Servir son pays
1885 et après
La Rébellion de 1885 est une période complexe de l'histoire canadienne. Elle a fait et fait toujours l'objet de débats houleux. Une analyse complète et exhaustive des circonstances dépasse de beaucoup le mandat du présent site Web. Les études historiques récentes suggèrent que le rôle des membres des Premières nations dans la rébellion a été beaucoup moins important qu'il a d'abord été affirmé (voir Stonechild et Waiser dans la section « Autres études »). Il est probable que les groupes des Premières nations ayant accepté les traités et la vie dans les réserves soient restés à l'extérieur de la rébellion, et que ce sont ceux qui n'ont pas signé les traités et qui ont tenté de poursuivre leur mode de vie traditionnel qui aient participé à la rébellion. Quant aux Métis, ils ne peuvent à l'époque conclure aucun traité.
Quoi qu'il en soit, au printemps de 1885, certains Métis, commandés par Louis Riel et Gabriel Dumont, se mobilisent contre le gouvernement fédéral et ses politiques dans l'Ouest canadien. Depuis plusieurs années déjà les officiers de la PCN-O sentent qu'il y a de la tension dans l'air et en avertissent le gouvernement d'Ottawa. Le système des réserves est inadéquat et de nombreux Autochtones ont de la difficulté ou sont incapables de trouver suffisamment de nourriture. La disparition rapide de leur mode de vie traditionnel, fondé sur la chasse annuelle du bison, place des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants métis et des Premières nations dans une situation difficile. À l'égard de cette situation, les officiers de la PCN-O lancent de nombreux avertissements à Ottawa, qui cependant les ignore.
La violence éclate le 26 mars 1885, près du lac aux Canards, en Saskatchewan. Le surintendant Lief Crozier tombe dans une embuscade, et une bataille s'ensuit. Trois policiers à cheval sont tués. Crozier bat rapidement en retraite à Fort Carlton, mais les premiers coups de feu tirés annoncent une courte mais sanglante série de confrontations entre la milice, les membres de la Police à cheval, les colons blancs, un grand nombre de Métis et quelques combattants des Premières nations. La fin du conflit est marquée par l'exécution de Louis Riel pour haute trahison, et l'emprisonnement ou l'exécution d'autres Métis et membres des Premières nations.
Après l'escarmouche du lac aux Canards, la participation de la PCN-O dans les affrontements de la Rébellion de 1885 est minime, bien que certains de ses membres se joignent aux éclaireurs de Steele et à la Alberta Field Force, commandée pat le major-général Frederick Middleton. D'ailleurs, ce dernier critiquera sévèrement la PCN-O en raison de sa timidité et de son manque d'initiative dans le conflit. Les troupes de Middleton vont même jusqu'à traiter les membres de la PCN-O de « gophers » (laquais).
Bien que la participation des Premières nations ait probablement été minime, on qualifie officiellement un grand nombre des réserves de « déloyales », une tactique qui permet au gouvernement de leur imposer des mesures encore plus restrictives.
La Rébellion de 1885 et ses conséquences constituent une série d'événements déplorables de l'histoire canadienne, et une époque peu glorieuse pour la PCN-O. Les Premières nations et les Métis ont particulièrement souffert de cette tragédie. Comme le soulignent les historiens Bob Beal et Rod Macleod, il leur a fallu « de nombreuses décennies pour récupérer, sur les plans politique et émotionnel, de la défaite de 1885 ».
Dans les années qui suivent le conflit, la Police à cheval craint que d'autres flambées de violence surviennent, car le gouvernement ne prend pas de mesures véritables pour régler les problèmes sous-jacents. Après 1886, sous la gouverne du commissaire Herchmer, la PCN-O établit donc un large réseau de patrouilles, qui ont notamment pour tâche de visiter régulièrement l'ensemble des réserves (voir Au travail).
