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1840 Version Flash 1 | 2 | 3
Le Canada français : la population majoritairement francophone et catholique qui vivait au Québec (y compris notamment l'ancien territoire du Bas-Canada), ainsi que les diverses minorités francophones établies dans les autres provinces du Canada. La minorité anglophone qui habitait alors au Québec était surtout de confession protestante.
Le Canada anglais : la population anglophone qui vivait au Canada.

En 1900, l'ancien territoire du Bas-Canada avait été intégré à la province de Québec. L'Église, catholique surtout, y assumait toujours la responsabilité de l'éducation et il en demeurera ainsi jusque pendant les années 1960. Dans les écoles catholiques, il y avait le plus souvent un crucifix (une croix avec une représentation de Jésus crucifié) et des images pieuses (figurant la Vierge Marie ou le Sacré-Cœur).
En 1900, dans la plupart des écoles du Canada anglais, le portrait de la reine Victoria, qui avait accédé au trône en 1837, souhaitait encore chaque jour la bienvenue aux élèves. Elle mourra l'année suivante à l'âge de 81 ans pour être successivement remplacée par Édouard VII, George V, Édouard VIII, George VI et, finalement, la souveraine actuelle, Élizabeth II.
Le drapeau du Canada : le Canada adoptera son propre drapeau, l'unifolié blanc et rouge, en 1965.

Le drapeau de la France a flotté sur le territoire du Québec jusqu'en 1840, année où, dans une tentative d'intégrer la population francophone à l'Empire britannique, l'Union Jack a été exclusivement imposé. Néanmoins, le drapeau de la France y réapparaîtra après 1855, lorsque la venue de La Capricieuse, soit le premier navire français à mouiller dans le port de Québec depuis 1763, sera interprétée comme le signe d'un renouvellement des liens entre la France et le Canada français.
Le Canada français : la population majoritairement francophone et catholique qui vivait au Québec (qui intégrait notamment l'ancien territoire du Bas-Canada), ainsi que les diverses minorités francophones établies dans les autres provinces du Canada. La minorité anglophone qui habitait alors au Québec était surtout de confession protestante.
Le Canada anglais : la population anglophone qui vivait au Canada.
Le désir croissant au Québec d'obtenir un drapeau distinctif se concrétisera avec la création du Carillon, l'ancêtre de l'actuel fleurdelisé. Il sera créé par un prêtre qui jugeait que, puisque la France avait adopté des lois limitant le pouvoir de l'Église, le drapeau français n'avait plus sa place dans un Québec catholique. Bien que la présente section porte sur l'école de 1900 et que ce drapeau n'est apparu qu'en 1902, il y a lieu d'en parler ici car il demeure une importante figure emblématique dans l'histoire du Québec de l'époque.
En 1900, le Canada était sous le régime britannique, de sorte qu'il avait pour drapeau officiel l'Union Jack. Au Canada anglais, il occupait le devant la classe et il flottait souvent au mât des écoles.

S'il était difficile d'écrire avec la pointe d'une plume, il était carrément impossible d'écrire avec de l'encre gelée ! En hiver, il fallait souvent dégeler l'encrier sur le poêle à bois avant de pouvoir commencer la leçon d'écriture. Si l'on avait négligé d'enlever son couvercle avant de le réchauffer, l'encrier risquait d'exploser et d'asperger le plafond de son contenu. À cette époque, les élèves se servaient de plumes à écrire faites d'un manche de bois muni d'une pointe amovible en métal. Ces plumes, dites « plumes droites », devaient être trempées dans l'encrier à tous les deux ou trois mots, et le risque de faire des taches était donc toujours important. Le papier buvard demeurait alors encore un accessoire essentiel ! Les plus jeunes écoliers se servaient aussi de crayons pour écrire. Les crayons, les plumes et les gommes à effacer étaient rangés dans une boîte en bois, munie d'un couvercle à glissière.
ÇA ALORS !
Les gauchers étaient forcés d'écrire de la main droite. Être gaucher était considéré comme anormal !

