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ARCHIVÉE - Le Canada et la Première Guerre mondiale

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Journaux de guerre

Évolution du Corps d'armée canadien

(1914-1918)

Une seule division

Le 6 août 1914, les autorités de l'Empire britannique ayant accepté avec reconnaissance l'offre du Canada, demandèrent que les soldats promis soient « envoyés le plus rapidement possible ». Le lendemain, le Canadian Army Council recommandait que l'ensemble des forces expéditionnaires canadiennes outre-mer soit constitué en « une seule division ».

Le premier contingent : août-septembre 1914

Le premier contingent canadien comprenait quatre brigades d'infanterie recrutées au sein des différents districts de milice à travers le pays.

Brigades de la 1ère division

  • 1re brigade (temporaire) d'infanterie : formée en Ontario, elle comprenait les 1er, 2e, 3e et 4e bataillons.
  • 2e brigade d'infanterie : provenant de l'Ouest canadien, elle comprenait les 5e, 6e, 7e et 8e bataillons.
  • 3e brigade d'infanterie : cette brigade regroupait des volontaires provenant de Montréal et des Maritimes dans son 14e bataillon. Les trois autres bataillons de la 3e brigade étaient formés d'unités d'origine écossaise.
  • 4e brigade d'infanterie : d'abord conçue pour former la future 2e division mais vite absorbée par la 1re division, cette brigade regroupait des recrues provenant des plaines de l'Ouest canadien qui formèrent les 9e, 10e, et 11e bataillons. Le 12e bataillon venait des Maritimes.

Le premier contingent arrive en Grande-Bretagne en octobre 1914

Les 31 200 soldats du Corps expéditionnaire canadien arrivèrent en Grande-Bretagne le 14 octobre 1914. Commandée par le lieutenant-général E.A.H. Alderson, la première division canadienne outre-mer regroupait des unités d'infanterie, des unités de spécialistes et d'armes d'appui, comprenant des batteries de canons de 18 livres, des compagnies d'ingénieurs de milice, des unités des services de santé et de médecine vétérinaire, des compagnies divisionnaires des transmissions, ainsi que le corps d'intendance, responsable de l'approvisionnement des troupes en nourriture, munitions et carburant.

Les premières unités passent à l'action en France en novembre 1914

Le 8 novembre 1914, l'hôpital militaire fixe no 2 devint la première unité canadienne à servir en France. Quinze jours plus tard, un bataillon privé recruté à Ottawa, le Princess Patricia's Canadian Light Infantry, arriva sur le front Ouest avec la 80e brigade britannique à laquelle il était intégré. Ce bataillon, détaché du Corps d'armée canadien, n'y retourna qu'un an plus tard. Entre-temps, il connut un sort tragique, perdant 75 pour cent de son effectif lors d'une courageuse opération défensive durant la deuxième bataille d'Ypres, en avril et mai 1915.

Le front Ouest

Les Canadiens rejoignirent le front Ouest avec la 1re, puis la IIe armée britannique auxquelles ils avaient été intégrés. Ce front était constitué d'un système complexe de tranchées creusées à la main, d'assemblages de planches de bois, de fils de fer barbelés et de boue, se déployant en une ligne sinueuse de la Manche à la frontière suisse. Entre 1915 et 1917, cette ligne de front se déplaça d'à peine plus de 16 kilomètres dans les deux directions. Les victoires offensives se calculaient en mètres.

Les première et deuxième divisions arrivent en France

La 1re division arriva sur le sol français en février 1915. Elle comptait 610 officiers et 17 263 sous-officiers et militaires du rang. La 2e division, commandée par le major-général R.E.W. Turner, suivit en septembre.

Brigades de la 2e Division

  • 4e brigade d'infanterie : nouvellement formée, elle comprenait les 18e, 19e, 20e et 21e bataillons recrutés en Ontario.
  • 5e brigade d'infanterie : cette brigade se composait des 22e, 24e, 25e et 26e bataillons recrutés au Québec et dans les Maritimes. Le 22e bataillon était constitué entièrement de soldats canadiens-français.
  • 6e brigade d'infanterie : elle comprenait les 27e, 28e, 29e et 31e bataillons recrutés dans l'Ouest canadien. Le 2e escadron divisionnaire de cavalerie fut recruté fin mars 1915. Quant à la 2e artillerie divisionnaire, une pénurie de canons vint en retarder la formation.

La création du Corps d'armée canadien, septembre 1915

Le 13 septembre 1915, le lieutenant-général Alderson inaugura le quartier général du Corps d'armée canadien. La nouvelle formation comprenait la 1re division sous le commandement du major-général A.W. Currie, la 2e division sous le commandement du major-général R.E.W. Turner et les troupes commandées par le major-général M.S. Mercer. Les troupes de Mercer comprenaient les brigades de la cavalerie canadienne et de la Royal Canadian Horse Artillery, en plus d'un regroupement d'infanterie et d'unités de cavalerie servant comme fantassins; ce regroupement était destiné à former les 7e et 8e brigades d'infanterie de la future 3e division. Au début de novembre 1915, le Corps d'armée canadien comptait 1 354 officiers et 36 522 sous-officiers et militaires du rang.

