Sauter les liens de navigation (touche d'accès : Z)Bibliothèque et Archives Canada - Library and Archives Canada Canada
Page d'accueil > Guerre et armée > Les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest English

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

ARCHIVÉE - « Sans craindre ni favoriser qui que ce soit » : les hommes de la Police à cheval du Nord-Ouest

Combattre le crime

Les protecteurs de la moralité

Groupe de quelques membres de Fort Constantine (maintenant appelé « Forty Mile »), sur la rivière Yukon, 1895.

Source

Détachement de Fort Constantine (maintenant appelé « Forty Mile »), sur la rivière Yukon, avec le premier groupe de la PCN-O affecté au Yukon en 1895.

La Police à cheval est également chargée de protéger la moralité dans les Prairies, conformément à la loi et aux principes qui prévalent au sein de la population du temps. Étant donné le grand nombre d'hommes célibataires dans la population, particulièrement à l'époque de la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), la prostitution devient rapidement un problème endémique dans les grands centres comme Calgary, Edmonton, Regina et Moosejaw, en Saskatchewan, et après 1896, au Yukon. Toutefois, la PCN-O se montre habituellement plutôt indulgente à l'égard de ce problème, qu'elle considère comme un mal nécessaire dans une société aussi reculée géographiquement. Les membres du corps policier n'interviennent donc dans ce type de situation que lorsque la population locale s'objecte à de telles mœurs et exige qu'ils appliquent les lois de façon plus rigoureuse.

La Police à cheval a aussi pour rôle de faire appliquer la prohibition dans les Territoires et de veiller au respect de lois sévères concernant le port des armes de poing, surtout dans les villes. Elle s'efforce également de maintenir la politique interdisant aux membres des Premières nations de consommer de l'alcool, politique qui est entrée en vigueur au moment de la fusion de la Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1821. À certains égards, l'alcool constitue pour la Police à cheval la plus importante source de problèmes.

On tolère à l'époque la consommation de bière si elle ne contient que 4 pour cent d'alcool, et certaines boissons fortement alcoolisées utilisées « à des fins médicales » peuvent entrer dans les Territoires, moyennant une autorisation du lieutenant gouverneur. Le règlement sur le degré maximum d'alcool de la bière étant déjà difficile à faire respecter, la prévention de la contrebande d'alcool s'avère quant à elle pratiquement impossible. Les récipients qui entrent dans les Territoires sont identifiés comme contenant du sucre, du sel ou de l'avoine, mais recèlent souvent autre chose que le contenu annoncé par leur étiquette. L'achèvement du CFCP ne contribuera qu'à amplifier le problème.

Pour la PCN-O, les crimes liés à l'alcool ne doivent pas être pris à la légère. La pénalité imposée pour la vente d'alcool consiste en une amende de 300 $, en une peine d'emprisonnement et en la confiscation de toute charrette et de tout cheval appartenant à la personne inculpée. Les policiers à cheval confisquent également le whisky, une pratique pour laquelle ils démontrent un certain zèle en hiver, alors qu'ils vident les bouteilles dans la neige... afin de revenir plus tard manger la neige imbibée.

Rapport du gendarme Richard C. Wyld, sur la saisie d'alcool du 9 septembre 1875.

Source

Rapport du gendarme Richard C. Wyld, sur la saisie d'alcool du 9 septembre 1875.

Lettre du sergent G.H. Aston au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 14 novembre 1897.

Lettre du sergent G.H. Aston au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 14 novembre 1897.

Lettre de John Tolson au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 28 novembre 1897, 2 pages.

Lettre de John Tolson au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 28 novembre 1897, 2 pages. (Page 1, 2)

Lettre du surintendant A.B. Perry à John Tolson, Banff, Alberta, 1er décembre 1897.

Lettre du surintendant A.B. Perry à John Tolson, Banff, Alberta, le 1er décembre 1897.

Lettre du surintendant A.B. Perry au sergent G.H. Aston, Banff, Alberta, le 1er décembre 1897.

Lettre du surintendant A.B. Perry au sergent G.H. Aston, Banff, Alberta, le 1er décembre 1897.

Lettre du sergent G.H. Aston au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 3 décembre 1897.

Lettre du sergent G.H. Aston au surintendant A.B. Perry, Banff, Alberta, le 3 décembre 1897.

Lettre du commissaire Herchmer, de la PCN-O, à John Tolson, Banff, Alberta, le 7 décembre 1897.

Lettre du commissaire Herchmer, de la PCN-O, à John Tolson, Banff, Alberta, le 7 décembre 1897.

Lettre de John Tolson au commissaire Herchmer, de la PCN-O, Banff, Alberta, le 12 décembre 1897.

Lettre de John Tolson au commissaire Herchmer, de la PCN-O, Banff, Alberta, le 12 décembre 1897.

Source

Les restrictions sur la teneur en alcool et la vente de la bière sont levées en juillet 1888, et la prohibition elle-même est abrogée en janvier 1892. Ces changements sont accueillis avec soulagement par la PCN-O, qui fait partie des plus grands importateurs légaux de boissons alcoolisées dans les Territoires du Nord-Ouest. Dans l'Ouest américain, le mélange « alcool fort et arme de poing » est la source de la plupart des incidents violents graves qui se produisent à l'époque. Le contrôle sévère qu'exerce la PCN-O sur ces deux ingrédients explosifs explique largement pourquoi il y a peu de violence dans les Prairies canadiennes.

Le « crime » peut également revêtir un aspect plus trivial. En décembre 1886, des citoyens de Banff, en Alberta, se plaignent à la police du fait qu'on joue au hockey le dimanche, en contravention avec la Loi sur le dimanche. Il semble que le sergent en service soit intervenu, mais ses supérieurs lui auraient suggéré d'adopter une approche tempérée (voir la série de lettres allant de la plainte à la résolution du problème).

