et des chansons.

À la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, certaines activités culturelles et religieuses autochtones ont été interdites aux États-Unis et au Canada. Contrainte à la clandestinité, la musique traditionnelle a survécu malgré tout et le répertoire musical du pow-wow s'en est d'ailleurs trouvé élargi. C'est à ce moment que l'utilisation des grands tambours s'est répandue.

Lorsque le pow-wow a été à nouveau autorisé dans les années 1920
[www.canadiancowboy.ca/features/powwowtrail.html] (disponible en anglais seulement, consulté le 28 mai 2007), il s'est répandu dans les communautés autochtones. Ses composantes sociales ont été mieux définies. Pour les non-autochtones, le pow-wow est devenu un symbole de l'identité autochtone.

L'évolution du chant et de la danse

Les chants et les danses proviennent souvent de rêves ou d'observations de la nature. Par exemple, la danse de la robe à franges, originaire du nord-ouest de l'Ontario, découle du rêve d'un homme. Celui-ci a rêvé à une cérémonie de guérison au cours de laquelle la robe d'une jeune femme était garnie de cônes tubulaires en métal, faits à partir de couvercles de boîtes à tabac. Pendant qu'elle dansait, le malade a retrouvé la santé.

Dès le début, des composantes du pow-wow ont conservé leur identité et leur protocole traditionnels. Les spectateurs pouvaient identifier l'origine des danseurs grâce au style de leur danse, aux motifs et aux couleurs de leur broderie perlée, ainsi qu'à leur costume.

De nos jours, les danseurs utilisent des accessoires colorés comme des perles, des rubans, des soies et des broderies perlées qui leur plaisent et qui attirent l'attention des juges dans les compétitions.

La danse libre et la danse libre du châle des femmes ont rompu avec la tradition en raison de leurs jeux de pieds physiquement exigeants. Dans la danse traditionnelle, les femmes ne doivent pas décoller les pieds du sol en raison du lien symbolique des femmes avec la Terre et de leur rôle en tant que source de vie.

Les pow-wow traditionnels et commerciaux

Les pow-wow traditionnels étaient organisés par des familles et des communautés. Il n'y avait pas de remise de prix et il n'y avait normalement pas de commerce non plus.

Aujourd'hui, les pow-wow sociaux sont préparés par des groupes d'étudiants, des centres d'amitié et d'autres groupes autochtones faisant la promotion de la culture et de l'éducation.

En revanche, les grands pow-wow commerciaux ou de compétition attirent des milliers de participants et offrent des prix importants aux danseurs et aux chanteurs. Les pow-wow peuvent comprendre des représentations musicales contemporaines, des rodéos, des parties de baseball, des foires, des concerts et des salons commerciaux.

Les principaux rassemblements comprennent le Schemitzun World Championship of Song and Dance au Connecticut, le Gathering of Nations à Albuquerque au Nouveau-Mexique [www.gatheringofnations.com/powwow/index.htm] (disponible en anglais seulement, consulté le 28 mai 2007) et le Canadian Aboriginal Festival à Toronto [www.canab.com/mainpages/events/powwow.html] (disponible en anglais seulement, consulté le 21 juillet 2009). Les pow-wow commerciaux ont maintenant lieu à divers endroits dans le monde, de l'Europe à Hawaii.

Quel que soit leur genre, les pow-wow préconisent une bonne conduite, surtout le respect des anciens et des vétérans. Les drogues et l'alcool sont strictement interdits et les animaux de compagnie ne sont pas permis dans l'aire de pow wow, c'est-à-dire l'aire de danse.

Les événements de pow-wow

Généralement, l'ouverture d'un pow-wow s'effectue chaque jour avec le premier chant inaugural devant la Grande Entrée. Les danseurs en costume entrent dans le cercle par l'est, près des tambours et de l'estrade de l'annonceur. Il s'agit d'une tradition attribuée aux spectacles de Sundance et du Wild West.

À la tête des danseurs, une procession colorée de vétérans autochtones portant le bâton à exploits, ainsi que les drapeaux canadien et américain. Ils entonnent le chant du drapeau, le chant des vétérans et le chant du traqueur (une chanson de guerriers).

Les chants sont dirigés par le groupe de tambours hôte. Un autre groupe de tambours peut être invité à chanter le chant inaugural ou le chant de clôture, lorsque les couleurs sont retirées de la ronde à la fin de la journée ou de l'événement.

