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Pourquoi n'existe-t-il pas de journaux de guerre rédigés en français?
Même si plusieurs unités du Corps expéditionnaire canadien, notamment le 22e bataillon, se composaient d'officiers et de soldats francophones, ces unités œuvraient au sein d'une hiérarchie militaire canadienne et impériale dont la langue de travail était l'anglais. Les soldats francophones parlaient français entre eux, mais devaient utiliser l'anglais pour communiquer avec d'autres unités et avec leurs supérieurs. Les unités francophones rédigeaient donc leurs journaux de guerre en anglais car elles devaient les soumettre aux autorités britanniques et, après 1916, au Bureau canadien des archives de guerre situé à Londres, en Angleterre, où la langue de travail était l'anglais.
Le Newfoundland Regiment (Régiment de Terre-Neuve) sur la Somme, 1er juillet 1916
« Le feu de l'ennemi s'avéra efficace dès le début, mais la majeure partie du massacre survint lorsque nos hommes traversèrent notre ligne de front barbelée. Là, ils furent abattus en nombre, tombant comme des mouches [traduction]. »
Journal de guerre du Newfoundland Regiment, 1er juillet 1916, MG40-G1
Le 1er juillet 1916, à 7 h 30, prit fin une semaine entière de bombardements des positions ennemies sur la Somme. Les premiers des 60 000 hommes commencèrent alors à avancer sur le no man's land longeant le front de 24 kilomètres de la quatrième armée britannique. Plusieurs soldats de la défense allemande avaient survécu au bombardement préliminaire, et ils se mirent à balayer le no man's land de feux de mitrailleuse, d'artillerie et de carabine. Malgré cette sortie de la défense ennemie, les assauts britanniques continuèrent sans relâche. À 9 h 5, le Newfoundland Regiment, qui faisait alors partie du Corps expéditionnaire britannique, avança vers le village de Beaumont-Hamel. Pour atteindre les tranchées ennemies, le régiment devait traverser jusqu'à 800 mètres de terrain ouvert. De surcroît, chaque soldat portait sur lui 25 kilogrammes de nourriture, de victuailles et de munitions. Ils ne furent pas nombreux à survivre la traversée du no man's land. Peu après 10 h, l'assaut britannique prit fin. Malgré quelques succès initiaux, les objectifs visés ne furent pas atteints ce jour-là.
Ces événements du 1er juillet 1916 devinrent symboliques des horreurs de la guerre des tranchées. Ce matin-là, le Newfoundland Regiment perdit 684 hommes, dont 310 furent tués. Les pertes britanniques s'élevèrent à 57 470 hommes en cette seule journée.
Le Corps expéditionnaire canadien fut épargné du carnage du 1er juillet; cependant, on commença à déployer des unités du CEC sur la Somme dès le mois d'août 1916.
Les journaux de campagne comportent plusieurs abréviations et acronymes de termes militaires. Ceux qui y figurent le plus fréquemment sont expliqués ci-dessous. Le chercheur devra cependant noter que, même s'ils sont les plus fréquemment utilisés, ces abréviations et acronymes peuvent tout de même varier d'une unité militaire à l'autre. Voir également la section intitulée Grades « militaires et leurs abréviations ».