Brigades de la 3e Division

Fin décembre 1915, un officier canadien de naissance, le major-général Mercer, commandait la 3e division du Corps d'armée canadien. Il commanda cette division jusqu'à sa mort survenue au cours de la bataille du Mont Sorrel en juin 1916. À la fin de 1916, tous les postes de cette division, à l'exception de trois, étaient occupés par des Canadiens.

  • 7e brigade d'infanterie : cette brigade était formée de quatre unités : le Princess Patricia's Canadian Light Infantry - seule unité ayant déjà participé activement aux combats, le Royal Canadian Regiment - seul bataillon faisant partie de la Force permanente et nouvellement arrivé en France après son service de garnison aux Bermudes, le 42e bataillon (Montréal) et le 49e bataillon (Edmonton).
  • 8e brigade d'infanterie : elle comprenait les 1er, 2e, 4e, et 5e bataillons des Fusiliers à cheval de l'armée canadienne.
  • 9e brigade d'infanterie : cette brigade, qui rejoignit la division en février 1916, comprenait les bataillons suivants : 43e (Winnipeg), 52e (Port Arthur), 58e (région de Niagara) et 60e (Montréal). Dès la fin de janvier 1916, on comptait 50 000 hommes de troupes canadiens sur les champs de bataille servant dans le Corps d'armée canadien, faisant lui-même partie de la deuxième armée britannique.

Brigades de la 4e Division

En avril 1916, la 4e division, sous le commandement du major-général David Watson, fut créée à partir d'unités déjà mobilisées outre-mer ou sur le point d'arriver en Europe. Comme les 2e et 3e divisions (cette dernière était maintenant commandée par le major-général L.J. Lipsett), la 4e division ne pouvait compter sur son propre corps d'artillerie. La 4e artillerie divisionnaire ne fut formée qu'en juin 1917.

  • 10e brigade d'infanterie : elle se composait des bataillons suivants : 44e (Winnipeg), 46e (Sud de la Saskatchewan), 47e (New Westminster, Vancouver, Victoria), et 50e (Calgary).
  • 11e brigade d'infanterie : cette brigade comprenait les bataillons suivants : 54e (Kootenay, Colombie-Britannique), 75e (Toronto, Hamilton, London), 87e (Montréal), et 102e (Nord de la Colombie-Britannique).
  • 12e brigade d'infanterie : elle comprenait les bataillons suivants : 38e (district d'Ottawa), 72e (Colombie-Britannique), 73e (Montréal) et 78e (Winnipeg). À la fin de juin 1916, le nombre de morts, de blessés et de disparus s'élevait à 32 000 pour le Corps d'armée canadien, ce qui correspondait à peu près au nombre total de recrues qui traversèrent en Angleterre avec le premier contingent en octobre 1914.

La bataille de la crête de Vimy, 9 au 12 avril 1917

Un an plus tard lors de la bataille de la crête de Vimy, du 9 au 12 avril 1917, le Corps d'armée canadien comptait 97 184 hommes. Pour la première fois depuis la création de ce corps d'armée, les quatre divisions qui le composaient, soit la 1re division commandée par le major-général Arthur Currie, la 2e division commandée par le major-général Harry E. Burstall, la 3e division commandée par le major-général Louis J. Lipsett et la 4e division commandée par le major-général David Watson, sous les ordres du lieutenant-général l'hon. sir Julian H.G. Byng, attaquèrent l'ennemi en une seule formation.

Le lieutenant-général Arthur Currie au commandement du Corps d'armée canadien en juin 1917

Le 9 juin 1917, sir Arthur Currie, promu lieutenant-général à l'âge de 41 ans, devint le « plus jeune officier à accéder au rang de lieutenant-général dans les armées britanniques ». Il succéda au lieutenant-général l'hon. sir Julian Byng qui prit le commandement de la troisième armée britannique.

La meilleure formation militaire canadienne, 11 novembre 1918

Le 11 novembre 1918 à 6 h 30, un message parvint au quartier général du Corps d'armée canadien annonçant que les hostilités cesseraient à 11 h. Au moment de l'armistice, le lieutenant-général Currie commandait 11 000 soldats. Selon l'historien Jack Granatstein, « Arthur Currie était le meilleur soldat que le Canada ait jamais produit. Sous son commandement, le Corps d'armée canadien devint la meilleure formation que cette nation ait jamais envoyée sur les champs de bataille ».

Sources :

Granatstein, J.L. Canada's Army : Waging War and Keeping the Peace. Toronto, Buffalo, London : University of Toronto Press, 2002.

Morton, Desmond et J.L. Granatstein. Marching to Armageddon: Canadians and the Great War 1914-1919. Toronto, Canada : Lester & Orpen Dennys, Limited, 1989.

Nicholson, colonel G.W.L. Le Corps expéditionnaire canadien 1914-1919 - Histoire officielle de la participation de l'Armée canadienne à la Première Guerre mondiale. Ottawa, Imprimeur de la Reine et Contrôleur de la Papeterie, 1962.