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Les pupitres étaient faits de longues planches inclinées qui étaient fixées aux murs latéraux de la salle de classe. Les élèves s'assoyaient sur des bancs ou des tabourets en bois, les filles occupant un côté de la salle et les garçons l'autre.
Je me souviens...
Letitia Youmans, Campaign Echoes: the Autobiography of Mrs. Letitia Youmans, the Pioneer of the White Ribbon Movement in Canada (Toronto : William Briggs, 1893), p. 29.

Il y avait, devant la classe, un simple bureau en bois ou une table pour l'enseignant. Les présences étaient prises chaque jour, et l'enseignant consignait dans son registre le nom des élèves qui s'étaient présentés à l'école et de ceux qui avaient été absents.

Il y avait très peu de papier dans les premières écoles. Les élèves écrivaient sur des ardoises, soit un genre de petit tableau noir qu'on tenait dans les mains et sur lequel on écrivait à l'aide d'un crayon spécial. L'ardoise et le crayon étaient faits de pierre dure et les élèves écrivaient en grattant la surface de l'ardoise avec le crayon.

Il n'y avait pas d'électricité dans les premières écoles. Les fenêtres constituaient la principale source de lumière et, durant certaines périodes de l'année, on s'éclairait à la lampe à l'huile. La salle de classe était souvent sombre, et c'est donc sans éclairage suffisant que les enfants devaient effectuer, le mieux possible, leurs travaux scolaires. Certaines écoles utilisaient des lampes à l'huile remplies de kérosène même si elles avaient tendance à fumer, lorsqu'elles étaient dans un courant d'air. Les lampes étaient parfois accrochées au mur à l'aide d'un support de métal. En été, lorsqu'on ouvrait les fenêtres, la classe était infestée de mouches bourdonnantes car il n'y avait pas de moustiquaires.
Je me souviens...
Letitia Youmans, Campaign Echoes: the Autobiography of Mrs. Letitia Youmans, the Pioneer of the White Ribbon Movement in Canada (Toronto : William Briggs, 1893), p. 30-31.

Toutes sortes de comportements indésirables étaient punis par des coups de férule -- une baguette ou un bâton fait de branches de saule, de bouleau ou de noyer. Certains enseignants obligeaient les élèves à tailler eux-mêmes leur férule dans un arbre de la cour d'école. Les élèves revenaient parfois à la maison avec des marques rouges sur les jambes indiquant qu'ils avaient été fouettés.
Il y avait plusieurs autres formes de punitions. On pouvait ainsi, par exemple, obliger un élève à tenir une lourde bûche sur ses bras étendus, à se tenir en équilibre sur un pied pendant un long moment, à se coiffer d'un bonnet d'âne, à se tenir à genoux dans une position inconfortable, à se faire tirer les oreilles ou les cheveux, ou encore à se faire pincer.

Les premiers enseignants consacraient la majeure partie de leur temps à apprendre aux élèves les matières de base : la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Plusieurs familles croyaient que quiconque peut lire la Bible est un bon chrétien. Une belle écriture était considérée comme la marque d'une personne cultivée. Et, que l'on ait été fermier, commerçant ou employé dans un autre genre d'entreprise, il était important de savoir écrire et de posséder les notions d'arithmétique nécessaires pour tenir correctement sa comptabilité.
Il y avait très peu de livres dans certaines écoles. Pour l'enseignement de la lecture, on se servait de la Bible, auquel s'ajoutait un livre élémentaire qui, contenant l'alphabet, les chiffres, des mots à épeler et des poèmes, permettait aux élèves d'apprendre à lire et à écrire.
Pour découvrir certains de ces premiers manuels scolaires, consulter À quoi ressemblaient les manuels scolaires ?

Les premières écoles n'avaient pas l'eau courante. Il fallait tirer l'eau d'un puits quand il y en avait un, la puiser à un ruisseau ou une rivière à proximité, ou encore l'obtenir d'un voisin. Les élèves allaient chercher l'eau à tour de rôle. Cette eau était conservée dans une cuvette, que l'on plaçait sur une petite table ou sur un banc. Les élèves devaient toujours avoir les mains propres. L'eau potable était conservée dans un contenant, de préférence muni d'un couvercle permettant de la protéger de la poussière et des mouches. Il n'y avait qu'une seule louche ou tasse en métal pour boire et une seule serviette pour s'essuyer les mains. Tant pis alors si on ne gardait pas ses microbes pour soi !

Les écoliers d'autrefois n'avaient pas de stylos à bille, et encore moins de crayons-feutres ou de crayons gel ! Ils se servaient d'une plume d'oie pour écrire. La partie dure de la plume ayant été taillée en pointe, ils la trempaient dans un encrier ou une bouteille d'encre. L'enseignant veillait à ce qu'il y ait toujours un nombre suffisant de plumes bien taillées et des élèves plus vieux l'aidaient parfois à faire en sorte que tout le monde en ait une. Malheureusement, ce genre de plume laissait beaucoup d'encre sur la feuille et produisait de très vilaines taches qui pouvaient gâcher une belle page d'écriture. Pour absorber le surplus d'encre, on pressait un papier buvard sur la page fraîchement écrite.
ÇA ALORS !
« L'encre était fabriquée par les parents, qui faisaient bouillir du liber mou d'érable dans de l'eau de pluie pendant environ deux heures, puis passaient ou filtraient ce liquide en lui ajoutant suffisamment de sulfate de fer pour obtenir la couleur recherchée -- le noir. »
Jean Cochrane, The School (Markham, Ont. : Fitzhenry & Whiteside, 1986), p. 17.