La princesse du pow-wow, qui représente les vertus du peuple, mène d'autres vétérans et anciens dans l'aire de danse. Ils sont suivis du danseur principal qui dirige quant à lui les autres danseurs mâles traditionnels. Ensuite, la danseuse principale mène les autres danseuses. Finalement, les hommes de la danse libre précèdent les femmes de la danse du châle, puis arrivent les jeunes (ou les enfants). Selon la nature ou l'emplacement du pow-wow, les danseurs principaux entrent parfois ensemble.

Les autres événements peuvent varier, selon le type de pow-wow ou la région géographique.

Les compétitions

La danse de compétition est jugée d'après un système de points, selon le style de danse et la catégorie d'âge. Les participants sont jugés sur leur costume, ainsi que sur leur performance et leur style. Dans la danse traditionnelle, un bon danseur interprète la danse au moyen de mouvements précis (il raconte normalement une histoire ou suit les pas de danse traditionnels d'une danse en particulier). Dans la danse libre, qui demande un plus grand effort physique, les participants doivent tenir le rythme du battement de tambour.

Les joueurs de tambour sont jugés selon leurs talents de chanteur, leur registre, leurs connaissances et l'homogénéité de leur prestation, en plus de leur capacité à interpréter une chanson sans préavis, à la demande du maître de cérémonie.

Les cérémonies de clôture

Un pow-wow traditionnel communautaire ou familial se termine par un festin et une distribution de cadeaux; il s'agit d'une cérémonie de commémoration, souvent à la mémoire d'un membre de la famille. La préparation de ce « cadeau » peut durer un an. La générosité est une valeur spirituelle, créant un équilibre entre le monde matériel et spirituel.

Tous les pow-wow et tous les rassemblements dans lesquels le tambour est utilisé comportent une cérémonie de clôture.

Style de chants de pow-wow

QUELQUES DÉFINITIONS

Hauteur tonale : hauteur ou gravité d'une tonalité musicale
Fausset : homme qui chante avec une voix très aiguë
Registre : étendue de l'échelle musicale d'un instrument ou d'une voix de chant
Vocable : chanter avec des mots dépourvus de sens, comme « tra-la-la »
Queue décorative : dans la danse autochtone, plumes d'aigle disposées en forme d'éventail
Houppe : coiffure, issue de la tenue de guerriers et souvent portée par les danseurs traditionnels ou ceux de la danse des herbes sacrées. Elle peut être faite de poils d'orignal ou de porc-épic qui sont cousus en une rangée droite avec (généralement) deux plumes d'aigle droites, centrées sur le dessus de la coiffe qui pend derrière le cou du danseur.

La structure d'un chant

Un chant se divise habituellement en deux parties. Le chanteur principal entonne le chant avec un cri aigu qui annonce au groupe le chant choisi. Le groupe reprend la phrase d'ouverture et entonne la première moitié du chant. Le groupe prend une pause à la fin de la première moitié du chant et chante ensuite la deuxième moitié.

Une fois le chant terminé, le chanteur principal répète la phrase d'ouverture et le groupe reprend le chant au complet. Le chanteur principal répète la phrase d'ouverture de la deuxième moitié du chant comme « finale ». La fin du chant est annoncée par une série de rythmes distincts.

La mélodie et la hauteur tonale

Les chants de pow-wow répètent la mélodie d'un couplet à l'autre, mais la hauteur tonale varie d'aiguë à grave. Les couplets sont appelés « refrains » ou « canons ». Le chanteur principal entonne le chant avec une hauteur tonale aiguë. Les autres chanteurs répètent la phrase d'ouverture en groupe, puis ils passent à une hauteur tonale plus grave.

Les chants des régions des grandes plaines du Nord et des Grands Lacs des États-Unis et du Canada sont dits « du Nord » et sont chantés avec une voix de fausset. Les chants dits « du Sud », provenant des territoires situés au sud de la région de l'Oklahoma/du Kansas, sont chantées dans un registre plus grave.

Les paroles

Les chants traditionnels sont normalement composés de paroles qui racontent des histoires de chasse, de guerre, etc., ou parfois l'histoire du chant lui-même (les paroles peuvent expliquer comment le chant a été créé). D'autres chants dépeignent des actes de bravoure historiques lors de batailles, comme c'est le cas du chant « Little Big Horn Victory », enregistrée au départ par The Porcupine Singers, un groupe du Dakota du Sud [www.rambles.net/porc_tradlak98.html] (consulté 28 mai 2007). Le chant raconte la version lakota de la bataille de Little Big Horn.

