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ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

S'enrôler

Les recrues d'outre-mer

Photographie de David H. MacPherson, après 1888.

Source

David H. MacPherson, après 1888.

La PCN-O n'est jamais à court de recrues. Vers le milieu des années 1880, de nombreux hommes des îles Britanniques s'enrôlent, sans doute attirés par l'image romanesque qu'évoque pour eux le maintien de l'ordre, qui continuera de faire rêver les jeunes hommes jusqu'à l'arrivée de la Première Guerre mondiale.

John Donkin ne fait pas exception. Refusé de l'école de médecine, il se tourne vers le journalisme et, après plusieurs années dans l'Armée britannique, immigre au Canada en 1884 et joint les rangs de la Police à cheval. En 1888, il quitte la force et retourne en Angleterre, où il écrit l'un des rares comptes rendus de la vie dans la PCN-O, Trooper and Redskin in the Far North-West: Recollections of Life in the North-West Mounted Police, 1884-1888 (1889). Fortement impressionné par la diversité des hommes qu'il a côtoyés durant son service, Donkin écrit que, parmi les membres du corps policier, on retrouve « tous les types d'hommes provenant de tous les milieux », l'éventail allant de descendant de la noblesse britannique à clown contorsionniste sans renommée !

L'importance d'avoir des relations

L'enrôlement peut également devenir une affaire de concurrence. Les hommes qui souhaitent devenir recrues ou leurs familles doivent s'appuyer sur leurs relations familiales et politiques pour accroître leurs chances d'être engagés. Les hommes qui ont des relations dans la PCN-O, un père, un oncle ou un frère en service, par exemple, sont souvent favorisés.

Lorsqu'un membre meurt dans l'exercice de ses fonctions, la PCN-O engage généralement un fils ou un frère du défunt. Marmaduke Graburn, tué par balle en novembre 1879, est le premier agent à mourir en service. Son jeune frère est peu après accepté comme recrue, mais ce dernier perd malheureusement la vie durant le voyage vers les Prairies.

Patrick Burke est l'un des premiers membres de la Police à cheval. Après avoir accédé au grade de gendarme, en 1885, il est tué dans la Bataille de Cut Knife Hill durant la Rébellion de 1885 et laisse dans le deuil sa femme, cinq fils (qui finiront tous par être engagés dans la Police à cheval) et une fille.

Le choix du retour à la vie civile

À la fin du terme de son service, un membre peut choisir de retourner à la vie civile ou d'être réengagé. Si son dossier est sans tache et que son commandant a apprécié son travail, il peut demander un nouveau mandat, les mandats se renouvelant habituellement sur une base annuelle. Le membre conserve son rang d'un mandat à l'autre, sauf s'il interrompt son service durant une période prolongée. Les membres vaillants que le corps policier souhaite voir se présenter à nouveau sont gratifiés d'un congé pouvant aller jusqu'à deux mois.

Ronald William Bruce, de Guelph, en Ontario, s'enrôle le 25 avril 1885 pour un mandat de cinq ans. Il entre en service aux derniers stades de la Rébellion du Nord-Ouest et est promu caporal, puis sergent. Quand son mandat initial vient à expiration le 24 avril 1890, il se réengage pour un an durant lequel il est promu sergent d'état-major et reçoit la responsabilité d'être moniteur d'équitation à la Division dépôt. Il accepte ensuite des mandats d'un an en 1892 et en 1893, et un mandat de trois ans en 1894, pour finalement retourner à la vie civile le 24 avril 1897.

D'autres se contentent de finir leur mandat et quittent le service ensuite. Un conseil d'officiers se réunit alors afin de faire le bilan de leur service et d'évaluer leur conduite générale, pour enfin délivrer des certificats de démobilisation en bonne et due forme. Souvent, les membres choisissent la démobilisation, car ils souhaitent retourner dans l'Est ou désirent devenir fermiers ou exploitants de ranch dans l'Ouest. Nombre d'entre eux changent toutefois d'idée et demandent quelques mois ou quelques années plus tard à être engagés de nouveau par la Police à cheval. Les anciens membres qui étaient appréciés du temps de leur service sont réengagés, surtout s'ils satisfont à l'âge limite requis et s'ils sont toujours en bonne santé.

De courtes carrières

À l'époque, ce ne sont pas tous les hommes qui possèdent la vocation du maintien de l'ordre ou qui sont capables d'assumer un mandant de trois à cinq ans dans les Prairies. Certains membres dont l'échéance du mandat approche sont autorisés à acheter leur démobilisation moyennant un certain montant pour chaque mois de service restant. Cette pratique n'est cependant pas encouragée, et ceux qui cherchent à « acheter » leur démobilisation doivent généralement attendre pendant des mois la décision du bureau du commissaire ou du contrôleur à Ottawa.

D'autres empruntent des moyens désespérés pour quitter la force : ils désertent et retournent dans l'Est du Canada ou s'enfuient vers le sud aux États-Unis. La désertion est un problème chronique dans la PCN-O. Chaque année, les commandants des divisions signalent une ou plusieurs désertions. Après dix-huit mois de service au sein de la Police à cheval, Henry Bartram se voit remettre un laissez-passer pour une visite à Winnipeg. Il n'en reviendra jamais.

Selon l'historien Rod Macleod, entre 1879 et 1889, quelque 488 hommes quittent la Police à cheval sans autorisation. Nombre d'entre eux sont arrêtés et mis en prison pour un certain temps avant d'être relâchés et renvoyés de la force. Le cas du déserteur Philip Williams est cependant notoire. Après sa désertion, il est sommé de reprendre ses effets et son uniforme et de redevenir policier à cheval afin de reprendre le temps de service perdu.

La carrière de David Macpherson est des plus singulières. Aidé de son père, Sir David Macpherson, qui a siégé au cabinet de Sir John A. Macdonald, le jeune Macpherson s'enrôle le 25 juin 1880, et déserte quatre mois plus tard. Après trois ans d'errance (et peut-être en raison de l'insistance de sa famille), il se rend et, après un séjour de six mois en prison, reprend l'exercice de ses fonctions en mai 1884. Il est ensuite promu sergent en 1887 et reçoit, le 1er septembre 1888, une commission d'inspecteur. Il prend sa retraite avec pension en septembre 1897.

Malgré ces cas d'exception, les membres qui violent les règlements font habituellement l'objet de sanctions sévères. Ils sont emprisonnés et ensuite bannis de la Police à cheval.