Les élèves devaient souvent parcourir un long trajet à pied pour se rendre à l'école, et il n'y avait pas d'autobus scolaire à cette époque ! Un bon vieux cheval docile ou un poney appartenant à la famille amenait parfois les enfants des plus riches à l'école. On abritait le cheval dans une grange ou un hangar qui se trouvait sur le terrain de l'école. Les enfants avaient la responsabilité de nourrir, d'abreuver et de soigner leur animal durant la journée. Ils montaient souvent leur cheval sans selle, ou ils l'attelaient à une petite voiture, un genre de chariot ou de charrette. En hiver, certains enfants se faisaient reconduire à l'école en charrette ou en traîneau. Pour les garder au chaud, on plaçait alors à leurs pieds des pierres ou des briques chauffées, enveloppées dans du tissu, et on les emmitouflait dans une peau de bison ou dans une couverture. Certains enseignants se rendaient aussi à l'école à cheval.

Lorsqu'une tempête s'annonçait, on veillait à renvoyer les élèves plus tôt à la maison pour que le trajet du retour se fasse en toute sécurité. Dans le cas d'une tempête soudaine, les enfants devaient passer la nuit à l'école avec leur enseignant. Les planchers de bois et les bancs étaient inconfortables, et les enfants n'avaient que leur manteau d'hiver pour se couvrir alors que le vent mugissait à l'extérieur.

Tout comme aujourd'hui, les élèves avaient une courte récréation le matin et l'après-midi, ainsi qu'une pause sur l'heure du midi. Les enseignants savaient très bien que, s'ils leur permettaient de dépenser leur surplus d'énergie, les enfants arriveraient mieux à se concentrer sur leurs leçons, et ils les encourageaient donc à aller jouer dans la cour d'école. Si l'école était assez riche pour posséder un ballon, les élèves avaient de quoi bien s'amuser durant la récréation et l'heure du midi. Les enfants s'adonnaient à beaucoup d'autres jeux dans la cour, dont les billes et les osselets, ainsi que le baseball, le ballon chasseur, le hockey bottine, la marelle, le saute-mouton et le chat et la souris. On chantait aussi des comptines telles que « Sur le pont d'Avignon » ou « À la claire fontaine ».
Je me souviens...
Un élève de la Prairie du début du XXe siècle se rappelle :
« Au printemps et à l'automne, nous avions un terrain de baseball. Une année, la commission scolaire nous a donné une balle et il fallait qu'elle dure. Naturellement, un bâton durait plus longtemps, mais, s'il cassait, on pouvait toujours aller dans le bosquet de peupliers situé près de la grange et s'en tailler un nouveau. N'importe quel bâton pouvait faire l'affaire, mais pas n'importe quelle balle. Lorsqu'une balle commençait à se défaire, quelqu'un l'apportait à la maison et demandait à son père de la réparer. ».
Barry Broadfoot, The Pioneer Years, 1895 - 1914: Memories of Settlers Who Opened the West (Don Mills, Ont. : PaperJacks, 1976), p. 286.
Les commissions scolaires favorisaient la création de jardins à l'école pour intéresser les enfants à la vie agricole et pour embellir l'entourage. La plupart des élèves cultivaient des légumes-racines qui, pouvant être entreposés pour l'hiver, permettraient à l'enseignant de préparer, durant la saison froide, une bonne soupe à partager avec la classe.
Pour aller à la toilette en hiver, il fallait chausser ses bottes et mettre ses vêtements chauds pour courir ensuite vers des toilettes extérieures glaciales. En été, les enseignants pouvaient toujours croire que ceux qui demandaient la permission d'aller à la toilette avaient trouvé un prétexte pour s'offrir une petite pause. Toutefois, en hiver, l'élève qui demandait une telle permission avait, à n'en pas douter, vraiment un urgent besoin ! Les toilettes extérieures n'avaient tout simplement qu'un ou deux trous percés dans un banc de bois, une fosse creusée en dessous servant d'égout. Les toilettes extérieures n'avaient en fait pas beaucoup changé depuis 1840 !
Les toilettes extérieures étaient placées dans un coin retiré de la cour d'école, le plus loin possible de la source d'eau. Les toilettes des filles et celles des garçons étaient séparées.
ÇA ALORS !
Imaginons que l'on doive sortir en plein hiver pour aller à la toilette. Comme les planches des murs de la toilette étaient disjointes, la neige s'était infiltrée à l'intérieur. Il fallait donc d'abord enlever la neige accumulée sur le siège, pour ensuite essayer de détacher, avec des doigts gelés, tous les boutons de ses vêtements, puisqu'il n'y avait alors pas encore de fermeture éclair. Et, pour empirer les choses, il n'y avait pas de papier de toilette comme aujourd'hui. À la place, on se servait de feuilles de papier journal ou encore de pages de catalogues de vente par correspondance !