Les « chants de la danse droite » sont souvent composés de vocables et sont utilisés comme échauffement pour les danseurs, qui dansent en posture droite, d'où le nom des chants. Les chants qui contiennent des vocables pour la partie principale et des paroles pour le reste sont appelés des chants intertribaux.

Les chants traditionnels découlent des chants cérémoniaux ou communautaires. Ils ont évolué et comprennent aujourd'hui les chants du drapeau, les chants commémoratifs, les chants d'honneur, les chants des vétérans et les chants de la victoire. Ils ont un rythme et une mélodie réguliers et sont composés à la fois de mots et de vocables.

Le tambour [http://nativedrums.ca/index.php/Drums?tp=a&bg=1&ln=e] (disponible en anglais seulement, consulté le 28 mai 2007)

Le tambour est sacré. Il représente la Terre ou le cercle de vie. Les grands tambours sont faits d'un cadre circulaire en bois recouvert d'une membrane en cuir. Le tambour mesure un peu moins d'un mètre de largeur et environ deux tiers de mètre de hauteur. Ils peuvent être installés sur une couverture sur le sol ou sur un support.

Les chanteurs, assis autour du tambour, battent le tambour avec des baguettes à tête ronde et suivent le rythme du chanteur principal et du deuxième chanteur principal. On les appelle les joueurs de tambour, les chanteurs, les tambours ou les groupes de tambours.

Les chanteuses se placent, debout, en cercle autour des joueurs de tambour, symbolisant à la fois la protection ainsi que l'origine de la vie et du chant. Elles arrivent pendant la deuxième moitié du chant, mais ne sont pas la première voix.

Les joueurs de tambour imposent le rythme du chant. Ils utilisent aussi des coups d'honneur (normalement quatre coups individuels) pour signaler aux chanteurs et aux danseurs si la chanson continuera ou prendra fin.

Le petit tambour à main est fait d'un cadre de forme octogonale ou circulaire recouvert d'une membrane en cuir. Ce tambour a un diamètre variant entre 15 et 45 centimètres et une hauteur d'environ 10 centimètres.

Les danses

Un grand nombre de danses proviennent des observations de la nature, particulièrement des oiseaux comme le tétras des armoises.

La danse de la poule La danse imite le rituel d'accouplement de la poule des Prairies. Le style du tambour symbolise le tonnerre, qui représente la voix du Grand Esprit.

Le saut du corbeau
Cette danse est parfois appelée le saut du corbeau à un temps, par opposition au saut du corbeau à deux temps, dans lequel le danseur imite les mouvements du tétras des armoises. Le « saut » fait référence au rythme du tambour et à certains mouvements des danseurs qui, malgré le nom de la danse, ressemblent davantage à des enjambées qu'à des sauts. La danse tire son nom du peuple des Corbeaux, du Montana, où la danse a vu le jour au début du 20e siècle.

La danse des herbes sacrées
Cette danse, qui provient de la société Omaha Hethuska, est parfois appelée danse d'Omaha. À l'origine, les danseurs préparaient l'aire de danse grâce à des pas de danse cérémoniaux avec des jeux de pieds de balayage afin de tasser l'herbe haute. Les costumes traditionnels des danseurs lakota de cette danse comprenaient des tresses de foin d'odeur attachées à la ceinture du danseur. Les costumes contemporains utilisent de longues franges colorées sans queue décorative. Les jeux de pieds sont devenus de plus en plus complexes. Il s'agit d'une des danses de pow-wow les plus exigeantes physiquement.

La danse de la robe à franges
La robe à franges était d'abord une cérémonie de guérison anishnabe (ojibway). Les robes des femmes sont décorées distinctement avec des rangées de petites clochettes en forme de cône. À l'origine, des sabots de cerf étaient parfois utilisés. Pour réussir le pas glissé ou de côté, la danseuse doit glisser ses pieds au rythme d'un battement syncopé à deux temps, parfois sans lever les pieds du sol.

