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ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

S'enrôler

Une commission accordée par la reine

Photographie de William Winder, en service de 1873 à 1881.

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William Winder, en service de 1873 à 1881.

À l'automne de 1873, le gouvernement de Sir John A. Macdonald décide de créer la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O). La structure de cette force est inspirée en partie de la Royal Irish Constabulary ainsi que de l'organisation et de l'administration militaire en général. La nouvelle force est destinée à être essentiellement paramilitaire, ses coutumes, ses traditions et ses pratiques étant inspirées de celles d'un régiment militaire.

Les premiers hommes enrôlés dans la Police à cheval à l'automne de 1873 sont des officiers dont la plupart possèdent une importante expérience de la vie militaire. La première tâche qui leur est confiée est de recruter des personnes de toutes les couches sociales dans des régions précises du pays. Charles F. Young, vétéran de l'Armée britannique, est chargé du recrutement dans les provinces maritimes. Ephrem Brisebois et William Winder se partagent le territoire québécois. Brisebois souhaite recruter des membres au sein de la population francophone, tandis que Winder recrute au sein de la population des Cantons de l'Est.

remier décret recommandant la nomination d'officiers de la PCN-O, le 23 septembre 1873. Décret numéro 1873-1230.
Premier décret recommandant la nomination d'officiers de la PCN-O, le 23 septembre 1873. Décret numéro 1873-1230.

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Premier décret recommandant la nomination d'officiers de la PCN-O, le 23 septembre 1873.

Décret numéro 1873-1230.

Les effectifs

Près de 140 hommes sont engagés à titre d'officiers dans la PCN-O de 1873 à 1904, dont 21 médecins et deux vétérinaires. La plupart sont nés au Canada. Avant 1885, époque où le nombre des policiers à cheval est accru, le corps policier compte 25 officiers, y compris les médecins praticiens. Vers le milieu des années 1890, le nombre des officiers grimpe à 50, pour un effectif totalisant 850 hommes. En 1885, 17 nouveaux officiers sont enrôlés, suivis d'une douzaine en 1886.

L'importance d'avoir des relations

Le grade d'officier est à l'époque très convoité. C'est le gouvernement fédéral qui enrôle les officiers par décret et ceux-ci reçoivent leur commission de la reine. Le gouvernement en poste ayant ainsi la responsabilité de nommer les officiers, il est utile d'avoir des relations politiques ou personnelles avec les gens qui détiennent le pouvoir. Par ailleurs, dans les sphères gouvernementales du XIXe siècle, les questions d'ordre régional et religieux sont d'une importance non négligeable et peuvent faire pencher la balance pour un candidat plutôt que pour un autre.

Photographie d'Edmund Dalrymple Clark, en service de 1873 à 1880.

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Edmund Dalrymple Clark, en service de 1873 à 1880.

Selon l'historien Rod Macleod, il est à l'époque impossible de recevoir une première commission d'officier de la PCN-O ou d'être par la suite promu à un échelon supérieur sans influence politique ou sans l'estime d'une personne politiquement influente, et ce, même si une certaine expérience militaire est un atout. Edward Dalrymple Clark, premier trésorier et intendant de la PCN-O, est apparenté par son mariage à Sir John A. Macdonald, à qui il doit sa nomination.

Pour obtenir une commission de deux ans, Roméo Prévost, officier de la milice des Victoria Rifles of Montreal, fait pression sur le gouvernement. Il écrit directement au premier ministre en février 1880, ainsi qu'à d'influents membres du Parti conservateur, comme Hector Langevin. J. A. Chapleau approche Sir John A. Macdonald en son nom et, le 24 janvier 1882, Prévost et A.B. Perry, diplômé du Collège militaire royal (et futur commissaire), sont nommés inspecteurs, avec un salaire de 1 000 $ par année.

Photographie de Richard Burton Deane, en service de 1883 à 1915.

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Richard Burton Deane, en service de 1883 à 1915.

R. Burton Deane, ancien membre de la Royal Marine Light Infantry, possède des liens familiaux avec Sir John A. Macdonald. Il est enrôlé en 1883 et connaît au sein de la Police à cheval une brillante carrière qui durera plus de trente ans. À sa retraite, il rédige l'un des plus précieux mémoires jamais écrits par un membre de la PCN-O : Mounted Police Life in Canada: A Record of Thirty-one Years' Service (1916).

