par Jeff Thomas,
conservateur invité,
Portraits d'Autochtones aux
Archives nationales du Canada
« Un observateur applique simplement au présent ce qu'il a appris sur les choses [les Indiens] dans le passé; cette assertion est parfois formulée comme suit : nous voyons ce que nous nous attendons à voir.1 » (Rudolf Arnheim)
De quoi un vrai Indien est-il censé avoir l'air? Comme je suis un Iroquois qui vit et travaille dans le monde moderne, cette question a servi de point de départ à mon travail de photographe et, plus récemment, de conservateur invité de l'exposition Portraits d'Autochtones aux Archives nationales du Canada.
À ma première visite aux Archives nationales, en 1993, j'étais déterminé à trouver des photographies d'Autochtones qui iraient au-delà des clichés, c'est-à-dire des chefs portant la coiffure de guerre, des vêtements en peau de daim et des broderies perlées, des guerriers en train d'exécuter une danse guerrière, des squaws soumises et des papooses. Bien que ces photographies d'Indiens aient été prises par des photographes non autochtones et à l'intention d'un public non autochtone, cela ne signifie pas qu'elles soient aujourd'hui sans importance pour la communauté autochtone (fig. 1 ). Mes recherches dans la collection de photographies des Archives nationales m'ont permis de découvrir une riche histoire visuelle qui, lorsqu'elle est interprétée comme il se doit, transcende les stéréotypes et montre le côté humain du monde des Autochtones.

Figure 1 - Wanduta (Flèche Rouge), un Dakota (Sioux) de la région d'Oak Lake au Manitoba. Archives nationales du Canada