- A -
a/ - grade titulaire
AA - antiaérien
AA&QMG - Adjudant adjoint et Quartier-maître général
Act - grade titulaire
ADC - Aide-de-camp
Adj - Adjudant
ADMS - Directeur adjoint des services de santé
ADS - poste de secours avancé
Ammn Col - colonne de munitions
ANZAC - Corps d'armée australien et néo-zélandais
- B -
Battn - bataillon
Bde - brigade
BEF - Corps expéditionnaire britannique
BHQ - Quartiers généraux de brigade
Bn - bataillon
Bty - batterie
- C -
CADC - Corps dentaire de l'armée canadienne
CAMC - Corps de santé de l'armée canadienne
CAN - canadien
CAOC - Corps d'ordonnance de l'Armée canadienne
CASC - Corps de l'intendance de l'Armée canadienne
Cav - cavalerie
CB - Compagnon de l'Ordre du Bain
CCCS - poste d'évacuation sanitaire canadienne
CCS - poste d'évacuation sanitaire
Cdn - canadien
CE - Corps royal du Génie canadien
CEF - Corps expéditionnaire canadien
CFA - Artillerie de campagne de l'Armée canadienne
CGA - Artillerie de garnison de l'Armée canadienne
Chap - Aumônier
CIB - Brigade d'infanterie de l'Armée canadienne
C-in-C - Commandant-en-chef
CMGC - Corps des mitrailleuses de l'Armée canadienne
CMH - Hôpital militaire de l'Armée canadienne
CMMG - Corps de mitrailleuses motorisées de l'Armée canadienne
CMR - Fusiliers à cheval de l'Armée canadienne
CO - Commandant
Comd - commandeur
Coy - Compagnie
CPC - Service de la poste aux armées
CRT - Troupes ferroviaires canadiennes
CWRO - Bureau des archives de guerre du Canada
- D -
DAG - Sous-adjudant général
DAP - poste de renforts divisionnaire
DA&QMG - Sous-adjudant et Quartier-maître général
DCM - Médailler de conduite distinguée
DADMS - Sous-directeur adjoint des services de santé
DDMS - Sous-directeur des services de santé
DGMS - Directeur général des services de santé
Died of W - Mort des suites de blessures
D(iv)HQ - Quartier général divisionnaire
Div(nl) - division[naire]
DMS - Directeur des services de santé
DOW - Mort des suites de blessures
DRO - ordre courant divisionnaire
DRS
DSO - Ordre du service distingué
- E -
Engrs - Ingénieurs
- F -
Fd Amb - ambulance de campagne
- G -
GCMG - Grand-croix de l'Ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges
Gen - général
GHQ - Quartier général commandant
GO - ordre général
GOC (in C) - Officier général commandant
GSO - Officier d'état major
GSW - blessure par balle
- H -
Hdqrs - Quartier général
HE - explosif détonant
Hon - Honorable
Hosp - hôpital
HQ - Quartier général
HRH - Son Altesse Royale
- I -
i/c - chargé de
Inf - Infanterie
Inf Batt - bataillon d'infanterie
- K -
KCB - Chevalier commandeur de l'Ordre du Bain
KCMG - Chevalier Commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges
- L -
LG - mitrailleuse Lewis
LG Limbers - charrette de support de mitrailleuse Lewis
- M -
MC - Croix militaire
MD - région militaire
MDS - poste de secours principal
MG - mitrailleuse
MH - hôpital militaire
MM - Médaille militaire
MMG - Motor Machine Gun
MO - médecin militaire
- N -
MVO - Membre de l'Ordre royal de Victoria
NCO - Sous-officier
NF - feu neutralisant
- O -
OBE - Ordre de l'Empire britannique
OC - Officier commandant
OMFC - Corps militaire outre-mer du Canada
OO - ordre d'opération
OP - poste d'observation
OR - sous-officiers et militaires du rang
- P -
PPCLI - Princess Patricia's Canadian Light Infantry (un bataillon d'infanterie)
- Q -
QM - quartier-maître
- R -
RA - Artillerie royale (britannique)
RAMC - Corps de santé royal (britannique)
RAP - Poste de secours régimentaire
RCA - Artillerie royale canadienne
RE - Corps de génie royal (britannique)
Reinf - renforts
RFA - Artillerie de campagne royale (britannique)
RO - ordre de routine
- S -
SAA - munitions pour armes minueres
Shr.W - blessure par shrapnel
SOS - rayé de l'effectif
Stat Hosp - hôpital stationnaire
Surg-gen - Chirurgien-général
SW - blessure par shrapnel
- T -
TM - mortier de tranchée
TOS - porté à l'effectif
- U -
UK - United Kingdom
UK - Royaume-Uni
- V -
VC - Croix de Victoria
- W -
W - blessé
WD - journal de campagne
Wd - blessé
WO - Bureau de guerre (britannique)
Artillerie
Canons de grandes dimensions, souvent transportés au moyen de charrettes appelées « limbers » (des supports mobiles), et qui pouvaient être utilisés contre des cibles terrestres ou aériennes. « Artillerie » désigne également le Corps de soldats qui lançaient des projectiles au moyen de ces grandes armes.