La compétence des officiers

Bien qu'il ait été essentiel d'avoir des relations pour entrer dans la Police à cheval, la plupart des officiers qui y sont enrôlés entre 1873 et 1904 possèdent de réelles qualifications pour les postes qu'ils doivent occuper, acquises le plus souvent dans la milice canadienne. Plusieurs sont diplômés du Collège militaire royal (CMR) de Kingston, en Ontario. D'autres ont servi dans l'Armée britannique, le Régiment royal des Fusiliers marins ou, pour au moins deux d'entre eux, dans l'Armée américaine.

De nombreux officiers de la Police à cheval ont un père ou un grand-père qui a combattu durant la Révolution américaine, la guerre de 1812, la Rébellion de 1837 ou l'invasion des Fenians. D'ailleurs, les premiers officiers de la Police à cheval se considèrent plus comme des militaires que comme des officiers de police.

La croissance de la PCN-O

Lorsque le corps policier gonfle ses rangs en 1885 et en 1886, seuls les officiers promus de l'intérieur de l'organisation possèdent une véritable expérience de terrain à titre de policiers, à l'exception de Charles Constantine, qui est chef de la police provinciale du Manitoba au moment de son enrôlement, en octobre 1886.

Photographie de Jacob Carvell, en service de 1873 à 1875. Ancien officier de l'armée des Confédérés à l'époque de la guerre de Sécession.

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Jacob Carvell, en service de 1873 à 1875. Ancien officier de l'armée des Confédérés à l'époque de la guerre de Sécession.

P.C.H. Primrose et Zachary Taylor Wood viennent tout juste d'obtenir leur diplôme du CMR quand ils commencent leur service en août 1885, et leur collègue de promotion Victor Williams n'a que 19 ans lorsqu'il reçoit sa commission, en octobre 1886. Williams sert seulement trois ans dans la force policière, tandis que Primrose et Wood font de brillantes carrières. Wood possède par ailleurs des liens avec des personnages historiques exceptionnels, le président américain Zachary Taylor et le président des États confédérés d'Amérique Jefferson Davis faisant partie de sa famille. Il est également le père du futur commissaire Stuart Taylor Wood. Une autre recrue de 1885, Henry S. Casey, possède une certaine expérience dans la milice, mais il est mieux connu pour son appui indéfectible à l'égard de Sir John A. Macdonald et pour son expérience à titre de courtier d'assurances.

John B. Allan possède une longue expérience militaire et est membre conservateur de l'Assemblée législative du Manitoba lorsqu'il est enrôlé, en août 1885. Il combat avec l'armée de l'Union durant la guerre de Sécession, après quoi il retourne au Québec, d'où il est originaire, pour entrer dans la milice et contribuer à la défaite des Fenians en 1866. En 1870, Allan reprend le chemin vers l'Ouest avec la Force expéditionnaire à la rivière Rouge et demeure au Manitoba. En 1884, il participe à l'expédition de secours du général Gordon à Khartoum, au Soudan, qui s'avérera infructueuse. Il est blessé en 1897 et se retire de la PCN-O peu de temps après; par la suite, il deviendra membre d'un des contingents canadiens combattant en Afrique du Sud.

Les officiers francophones

Photographie de Sévère Gagnon, en service de 1874 à 1901.

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Sévère Gagnon, en service de 1874 à 1901.

Dès sa création, la PCN-O s'efforce de recruter des officiers parlant couramment l'anglais ou le français. Plusieurs Canadiens français comptent parmi les premiers officiers enrôlés, dont Ephrem Brisebois, qui possède de l'expérience militaire à titre de zouave pontifical, ainsi que Théodore Richer, Joseph Forget, Charles Nicholle, E. Fréchette et l'avocat de formation Sévère Gagnon.

Gagnon est enrôlé en mars 1874 et prend part à la « Marche vers l'Ouest » à l'été de 1874. Il laisse un intéressant compte-rendu de ses expériences. Gagnon est le Canadien français qui occupe le poste d'officier de la PCN-O durant le plus grand nombre d'années, sa longue carrière prenant fin en 1901, lorsqu'il prend sa retraite en raison de problèmes de santé.

Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873. Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873. Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873. Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873. Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873. Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873.

Source

Lettres de candidature d'Ephrem Brisebois, en anglais et en français, pour une commission dans la PCN-O, 1873.