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ARCHIVÉE - Histoires orales de la Première Guerre mondiale :
Les anciens combattants de 1914 à 1918

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Élement graphique : Administrant les premiers soins à un soldat canadien blessé.

La bataille de la Somme

Traduction libre de la transcription fournie par Bibliothèque et Archives Canada.

Dans cette section :

Entrevue avec C.G. Barnes : 8e Bataillon
Extrait de transcription, 6 minutes, 47 secondes

Q. Dites-moi, lorsque vous avez été au cœur du combat dans la Somme, y avait-il beaucoup de travail à faire avec les barbelés enchevêtrés, et les troupes qui s'y accrochaient. Avez-vous aimé ce moment-là?

R. Non, nous ne nous sommes pas occupés des barbelés. Mais il y a eu plusieurs commotions cérébrales. Comme c'était un terrain calcaire, les vibrations causées par les tirs d'obus étaient violentes, car les obus n'étaient pas amortis. Même un obus tombé loin de vous pouvait causer une commotion à vous couper le souffle. Si cela avait été comme à Passchendaele, la boue aurait amorti l'effet des obus; mais cela ressemblait à une explosion sur une route bétonnée.

Q. Comme c'est intéressant, personne ne m'en a jamais parlé! Vous savez, un incident peut frapper une personne, et elle s'en souviendra.

R. Lorsque nous nous trouvions là-bas dans les abris, nous sentions les commotions comme un coup que quelqu'un nous aurait asséné à l'estomac. La vibration était terrible. Nous nous sentions surtout asséchés, là-bas.

Q. Vous êtes-vous heurté à la résistance des Allemands ce jour-là?

R. Non, ils s'étaient retirés à cause des tirs d'obus. En ce qui nous concerne, ils ont fait barrage, opposition, plus tard, mais ils l'ont vite récupéré.

Nous sommes arrivés dans la tranchée Regina, mais nous avons dû revenir parce qu'il y avait là un abri allemand. C'est là que nous voulions avoir notre poste de commandement, mais nous ne pouvions pas parce que les deux flancs de la colline, à droite et à gauche, étaient exposés à l'ennemi, alors nous avons dû nous replier. Nous sommes arrivés jusqu'à la tranchée Regina, mais nous avons dû revenir. Puis la 4e Division -- je crois que c'est bien elle -- a pris la tranchée deux jours plus tard.

Q. Êtes-vous revenus jusqu'à Zollern?

R. Nous sommes retournés à Hessian.

Q. Oui, Hessian est là.

R. Il y a eu d'abord Zollern. C'est la première ligne que nous avons prise; ensuite il y a eu Hessian, puis nous sommes arrivés à Regina et nous avons dû retourner. Nous nous sommes repliés à Hessian et nous y sommes restés.

Q. Il semble que même à Hessian, il y a quelques éléments dont vous n'avez pas pu vous emparer ce jour-là.

R. C'est possible, mais la compagnie « C » se trouvait là. Le 15 octobre, nous étions là, en attente. Nous n'avancions pas, nous attendions seulement, et les tirs d'obus, autour de la raffinerie de sucre, étaient assez violents. Mais lorsque le 8e Bataillon a été relevé, vers le 15 octobre, nous sommes sortis.

Q. La Somme a été une expédition plutôt difficile, n'est-ce pas?

R. Très difficile. Les tirs d'obus étaient épouvantables. Comme je l'ai dit, le problème, c'est qu'ils n'étaient pas organisés. C'était la première fois que nous suivions un barrage. Nous avions la cavalerie avant qu'ils aient les chars. Si nous avions eu du renfort, et si nous avions su que les chars passeraient bien, nous aurions pu faire un nettoyage sur-le-champ. Mais ils n'étaient pas prêts, ce qui a donné à l'ennemi le temps de rassembler ses forces. La Somme était un bon terrain pour les chars, contrairement à Passchendaele, qui est boueux. À Passchendaele, les chars n'auraient servi à rien.

Q. Non, mais même la Somme n'était pas un excellent terrain.

R. Ce n'était pas le meilleur, mais nous avons été surpris. Les chars n'étaient pas prêts à suivre, et l'occasion a été perdue.

Q. Mais je suppose que plusieurs chars ont été endommagés ce jour-là, qu'ils se sont embourbés.

R. Nous avions la mécanique, et les hommes ne savaient pas comment l'ajuster pour surmonter ces difficultés.

Q. Ils n'avaient pas encore mis au point le barrage roulant, n'est-ce pas? Les barrages courts vous devançaient.

R. Au moment de l'attaque, nous suivions un mur de feu.

Q. Dans la Somme?

R. Oh oui, ils avaient des barrages roulants dans la Somme, c'est certain. Parfois, un obus mal fabriqué manquait sa cible et nous atteignait, mais nous restions raisonnablement près en arrière et nous suivions assez vite. Lorsque nous sommes arrivés, il n'y avait plus rien que le chaos. Je veux dire que rien ne pouvait survivre. Lorsque les Allemands retournaient dans leur abri, ils auraient dû en ressortir, mais ils ne le pouvaient pas, et nous non plus. Cela ressemblait à une averse de grêle sur un champ de blé.

Q. Oui, je le sais. Au début de la Somme, par exemple, durant la campagne britannique, avant que les Canadiens ne s'y engagent --

R. Ils ont commencé par creuser un grand cratère.

Q. Oui, mais il y a eu aussi cet interminable bombardement qui a duré plusieurs semaines, et les troupes britanniques se plaignaient amèrement de ce bombardement qui n'en finissait plus. Puis il a cessé. Les Allemands sont restés tout ce temps dans de profondes tranchées, puis ils sont sortis et ont attendu, car à ce moment-là, comme je l'ai dit, on n'avait pas encore eu l'idée de combiner barrage et déplacement. À Vimy par exemple, je crois que l'infanterie s'est rendue presque au-dessus des tranchées allemandes dès que le barrage a été dressé; les hommes étaient déjà là pour empêcher les Allemands de sortir.

R. Ils avaient alors plus d'expérience, parce qu'ils avaient déjà un vécu semblable. Dans la Somme, c'était l'étape initiale; et les Allemands étaient plus forts qu'à Vichy. Ils étaient contents de revenir. C'est aussi, je crois, ce que j'aurais ressenti.

Q. Avez-vous subi beaucoup de pertes humaines les 26 et 27?

R. Oh oui, nous attaquions à 40 dans un peloton, 160 dans une compagnie, et si nous revenions avec 40 ou 50 hommes valides dans une compagnie de 160 hommes, c'est que nous nous en étions tirés à bon compte. Tous n'étaient pas tués. Plusieurs, blessés, ne pouvaient plus rien faire. De fait, je crois qu'on a perdu plus d'hommes en une seule bataille que durant toute la Seconde Guerre mondiale, car nous étions exposés. Il y avait des redoutes en ciment pleines de mitrailleuses, et nous devions les prendre d'assaut et les détruire; nous devions les encercler et les surprendre par l'arrière. Alors, voilà, 75 pour 100 des hommes ont été fauchés avant que nous ayons pu y pénétrer.