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ARCHIVÉE - Le Canada et la Première Guerre mondiale

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Journaux de guerre

« Au terme d'un dur combat, le commandant de la compagnie s'assoit enfin dans un abri capturé à l'ennemi et, à la faible clarté d'un bout de chandelle, rédige au crayon de plomb son compte rendu de la bataille. Il devra être concis : son rapport doit respecter le cadre rigide du journal de bataillon. Quant aux commandants de brigades, de divisions et de corps d'armée, leurs rapports traiteront davantage de tactiques et de stratégie. [traduction] »

W.M. Aitken, Canadian War Records Office: Report Submitted by the Officer in Charge, 11 janvier 1917, p. 2, RG 9, III, D-I, vol. 4746.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, les diverses unités du Corps expéditionnaire canadien (CEC) eurent à rédiger un compte rendu quotidien de leurs « actions sur le terrain ». Ces rapports portaient le nom de journal de guerre. L'armée britannique avait commencé au milieu du dix-neuvième siècle à recueillir et à conserver des documents historiques afin de renforcer les traditions et l'identité de ses régiments. Le CEC adopta aussi cette pratique, à cause des pressions venant de l'Archiviste du Dominion canadien, Arthur Doughty (1860-1936), et du magnat de la presse canadienne anglaise, Max Aitken - le futur lord Beaverbrook (1879-1964). Doughty et Aitken estimaient que l'effort de guerre canadien devait être bien documenté, puis rendu public, et que les rapports rédigés par les unités sur le front « fourniraient un témoignage précis des opérations qui pourrait servir plus tard à rédiger une histoire de la guerre ». Les journaux de guerre sont les plus importants des documents historiques que les unités du CEC devaient constituer et conserver.

Ce site Web contient des renseignements contextuels qui aideront les chercheurs désirant consulter les versions numérisées des journaux de guerre des unités d'infanterie et d'artillerie, ainsi que celles des rapports de brigade, de division, d'état-major d'une unité et d'autres unités d'appui, par exemple les unités ferroviaires ou forestières du CEC. Le site contient également les journaux de guerre du Royal Newfoundland Regiment et ceux des unités britanniques sous commandement canadien. Il ne contient pas de documents concernant l'Aviation royale du Canada ni la Marine royale du Canada.

Les journaux de guerre ne sont pas des journaux personnels. Ils contiennent très rarement des renseignements relatifs à des individus parce qu'ils n'ont pas été conçus à cette fin et que le nombre de personnes concernées par un même journal aurait été beaucoup trop élevé. Les journaux de l'infanterie étaient rédigés par chaque bataillon, soit un groupe d'environ 1 000 hommes; ceux de l'artillerie étaient la plupart du temps rédigés au niveau de la brigade, laquelle comprenait environ 4 000 soldats. Quant aux journaux de guerre des différents états-majors, ils servaient à recueillir des informations de nature tactique ou stratégique. Malgré tout, quelqu'un qui s'intéresse à une unité en particulier trouvera dans les journaux de guerre l'information de première main la plus complète qui soit sur les modes de déploiement de cette unité, les opérations auxquelles elle a participé et l'expérience de guerre de ses membres.

Dans leur journal, les unités devaient consigner uniquement leurs « actions sur le terrain ». Par conséquent, on trouvera bien peu d'exemples de journaux de guerre couvrant les périodes où les unités se constituaient au Canada, voyageaient vers l'Europe ou s'entraînaient en Angleterre. CECi dit, les informations contextuelles que l'on retrouve sur le site Web permettent d'identifier les unités ayant participé à un certain nombre de batailles. On peut aussi consulter les journaux en procédant autrement; par exemple, en utilisant les fonctions de recherche du site, il est possible de suivre une unité de mois en mois ou de consulter des informations de première main sur les expériences vécues au cours d'une même journée.

La responsabilité du journal de guerre revenait généralement à un officier subalterne, lequel pouvait également transférer cette tâche à un commis. Les journaux étaient rédigés à la main ou dactylographiés sur des formulaires grand format comportant des colonnes intitulées « Lieu », « Date », « Heure », « Sommaire des événements et renseignements » et « Remarques et références aux documents en annexe ». Toutefois, même si le formulaire spécifiait le type de renseignement à fournir, chaque unité interprétait à sa manière ce qu'elle considérait comme étant une « information historique ». Par conséquent, la qualité de l'information disponible dans les journaux varie beaucoup d'une unité à l'autre. Les différences sont particulièrement apparentes dans la section « Sommaire des événements et renseignements », là où se trouve la narration des expériences des unités. La qualité de cette information dépendra largement du style et du talent d'écrivain des rédacteurs. Dans certains journaux, le ton est télégraphique et succinct, on n'y rapporte que l'essentiel des événements; dans d'autres, il est long et détaillé, émouvant et animé, brossant un saisissant tableau des conditions de vie au front et dans les tranchées.

