Bibliothèque et Archives Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels

ARCHIVÉE - Le Canada et la Première Guerre mondiale

Contenu archivé

Cette page Web archivée demeure en ligne à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle ne sera pas modifiée ni mise à jour. Les pages Web qui sont archivées sur Internet ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette page sous d'autres formats à la page Contactez-nous.

Nous y étions

George Vanier

et les cent derniers jours de la guerre

Enrôlé comme officier dès 1914, Georges Philéas Vanier joignit en 1915 les rangs du 22e Bataillon. Même si son avancement ne fut pas fulgurant, il gravit les échelons, méritant le long de son parcours des décorations pour sa bravoure. Il commanda même brièvement le bataillon. Après la guerre, Vanier poursuivit une brillante carrière militaire et diplomatique dont le point culminant fut sans contredit sa nomination, en 1959, au poste de gouverneur général. Second Canadien et premier de langue française dans cette fonction, il l'occupa jusqu'à son décès en 1967.

Vanier vécut avec le Corps canadien cette période pendant laquelle, après l'échec de l'offensive allemande du printemps 1918, les alliés reprirent l'initiative et remportèrent, contre toute attente, un succès brillant dès l'assaut initial porté à l'est d'Amiens le 8 août. La campagne qui s'ensuivit allait inspirer nombre d'actes héroïques et précipiter la défaite allemande, mais ce, au prix de pertes cruelles dans les armées en présence. Le bataillon de Vanier, par exemple, fut décimé lors de la prise de Chérisy à la fin août et pendant les contre-attaques qui suivirent. Vanier lui-même, remplaçant le lieutenant-colonel Dubuc blessé le premier jour, fut mis hors de combat le lendemain et subséquemment amputé de la jambe droite.

Bibliothèque et Archives Canada a le privilège de posséder des sources permettant de mieux connaître cette période que la postérité a nommé les Cent derniers jours. Parmi ces sources, on compte le journal personnel qu'a tenu Vanier au cours de la guerre. Les journaux personnels complètent l'information plutôt sèche et anonyme des journaux de campagne, comptes rendus officiels essentiels pour la compréhension des opérations.

Le journal de Georges P. Vanier

On connaît peu de journaux relatant les souvenirs de guerre de francophones ayant servi lors de le Première Guerre mondiale. Le journal de Georges Philéas Vanier est l'un des rares. Des sources de ce type donnent de la substance aux vicissitudes de la vie des tranchées d'une manière que ne sauraient le faire les incontournables, mais généralement anonymes, journaux de campagne.

Grâce au journal personnel de Vanier, on peut suivre le déroulement des premières semaines des combats qui, à partir du 8 août 1918 et malgré les difficultés et une résistance souvent opiniâtre, allaient éventuellement refouler les Allemands jusqu'aux frontières et les amener à capituler. Le journal permet aussi de mieux saisir le courage dont Vanier a fait preuve pour surmonter la perte et la douleur occasionnées par sa blessure subie le 28 août lors des combats autour du village de Chérisy, combats qui décimèrent le bataillon causant la perte de quelque 435 hommes et forçant l'inactivité de l'unité pendant plus de trois semaines, le temps de recevoir des renforts.

Les journaux de campagne

Les unités et formations canadiennes servant au front devaient tenir un journal des événements quotidiens. Bibliothèque et Archives Canada possède cette riche mine de renseignements et, bien que quelques journaux aient disparu, l'ensemble la collection est microfilmée et répertoriée dans une base de données disponible en ligne.

Les journaux de campagne sont d'une extrême variété, certains sont laconiques à l'extrême et d'autres regorgent de détails de toute nature. Dans tous les cas, toutefois, ils s'intéressent aux actions de l'unité dans son ensemble. Les individus, sauf parfois les officiers, y sont rarement nommés. Par conséquent, le chercheur intéressé à retracer les allées et venues d'un soldat précis, ses promotions, punitions, blessures ou maladies et qui ne dispose pas de journaux ou de correspondance personnels, doit consulter le dossier militaire du soldat. On dresse un meilleur portrait en recoupant les deux sources.

Les cent derniers jours de la guerre sont décrits dans les journaux de 48 unités d'infanterie, ceux des quartiers généraux, des unités médicales, d'artillerie, de génie, de mitrailleurs, de foresterie, d'intendance, d'ordonnance ou de services divers. Y seront décrits les batailles d'Amiens, d'Arras, de la ligne Hindenburg, de Valenciennes, la capture de Mons et même, au-delà de l'Armistice, l'occupation de têtes de pont en Allemagne. Nombre d'appendices - ordres, rapports, résumés d'opérations, croquis ou même documents capturés - complètent les renseignements.

Croix de Victoria

Cette décoration, décernée pour bravoure à des hommes gradés ou non, est la plus prestigieuse parmi celles de l'Empire britannique. Elle a été instituée en 1856 lors de la guerre de Crimée et elle est faite du métal des canons pris aux Russes. En tout, 94 soldats canadiens se la sont méritée dont 70 au cours de la Première Guerre mondiale. Deux sont allées à des congénères de Vanier au sein du 22e Bataillon, toutes deux pendant les derniers mois de la guerre.

Durant la nuit du 8 au 9 juin 1918, alors que le Corps canadien se trouvait dans un secteur relativement tranquille, les Allemands lancèrent un raid en trois endroits de la ligne défendue par le 22e Bataillon. Le caporal Joseph Kaeble arrêta l'avancée de l'ennemi malgré des blessures dont il mourut le lendemain. Kaeble reçut à titre posthume la Médaille militaire et la Croix de Victoria, la première de trois décernée à des Canadiens de langue française. Les deux autres récipiendaires furent le lieutenant Jean Brillant et le capitaine Paul Triquet (ce dernier fut décoré lors de la Seconde Guerre mondiale).

Le lieutenant Jean Brillant s'était déjà mérité la Croix militaire pour son comportement lors d'un raid effectué durant la nuit du 27 au 28 mai 1918. Le 8 août suivant, Brillant prit part à l'assaut initial à l'est d'Amiens. Il n'eut pas la satisfaction de voir la campagne couronnée de succès. Blessé le 8, puis encore le lendemain, Brillant refusa l'évacuation et continua de mener ses hommes jusqu'à ce qu'une troisième blessure le mette hors de combat. Même s'il mourut le lendemain, son exemple porta ses fruits et l'assaut marqua un revirement dans les infortunes de la guerre. Il reçut à titre posthume la Croix de Victoria le 27 septembre 1918.

Armistice

Essoufflée et vaincue, en proie à l'agitation sociale, mais pas encore écrasée du point de vue militaire, l'Allemagne fut la dernière des puissances centrales à demander et à obtenir l'armistice. La paix, conclue au Traité de Versailles en 1919, lui imposa des conditions humiliantes et fut indirectement l'une des causes du conflit qui, une génération plus tard, allait s'avérer encore plus dévastateur.

Les derniers jours de la guerre virent des opérations relativement mineures dont la dernière fut l'entrée dans la ville de Mons à la frontière Belgo-française. Le 11 novembre au matin, peu avant que la signature de l'armistice ne fut connue et annoncée, les Canadiens libéraient la ville de Mons au prix de quelques pertes.

Les Canadiens devaient pourtant encore s'acquitter d'une tâche avant d'entreprendre le retour au pays et à la vie civile. Les 1re et 2e divisions canadiennes étaient appelées à occuper, à Cologne et à Bonn respectivement, des têtes de ponts sur le Rhin. Des troupes canadiennes occupèrent donc une petite partie de l'Allemagne de décembre 1918 à janvier 1919.