Combattre le crime
« Maintiens le Droit »
La devise officielle de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) est simple et directe : « Maintiens le Droit ». Cette devise remonte au XIVe siècle et est adoptée par plusieurs familles de barons de Grande-Bretagne. Jusque vers la fin des années 1880, les policiers à cheval constituent, en vertu de la loi qui régit la PCN-O, les uniques représentants de la justice dans les Territoires. Ils arrêtent les malfaiteurs, exercent la fonction de juges de paix, prononcent les sentences et mettent sous les verrous les coupables dans les salles de garde locales de la PCN-O.
Bien que l'image du policier à cheval poursuivant un malfaiteur dans une course folle soit profondément ancrée dans nos esprits, il faut savoir qu'avant la Rébellion de 1885, le crime n'est pas une préoccupation majeure pour les membres de la Police à cheval. En général, l'activité criminelle est modeste et le maintien de l'ordre relève de la routine. Ce n'est qu'après l'explosion démographique provoquée par l'arrivée du chemin de fer que le crime commence à augmenter dans les Territoires.
À la suite d'une série de crimes violents, la PCN-O décide, en 1886, de créer un service d'enquête. Charles Constantine, chef de la police provinciale du Manitoba, est commissionné en octobre 1886 dans le but de mettre en œuvre ce projet, qui est cependant abandonné deux ans plus tard. Bien que la PCN-O se montre peut innovatrice en matière de méthodes d'investigation, elle utilise tout de même au Yukon la méthode d'identification judiciaire d'Alphonse Bertillon au tournant du XXe siècle, avant l'usage généralisé des empreintes digitales (www.mcgill.ca/files/legal-theory-workshop/ Pavlich-Accusations-Criminal-Identity.pdf - référence en anglais seulement [PDF 1 310 Ko] - Télécharger les logiciels gratuits).
Grâce à l'important réseau de patrouilles de la Police à cheval, les membres du corps policier arrivent à connaître la majorité des résidents des Territoires du Nord-Ouest et partagent un objectif commun : maintenir la paix dans les collectivités et dans les Prairies. Des infractions à la loi et des crimes violents sont bien entendu commis durant cette période, mais, dans l'ensemble, la liste des offenses publiée en annexe de certains documents de la PCN-O révèle un large éventail de délits : non-paiement de salaires, contrebande, jeu, voies de fait, vol qualifié, vagabondage, paroles offensantes, vente de narcotiques, etc. On y trouve aussi la mention de méfaits plus anodins, comme des vols de sacs d'avoine ou de bois de construction.
Contrairement à la croyance populaire, nourrie de phrases clichées du type « personne n'échappe à la justice », les policiers à cheval n'arrivent pas toujours à traduire les criminels en justice, même s'ils ne ménagent aucun effort pour y arriver. Mais qu'à cela ne tienne, des journaux comme le Record de Fort Benton, au Montana, contribuent, en racontant les exploits des policiers en tunique rouge, à entretenir l'un des mythes les plus tenaces de l'histoire de la Police à cheval. Le journal raconte en 1877 comment la Police à cheval est arrivée, grâce à la persévérance de ses membres, à traquer des voleurs de chevaux jusqu'au Montana. Les qualifiant de fins limiers, le Record répand l'idée que les membres du corps policier sont capables de retrouver un criminel à tout coup. Après avoir été arrêté pour un meurtre commis en Alberta au printemps de 1902, l'Américain Charles Bullock avoue avoir « toujours su que les tuniques rouges finiraient par l'attraper, même si cela devait leur prendre des années ».