Habituellement, la seule source de chaleur dans l'école était un poêle à bois ou au charbon, dont la température était difficile à régler. Les élèves assis près du poêle grillaient littéralement, alors que ceux qui en étaient éloignés gelaient. Les matins d'hiver, quand le poêle n'avait pas été allumé avant le début de la classe, tous devaient, pendant au moins une heure, faire leurs travaux avec leur manteau sur le dos, ou rester agglutinés autour du poêle durant un bon moment.
Parfois, la responsabilité d'allumer le poêle incombait à l'enseignant. Mais cette tâche était souvent confiée à l'un des garçons de la classe contre une modeste rémunération, ou encore à divers élèves qui assumaient cette charge à tour de rôle. Dans certaines écoles, tous les enfants participaient au transport dans la classe, à partir d'un immense tas de bois empilé à l'extérieur, d'une quantité suffisante de bûches pour la journée.
ÇA ALORS !
Le poêle servait également à cuire des pommes de terre. En hiver, les enfants arrivaient en effet parfois à l'école avec, dans les poches, des pommes de terre à demi cuites qui leur servaient à se réchauffer les mains. À l'école, ces pommes de terre étaient mises à cuire sur le poêle pour que l'on puisse les manger le midi. Inutile de dire qu'il devait y avoir, sur le chemin du retour à la maison, beaucoup de petites mains froides !
ÇA ALORS !
Lorsqu'une école de Schuler, en Alberta, en vint à manquer de combustible pendant une journée particulièrement froide, l'enseignant a dû alimenter le poêle d'éclats de bois qu'il avait taillés dans des poteaux de clôture. Ayant été informé de la situation, un voisin apportera alors deux sacs de bouses de vache séchées qu'ils pourraient brûler en attendant la livraison du combustible.
John C. Charyk, Syrup Pails and Gopher Tails: Memories of the One-Room School (Saskatoon : Western Producer Prairie Books, 1983), p. 103.

Comme il n'y avait pas d'électricité dans les écoles, les fenêtres constituaient la principale source de lumière. Des lampes à l'huile fixées aux murs ajoutaient un peu de lumière. Après le départ des élèves, l'enseignant devait s'empresser d'écrire au tableau, avant qu'il fasse trop noir, les leçons du lendemain. Les spécialistes en éducation avaient déjà constaté à cette époque que la lumière des fenêtres ne devait pas arriver directement sur le visage des élèves, car cela leur faisait plisser les yeux. Certaines salles de classe avaient des fenêtres sur deux ou trois murs, ce qui produisait un éclairage croisé pouvant aussi blesser les yeux. Par ailleurs, il convient de noter que, dans les écoles modernes, les salles de classe n'ont des fenêtres que du côté gauche. De cette manière, la lumière éclaire directement le travail de l'élève, qui n'a pas à écrire dans l'ombre qu'il projette -- ce qui offre un avantage comparatif aux droitiers ! Quoi qu'il en soit, à cette époque, les gauchers étaient forcés d'écrire de la main droite...
« On ne devrait pas permettre aux enfants de s'assoir dans un endroit où la lumière du soleil leur arrive dans les yeux ou leur tape sur la tête... On ne devrait pas exiger des élèves qu'ils s'assoient face aux fenêtres. Le fait de faire face à la lumière cause souvent des douleurs aux yeux, des maux de tête, une irritation générale des nerfs et possiblement une altération de la vue... »
John Millar, School Management and the Principles and Practice of Teaching (Toronto : William Briggs, 1897), p. 23.

Dans les régions où les familles ne possédaient pas d'horloge, celle de l'école devenait la référence officielle pour l'ensemble de la collectivité. Toutes les écoles n'en avaient pas car il s'agissait d'un achat coûteux à une époque où l'argent manquait. Mais, lorsqu'il y en avait une, les élèves la surveillaient et ils attendaient avec impatience que les aiguilles indiquent 15 h 30, heure à laquelle se terminait habituellement la journée de classe.