barrage
Une tactique d'artillerie qui devint très répandue lors de la Première guerre mondiale. Cette manœuvre voulait qu'on fasse détonner les canons durant l'assaut. Le barrage le plus célèbre est le dénommé barrage« rampant » au cours duquel des obus étaient lancés sur une cible à l'avant des fantassins. Ce barrage « rampait » effectivement à un rhythme pré-déterminé et permettait à l'infanterie d'atteidre la ligne de front ennemie juste au moment où les obus cessaient de pleuvoir.
bataillon
Unité d'infanterie commandée par un lieutenant-colonel et comprenant environ 1 000 soldats. Les bataillons consituaient l'unité de base à l'intérieur de laquelle on recrutait et entraînait les hommes au combat dans le Corps expéditionnaire canadien. Les officiers du recrutement engageaient des hommes dans des bataillons provenant de diverses localités, allant d'un centre urbain à un comté. Dans certain cas, par exemple l'ouest canadien, une région de recrutement pouvait comprendre une grande portion d'une province. Plusieurs des 260 bataillons recrutés par le CEC combattirent ensemble alors que d'autres (généralement ceux qui comprenaient un plus grand nombre de soldats) étaient dissous une fois arrivés en Angleterre pour servir de renforts aux unités déjà existantes sur la ligne de front. Plusieurs des bataillons formés entre 1914 et 1918 ont survécu jusqu'à nos jours et forment des régiments de l'actuelle armée canadienne.
batterie
Unité d'artillerie commandée par un major et composée de quatre ou six canons ou mortiers de dimensions diverses.
loger par billet
Logement temporaire des soldats lorsqu'ils étaient affectés à une campagne. Les logements par billet pouvaient se trouver près de la ligne de front, par exemple dans des édifices qui avaient été partiellement détruits ou qui étaient encore intacts.
bivouac
Pour le soldat, camper à la belle étoile lorsqu'il se retrouvait sur un champ de bataille, souvent sans abri que ce soit.
bombe
Un petit explosif tenu dans la main et qu'on lançait vers l'ennemi. Subséquemment appelée grenade à main.
patrouille de bombardement
Petit groupe de soldats mandés d'avancer près des tranchées et des positions de défense ennemies, afin de lancer des bombes.
bombardement
Une man…uvre d'artillerie au cours de laquelle des obus étaient lancés continuellement, voire durant plusieurs jours, avant le début de l'assaut terrestre.
brigade
Unité militaire commandée par un Brigadier-général et comprenant environ 4 000 hommes divisés en quatre bataillons. Les brigades pouvaient également être constituées, par exemple, d'ingénieurs, de transmetteurs de renseignements, de médecins et d'infirmièr(e)s, ainsi que d'unités de mortiers et de mitrailleuses.
Corps d'armée canadien
Les 1ère et 2e divisions du Corps expéditionnaire canadien composèrent le premier Corps d'armée canadien qui servit en France, en septembre 1915. Les troupes en Grande-Bretagne et au Canada continuaient d'être désignées comme Corps expéditionnaire canadien. Éventuellement, les 3e, 4e et 5e divisions furent ajoutées au Corps d'armée canadien, mais la 5e division ne fut jamais déployée en France.
CEC - Corps expéditionnaire canadian
Les troupes de combat recrutées par le gouvernement du Canada au début de la Première guerre mondiale en août 1914. Les premières unités du CEC furent mobilisées vers l'Angleterre en octobre 1914 et participèrent à leurs premiers combats sur le Continent dès 1915. Dès septembre 1915 le CEC avait pris des proportions importantes qui nécessitèrent une structure organisationnelle plus appropriée au nombre de combattants. En tout et partout, plus de 600 000 officiers et soldats de tous grades servirent au sein du CEC entre 1914 et 1919.
