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ARCHIVÉE - Histoires orales de la Première Guerre mondiale :
Les anciens combattants de 1914 à 1918

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Élement graphique : Administrant les premiers soins à un soldat canadien blessé.

La bataille de Passchendaele (la troisième bataille d’Ypres)

Traduction libre de la transcription fournie par Bibliothèque et Archives Canada.

Dans cette section :

Entrevue avec W.H. Joliffe : 4e Bataillon
Extrait de transcription, 5 minutes, 44 secondes

Q. Eh bien, maintenant, nous passons finalement à Passchendaele.

A. Après l'été de 1917, on nous a dit que nous allions retourner dans la région de Passchendaele. Nous nous sommes entraînés plusieurs semaines et, arrivés dans le secteur, nous avons appris par voie clandestine que les efforts fournis par l'armée, en tant qu'entité, n'avaient pas bien réussi. Cependant, notre travail à Passchendaele était… monter à nos postes d'attaque nous a demandé beaucoup de temps, car la région était infestée de trous d'obus remplis d'eau. Dans certains cas, ces trous mesuraient de 10 à 15 pieds de profondeur, aussi fallait-il être vigilants lorsque nous avancions. La méthode consistait à former une file indienne sur les caillebotis.

Q. À Passchendaele, qu'est-ce qui vous attendait lorsque vous êtes arrivés à votre poste? Simplement un autre trou dans la boue?

A. Nous avons juste contourné les trous, puis, quand le barrage a commencé, nous avons avancé de notre mieux en contournant tous ces trous d'obus.

Q. Quel était à ce moment-là votre objectif, à Passchendaele?

A. Le 4e Bataillon d'infanterie du Canada tentait de prendre une section du village de Passchendaele, lequel était infesté de blocs bétonnés qui faisaient de très nombreuses victimes. Si je me fie à ma mémoire, le bataillon est parti au maximum de son effectif, et nous avons essuyé de nombreuses pertes. Dans ma compagnie, un des officiers de section a été tué, et les trois autres blessés. J'ai été le seul officier de ma compagnie à m'en sortir indemne. Cependant, nos objectifs ont été atteints, et peu de temps après, l'hiver venant, la campagne a tiré à sa fin. Je me souviens de Passchendaele comme d'un trou d'enfer. Plusieurs des blessés, qui retournaient en marchant au poste de secours ou à l'hôpital, étaient tellement affaiblis qu'ils glissaient sur le caillebotis et tombaient dans un grand trou d'obus plein d'eau et s'y noyaient.

Q. Le village de Passchendaele, qui avait été, je suppose, sévèrement atteint par les obus, se trouvait sur une petite élévation, n'est-ce-pas?

A. Il était au sommet de la crête de Passchendaele, et dominait tout le pays.

Q. Après avoir traversé la boue, vous deviez grimper cette petite colline jusqu'aux blockhaus?

A. Nous devions contourner ces blockhaus et détruire ceux que l'artillerie n'avait pas encore détruits.

Q. Lorsque vous attaquiez un blockhaus, comment vous y preniez-vous? C'est quand même, habituellement, une solide architecture de ciment, percée de trous d'où sortent des mitrailleuses. On y trouve aussi parfois des fusils, mais d'ordinaire, ce sont surtout des mitrailleuses. Lorsqu'on fait une telle dépense, on y installe une arme plutôt puissante. Imaginez que vous êtes officier commandant, et que vous arrivez avec vos troupes en leur disant qu'il y a trois blockhaus de l'autre côté de la rue. Quel genre de plan feriez-vous?

A. Eh bien, il y avait un blockhaus qui nous donnait du fil à retordre. Nous avons décidé de le contourner par la droite pour nous rendre à l'arrière. De là, nous avons lancé plusieurs bombes à l'intérieur et tué tous les Allemands qui s'y trouvaient.

Q. Passchendaele a été un moment terrible pour tous.

A. Il s'agit de l'attaque la plus horrible à laquelle j'ai jamais participé, à cause des conditions, et parce que les blessés n'avaient que peu de chances de s'en sortir. Et plusieurs de ceux qui ont essayé de s'en tirer se sont noyés.