Sauter les liens de navigation (touche d'accès : Z)Bibliothèque et Archives Canada - Library and Archives Canada Canada
Page d'accueil > Guerre et armée > Les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest English

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

Au travail

Les patrouilles

Carte de l'emplacement des postes et des détachements de patrouille dans les Territoires du Nord-Ouest, 1886.

Source

Carte de l'emplacement des postes et des détachements de patrouille dans les Territoires du Nord-Ouest, 1886.

[ PDF 1 980 Ko ]

Télécharger les logiciels gratuits

Avant la fin de la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), les colonies de peuplement et les pionniers sont peu nombreux et dispersés. En 1884, par exemple, 500 policiers à cheval sont responsables d'un territoire d'environ 200 000 milles carrés (518 000 kilomètres carrés). Durant l'été, on établit des détachements ou des campements provisoires aux endroits nécessaires, habituellement dans les régions près de la frontière des États-Unis, afin de prévenir l'activité criminelle, notamment la contrebande d'alcool et le vol de chevaux. En 1886, la Police à cheval compte environ 40 détachements, dont plusieurs sont inactifs en hiver. À la fin du siècle, en 1899, un large réseau comprenant 90 détachements, dont plusieurs permanents, couvre différents emplacements stratégiques dans l'ensemble des Prairies.

Photographie de l'intérieur des casernes, détachement de Bonanza, Territoire du Yukon, 1903.

Source

Détachement de Bonanza, Territoire du Yukon, 1903.

La voie de communication qu'établit entre l'Est et l'Ouest du Canada l'arrivée du chemin de fer provoque de nombreux changements. La fin de la Rébellion de 1885 sonne le glas d'une époque et inaugure le début d'une nouvelle. Le bison, depuis longtemps le soutien principal des Premières nations et des Métis, n'est plus. Le gouvernement lance une campagne énergique visant à attirer les pionniers et les immigrants dans les territoires, et les Premières nations sont confinées aux réserves.

Ces transformations dans la composition de la société vivant dans les Prairies entraînent d'importants changements pour la Police à cheval. En avril 1886, Lawrence Herchmer est nommé commissaire en remplacement de A.G. Irvine. On ajoute également 600 hommes à la force policière, qui compte désormais plus de 800 membres. Herchmer est animé par la ferme conviction que la Police à cheval doit jouer un rôle de premier plan dans la politique gouvernementale de colonisation des Prairies.

Pour Herchmer, il est important que le corps policier soit non seulement visible, mais aussi qu'il participe, sur une base individuelle et collective, aux transformations qui touchent l'Ouest du Canada. Pour ce faire, il institue, en 1886, un système de patrouilles se déployant dans une série de détachements s'étalant de la frontière du Manitoba jusqu'aux contreforts des montagnes Rocheuses. De nombreux détachements sont établis au sud du CFCP, relativement près de la frontière, où la majorité des pionniers sont installés. La distance entre chaque détachement est telle qu'il est possible pour les patrouilleurs provenant de détachements voisins de se rencontrer et de se croiser, permettant ainsi à la force policière de surveiller de façon régulière un vaste territoire.

Les patrouilles de la PCN-O contribuent de façon importante au développement des Prairies durant cette période déterminante qui se situe entre 1885 et 1904. Des patrouilles visitent régulièrement les réserves indiennes ainsi que, durant de nombreuses années, tous les pionniers et les exploitants de ranch, surtout lorsqu'ils vivent dans des régions isolées. L'historien de la Police à cheval John Peter Turner décrit les policiers en patrouille comme des hommes qui apportent « protection, aide, conseil et qui, de façon assez fréquente, prodiguent des soins médicaux ». Également, ils discutent librement de tous les sujets, qu'il s'agisse d'agriculture ou du temps qu'il fait.

Journal de patrouille du détachment Writing on Stone, en Alberta, novembre 1891. Journal de patrouille du détachment Writing on Stone, en Alberta, novembre 1891. Journal de patrouille du détachment Writing on Stone, en Alberta, novembre 1891.

Source

Journal de patrouille du détachment Writing on Stone, en Alberta, novembre 1891.

Une augmentation de la population au milieu des années 1890 entraîne des modifications du système de patrouilles. Afin de répondre aux besoins changeants de la population des Prairies, la PCN-O abandonne certains détachements et en institue de nouveaux. Le système prévoit des patrouilles quotidiennes et hebdomadaires, dont la fréquence est toutefois généralement réduite en hiver.

Vers 1890, les patrouilleurs de la Police à cheval (ainsi que leurs chevaux) parcourent chaque année près de 1,5 million de milles (2,4 millions de kilomètres). En 1889, le surintendant John McIllree, commandant de la Division E (Calgary), observe dans un rapport que ses hommes ont entrepris durant l'année 2 066 patrouilles à dos de cheval et ont parcouru au total plus de 160 000 milles (257 600 km). Deux ans plus tard, il relève que les patrouilleurs de sa division ont parcouru au total environ 175 000 milles (281 700 km). Les patrouilles couvrent un large territoire et sont planifiées avec soin. Elles permettent d'assurer la visibilité du corps policier sur une vaste étendue et contribuent au maintien de l'ordre public.

Photographie de Jerry Potts, un Métis ayant travaillé comme interprète et comme guide pour la PCN-O, en costume des Piégans du sud, 1889.

Source

Jerry Potts, un Métis ayant travaillé comme interprète et comme guide pour la PCN-O, en costume des Piégans du sud, 1889.

Patrouiller n'est cependant pas une tâche aisée. C'est particulièrement difficile pour les chevaux, qui parcourent généralement plus de 3 000 milles (4 800 km) dans une même année. Les conditions météorologiques constituent également une source de préoccupation continuelle. Même si elles peuvent s'avérer difficiles et imprévisibles à chaque période de l'année, les patrouilleurs doivent néanmoins prendre la route, parfois contre toute attente (et le bon sens), ce qui, à l'occasion, mène à des événements tragiques. La crue printanière des rivières emporte dans son flot la vie de plus d'un membre de la Police à cheval.

C'est dans le sud de l'Alberta que se produit en 1891 un des incidents les plus tragiques de l'histoire de la PCN-O. Enfreignant le règlement, le gendarme James Herron décide, le 2 mars, de parcourir seul la distance qui sépare les détachements de Kipp et de St. Mary's. Son corps gelé est retrouvé deux jours plus tard dans un état qui laisse supposer que, pris dans un blizzard ayant rendu la visibilité nulle, Herron se serait perdu et, seul et frigorifié, se serait enlevé la vie.

Au milieu des années 1890, la croissance de la population et l'élargissement du territoire habité entraînent une diminution de l'étendue du système de patrouilles, qui n'est cependant jamais abandonné. Également, les communications sont plus faciles. Le téléphone, le télégraphe, un service postal régulier, des sentiers plus facilement praticables, de nouvelles voies ferrées et des routes permettent désormais de relier entre elles les collectivités de l'Ouest canadien, de la même façon que l'avaient fait plus tôt les membres de la Police à cheval en visitant de façon régulière les propriétés familiales et les ranchs.