Bureau canadien des archives de guerre
Le CWRO, ou Bureau canadien des archives de guerre, s'établit à Londres, en Angleterre dès le mois de janvier 1915 sous la direction de Sir Max Aitken, Baron Beaverbrook. L'organisme était mandé de documenter et de publiciser la contribution militaire du Canada à l'effort de guerre. Dès 1916 il acquit la responsabilité de recenser, de cataloguer et de préserver les journaux de campagne du Corps expéditionnaire canadien.
pertes
Les soldats blessés, tués, portés disparus ou faits prisonniers lors d'une bataille. Plusieurs des hommes portés disparus devaient plus tard être déclarés morts, alors que d'autres furent retrouvés prisonniers de guerre. Les corps de milliers de membres du CEC n'ont jamais été retrouvés et ceux-ci sont portés "disparus" jusqu'à ce jour.
poste d'évacuation sanitaire
Unité de santé commandée par un major ou un lieutenant-colonel, comprenant environ hommes. Les blessés étaient évacués du champ de bataille vers un poste de secours près du front. Les plus gravement atteints étaient alors acheminés vers un poste d'évacuation sanitaire situé plus loin derrière le front. Au poste d'évacuation sanitaire, les blessés recevaient des soins appropriés avant d'être transportés vers des hôpitaux stationnaires ou généraux divers.
cavalrie
Terme désignant les soldats qui combattaient à cheval. Au cours de la Première guerre mondiale, plusieurs unités de cavalarie échangèrent les chevaux contre des moyens de transport mécanisés plus modernes.
compagnie
Unité d'infanterie commandée par un capitaine ou un major et comprenant environ 200 hommes divisés en quatre pelotons.
Corps
Unité de milice commandée par un lieutenant-général et comprenant jusqu'à 120 000 hommes.
Tribunal de guerre
Ce tribunal transigeait sur les causes d'infraction de lois militaires. Durant la Première guerre mondiale, ces infractions pouvaient aller de vols mineurs à la désertion.
Division
Unité de milice commandée par un major-général et comprenant environ 20 000 hommes.
Affectation
Un groupe important de soldats, souvent constitué de nouvelles recrues affectées aux renforts d'une unité déjà existante.
Abri profond
Un abri souterrain souvent renforcé de béton et communément construit près des tranchées de la ligne de front. Les soldats cherchaient refuge dans ces abris lors de bombardements et de barrages d'artillerie.
Ingénieurs
Les soldats affectés à la construction, à la fortification, au pontage, à la construction de voies souterraines, et à d'autres tâches du même ordre.
ambulance de campagne
Unité du corps de santé canadien commandée par un lieutenant-colonel et comprenant environ 200 hommes. Les ambulances de campagne transportaient les blessés depuis les postes de secours près des unités de renforts régimentales, vers les postes d'évacuation satinaires situés à une plus grande distance derrière le front.
gaz
Désigne une panoplie de substances toxiques ou mortelles relâchées dans l'atmosphère et utilisées comme des armes durant la Première guerre mondiale. Le gaz était transporté par le vent sur le no man's land et vers les tranchées ennemies, ou encore lancé au moyen d'obus d'artillerie spécialement confectionnés et ce, comme préparatif à l'assaut terrestre définitif.
alerte au gaz
Une alarme audible qui signalait aux troupes qu'un assaut au gaz sévissait. Les soldats mettaient aussitôt leurs masques à gaz lors des alertes.
hôpital général
Unité de santé commandée par un lieutenant-colonel et comprenant des médecins, des infirmièr(e)s et des préposés. Les hôpitaux stationnaires étaient des endroits semi-permanents situés partout en France, en Grande-Bretagne et au Canada. Ils recevaient les blessés et les malades, qui y recevaient des soins compréhensifs et de longue durée. Les hôpitaux généraux étaient sensiblement les mêmes que les hôpitaux stationnaires.
canons
Terme général désignant les armes de grand calibre et souvent transportées sur des charrettes appelées « limbers » (supports mobiles). Les canons étaient opérés par l'artillerie.
Howitzer
Arme d'artillerie capable de lancer des obus sur une trajectoire quasi-horizontale, ce qui lui donnait une grande efficacité sur de courtes distances.
infanterie
Constituée de soldats à pied (des fantassins) armés de carabines, de pistolets et d'autres armes à main. L'infanterie constitue le plus grands corps d'armée.
Point de départ
Lors de l'assaut, l'endroit à partir duquel une unité devait avancer vers l'ennemi.
charrette de support d'artillerie
Une charrette sur lequel était monté un canon. Ces supports mobiles étaient généralement tirés par un attelage de chevaux.
Corps de santé
Branche de la milice affectée à la santé générale des soldats ainsi qu'à la prise en charge et le traitement des blessés.
