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ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

Servir son pays

Les risques de violence

Photographie d'un gendarme de la Police à cheval du Nord-Ouest avec un Amérindien des Plaines, vers 1874-1890.

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Gendarme de la Police à cheval du Nord-Ouest avec un Amérindien des Plaines, vers 1874-1890.

Le premier ministre Sir John A. Macdonald travaille dès 1869 à l'élaboration de plans visant à instaurer une force policière dans l'Ouest. Ces plans prévoient un corps policier composé de 50 Blancs et 150 Métis. MacDonald modifie cependant ses plans après la Rébellion ou la Résistance de la rivière Rouge de 1870 (également appelée Résistance de la rivière Rouge), durant laquelle les Métis, sous l'impulsion de Louis Riel, résistent violemment à l'annexion du territoire et à la violation possible de leurs droits.

Prévoyant envoyer la PCN-O afin d'en préparer les territoires à la colonisation et au développement, le gouvernement travaille à l'élaboration de la force. Il semble cependant qu'il ait été forcé d'agir précipitamment à la suite du massacre des Assiniboines de Cypress Hills, près de Fort Whoop-up, en Alberta, perpétré par une bande de chasseurs américains et canadiens. Plusieurs débattent toujours à propos du rôle qu'aurait joué ce massacre dans la création de la PCN-O. Certains sont d'avis que la réaction du gouvernement est à l'origine d'une légende qui lui est fort utile et selon laquelle la PCN-O aurait été créée pour protéger les Autochtones de l'assaut de Blancs sans scrupule.

En tout état de cause, la tâche immédiate de la PCN-O au moment de sa création est de désamorcer une situation potentiellement dangereuse et de faire respecter les lois canadiennes dans les Prairies. À long terme, le gouvernement fédéral souhaite conclure des traités avec les Premières nations afin de pouvoir amorcer la colonisation de l'Ouest et construire un chemin de fer transcontinental. La relation entre le gouvernement et les Premières nations est toutefois difficile en raison d'une incompréhension culturelle mutuelle et de l'attitude paternaliste dont fait preuve le gouvernement. Le rôle de la PCN-O dans le processus de conclusion de traités est essentiel, car elle seule arrive à établir un lien de confiance avec les chefs Autochtones. Les traités sont conclus en quelques années avec peu ou aucune violence, ce qui est en profond contraste avec les événements qui se déroulent aux États-Unis à la même époque.

Il est important de souligner que, malgré la Rébellion de la rivière Rouge et la Rébellion de 1885, les Métis contribuent de façon considérable à établir le climat de confiance et d'harmonie relative dans lequel les traités sont conclus.

En septembre 1876, la Couronne signe le traité no 6 avec les Cris des plaines et les Cris des bois. Un an plus tard, le traité no 7, signé avec les Pieds-Noirs, libère de larges étendues dans les Prairies, et le gouvernement fédéral peut dès lors mettre en œuvre ses politiques de colonisation et de développement.

Photographie de Sitting Bull, Winnipeg, Manitoba, vers 1885.

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Sitting Bull, Winnipeg, Manitoba, vers 1885.

Toujours à l'affût des événements se déroulant au sud de la frontière, la Police à cheval fait face à une situation délicate lorsque, en 1876-1877, près de 5 000 Sioux traversent la frontière américaine afin de bénéficier de la protection de la loi « britannique ». Ils sont bientôt suivis par Sitting Bull, qui a dirigé le massacre du général George Custer et des hommes du 7e régiment d'infanterie de l'Armée américaine en juillet 1876 à Little Bighorn, au Montana. Le gouvernement canadien accueille les Sioux comme des réfugiés politiques, mais craint qu'ils attirent au Canada d'autres groupes Autochtones dissidents de l'Ouest américain.

L'inspecteur James M. Walsh, l'un des premiers officiers de la PCN-O à discuter avec Sitting Bull et d'autres Sioux, éprouve beaucoup de respect pour les chefs des Premières nations, mais demeure conscient du fait que le nombre des Sioux dépasse de beaucoup celui des membres de la PCN-O. S'adressant à eux avec fermeté tout en usant d'un discours prudent et diplomate, il leur indique qu'ils pourront rester tant et aussi longtemps qu'ils respecteront la loi. Sa parole sera entendue. Les membres de la Police à cheval sont impressionnés de constater que les Sioux respectent la loi à la lettre, même lorsqu'ils sont contraints d'attraper des souris et des rongeurs pour survivre. Le gouvernement à Ottawa, qui n'a pas l'obligation d'aider les Sioux, est quant à lui impatient de les voir quitter le pays. En 1881, il charge la Police à cheval de veiller à ce que les Sioux-Lakota de Sitting Bull retournent aux États-Unis, ce qu'elle exécute.

Entre-temps, le gouvernement fédéral décide d'évacuer les divers groupes des Premières nations vivant aux environs de la frontière. Au printemps de 1882, plus de 1 000 Assiniboines et Cris établissent leur campement dans le secteur près de Fort Walsh, en Saskatchewan. Ils s'y sont rendus pour chasser et espèrent recevoir des rations alimentaires. On leur propose de les déplacer dans une réserve loin au nord, à Battleford, aussi en Saskatchewan, mais l'absence de toute forme d'aide alimentaire les incite à refuser la proposition. Pour résoudre l'impasse, le commissaire Acheson G. Irvine fait préparer une énorme caravane de ravitaillement dont il confie la responsabilité, ainsi que le commandement du déplacement des Autochtones, au gendarme Daniel « Peach » Davis. Même s'il n'a que 23 ans, Davis est décrit comme un gendarme « vigoureux, endurci et aguerri ».

Il sait se montrer convaincant, et, le 24 mai, la caravane quitte Fort Walsh pour arriver dans la région de Battleford le 15 juin, sans qu'aucun incident notable se soit produit. Il s'agit de l'un des événements les plus inhabituels de l'histoire des relations entre la PCN-O et les Premières nations. Il permet de mettre en évidence le fait que, en général, le corps policier fait preuve de beaucoup de respect envers les membres des Premières nations, un respect qui s'avère mutuel à maintes reprises.

L'établissement dans les réserves se déroule en même temps que la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique. Or, s'il existe un symbole de l'anéantissement, voire de l'extermination, du mode de vie Autochtone, il est parfaitement incarné par le chemin de fer. La période est difficile, tant pour les Premières nations que pour la Police à cheval, mais, malgré les incertitudes et une lente désagrégation de la culture Autochtone, le climat dans les Prairies demeure relativement pacifique jusqu'en 1885.