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ARCHIVÉE - Une école virtuelle

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La vie quotidienne à l'école

À quoi ressemblait la vie d'un enseignant ?

Les enseignants étaient tous confrontés aux mêmes problèmes. Plusieurs bâtiments scolaires n'étaient pas appropriés. Les manuels, cartes et fournitures scolaires, quand il y en avait, étaient souvent en nombre insuffisant. Les élèves s'absentaient fréquemment. Les enseignants devaient parfois traiter avec des parents difficiles. Ils n'avaient pas accès, ou si peu, à des cours de perfectionnement. Ils étaient mal rémunérés, et le salaire des femmes, pour les mêmes tâches, était inférieur à celui des hommes. Il faisait trop chaud dans certaines écoles et trop froid dans d'autres. Parfois la cheminée fumait à l'intérieur de la salle de classe, ou encore, il n'y avait même pas d'eau potable dans l'école. Les enseignants n'en faisaient toutefois pas moins de leur mieux avec les maigres ressources et le faible soutien qu'on leur accordait.

Photographie en noir et blanc d'un enseignant et d'un groupe d'élèves posant devant une petite école en planches à clin. Ils sont tous habillés avec probablement leurs plus beaux vêtements.

Source
Elia Shklanka, enseignante, avec des élèves de l'école de Kalush en Alberta, 1917

Photographie en noir et blanc d'une jeune enseignante avec un groupe d'élèves, posant devant une petite école en planches à clin.

Source
L'enseignante Olga Burak (plus tard Swystun) avec ses élèves à Meacham, Saskatchewan, en 1918 

Photographie en noir et blanc d'un homme d'âge moyen, en habit trois-pièces, une plume à la main, assis derrière un gros pupitre en bois.

Source
L'enseignant, et plus tard directeur, à l'école Jesse Ketchum, septembre 1909, Toronto

Une fois engagés, les enseignants devaient trouver à se loger. Ils vivaient, pour la plupart, en pension dans les familles de leurs élèves, et parfois, lorsque ces familles les accueillaient à tour de rôle, ils devaient se déplacer d'une maison à l'autre. Certaines écoles mettaient une résidence à la disposition des enseignants, une sorte de petite cabane située parfois à proximité de l'école, mais, le plus souvent, loin d'elle, dans un coin isolé. Il s'agissait là, pour un enseignant, d'un logement bien solitaire, souvent dépourvu des éléments de confort les plus élémentaires, où il n'y avait aucune forme de luxe.

Même si leur salaire était très modeste, les enseignants éprouvaient souvent de la difficulté à se faire verser, par les familles de la collectivité, les frais de scolarité. Il leur arrivait même de ne pas être payés pendant de longues périodes. On les payait parfois en nature  --  avec des pommes de terre ou d'autres produits agricoles, par exemple  -- , plutôt qu'en argent, mais ils devaient alors vendre ou échanger ces biens au magasin général pour obtenir ce dont ils avaient besoin.

Dans son rapport de 1855, le surintendant en chef des écoles du Nouveau-Brunswick écrit :

« J'ai sous les yeux une lettre d'un instituteur de tout premier ordre, que je sais être un homme compétent et d'une très grande valeur; il affirme que, lorsqu'il a amorcé son contrat de douze mois ... les habitants du District ont souscrit une somme de 35 £ [soit environ 3 700 $ canadiens d'aujourd'hui] pour le soutenir; en fait, ils ont signé leur nom sur un document, chacun promettant de verser un certain montant d'argent selon le nombre d'enfants qu'il envoyait à l'école. ... Mais comment a-t-il touché ses 35 £ ? Durant ses douze mois, il a reçu 2 s 6 d [soit environ 13 $ canadiens d'aujourd'hui] en argent comptant, le reste lui ayant été payé en pommes de terre, en sarrasin, en bas, en mitaines, le tout évalué au plus haut prix, et en crédits d'achat au Magasin, où, comme il le dit « j'ai obtenu des marchandises très ordinaires, à des prix absolument exorbitants. ».

Third Annual Report on the Parish Schools of New Brunswick (Fredericton : J. Simpson, 1855), p. 10.

Je me souviens...

Maisie Emery Cook étaient enseignante, avec sa sœur, en Alberta en 1901; elle décrit ainsi un des endroits où elle a vécu en pension :

« Mon nouveau chez-moi consistait en un assez grand bâtiment d'un étage, en bois rond, avec une annexe qui logeait un bureau de poste et une épicerie. La partie principale comprenait deux chambres à coucher délimitées par des rideaux, le reste ne formant qu'une seule pièce de séjour où l'on vivait (et dormait). ... Le mari, la femme et le bébé occupaient une chambre, tandis que nous nous partagions, la sœur du mari et moi-même, l'autre. Les sept autres occupaient la salle de séjour... On nous reconduisait à l'école quand les chevaux n'étaient pas affectés à d'autres travaux, et, s'ils l'étaient, nous devions marcher les quatre milles et demi. ».

Maisie Emery Cook, Memories of a Pioneer Schoolteacher (Edmonton : À compte d'auteur, 1968), p. 18-19.

Photographie en noir et blanc de trois jeunes femmes, probablement des adolescentes. Elles sont assises dans une salle de classe et regardent la caméra; au fond, derrière elles, il y a un tableau noir et à l'avant-plan, un pupitre encombré.