Mine
Chambre souterraine creusée depuis la ligne de front et allant sous le territoire du no man's land (zone de combat neutre) pour aboutir le plus près possible des positions fortifiées ennemies. Cette chambre était ensuite chargée d'explosifs et détonnée lors du lancement de l'assaut terrestre.
Ministère des forces armées du Canada outre-mer : F.A.C.O.
Branche du gouvernement fédéral établi à Londres, en Angleterre en novembre 1916. Le F.A.C.O. supervisait les forces canadiennes au Royaume-Uni et faisait la liaison entre le Corps d'armée canadien, le gouvernement central à Ottawa et les autorités britanniques. L'organisme fut aboli en juillet 1920.
mortier
Pièce d'artillerie capable de lancer des projectiles dans une direction aérienne presque verticale. L'arche aigu des obus de mortier permettait à ceux-ci de frapper avec force, les positions défensives ennemies.
Fusiliers à cheval
Des unités de cavalerie équipées de fusils, originellement formées lors de la Guerre des Boers de 1899-1901.
no man's land
Région située entre les lignes de tranchée des alliés et des ennemis. Ainsi dénomméeparce que nul ne devait survivre lorsqu'il mettait le pied dans ce territoire constamment balayé du feu de l'artillerie et des tireurs d'élite.
les ordres
Le nom donné à des types divers d'instructions écrites et livrées aux unités sous l'autorité d'un officier commandant. Les ordres livrés sous diverses appellations décrivaient les tâches administratives à accomplir par les troupes, ainsi que celle qui se rapportaient au ravitaillement, à la main-d'œuvre, à la discipline, et à d'autres éléments de routine.
peloton
Unité d'infanterie commandée par un lieutenant et comprenant cinquante hommes.
raid
Assaut sur un objectif spécifique exécuté souvent la nuit par un nombre restreint de soldats. Le CEC effectuait des raids sur les tranchées ennemies de façon régulière afin de harceler ses troupes et de recueillir des renseignements sur ses défenses et ses nombres. Le groupe de soldats affectés à un raid se retirait immédiatement suivant l'atteinte de son objectif.
relève
Assumer les tâches et responsabilités d'une unité de milice. Par exemple, lorsqu'une unité devait enfoncer une ligne de tranchées ennemie, elle le faisait en prenant la "relève" sur une autre unité déjà en place.
rapports
La rubrique donnée aux différents documents compilés par les unités de milice et préparés pour les autorités supérieures. Ces rapports donnaient un aperçu de toutes les couches de la vie militaire de l'unité, depuis ses confrontations avec l'ennemi jusqu'à des données d'ordre météorologique. Les rapports parraissent souvent en annexe des journaux de campagne.
ronde
Une pièce unique de munition d'artillerie, de fusil ou de pistolet.
coursier
La transmission de renseignements par voie de téléphone ou de radio ne constituait pas un système fiable durant la Première guerre mondiale. Ainsi, on devait avoir recours à des messages et à des rapports recueillis par des coursiers humains. La vitesse à laquelle un coursier pouvait transmettre un message et la réponse à celui-ci, assumait une importance critique lorsqu'il s'agissait de remporter une victoire.
sappe
Tranchée protubérant dans le no man's land en direction perpendiculaire à la ligne de front. Les sappes permettaient à de petits groupes de soldats de s'approcher vers les positions ennemies sans êtres détectés, d'effectuer des raids, observer, et abattre des soldats ennemis au moyen du tir d'élite.
sappeurs-mineurs
Le nom qui désignait communément et de façon non-péjorative, les membres des unités de génie.
section
Unité d'infanterie commandée par un caporal et comprenant onze hommes.
shrapnel
Obus nanti de petits projectils de métal qui, lorsque l'obus était lancé, pleuvaient sur l'adversaire. Le shrapnel était conçu pour tuer les membres de l'infanterie ennemie.
transmetteurs de renseignements
Unités de soldats affectées à la transmission de renseignements (signaux) depuis leurs bases de campagne. Durant la Première guerre mondiale, ces troupes communiquaient des messages par voie de téléphone, d'héliographe, de sémaphore, et de coursiers humains.
