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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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John Joseph Caldwell Abbott.

Biographie

1821-1893

Je hais la politique et ce que l'on considère comme ses procédés. Je déteste la notoriété, les réunions publiques, les discours en public, les caucus et toutes les servitudes qui semblent attachées à la politique, sauf l'obligation de servir le public du mieux que je peux. - Sir John J.C. Abbott, le 4 juin 1891.

Voilà des sentiments étranges pour un homme qui allait devenir premier ministre douze jours plus tard. En effet, sir John A. Macdonald est décédé le 6 juin 1891, seulement trois mois après une victoire électorale des Conservateurs. Même si ceux-ci n'avaient pas besoin de faire de nouveau face à l'électorat avant cinq ans, le vieux chef n'était pas facile à remplacer. Le désordre régnait au sein du Parti conservateur, qui était corrompu après tant d'années au pouvoir et que beaucoup de différends personnels, religieux et ethniques divisaient. John Joseph Caldwell Abbott est devenu premier ministre à contrecoeur. Il a admis que, s'il en était là, c'est parce que personne ne le trouvait particulièrement odieux.

Abbott est né en 1821 à St. Andrews, dans le Bas-Canada. Il a été éduqué par son père, qui était un missionnaire anglican. À l'âge de dix-sept ans, il s'est mis à travailler pour un commerce de tissus, où il a appris la comptabilité et la tenue des livres. En 1843, il a entrepris ses études en droit au McGill College. Reçu au barreau en 1847, il s'est joint au cabinet d'avocats de William Badgley. Professeur à la faculté de droit de McGill de 1853 à 1876, il est devenu doyen de la faculté en 1855. Le futur premier ministre libéral Wilfrid Laurier était l'un de ses étudiants.

En plus d'enseigner et d'exercer le droit commercial, Abbott est devenu un excellent homme d'affaires, puisqu'il a été actionnaire et administrateur de plusieurs commerces prospères de Montréal. Sa plus grande entreprise commerciale a été la construction d'un chemin de fer; en effet, John Abbott, en tant que président de la Canada Central Railway Company, et son frère Henry, qui était ingénieur, ont créé un élément clé de la ligne transcontinentale.

De plus, Abbott a été le conseiller juridique du président de la Canadian Pacific Railway Company (CP), sir Hugh Allan, qu'il a d'ailleurs aidé à obtenir un contrat et des fonds pour la réalisation de l'ambitieux projet de construction du chemin de fer de Macdonald. À ce moment-là, Abbott était député d'Argenteuil et s'est trouvé en situation de conflit d'intérêts, à cause de ses liens avec le CP et le gouvernement. Il a été au centre du scandale du Pacifique; c'est au bureau d'Abbott qu'on a volé les documents compromettants qui ont ensuite été remis aux Libéraux.

Par suite de ce scandale, Abbott a perdu son siège au Parlement en 1874, mais il a été réélu en 1881 lors d'une élection partielle. Il a continué à s'occuper du CP, mais il s'est abstenu de participer aux discussions et aux votes concernant les chemins de fer à la Chambre des communes. En 1887, il a été nommé sénateur, puis a été ministre et premier ministre. En 1887 et 1888, il a aussi été élu maire de Montréal.

En plus de son rôle dans le scandale du Pacifique, Abbott avait une autre cause d'embarras que ses adversaires ne lui ont jamais permis d'oublier. En 1849, il avait signé le manifeste en faveur de l'annexion des colonies aux États-Unis. Il s'agissait d'un document rédigé par un groupe d'hommes d'affaires montréalais, dans lequel ceux-ci recommandaient que les colonies canadiennes rompent leurs liens avec la Grande-Bretagne et se joignent aux États-Unis. Une récession et le retrait par la Grande-Bretagne des tarifs préférentiels pour les produits coloniaux étaient à l'origine de ce manifeste. Cette menace d'annexion avait plus pour but d'obtenir des concessions de la Grande-Bretagne que d'aboutir réellement à un fusionnement avec les États-Unis. Ce mouvement d'annexion n'avait pratiquement que l'appui des gens d'affaires montréalais, et il a décliné lors de la reprise économique. Quand il était un jeune entrepreneur, Abbott avait appuyé l'annexion tout comme d'autres personnes bien en vue, mais tous l'avaient vite regretté. Abbott lui-même a reconnu plus tard qu'ils n'avaient pas plus l'intention d'obtenir l'annexion aux États-Unis qu'un enfant irritable qui frappe sa gouvernante n'a l'intention de l'assassiner. Cependant, pour réparer son erreur de jeunesse, il a recruté 300 miliciens lors de l'affaire Trent, en 1861, et a lui-même soutenu financièrement ce régiment.

Bien qu'ayant accepté à contrecoeur le poste de premier ministre, Abbott s'est avéré un chef compétent malgré le scandale Langevin qui a été dévoilé pendant son mandat. Il est venu à bout de l'arriéré de travail qui l'attendait après la mort de Macdonald. La réforme de la fonction publique, la révision du Code criminel et la signature d'un traité de réciprocité avec les États-Unis ne sont que quelques-unes des mesures dont il a pris l'initiative. Au cours des dix-sept mois que son mandat a duré, il y a eu 52 élections partielles, dont 42 ont été remportées par les Conservateurs, ce qui a accru leur majorité de 13 sièges, preuve incontestable de ses talents de premier ministre.

Forcé de démissionner en novembre 1892 pour des raisons de santé, Abbott a cédé son poste à un jeune ministre, John Thompson. Abbott avait toujours pensé que Thompson aurait dû succéder à Macdonald. Un an plus tard, Abbott est décédé à Montréal.

Dans sa vie privée, Abbott a prêté son appui à la Art Association of Montréal et a aidé à fonder un établissement pour personnes handicapées. L'un de ses passe-temps était la culture des orchidées, et sa collection passait pour l'une des plus belles au Canada. Il a épousé Mary Bethune en 1849, et ils ont eu huit enfants. L'acteur Christopher Plummer est l'un des nombreux descendants de John Abbott.


Source : Les premiers ministres du Canada, 1867-1994 : biographies et anecdotes, [Ottawa], Archives nationales du Canada, [1994], 40 p.

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