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ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

Le héros populaire

Un moment de gloire

Photographie du vicomte feld-maréchal Wolseley précédant Sa Majesté la reine Victoria, Son Altesse Royale la princesse de Galles et Son Altesse Royale la princesse Christian dans un carrosse, défilé du jubilé de diamants, Londres, 1897.

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Le vicomte feld-maréchal Wolseley précédant Sa Majesté la reine Victoria, Son Altesse Royale la princesse de Galles et Son Altesse Royale la princesse Christian dans un carrosse, défilé du jubilé de diamants, Londres, 1897.

Le 22 juin 1897, l'Empire britannique célèbre les soixante ans de règne de la reine Victoria. Le jubilé de diamants est une grande occasion à Londres, dans les îles Britanniques et partout au monde, dans chacune des colonies du vaste empire. Des milliers de personnes se massent dans les rues de Londres et onze premiers ministres, dont Sir Wilfrid Laurier, du Canada, sont présents pour rendre hommage à leur reine. Une imposante marche de régiments militaires des quatre coins de l'Empire est organisée afin de souligner l'événement. La délégation du Canada, dirigée par Laurier, comprend un large entourage de politiciens et d'éminents Canadiens. Un imposant contingent militaire représente l'armée permanente et la milice du pays.

Le contingent de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) constitue l'arrière garde de la section canadienne, ce qui suscite un certain nombre de commentaires défavorables dans la presse londonienne. Selon un journal de la capitale anglaise, le fait d'avoir placé les policiers à cheval à l'arrière ne peut être qu'une erreur, car ils sont l'attraction principale et resplendissent dans leur uniforme de serge rouge avec leur chapeau stetson de style western. Les presses britannique et canadienne louent l'apparence physique, la tenue à cheval et l'allure générale de membres de la PCN-O qui, par leur simple présence, marquent l'imaginaire des Londoniens.

Photographie de membres de la PCN-O en uniforme avec le stetson, Dawson, Territoire du Yukon, 1898.

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Bien que les policiers à cheval portent le stetson avant 1897, ce chapeau fait son apparition officielle en tant qu'élément de l'uniforme au jubilé de 1897. Dawson, Territoire du Yukon, 1898.

Le surintendant Aylesworth Bowen Perry, un diplômé du Collège militaire royal à Kingston qui possède 15 ans de service au sein de la PCN-O, est l'officier chargé du contingent, constitué de 30 hommes triés sur le volet et mesurant tous près de six pieds. La plupart d'entre eux ont un lien avec les îles Britanniques. Parmi eux figurent le gendarme William Chalmers, neveu du Gouverneur général Lord Aberdeen, et le gendarme Henry Cobb, trompettiste né à Londres. Un autre fier membre du contingent est Fred Bagley, qui a rallié les rangs de la Police à cheval en 1874, alors qu'il n'avait que 15 ans. Il est le seul membre d'origine (des premiers régiments de 1873-1874) à participer à la marche du jubilé en Angleterre.

Ce voyage extraordinaire des Prairies de l'Ouest aux rues de Londres est pour la Police à cheval la première occasion de parader en uniforme hors de l'Ouest canadien. Le premier ministre est impressionné par la prestance des membres du corps policier, tout comme le public et la presse. Il leur donne même un congé de deux mois en témoignage de son appréciation pour leur professionnalisme et leur distinction en tant que représentants du Canada.

Au moment du jubilé, la PCN-O existe depuis moins de vingt-cinq ans, et la légitimité de son existence a déjà fait l'objet de contestations à plusieurs reprises depuis sa création, en 1873-1874. En effet, à la suite de la Rébellion du Nord-Ouest, en 1885, le commandant britannique de la Force de campagne du Nord Ouest, Sir Frederick Middleton, presse le gouvernement de démanteler la Police à cheval et de la remplacer par une milice. Également, circulent dans les milieux gouvernementaux certaines rumeurs selon lesquelles la PCN-O serait une force inutile dans les Prairies. Certains critiques soutiennent que l'accroissement de la population et la croissance des villes et des villages exigent la présence d'un service de police d'un autre type.

D'autres critiques fusent au début des années 1890, concernant notamment la direction du commissaire Lawrence Herchmer, qui est sérieusement remise en question par des officiers supérieurs. Ces derniers finissent par exposer leurs griefs devant une commission d'enquête judiciaire, mais Herchmer reste en poste. Ces remous ont cependant pour effet de compromettre pendant un certain temps l'avenir même de la Police à cheval.

Toutefois, après juin 1897, la Police à cheval en tunique rouge devient aux yeux de tous plus qu'un simple policier veillant au maintien de l'ordre dans les Prairies. Il devient une fierté de l'Empire britannique, incarnant force et vertu, ainsi qu'un symbole vivant du Canada.