Armes mineures
Ces armes transportées par les membres individuels de l'infanterie comprenaient des pistoles, des carabines et des mitrailleuses.
tireurs d'élite
Des tireurs experts équipés de carabines. Ces tireurs d'élite travaillaient seuls ou en petits groupes sur les lignes de front, visant des soldats ennemis qu'ils apercevaient dans les tranchées et dans les positions reculées. Les tireurs d'élite harcelaient ces soldats ennemis et les empêchaient de circuler librement derrière leur ligne de front.
hôpital stationnaire
Unité de santé commandée par un lieutenant-colonel et comprenant des médecin, des infirmièr(e)s et des préposés. Les hôpitaux stationnaires étaient situés, de façon semi-permanente, à travers la France, la Grande-Bretagne et le Canada. Dans ces unités, on prodiguait aux blessés et aux malades des soins compréhensifs et de longue durée. Elles sont semblables aux hôpitaux généraux.
effectif
Le nombre total d'officiers gradés et d'hommes de milice à l'intérieur d'une unité, à un moment spécifique.
rayé des cadres
Lorsqu'un soldat cessait d'être membre d'une unité pour cause de blessure, de décès ou d'affectation hors de l'unité, il était "rayé des cadres".
porté aux cadres
Lorsqu'un soldat se joignait aux rangs d'une unité, il était "porté aux cadres".
raid des tranchée
Voir "raid".
tranchées
Important réseau de fossés, impressionnant par leur longueur et leur profondeur et caractéristique de la Première guerre mondiale. Les soldats s'y réfugiaient et y vivaient durant leur service actif au front. Le système de tranchées classique comprenait trois rangées parallèles. Celle qui était située le plus près de la ligne de front ennemie s'appelait la tranchée de feu ou de celle de la ligne de front. Cette tranchée se démarquait du no man's land par des rangées de de sacs de sable et de fils de barbelé. À plusieurs centaines de mètres derrière celles-ci se trouvaient les tranchées d'appui, à partir desquelles les soldats pouvaient avancer rapidement, le cas advenant une attaque surprise, vers les tranchées de feu. Plus loin derrière se trouvaient les tranchées de réserve. Entre les tranchées des lignes de front alliées et ennemies, se situait le no man's land. On donnait à ces tranchées des noms familiers qui rapellaient aux soldats leurs localités d'origine. Capturer des tranchées ennemies constituait un objectif très fréquent lors des assauts.
barbelés, fils de barbelé
Les tranchées situées sur la ligne de front étaient souvent protégées par des réseaux de fil de barbelé destinés à empêcher l'ennemi de s'approcher facilement. Avant chaque assaut, l'artillerie assumait souvent la tâche d'oblitérer les barbelés ennemis afin de percer un passage à travers laquelle les fantassins pouvaient s'immiscer. Lors de raids de tranchées, de petites sections de barbelé ennemies étaient coupées au moyen de sécateurs à main.
Heure "H"
Expression désignant, dans le cadre de stratégies militaires, l'heure exacte à laquelle un raid, un assaut ou une attaque devaient être déclenchés.
Durant la Première guerre mondiale, les soldats s'ingénièrent à trouver un vocabulaire impressionant de termes qu'il utilisaient pour communiquer entre eux. Il n'était pas rare de trouver des noms-lieux français ou flammands anglicisés (par exemple, "Ypres" devenait "Wipers"). Dans le même esprit, les tranchées étaient dotées de noms comme "Regina" ou encore "Piccadilly Circus", qui rapellaient aux hommes leurs localités d'origine. Quant à l'ennemi, il pouvait se voir attribuer des sobriquets péjoratifs comme "Boche" ou "Fritz", alors que les armes elles aussi portaient des noms-substitus de caractère humoristique. Nombre de dictionnaires et de lexiques expliquent ces éléments du jargon qui sévissait durant la Première guerre mondiale.