Les vols de chevaux et de bétail

La PCN-O porte une attention accrue à l'activité criminelle qui revêt une importance particulière dans une région frontalière : les vols de chevaux et de bétail, les vols à main armée et, plus rarement, les meurtres. Le vol de chevaux est à l'époque chose courante, notamment du côté des Premières nations. Étant le seul moyen de transport quotidien, les chevaux sont très convoités, et le corps policier considère chaque cas de vol comme une grave infraction à la loi.

On accorde autant d'importance au vol de bétail, qui atteint à de nombreuses reprises des proportions épidémiques. Avec l'établissement de grands ranchs, particulièrement dans le sud de l'Alberta, la Police à cheval est régulièrement appelée à protéger les intérêts des exploitants de ranchs. La proximité d'une frontière ouverte avec les États-Unis entraîne de nombreux problèmes d'application de la loi des deux côtés.

Les vols à main armée

L'utilisation d'une arme pour commettre un crime est heureusement chose rare dans les Territoires. Néanmoins, au début de l'été de 1886, le nombre de braquages de diligences à main armée force la PCN-O à escorter pendant un certain temps les voitures à cheval dans les Territoires. Craignant la présence dans les Prairies de bandes de malfaiteurs comparables à celles qu'on retrouve aux États-Unis à l'époque, la Police à cheval entreprend une surveillance du circuit des diligences et de la poste et, après 1885, du trajet des trains du CFCP afin de prévenir le plus possible ce type de crime.

Les homicides

Les meurtres sont également rares. Entre 1886 et 1891, sept meurtres sont commis dans les Territoires, et pour trois d'entre eux, l'enquête de la Police à cheval permet de résoudre l'affaire. De 1892 à 1900, 15 homicides sont commis : 10 d'entre eux sont la conséquence directe de violence familiale, et les 5 autres sont liés à des affaires de vol.

Rapport d'enquête concernant la rumeur de décapitation à Beaver Lake, au Saskatchewan, le 21 juin 1902. Rapport d'enquête concernant la rumeur de décapitation à Beaver Lake, au Saskatchewan, le 21 juin 1902. Rapport d'enquête concernant la rumeur de décapitation à Beaver Lake, au Saskatchewan, le 21 juin 1902. Rapport d'enquête concernant la rumeur de décapitation à Beaver Lake, au Saskatchewan, le 21 juin 1902.

Source

Rapport d'enquête concernant la rumeur de décapitation à Beaver Lake, au Saskatchewan, le 21 juin 1902.

La Police à cheval ne dispose d'aucun service spécialisé dans les enquêtes, mais plusieurs de ses membres sont particulièrement doués pour la résolution des crimes violents. L'affaire impliquant Bud Bullock est à ce sujet révélatrice. Un jour de printemps de 1902, le corps d'un jeune homme est trouvé près de Morningside, en Alberta. Le meurtre est signalé au sergent Harry Hetherington du détachement de Innisfail, mais rien ne permet d'identifier le corps de la victime, excepté ses brettelles, sur lesquelles est inscrit le mot « Kalamazoo » (comme le nom de la ville Kalamazoo, au Michigan).

Par chance, le sergent Hetherington mentionne ce fait au médecin local, qui se rappelle avoir lu dans le journal une annonce dans laquelle une femme de Kalamazoo demandait des nouvelles de son fils parti depuis quelques semaines en Alberta. Hetherington se rend au Michigan le 31 août 1902 afin d'y rencontrer la mère du jeune homme. Elle lui raconte que son fils, Leon Stainton, est parti pour l'Ouest avec un homme appelé Charles « Bud » Bullock. Repérant un échantillon de la signature de Bullock au bureau d'inscription d'un l'hôtel local, Hetherington refait le chemin vers l'Ouest sous un nom fictif et consulte les registres d'hôtel et les livres de paie des compagnies minières en prenant soin d'examiner et de comparer les signatures.

Avis de recherche d'Ernest Cashel, 1903.

Source

Avis de recherche d'Ernest Cashel, 1903.

Après trois mois d'enquête, Hetherington retrouve finalement Bullock le 23 novembre dans un camp minier à Great Falls, au Montana. Il l'arrête pour le meurtre du jeune homme de Kalamazoo, Leon Stainton, et le ramène en Alberta, où le présumé meurtrier subit un procès à la fin duquel il est reconnu coupable et pendu. Le commissaire Perry s'avouera impressionné par le travail d'Hetherington : « Je n'ai jamais vu meilleur travail d'enquête dans la Police à cheval. ».

Biographie :
Alick Pennycuick

Alick Pennycuick est un autre membre de la Police à cheval qui se démarque pour ses talents d'enquêteur. Il est affecté au Yukon lorsque, le jour de Noël de 1899, trois hommes sont pris en embuscade, volés et brutalement assassinés. Pennycuick, qui possède sept ans d'expérience à titre de gendarme, entreprend une fouille minutieuse des environs d'un campement situé près du lieu où les meurtres ont été commis. Il retourne le sol, arpente les abords de la rivière qui se trouve à proximité et réussit à recueillir des éléments de preuve contre George O'Brien. Ses recherches portent fruits et mènent à l'arrestation d'O'Brien, qui est déclaré coupable et pendu à Dawson le 23 août 1901. Pennycuick prend également part à diverses autres enquêtes portant sur des affaires de meurtres, la plus célèbre d'entre elles ayant porté sur un homicide perpétré entre 1902 et 1903 par un vagabond américain, Ernest Cashel, près de Red Deer, en Alberta.