Source
Une jeune enseignante avec deux élèves, 1896-1897

Photographie en noir et blanc d'une jeune femme posant devant une école en bois avec son groupe d'élèves, composé d'enfants et de jeunes adultes principalement autochtones.

Source
Mademoiselle Doherty (à gauche) et ses élèves, à Bear Island, Ontario, 25 juillet 1906

Au début, dans les collectivités rurales, l'enseignement était surtout dispensé par des hommes. Mais, avec l'évolution de la profession, et l'obligation pour les enseignants de recevoir une formation officielle, l'enseignement attirera de plus en plus de femmes. Les collectivités seront d'ailleurs enchantées d'accueillir des enseignantes car les femmes étaient alors moins bien payées que les hommes. Souvent très jeunes  --  aussi jeunes que certains de leurs élèves parfois  --  elles ne restaient toutefois pas longtemps au même endroit : elles partaient dès qu'elles avaient trouvé un poste dans un endroit qui leur convenait mieux, ou encore un poste un peu mieux rémunéré.

Dans les premières collectivités du pays, un certain nombre de femmes se sont toutefois consacrées à l'enseignement. Il s'en est ainsi trouvé pour diriger de petites écoles privées dans certaines régions, tandis que, dans les plus nouvelles collectivités, les femmes instruites du lieu choisissaient parfois de recevoir chez elles les enfants du voisinage, qui apprendraient à lire et à écrire avec elles.

Une des premières enseignantes  --  Eleanora Hallen (1823-1846)

Une des premières enseignantes au pays, Eleanora Hallen, était une toute jeune fille. Eleanora avait 12 ans lorsqu'elle a quitté l'Angleterre avec sa famille pour immigrer dans le Haut-Canada, soit l'Ontario actuel. En Angleterre, sa gouvernante et ses parents lui avaient enseigné à domicile. Elle n'avait pas encore 13 ans lorsqu'elle a commencé à enseigner, dans la cabane en bois rond de ses parents, à quelques enfants du voisinage. À l'époque, il n'y avait pas d'école publique près de chez elle dans le canton de Medonte, non loin de l'actuelle ville d'Orillia. Triste histoire, Eleanora mourra à l'âge de 23 ans, probablement de tuberculose. Fort heureusement pour nous toutefois, Eleanora et ses sœurs laisseront des carnets de croquis et des journaux intimes qui témoignent de ce qu'était la vie à l'époque dans les contrées boisées plus éloignées du Haut-Canada.

Dans son journal, en date du mercredi 19 août 1835, Eleanora fait mention d'une petite école privée. Ce genre d'école, connu sous le nom de « dame school », était tenu par des femmes qui recevaient les enfants chez elles. Ce ne sont toutefois pas tous les enfants qui avaient les moyens de fréquenter de telles écoles, où les élèves apprenaient l'alphabet et lisaient des textes de la Bible. Eleanora écrit : « Sarah et Mary ont fait appel aux demoiselles Pettits. Elles habitent une très jolie maison : une d'elles y tient une école, où vont Agnes et Skeeler [la sœur et le frère cadets d'Eleonora]. Ils adorent y aller; ils aiment Francis Martingdale, ainsi que Issill et Minerva Clark, mais ils n'aiment ni les Parrys ni les autres enfants. ».

Le 13 janvier 1836, Eleanora mentionne dans son journal qu'elle est enseignante : « En général, j'enseigne aux petits tous les matins. ». Lorsqu'elle a écrit ces mots, elle en était à six jours de son 13e anniversaire ! À peu près à la même époque, elle mentionne que son père assiste à des réunions en vue de la construction d'une école.

Pour en savoir plus sur Eleanora Hallen, consulter le site Web www.collectionscanada.gc.ca/education/008-3140-f.html.

Apprendre aux enseignants à enseigner

Avec le temps, on en est venu à réaliser que les enseignants avaient besoin d'apprendre à enseigner. C'est ainsi que des écoles normales (vouées à la formation des enseignants) ont été créées pour offrir aux bons élèves l'occasion de devenir des enseignants qualifiés. La première école du genre a vu le jour à Toronto en 1847. D'autres la suivront, durant les dix années subséquentes, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard et au Québec. Il n'était alors néanmoins pas essentiel d'avoir fréquenté une telle école pour décrocher un poste dans l'enseignement, mais ceux et celles qui avaient choisi de le faire s'étaient offert la possibilité non seulement de suivre un programme de formation rigoureux, mais encore d'acquérir, dans une école modèle, de l'expérience pratique. Qui plus est, les compétences attestées par leur diplôme étaient nettement supérieures à celles que quiconque avait acquises sans passer par l'école normale.

Photographie en noir et blanc de femmes en longues robes ou jupes, enseignant le jardinage à des enfants, devant un gros édifice en pierre

Source
Enseignantes et élèves, travaillant dans le jardin de l'école Model, rue Elgin, Ottawa, vers 1890

Photographies en noir et blanc de garçons bien habillés, écrivant à leur pupitre Photographies en noir et blanc de jeunes filles bien habillées, écrivant à leur pupitre

Garçons et filles, dans leurs classes respectives de l'école Model, Ottawa, juin 1899. Les élèves étaient séparés selon leur sexe.

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