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ARCHIVÉE - Histoires orales de la Première Guerre mondiale :
Les anciens combattants de 1914 à 1918

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Élement graphique : Administrant les premiers soins à un soldat canadien blessé.

La bataille de Passchendaele (la troisième bataille d’Ypres)

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La bataille de Passchendaele (la troisième bataille d’Ypres)

Malgré le succès de la prise de la crête de Vimy, en avril 1917, qui devait soutenir l'offensive française, celle-ci aboutit à un échec. À la suite des horribles pertes qu'essuient les Français, les mutineries se multiplient durant l'été. Il s'ensuit qu'à l'automne 1917, la poursuite du combat incombe à l'armée britannique.

Sir Douglas Haig, commandant en chef de l'armée britannique, choisit de lancer sa nouvelle offensive sur le saillant d'Ypres qui, selon lui, offre le plus de manœuvre pour une percée. La Marine royale l'appuie, espérant que l'armée prendra les ports de la côte belge que les Allemands utilisent comme base d'où ils lancent leurs attaques sous-marines contre le commerce maritime britannique.

L'offensive, lancée le 31 juillet 1917, ne conduit qu'à d'infimes progrès. Les bombardements de l'artillerie britannique, utilisés pour détruire le réseau ennemi de tranchées défensives, atteignent le réseau de drainage de cette région de basses terres. De plus, d'inhabituelles précipitations transforment la région en terrain boueux parsemé de cratères pleins d'eau. Trois mois durant, les troupes britanniques essuient de lourdes pertes et ne progressent que très peu.

En octobre, le Corps canadien, alors commandé par le lieutenant-général sir Arthur Currie, s'installe sur les lignes de front. Le 26 octobre, les 3e et 4e Divisions lancent le premier assaut canadien, par une des pires journées de pluie et de boue. Après trois jours de combat, les Canadiens dénombrent 2 500 victimes, mais ils n'ont avancé que de 1 000 verges (1 km). Au cours de la seconde attaque menée le 30 octobre, les Canadiens dénombrent en un seul jour 2 300 victimes, et n'avancent encore que de 1 000 verges (1 km). Le 6 novembre, les 1re et 2e Divisions lancent une troisième offensive et prennent le village de Passchendaele, bien que certaines troupes aient avancé en marchant dans l'eau jusqu'à la taille. Enfin, le dernier assaut du 10 novembre -- qui a permis d'atteindre le reste des hautes terres surplombant Ypres, et de les prendre malgré les tirs allemands -- marque la fin de la bataille de Passchendaele.

Passchendaele se classe parmi les batailles les plus vaines. Les circonstances pénibles conduisent à de terribles pertes : les Britanniques comptent près de 260 000 victimes, dont plus de 15 000 soldats canadiens tués ou blessés. Toute cette souffrance n'a cependant pas permis d'accomplir d'importants progrès, bien que la résistance allemande ait été épuisée. Plus que n'importe quelle autre bataille, celle de Passchendaele symbolise les horreurs de la Première Guerre mondiale.