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La vie d'officier
Les officiers sont responsables des activités quotidiennes du corps policier et veillent à ce que les opérations de chaque division et détachement soient efficaces, à ce que la discipline soit respectée, à ce que les membres de la force reçoivent la formation et l'entraînement requis et à ce que des enquêtes soient menées lorsque nécessaire. Ils ont en outre des dizaines d'autres tâches, parfois sans lien avec le maintien de l'ordre.
Comme chez les militaires, les officiers doivent acheter leur propre uniforme et leurs attributs, mais ils bénéficient d'un style de vie très différent de celui des sous-officiers et des agents. Ils peuvent se marier, contrairement aux hommes qu'ils commandent, et vivre dans leur propre maison avec leur famille. Parfois, ils bénéficient de rations supplémentaires pour leur famille, d'appartements, de carburant et d'autres privilèges, dont celui d'avoir des domestiques, le tout aux frais de l'État. La vie d'officier peut cependant être coûteuse. Roméo Prévost, engagé avec un salaire de 1000 $, quitte la PCN-O après quinze mois pour des raisons financières.
Bien en vue dans la société des pionniers, les officiers sont souvent perçus comme des figures d'autorité dans les collectivités où ils vivent. Ils sont généralement considérés comme constituant l'élite de la société de l'Ouest. Les officiers retraités de la PCN-O ont même la possibilité d'occuper des postes prestigieux. George E. Sanders devient, après sa retraite, juge d'une cour provinciale, et Philip C. H. Primrose est nommé lieutenant-gouverneur de l'Alberta après trente ans de carrière à titre d'officier de la PCN-O.
La vie quotidienne à Fort MacLeod, Alberta, 1899. Debout de gauche à droite : Mme C.E.D. Wood, l'inspecteur J.O. Wilson, une proche de l'inspecteur Wilson et dont l'identité n'est pas connue, M. John Cowdry (premier banquier des T.N.-O.), M. C.E.D. Wood (ancien gendarme, propriétaire et éditeur de la MacLeod Gazette). Assis de gauche à droite : l'inspecteur Zachary Taylor Wood, Mme Z.T. Wood, Mme J.O. Wilson, la bonne Emily Horan assise au pas de la porte.
De courtes carrières
Bien que certains officiers connaissent de longues carrières au sein du corps policier, d'autres n'y restent que durant de brèves périodes. Pour certains d'entre eux, la vie de policier à cheval est tout simplement trop difficile. Parmi les premiers officiers de la PCN-O, cinq quittent la force quelques mois seulement après leur enrôlement : Charles F. Young, John Breden, Albert Shurtliff, Joseph Forget et Duncan B. McLennan.
Plus particulièrement dans les années 1870, d'autres démissionnent de la PCN-O pour cause d'incompétence ou parce que la vie dans les forces de l'ordre de l'Ouest s'avère moins attrayante de ce qu'ils s'étaient imaginé. Parmi les 31 premiers officiers, 14 renoncent à leur poste ou sont congédiés avant la fin des années 1870.
Francis Dickens, fils du célèbre écrivain anglais Charles Dickens, reçoit sa commission d'officier en novembre 1874, en remplacement d'un des cinq premiers officiers qui ont remis leur démission. Le jeune Dickens trouve extrêmement difficile de vivre dans l'ombre de son père. Après avoir servi dans l'Armée britannique en Inde, il décide de repartir à zéro au Canada et entre au service du corps policier en 1874. Il poursuit une carrière modeste lorsqu'en 1886, atteint de surdité progressive et ne croyant plus en la possibilité d'un avancement au sein de la PCN-O, il remet sa démission. Il est sur le point d'entreprendre une tournée de conférences aux États-Unis quand il meurt subitement à Moline, en Illinois.
Des hommes d'honneur
Au-delà des préférences politiques et malgré une ingérence occasionnelle de la part d'Ottawa, les officiers dirigeant la PCN-O sont généralement des hommes compétents qui possèdent les qualités de chef nécessaires à leur travail. En tant que groupe, ils exercent leurs fonctions de façon professionnelle et savent s'adapter aux conditions de l'Ouest et, plus tard, du Grand Nord.
Il y a eu, bien sûr, des exceptions. Certains n'étaient tout simplement pas faits pour les rigueurs du travail de policier dans les Prairies ou au Yukon. La plupart des officiers ont néanmoins eu de longues et fructueuses carrières. Ils ont contribué à la colonisation et au développement de l'Ouest, ainsi qu'à l'établissement des premières colonies du Yukon. Leur plus importante contribution est probablement d'avoir façonné l'image, le professionnalisme et la réputation dont jouit la Police à cheval, au Canada et à l'étranger.