Voici quelques noms issus du jargon militaire de la Première guerre mondiale et que l'on retrouve fréquemment dans les journaux de campagne :
5.9 - un genre d'obus
Ack Ack - artillerie contre-avions
Blighty - Grande-Bretagne, ou encore une blessure qui requiert l'évacuation vers la Grande-Bretagne
Boche - nom péjoratif donné aux Allemands
Coal Box - sorte d'obus d'artillerie
Egg Bomb - sorte de bombe à main
Fritz - nom péjoratif donné aux Allemands
Hun - nom péjoratif donné aux Allemands
Jack Johnson - sorte d'obus d'artillerie
Sausage - sorte d'obus d'artillerie
Whizz Bang - sorte d'obus d'artillerie
Wooly Bear - sorte d'obus d'artillerie
Les grades militaires et leurs abréviations
La hiérarchie militaire de base, du moindre grade au plus élevé :
sous-officiers et militaires du rang
Pte - soldat (infanterie) ou fantassin
Gnr - canonnier (artillerie)
Bomb - bombardier (artillerie)
Cpl - caporal
Lcpl - Lance-caporal
Sgt - Sergent
Msgt - Sergent-chef
WO - Adjutant
Officiers gradés
2nd lt - sous-lieutenant
Lieut - lieutenant
Capt - capitaine
Maj - major
Lt-Col - lieutenant-colonel
Col - colonel
Brig - brigadier-général
Maj-gen - major-général
Lieut-gen - lieutenant-général
Je cherche des renseignements sur des batailles au cours desquelles un soldat se serait mérité la Croix de Victoria (VC), l'Ordre du service distingué (DSO), la médaille de conduite distinguée (DCM), la Croix militaire (MC), la Médaille militaire (MM), ou encore une mention dans les dépêches (MID).
D'une manière générale, il y a peu d'information dans les journaux de guerre à propos des décorations, celles-ci étant généralement accordées longtemps après la fin d'un combat au cours duquel un soldat se serait distingué. Sans une copie de la citation pour cette décoration, il devient difficile de savoir à quelle date le combat a eu lieu exactement. Or, cette date est nécessaire pour effectuer une recherche dans les journaux de guerre. Il existe cependant de nombreuses publications qui répertorient les soldats décorés et qui incluent parfois la citation. En voici quelques-unes :
Abbink, Harry et Cindy Abbink. The Military Medal: Canadian Recipients, 1916-1922. Calgary, Alison Pub. Co., v. 1987.
Bishop, William Arthur. Our Bravest and Our Best: the Stories of Canada's Victoria Cross Winners. Toronto, McGraw-Hill Ryerson, 1995.
Riddle, David K. et Donald G. Mitchell. The Distinguished Service Order to the Canadian Expeditionary Force and Canadians in the Royal Naval Air Service, Royal Flying Corps and Royal Air Force, 1915-1920. Winnipeg, Kirkby-Marlton Press, v. 1991.
Riddle, David K. et Donald G. Mitchell. The Military Cross Awarded to the Canadian Expeditionary Force, 1915-1921. Winnipeg, Kirkby-Marlton Press, 1991.
Swettenham, John. Valiant Men; Canada's Victoria Cross and George Cross Winners. Toronto, Hakkert, 1973.
Je cherche une personne en particulier.
Les journaux de guerre ne sont pas des journaux personnels. Toutefois, si vous connaissez l'unité dans laquelle une personne a servi, vous pouvez utiliser les journaux de guerre pour suivre ses déplacements. Dans certains cas, on trouve des personnes nommément identifiées dans les journaux de guerre, mais cela est plutôt rare.
Pourquoi n'existe-t-il pas de journaux de guerre rédigés en français?
Même si plusieurs unités du Corps expéditionnaire canadien, notamment le 22e bataillon, se composaient d'officiers et de soldats francophones, ces unités œuvraient au sein d'une hiérarchie militaire canadienne et impériale dont la langue de travail était l'anglais. Les soldats francophones parlaient français entre eux, mais devaient utiliser l'anglais pour communiquer avec d'autres unités et avec leurs supérieurs. Les unités francophones rédigeaient donc leurs journaux de guerre en anglais car elles devaient les soumettre aux autorités britanniques et, après 1916, au Bureau canadien des archives de guerre situé à Londres, en Angleterre, où la langue de travail était l'anglais.
Je n'arrive pas à trouver le journal de guerre d'une unité en particulier.
Les journaux de guerre du CEC n'ont pas encore tous été numérisés dans le cadre de ce projet; la grande majorité des journaux l'a toutefois été et les autres le seront éventuellement. En attendant, des copies microfilmées de tous les journaux de guerre du CEC conservés à Bibliothèque et Archives Canada sont disponibles pour consultation, sur place à Ottawa ou par prêt inter-bibliothèques par l'entremise de votre bibliothèque locale.
