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ARCHIVÉE - Le Canada et la Première Guerre mondiale

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Nous y étions

Sir Sam Hughes

La politique et la guerre

La politique et la guerre

Sir Sam Hughes fut ministre de la Milice et de la Défense d'octobre 1911 à novembre 1916. Son action décisive marqua profondément l'organisation du Corps expéditionnaire canadien. Sûr de lui, il dirigea son ministère de manière souvent controversée. Certaines mesures produisirent des réussites, d'autres des échecs. Hughes fut éventuellement contraint de remettre sa démission.

Sir Sam Hughes côtoyait la controverse avant même de se lancer en politique active. Ses déclarations dans son journal de Lindsay lui avaient déjà aliéné l'opinion publique catholique et lui avaient mérité l'épithète de bigot selon les Canadiens français. Cependant, plus que les questions religieuses ou linguistiques, ce sont les affaires militaires qui l'inspiraient. Mais même dans ce domaine, ses prises de position sans ambages gênèrent plus d'une fois ses collègues du parti conservateur et froissèrent la susceptibilité des autorités militaires régulières et britanniques.

Hughes s'identifiait au courant nationaliste-impérialiste qui préconisait une part plus active des dominions dans la gestion des affaires de l'Empire. Pour lui, cela signifiait la canadianisation des instances locales. Il agit en ce sens en favorisant la milice et en trouvant des fournisseurs locaux.

Quelques Réussites

Lorsque le Canada entra en guerre au mois d'août 1914, il ne disposait que d'environ 3 000 hommes de troupes régulières. Plutôt que de mettre en branle le plan de mobilisation pré-existant, Hughes décida de s'appuyer sur les unités de la milice. Ce système improvisé, fanfares et défilés à l'appui, porta des fruits très tôt mais ses incohérences allaient engendrer de graves problèmes à brève échéance.

L'automne 1914 et le printemps 1915 furent des moments de recrutement intensif que d'aucuns ont pu ajouter à la liste des réussites de sir Sam Hughes. Mus par la ferveur patriotique et l'enthousiasme général des premiers jours, convaincus de surcroît que l'ennemi s'effondrerait rapidement, des milliers de jeunes gens s'enrôlèrent dans les bataillons nouvellement formés. Pour regrouper ces recrues et leur offrir un site d'entraînement adéquat, on construisit rapidement le camp de Valcartier. On établit par la suite d'autres camps, dont celui de Borden au nord de Toronto.

En quelques semaines, le premier contingent put s'embarquer. Les navires quittèrent Québec et se rassemblèrent en rade de Gaspé. Avant le départ du convoi pour l'Angleterre, sir Sam Hughes prononça devant ses soldats une harangue destinée à exciter leur ferveur.

Des Échecs

La volonté de Hughes d'équiper ses « gars » de matériel canadien, louable en principe, connut sa part d'insuccès. Les bottes prenaient l'eau; les véhicules disparates manquaient de pièces de rechange; les ceinturons s'avéraient non conformes; et l'équipement de tranchée était inutilisable. La fabrication des munitions fut l'objet de scandales. Bien des énergies furent dépensées en vain pour limiter la consommation d'alcool. Et enfin, peut-être pire que tout le reste aux yeux de Hughes, le fusil Ross fut remplacé par une arme anglaise.

Le Ross, excellente arme de concours, avait tendance à bloquer dans des conditions de tir rapide. Les Canadiens en eurent la fâcheuse confirmation sous les gaz asphyxiants devant Ypres. En désespoir de cause, plusieurs soldats se débarrassèrent de leur long et lourd Ross pour s'emparer du plus fiable Lee-Enfield s'ils en trouvaient. Peu après, le général Alderson exprima, à Ottawa, le désir de remplacer l'arme fautive. Hughes forma un comité chargé de rétablir la vérité, comité sous la présidence de sir Charles Ross, l'inventeur de l'arme. L'affaire du Ross demeura une pomme de discorde entre le ministre et le commandement militaire.

La fin de sa carrière de ministre

Les critiques dont Sir Sam Hughes était l'objet à l'intérieur même de son parti avaient graduellement poussé le premier ministre sir Robert Laird Borden à resserrer les bornes de sa permissivité.

Hughes, habitué d'agir sans être trop inquiété, outrepassa une fois de plus ses pouvoirs ministériels à la fin août 1916 en créant en Angleterre un sous-conseil de la Milice, sans l'approbation du Cabinet. Borden saisit l'occasion de rétablir sans nuance l'autorité du Cabinet sur les affaires du Corps expéditionnaire même si, à première vue, la nouvelle créature de Hughes semblait un pas dans la bonne direction. Dès le 22 septembre, Borden avait en mains les grandes lignes de l'organisation d'un éventuel ministère des Forces militaires outre-mer, loin de l'influence du ministre de la Milice et de la Défense. Le 27 octobre était donc signé le décret créant le ministère et nommant sir George Halsey Perley au poste.

Hughes s'insurgea et entreprit de renverser la détermination du Premier ministre. Ne rencontrant pas d'abord de succès, Hughes haussa le ton jusqu'à l'impertinence, voire l'insulte. Le premier ministre n'eut alors d'autres choix que de le prier de remettre sa démission. Hughes passa les cinq années suivantes, les dernières de sa vie, comme député d'arrière banc.