La danse libre des hommes
Cette danse a été inventée en Oklahoma dans les années 1920. Elle nécessite un grand nombre de mouvements du corps avec des jeux de pieds complexes et une agilité physique. Les danseurs portent des couleurs vives et des queues décoratives pour le haut et le bas du corps. Les mouvements physiques exigeants de cette danse cérémonielle, qualifiée de danse pour les jeunes hommes, requièrent de l'endurance et une présentation originale.

Les danses traditionnelles des hommes
Les danses traditionnelles des hommes varient d'une nation à l'autre et d'une région à l'autre. Les danseurs portent généralement des costumes traditionnels en peau de daim avec des queues décoratives et transportent des boucliers, des bâtons ou des bâtons à exploits. À une époque, les costumes des danseurs désignaient leur nation d'origine souvent par des motifs en broderie perlée ou en piquants de porc-épic et grâce aux styles des costumes et des couvre-chefs. Par exemple, les danseurs des plaines pouvaient porter des chapeaux de plumes d'aigle avec des motifs géométriques sur leurs costumes tandis que les danseurs des forêts pouvaient porter un symbole de leur clan, tel que la tête d'un loup, avec des motifs floraux sur leur broderie perlée.

La danse du traqueur
La danse du traqueur est une danse de guerriers dans laquelle les histoires sont racontées au moyen de mouvements. Le danseur se dresse et se déplace au rythme du tambour, qui s'accélère progressivement et s'arrête brusquement. L'arrêt rapide met à l'épreuve les talents du danseur en tant qu'artiste, puisqu'il doit suivre le rythme du tambour du premier au dernier coup.

La danse libre droite
Cette danse représente un échauffement pour les compétitions de danse cérémonielle. Les chants de la danse droite sont souvent composées de vocables et servent comme échauffement aux danseurs de fantaisie qui dansent en posture droite.

La danse libre des femmes
Cette danse a débuté dans les années 1940 en Oklahoma et s'est répandue plus au nord par des jeunes femmes qui allaient au pensionnat dans les années 1950. Au début, les danseuses portaient les costumes des hommes avec des houppes et des queues décoratives. Par la suite, elles ont commencé à porter des robes et des châles.

La danse libre du châle des femmes
Cette danse est née dans le nord pendant les années 1960. Les femmes portent des robes colorées en tissu décorées de rubans et de perles. Elles peuvent avoir sur la tête une seule plume d'aigle droite ou une couronne perlée. Le mouvement de base comprend de petits pas glissés rapides vers l'avant et l'arrière. Le châle posé sur le dos et les bras de la danseuse semble flotter ou voler.

La danse traditionnelle des femmes
Pour la danse traditionnelle des femmes, les danseuses portent des costumes en peau de daim (aussi appelée peau de daim, peau de daim en tissu et peau de daim du Sud) avec des motifs traditionnels de perles, de piquants de porc-épic et de cauris. Leurs bijoux sont faits d'os, de coquillages et de dents de wapiti. Dans certaines danses, elles se tiennent sur place, se balancent sur leurs orteils et, tout en tournant, font face aux quatre points cardinaux au rythme du battement de tambour.

La danse du lapin
La danse du lapin, qui provient des Sioux des plaines centrales, est une des rares danses créées pour les couples, qui doivent danser ensemble les mains entrelacées. La danse a été introduite aux Iroquois de l'Est qui l'ont adaptée à leur style de danses. Elle est accompagnée par le tambour à eau et le hochet en corne de vache plutôt que par le grand tambour et le tambour à main utilisés dans les régions de l'Ouest.

La danse ronde
À l'origine, il s'agissait d'une cérémonie de chant sociale, célébrée en hiver, dans laquelle on utilisait les tambours à main. La danse ronde a été inventée dans l'Ouest du Canada par les Cris des plaines. Elle a été ajoutée aux compétitions de pow-wow et a été adoptée par un grand nombre de nations au Canada. Le rythme syncopé joué sur le tambour à main est accentué par le joueur de tambour qui glisse son doigt sur la peau intérieure du tambour en même temps qu'il joue le deuxième rythme au moyen d'une baguette tenue par l'autre main. Le vocable sert à identifier le chant. Les paroles (parfois humoristiques) ont trait à l'amour ou aux relations. La danse ronde peut être jouée par un joueur de tambour ou un groupe de 12 chanteurs ou plus, tous avec des tambours à main. Il s'agit d'un rassemblement social qui comporte des éléments et des protocoles de cérémonie.