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ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

S'enrôler

L'appel à l'enrôlement

Photographie d'un groupe d'officiers, 1888. Debout : les inspecteurs Routledge, Wattam, Moffatt, Norman, Cotton et MacPherson. Assis : le surintendant Jarvis, ainsi que l'inspecteur Constantine et son fils.

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Groupe d'officiers, 1888. Debout : les inspecteurs Routledge, Wattam, Moffatt, Norman, Cotton et MacPherson. Assis : le surintendant Jarvis, ainsi que l'inspecteur Constantine et son fils.

À l'automne de 1873, le gouvernement fédéral décide de mettre sur pied un service de police pour les Territoires du Nord-Ouest. À partir de sa création jusqu'à la fin de juin 1904, date à laquelle la Police à cheval du Nord Ouest (PCN-O) devient la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest, plus de 4 200 hommes servent au sein de ce corps policier. Pour plus d'un, c'est une aventure à ne pas manquer. Bon nombre décident ainsi de faire carrière dans les forces de l'ordre, mais pour d'autres, l'expérience s'avère brève. De retour à la vie civile, les anciens membres s'établissent dans l'Ouest canadien et deviennent fermiers ou exploitants de ranch, ou encore démarrent de petites entreprises.

Lorsque se répand, à l'automne de 1873, la nouvelle que le gouvernement recrute dans le but de former un corps de policiers à cheval pour les Territoires du Nord-Ouest, les rangs de la nouvelle force ne tardent pas à se remplir. Parmi les 300 premiers membres, plus de la moitié sont des Canadiens de naissance, dont 115 sont originaires de l'Ontario. Certaines recrues sont nées en Angleterre et en Irlande, plusieurs sont américaines, et un petit nombre provient d'Europe.

Posséder de l'expérience au sein d'une force policière n'est pas et ne sera jamais un critère d'embauche pour la PCN-O. Parmi les « premiers membres » (ceux qui ont été recrutés en 1873 et en 1874), on retrouve un grand nombre d'hommes ayant acquis une expérience militaire dans l'Armée britannique, dans la Force permanente du Canada ou dans la milice. Se joignent à eux un nombre presque égal de civils : des fermiers, des commis, des étudiants, des hommes de métier expérimentés, des manœuvres, deux policiers et un barman. Ce profil se modifiera peu au fil de l'histoire de la PCN-O.

La PCN-O emploie également de temps à autre des gendarmes spéciaux, le plus souvent des Autochtones ou des Métis, comme éclaireurs et comme guides. C'est à l'occasion de la « Marche vers l'Ouest » à l'été de 1874 qu'elle engage de tels agents pour la première fois. Le plus connu d'entre eux est Jerry Potts, mais on peut également mentionner Louis Léveillé ainsi que ses deux fils et son frère Paul, qui ont tous été éclaireurs pour la Police à cheval. Les gendarmes spéciaux ne sont pas des membres réguliers de la PCN-O et ne reçoivent par conséquent ni équipement ni uniforme. Ils jouent également un rôle limité dans le maintien de l'ordre (voir également « Les Premières nations et la protection et le maintien de l'ordre » dans « Au service de la nation »).

Lettre de demande d'emploi à la Police à cheval du Nord-Ouest, de G.E. Cusick, de Brockville, Ontario, juillet 1876.

Source

Lettre de demande d'emploi à la Police à cheval du Nord-Ouest, de G.E. Cusick, de Brockville, Ontario, juillet 1876.

Les critères d'embauche

Quiconque souhaite entrer dans les rangs de la PCN-O doit répondre à certains critères qui ne changent guère entre 1873 et 1904 :

  1. les candidats doivent avoir au moins 18 ans et pas plus de 40 ans, et être des hommes actifs, physiquement aptes au travail et de saine constitution;
  2. les candidats doivent savoir lire et écrire l'anglais ou le français et, bien sûr, être des cavaliers habiles sachant comment prendre soin des chevaux;
  3. les hommes mariés ne sont pas admis.

Les exigences physiques sont claires. Les recrues doivent mesurer au moins 5 pieds 8 pouces (173 cm), avoir un tour de poitrine d'au moins 35 pouces (89 cm) et ne pas peser plus de 175 livres (80 kg). Les recrues acceptées doivent ensuite soumettre un rapport médical, désigner leur plus proche parent et prêter un serment d'allégeance à la reine Victoria et un serment professionnel. Par ce serment, les recrues jurent de bien et fidèlement s'acquitter des devoirs qui leur incombent en tant que membre de la Police à cheval du Nord Ouest et d'exécuter, sans craindre ni favoriser qui que ce soit, tous les ordres légitimes reçus à ce titre.

Les recrues s'enrôlent ou, pour employer le terme de la PCN-O, « s'engagent » pour une période déterminée, habituellement de trois ou de cinq ans. Le mandat des agents des premiers contingents est de trois ans et, à l'expiration de leur mandat, nombre d'entre eux quittent le service, probablement en raison du fait que le gouvernement leur offre à l'époque 160 acres de terres fédérales dans l'Ouest du Canada. Cette généreuse disposition à l'intention de ceux qui terminent leur mandat de service est cependant annulée vers 1880. Les hommes désireux de se réengager à la fin de leur mandat peuvent demander un nouveau mandat, qui leur est généralement autorisé et dont la durée varie d'un à cinq ans.

Pour remplacer les agents qui retournent à la vie civile après leur mandat, la PCN-O doit engager un grand nombre de recrues à tous les ans. Par exemple, près de 80 volontaires se présentent en 1879 au quartier général de la PCN-O, alors situé à Fort Walsh, et environ 100 autres font de même l'année suivante. En janvier 1882, le gouvernement autorise le recrutement de 200 hommes, la plupart originaires de l'Ontario.

Un long périple

Avant la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique, les recrues doivent passer par les États-Unis pour se rendre à Fort Walsh. Par exemple, les membres du contingent de 1882 se sont d'abord groupés à Toronto, après quoi un train les a amenés à Sarnia, où ils ont dû faire une traversée en bateau à vapeur jusqu'à Duluth, au Minnesota. De là, ils ont dû prendre un autre train jusqu'à Bismarck, dans le Dakota du Nord, où les attendait le vapeur à aubes Red Cloud, qui les a portés dans une longue et aventureuse remontée de la rivière Missouri jusqu'à Fort Benton, au Montana. C'est ensuite en char à bœufs qu'ils se sont rendus à Fort Walsh. Bref, un voyage éreintant. Au moins deux hommes y ont perdu la vie, et environ une douzaine d'autres, commençant à douter de leur vocation, ont déserté en cours de route.

Bien que la majorité des recrues soit engagée dans l'Est du Canada, un dépôt de recrutement provisoire est établi à Winnipeg dès 1883. En 1885, 608 nouveaux membres s'ajoutent à l'effectif de la Police à cheval, qui dès lors en compte 1 039, tous grades confondus. La plupart d'entre eux ont été recrutés dans l'est du Manitoba. Toutefois, durant les années 1890, la majorité des recrues proviennent des provinces des Prairies, malgré d'occasionnelles campagnes de recrutement dans le centre du Canada et dans les Maritimes.