À ce formulaire, qui constituait le journal de guerre, les unités devaient annexer une copie des documents administratifs qu'ils avaient reçus. Parmi ces annexes, on trouvera une panoplie d'« ordres courants » régissant divers aspects de la vie quotidienne des unités, tels les rations alimentaires, les transferts, les mesures disciplinaires et les promotions. En préparation d'une attaque, une unité recevait des « ordres d'opération » détaillant la mission de cette unité et ses objectifs; ces ordres étaient accompagnés de divers documents essentiels à l'opération : cartes, comptes rendus de renseignement (INTREP), horaires de tirs d'artillerie et noms de code. D'autres récits d'événements ou rapports d'opérations plus étoffés pouvaient également être annexés à certains journaux de guerre. Rappelons en terminant que les chercheurs ne trouveront pas nécessairement toutes ces annexes dans chacun des journaux de guerre.

À la fin de chaque mois, les journaux de guerre et leurs annexes étaient placés dans un dossier, sur lequel on inscrivait le nom de l'unité et les dates extrêmes de la période couverte. Ces dossiers étaient ensuite acheminés vers les autorités britanniques. En septembre 1916, le British Army Council décida que le Bureau canadien des archives de guerre à Londres recevrait désormais les journaux de guerre du CEC. Dirigé par W.M. Aitken, le Bureau avait le mandat d'acquérir les documents historiques du CEC et de publiciser la contribution canadienne à la guerre. Afin d'assurer la qualité de cette information historique, des employés des Archives publiques du Canada se rendirent au Bureau à Londres pour examiner les journaux de guerre afin d'en vérifier l'intégralité et la lisibilité et, par la suite, les cataloguer, les indexer et en produire une copie pour les autorités britanniques. Ces examens permirent au personnel du Bureau canadien des archives de guerre de constater d'importantes variations dans la nature des informations contenues dans les journaux. Dès 1917, des officiers de l'administration du Bureau furent déployés en France pour former les unités à la rédaction des journaux. Malgré ces efforts, l'information continua de varier grandement d'un journal à l'autre.

À l'automne 1919, les journaux de guerre du CEC furent transférés à Ottawa avec le reste des documents conservés au Bureau canadien des archives de guerre. Arrivés au Canada, ils passèrent sous la responsabilité de la Section historique de l'armée, logée au Commandement général. Grâce à ces documents, le personnel du colonel A.F. Duguid, historien de l'armée, entreprit une recherche en vue de la production d'une histoire officielle du CEC, prévue en plusieurs volumes. Un seul des volumes projetés fut finalement édité. En 1962, les dossiers du Bureau canadien des archives de guerre, y compris les journaux de guerre du CEC, ont été transférés aux Archives publiques du Canada (maintenant Bibliothèque et Archives Canada). Le Royal Newfoundland Regiment, qui participa à l'effort de guerre comme membre du Corps expéditionnaire britannique, soumettait, quant à lui, son journal de guerre aux autorités britanniques. Celles-ci transférèrent éventuellement les documents au Public Record Office de Londres, en Angleterre. Les Archives publiques du Canada firent l'acquisition d'une copie sur microfilm de ce journal en 1985.

Pour plus de renseignements sur les journaux de guerre du CEC, veuillez consulter les ouvrages suivants :

Aitken, W.M. Canadian War Records Office: Report Submitted by the Officer in Charge, 11 janvier 1917, Bibliothèque et Archives Canada, RG 9, III, D-I, vol. 4746.

Marsden, Paul. « Shaping the Canadian Record of War in the 20th Century », Canadian Military History Since the 17th Century: Proceedings of the Canadian Military History Conference, Ottawa, 5-9 mai 2000, p. 455-464.

McIntosh, Robert. « The Great War, Archives and Modern Memory », Archivaria, no 46, automne 1998, p. 1-31.