Puis-je imprimer les journaux de guerre de ce site et sont-ils assujettis à des restrictions de droits d'auteur?
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Vous pouvez consulter la Loi sur le droit d'auteur à l'adresse suivante :
http://lois.justice.gc.ca/fr/C-42/index.html
Comment sont déterminés les noms et les dates des batailles?
Les noms des batailles canadiennes de la Première Guerre mondiale ont été normalisés en 1921 par un comité appelé Battles Nomenclature Committee. Ce comité, constitué par les autorités britanniques, comprenait trois représentants canadiens. Normalement, une bataille était nommée en fonction d'un village ou d'un accident géographique à proximité. Pour fixer les dates officielles, le comité utilisa les archives militaires. Pour en apprendre davantage sur ce comité, veuillez consulter le dossier RG 24 vol. 447, dossier 54-21-1-201, à Bibliothèque et Archives Canada.
Pourquoi certains noms de personnes sont-ils suivis d'une série de chiffres?
À l'exception des officiers gradés, tous les soldats recevaient un numéro lors de leur enrôlement dans l'armée. Ceci constituait le moyen le plus efficace pour identifier un individu et le distinguer de tous les autres militaires du CEC portant le même nom. Plus de 600 000 soldats servirent dans le CEC entre 1914 et 1919 et les suivre à la trace devint un énorme défi bureaucratique. Par exemple, plus de cinq cents soldats du CEC s'appelaient John Smith; sans ce numéro régimentaire individuel, il aurait été très difficile pour les administrateurs de les différencier. Ces numéros jouaient à peu près le même rôle que les numéros d'assurance sociale de nos jours. Quant aux officiers, on ne leur assignait pas de numéro régimentaire; ils étaient identifiés seulement par leur nom et leur rang. De la même façon, très peu d'infirmières militaires reçurent des numéros régimentaires individuels; elles aussi ne s'identifiaient que par leur nom et leur rang.
Pourquoi les journaux de guerre n'ont-ils pas tous le même aspect et le même contenu?
Chaque unité du CEC interpréta à sa façon les consignes relatives aux journaux de guerre. Par exemple, la plupart des unités se servaient d'une dactylo pour la rédaction de leur journal, mais certaines le rédigeaient toujours à la main. La nature et la portée des informations contenues dans les journaux, ainsi que le nombre d'annexes, variaient également d'une unité à l'autre. Le Bureau canadien des archives de guerre tenta bien de standardiser la rédaction des journaux de guerre, mais n'obtint qu'un succès partiel.
Pourquoi y a-t-il si peu de journaux de guerre qui traitent de la période où les unités séjournèrent au Canada ou en Grande-Bretagne?
Les unités du CEC n'étaient tenues de rédiger leur journal de guerre que lorsqu'elles étaient au front. Malgré tout, quelques unités complétèrent leur journaux même durant leur séjour en Grande-Bretagne.
Comment déchiffrer les abréviations et les ?
Les glossaires accessibles sur ce site expliquent les abréviations et les acronymes les plus fréquemment employés dans les journaux de guerre.
Est-ce que Bibliothèque et Archives Canada possède d'autres documents d'archives se rapportant à la Première Guerre mondiale? Bibliothèque et Archives Canada possède les archives les plus complètes au monde sur la Première Guerre mondiale. Ces documents renferment une foule d'informations, allant de l'organisation et du déploiement de chacune des unités combattantes ou de soutien, jusqu'aux plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire. Soulignons en particulier l'importance des dossiers de service militaire du CEC, qui contiennent les documents de base concernant chacun des soldats en temps de guerre. Une partie de chacun de ces dossiers est en voie d'être numérisée et vous pouvez y effectuer une recherche à partir du site Web de Bibliothèque et Archives Canada à www.collectionscanada.gc.ca/base-de-donnees/cec/index-f.html. Cette institution possède également une importante quantité de fonds et de collections d'archives privées provenant de membres du CEC, contenant entre autres plusieurs journaux personnels. Ces documents textuels sont complétés par de nombreuses collections de photographies, de films et d'œuvres d'art ayant trait à la guerre.