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ARCHIVÉE - Une école virtuelle

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Un retour dans le passé

1840    Version Flash      1 | 2 | 3

1900

Interprétation artistique de l'extérieur d'une école rurale typique d'une pièce, en bois, et d'une cour d'école, au Canada, en 1900
Interprétation artistique de l'intérieur d'une école d'une pièce, vue du fond de la salle, en 1900
Interprétation artistique de l'intérieur d'une école d'une pièce, vue du fond de la salle, en 1900
L'extérieur de l'école
Interprétation artistique de l'extérieur d'une école rurale typique d'une pièce, en bois, au Canada, en 1900

L'école servait de lieu central pour les réunions, les rencontres sociales, les danses et même les activités religieuses organisées par la collectivité ou, parfois, par l'Église.

Le choix de l'emplacement d'une future école provoquait souvent de vives discussions dans la collectivité puisque tous les parents souhaitaient qu'elle soit construite le plus près possible de leur propre maison. Quelqu'un offrait parfois gratuitement un terrain pour y construire l'école. Il fallait toutefois aussi veiller à ce qu'elle soit érigée loin d'un marécage ou d'une zone d'eau stagnante pour éviter que les enfants soient exposés à des maladies comme la malaria.

Même si l'école était généralement construite par les hommes de la collectivité, c'étaient les commissaires qui devaient voir à ce que certains règlements soient respectés et que les conditions sanitaires soient appropriées. Les collectivités faisaient de leur mieux avec le peu d'argent qu'elles avaient. Certaines écoles étaient construites en brique, plusieurs en bois et quelques-unes en pierre, et, dans la Prairie, on en a même bâti en tourbe, les murs étant faits de blocs d'herbage empilés, tout pleins de racines et de poussière !

L'enseignant
Interprétation artistique d'une jeune enseignante à l'avant de la salle de classe

En 1900, il fallait posséder certaines compétences pour enseigner. Nombre d'enseignants détenaient un certificat d'enseignement, tandis que d'autres avaient étudié dans des établissements spécialisés, les écoles normales. D'autres encore avaient appris leur métier dans une école modèle, où ils avaient pu s'exercer à enseigner devant une vraie classe. Il arrivait parfois qu'ils aient à enseigner à des élèves de neuf niveaux scolaires différents, dont l'âge variait à l'intérieur de chaque niveau. Les femmes étaient alors désormais majoritaires dans l'enseignement, un phénomène qui tenait au fait qu'elles étaient moins bien payées que les hommes et que plusieurs collectivités n'avaient pas beaucoup d'argent à consacrer à l'école. Plusieurs enseignants ne restaient pas longtemps dans une école rurale car, après avoir acquis un peu d'expérience, ils choisissaient d'aller travailler en ville. Pour ce qui est des femmes, si elles s'étaient mariées, elles n'avaient alors plus le droit de travailler ! Par ailleurs, force est de le reconnaître, avec tous ces hommes célibataires qui venaient bâtir des fermes, toute jeune enseignante non mariée n'avait que l'embarras du choix pour se trouver un époux !

À l'époque, la plupart des enseignants devaient encore loger dans les familles de leurs élèves, ou dans d'autres ménages en quête d'un revenu d'appoint. Certains vivaient dans une résidence, une petite cabane, que l'école mettait à leur disposition. D'autres enfin devaient se loger dans des greniers à céréales, dans des dortoirs ou dans des remises, voire même dans des granges ou des tentes.

Je me souviens...

« Dans la plupart des pensions de famille, la chambre de l'enseignant n'était pas véritablement chauffée, sauf par la faible chaleur provenant de la cuisine ou du poêle de la pièce centrale. Il m'est arrivé souvent de me réveiller et de voir du givre scintiller au plafond et sur les murs de ma chambre. »

Alvena Silver Hallett avec Michael MacKenzie, Little Red School Memories (Sydney, N.-É. : City Printers, 1985), p. 51.

Je me souviens...

Glenn S. McCaughey, le fils d'un des premiers commissaires du district scolaire de Ponoka, créé en 1901 en Alberta, se souvient :

« C'était un matin frisquet et les garçons étaient assis autour de la vieille truie, se demandant de quoi aurait bien l'air leur nouvel instituteur. Ils mijotaient aussi quelques bons tours à lui jouer. ... À l'insu des garçons, l'objet de leur conversation est entré dans la classe, elle a accroché son chapeau et son manteau, et elle les a rejoints près du poêle. Tous la prirent pour une des nouvelles élèves. Après avoir écouté pendant quelques minutes leurs intéressantes machinations, elle s'est installée au bureau de l'instituteur, elle a sonné la cloche, et elle a déclaré en souriant : « À l'ordre maintenant et mettons-nous au travail ! » ... La nouvelle institutrice pesait moins de 100 livres [45,4 kg], mais, après une telle entrée en matière dès le premier jour de l'école, elle n'a jamais éprouvé de problèmes, même avec les plus grands. ».

John C. Charyk, Syrup Pails and Gopher Tails: Memories of the One-Room School (Saskatoon : Western Producer Prairie Books, 1983), p. 7-8.

