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ARCHIVÉE - Histoires orales de la Première Guerre mondiale :
Les anciens combattants de 1914 à 1918

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Élement graphique : Administrant les premiers soins à un soldat canadien blessé.

Guerre des tranchées

Traduction libre de la transcription fournie par Bibliothèque et Archives Canada.

Dans cette section :

Entrevue avec H.S. Cooper : 3e Bataillon
Extrait de transcription, 4 minutes, 9 secondes

Q. Cette boue et cette humidité ont dû être terribles. Vous rappelez-vous si plusieurs hommes ont souffert du pied des tranchées?

R. Oh non, non. Je suis content que vous parliez de ce sujet, car on ne lui a pas accordé, au Canada, l'importance qu'il méritait. La 1re Division était là, et le général Ross, de Kensington, était affecté à la SMA, où il a occupé un poste dans la 1re Division, puis il est devenu caporal au Système de gestion de la défense (DMS). Il avait pour mission de s'occuper de la question de la santé des soldats. Les ordres étaient que les hommes devaient se frotter les pieds le matin; nous devions en être témoin, et certifier que nous l'avions vu. Si un homme attrapait le pied des tranchées, nous allions en cour martiale, on ne plaisantait pas avec cette question-là. Je veux dire que nous devions prouver avoir pris toutes les précautions, et que nos ordres avaient été exécutés.

Q. Vous voulez dire que l'officier allait en cour martiale?

R. Oh oui, le commandant de compagnie y allait. Nous avons eu un seul cas de pied des tranchées au cours des trois hivers passés dans la ligne. Nous avions un excellent moyen de régler ce problème. Un médecin avait trouvé comment éviter le pied des tranchées, et un général, chef de l'armée, le général Currie, s'assurait de mettre cette mesure en application. Le résultat, c'est que des milliers de camarades -- ce n'est pas du tout une exagération de dire que des milliers de camarades auraient perdu une partie de leur membre ou même le pied entier en raison du pied des tranchées, et que nous l'avons évité. Il n'y en a pas eu un seul cas, et j'ai dit que nous avons eu un cas dans notre bataillon.

Q. Vous disiez que vous vous frottiez les pieds avec….

R. Voilà, nous prenions un sac de sable et nous nous lavions les pieds à l'eau froide, car nous n'avions plus d'eau chaude. Donc après avoir lavé nos pieds à l'eau froide, nous les frottions vigoureusement avec le sac de sable, puis nous enfilions une paire de chaussettes sèches. Dans cette même ligne, une autre chose s'est produite le premier hiver. Une dame œuvrant pour une organisation religieuse m'a fait parvenir deux ou trois paires de chaussettes. Je lui ai écrit pour la remercier, lui expliquant l'importance d'avoir des chaussettes sèches. Et je lui ai dit que le problème, c'est que chaque homme disposait seulement de deux paires de chaussettes. Il était donc impossible de faire sécher les chaussettes et de les remettre. J'ai écrit que je serai heureux si elle pouvait me procurer environ 300 paires de chaussettes. À ma grande stupéfaction, quelque part en novembre, nous avons reçu un colis de chaussettes envoyé par cette dame et son organisation -- environ 300 paires. Nous les avons eues chaque hiver, ces chaussettes. Ainsi, quand les chaussettes [étaient] mouillées, on les ramassait, et on distribuait les chaussettes sèches. Cela procurait, entre autres choses, un confort appréciable. Les hommes [recevaient] une paire de chaussettes sèches, ce qui laissait le temps de faire sécher convenablement celles qui étaient humides, et il restait même une paire sèche de rechange. De cette façon, les hommes avaient toujours une paire sèche disponible. Cela a amélioré considérablement la situation. Il y a peut-être eu des cas moins fréquents où une gaffe s'est produite, mais on disposait de chaussettes en nombre suffisant pour en procurer aux hommes une paire sèche. Ça comptait beaucoup, et j'y ai souvent pensé par la suite. J'ai eu le culot de demander à quelqu'un de tricoter 200, 300 ou 400 paires de chaussettes, et ces dames l'ont fait sans dire un mot.

Q. Oui.

R. Elles ont été vraiment gentilles.

Q. Avez-vous entendu parler de l'utilisation de l'huile de baleine, est-ce que c'était…

R. Oh oui, nous nous frottions à l'huile de baleine, ou à tout le moins, nous devions le faire. Mais le principal, c'était de se frotter.

Q. Pour activer la circulation.

R. Oui. Par la suite, j'ai souvent eu froid aux pieds, mais je n'ai jamais eu froid aux yeux.

Q. Ah oui.

R. Non, c'est l'inverse que je veux dire. Jamais plus, je n'ai eu les pieds froids, mais il m'est arrivé souvent d'avoir peur.

Q. Ah oui.

R. Trop souvent.