Les élèves
Interprétation artistique d'élèves assis à leur pupitre

En 1900, sauf au Québec, la fréquentation scolaire était obligatoire pour les enfants. Mais ils n'allaient pas tous à l'école. Et beaucoup de ceux qui s'y rendaient y arrivaient déjà fatigués. Ils avaient en effet dû se lever très tôt pour pouvoir accomplir, avant de partir pour l'école, diverses tâches autour de la maison, comme traire les vaches ou nourrir le bétail. Sans compter que la température avait parfois rendu plus pénible le trajet jusqu'à l'école. Certains enfants n'avaient même pas de vêtements assez chauds pour parcourir de longues distances durant les mois d'hiver. Pendant d'autres périodes de l'année, surtout au printemps et à l'automne, certains d'entre eux devaient travailler à la ferme. Par ailleurs, dans bien des endroits, la Prairie notamment, il arrivait que le nombre d'élèves dans une classe se gonfle soudainement avec l'arrivée de nouveaux immigrants.

ÇA ALORS !

Comme aujourd'hui, la gomme à mâcher était interdite à l'école. Mais la gomme des écoliers d'autrefois était fort différente. Elle était faite de sève d'épinette ou de sapin baumier. Une fois bien réchauffée dans la bouche, la sève pouvait être mâchée; elle avait un goût prononcé qui n'a rien à voir avec les saveurs d'aujourd'hui.

Je me souviens...

« Lorsque j'ai commencé dans cette école, il y avait 50 inscriptions. Deux mois plus tard, en arrivant à l'école, j'ai découvert 17 nouveaux élèves. Ils étaient arrivés de Yougoslavie durant la fin de semaine. Aucun ne parlait un mot d'anglais et ils avaient entre 6 et 16 ans. »

Jean Cochrane, The School (Markham, Ont. : Fitzhenry & Whiteside, 1986), p. 45.

Je me souviens...

Dans une lettre adressée à sa mère, en date du 13 novembre 1915, Paul Wallace, un enseignant de l'Alberta, écrit :

« Gertrude Allan, la jeune fille qui est orpheline de mère et qui s'occupe de la maison tout en se préparant à une carrière d'écrivain ou d'artiste (elle a vraiment du talent) a été incapable d'aller à l'école récemment parce qu'elle attend l'arrivée d'une paire de souliers commandée par la poste. Ses vieux souliers étaient si usés qu'elle s'est gelé les pieds dans la neige. La prochaine livraison de courrier devrait la ramener à l'école. ».

John C. Charyk, Syrup Pails and Gopher Tails: Memories of the One-Room School (Saskatoon : Western Producer Prairie Books, 1983), p. 70.

L'inspecteur
Interprétation artistique d'un homme d'âge moyen assis au fond d'une salle de classe

Les premiers inspecteurs étaient des membres du clergé. Ils parcouraient de grandes distances pour visiter les écoles et ils préparaient, à la suite de leur visite, un rapport portant sur les enseignants et les élèves. Plus tard, ils se recruteront parmi les hommes qui avaient une formation et de l'expérience en enseignement. Les inspecteurs évaluaient les enseignants, mais ils les aidaient aussi à résoudre les problèmes qu'ils pouvaient avoir à l'égard de l'école, des commissaires ou des élèves.

Les visites de l'inspecteur, qui devaient être faites à l'improviste, terrorisaient tout aussi bien l'enseignant que les élèves. Au terme de sa visite, l'inspecteur devait en effet préparer un rapport dans lequel il évaluait le rendement de l'enseignant et de ses élèves, faisait état des taux d'assiduité scolaire, notait tout indice d'affection ou de maladie et faisait aux commissaires des recommandations quant aux mesures à prendre pour améliorer le bâtiment ou le terrain de l'école.

Je me souviens...

Eileen Matthews se souvient d'un inspecteur qui effectuait des visites dans les Cantons de l'Est, au Québec :

« L'inspecteur de mon enfance était un petit homme bossu, ministre de l'Église méthodiste; nommé Taylor. Lorsqu'il parcourait son territoire d'inspection, il se déplaçait en boghei attelé à un cheval blanc. Mon père, un médecin de campagne, le surveillait dans ses tournées et il lui arrivait de diffuser la nouvelle de sa présence, en déclarant, par exemple, « J'ai vu l'inspecteur Taylor à l'École de Pigeon Hill ce matin. », juste à temps pour que l'instituteur puisse se préparer avant que ne se fasse entendre le toc toc fatal à sa porte. ».

John C. Charyk, Syrup Pails and Gopher Tails: Memories of the One-Room School (Saskatoon : Western Producer Prairie Books, 1983), p. 130.

Les commissaires
Interprétation artistique d'un élève à cheval parlant avec un homme d'âge moyen

Photographie en noir et blanc d'adultes et de jeunes enfants, posant devant une école en planches à clin
Source

Les administrateurs (Petre Sliparchuk et John Mikorchuk), l'enseignant et les élèves, Komarno, Manitoba, 1917

Toute collectivité désireuse d'avoir une école devait élire trois commissaires, habituellement des hommes, recrutés parmi ses citoyens. C'est à eux qu'incombait la responsabilité d'engager l'enseignant, d'acheter des fournitures scolaires, de fournir des orientations quant à la façon de diriger l'école et de s'occuper de ses finances et de son entretien. Ils avaient en outre la difficile tâche de convaincre les gens de payer leurs taxes scolaires, tâche qui devenait d'autant plus difficile lorsqu'ils avaient affaire à des personnes sans enfants d'âge scolaire. Plusieurs commissaires qui n'avaient aucune expérience en gestion scolaire avaient accepté une telle responsabilité tout simplement parce qu'ils étaient persuadés de l'importance d'offrir l'occasion de s'instruire aux enfants de la collectivité. Tous ne pensaient pas ainsi toutefois, et il arrivait que, pour épargner de l'argent, on engage un enseignant moins qualifié ou qu'on ferme l'école pendant quelques mois.

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