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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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Sir John Sparrow David Thompson.

Biographie

1845-1894

Il nous tarde d'atteindre cet objectif, qui est l'un de ceux qui doivent être réalisés par le gouvernement du Canada, parce que le Parti conservateur croit que les femmes ont toujours une bonne influence sur la politique canadienne. Je pense donc que le droit de vote sera probablement accordé aux femmes qui payent le cens comme les hommes. -  John Thompson, septembre 1893, au sujet du droit de vote des femmes.

La volonté que Johnson [sic-i.e. Thompson] avait de défendre les droits des femmes n'était qu'une des manifestations de sa passion pour la justice, qui a influé non seulement sur ses idéaux mais également sur ses actes. Si le quatrième Premier ministre du Canada a, depuis, sombré dans l'oubli, c'est à cause de la regrettable brièveté de son mandat.

John Sparrow David Thompson est né à Halifax en 1845. Comme son père, il a été sténographe lors de procès et de débats de l'Assemblée provinciale. Il a fait un stage chez un avocat de Halifax et a été reçu au barreau en 1865. Bien que peu enclin, au début, à se lancer en politique, Thompson est passé du poste de conseiller municipal, en 1871, à celui de procureur général provincial, en 1878, puis il est devenu premier ministre de la Nouvelle-Écosse en 1882. Après la défaite des Conservateurs cette année-là, il a abandonné la politique et a été nommé à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse.

Trois ans plus tard, alors que le premier ministre John A. Macdonald se cherchait un nouveau ministre, le jeune juge néo-écossais lui a été recommandé. Thompson a fini par se laisser persuader de devenir ministre de la Justice et de se présenter à l'élection fédérale partielle dans la circonscription d'Antigonish (Nouvelle-Écosse). Il s'est révélé extrêmement compétent et consciencieux, et il a acquis une réputation d'honnête homme. À titre de ministre de la Justice, il a représenté le Canada lors de négociations avec la Grande-Bretagne et les États-Unis concernant les droits de pêche et le droit d'auteur.

Vers la fin de sa vie, sir John A. Macdonald a de plus en plus compté sur Thompson pour la conduite des affaires gouvernementales. Beaucoup considéraient celui-ci comme le successeur logique de Macdonald lorsque ce dernier est décédé en 1891, mais Thompson a refusé ce poste sous prétexte que son catholicisme serait inacceptable pour le parti. Tandis que le sénateur John Abbott remplissait les fonctions de premier ministre, Thompson a représenté le gouvernement à la Chambre des communes. Il a mené l'enquête sur le scandale Langevin, dans lequel un de ses collègues du Cabinet était impliqué. En même temps, Thompson a entrepris la tâche énorme qui consistait à réviser le Code criminel du Canada et à le faire adopter par la Chambre.

Il était tellement clair que Thompson était un chef compétent que personne ne s'est objecté à ce qu'il succède à Abbott lorsque celui-ci a démissionné en novembre 1892. Au cours des deux années suivantes, Thompson a pris part à des négociations avec les États-Unis pour aplanir un différend concernant la chasse aux phoques sur la mer de Béring et il a réglé la question des écoles dans les Territoires du Nord-Ouest.

Thompson puisait beaucoup de force dans sa vie familiale, en particulier dans sa relation avec sa femme, Annie. Ils s'étaient mariés en 1870, après être venus à bout de la résistance des parents d'Annie, qui étaient catholiques. Thompson était méthodiste depuis sa naissance, mais il s'est converti au catholicisme quelques mois après son mariage. Lorsqu'ils étaient séparés, John et Annie s'écrivaient tous les jours, et il est clair que Thompson comptait sur l'appui et les conseils de sa femme. Ils s'aimaient passionnément et ont continué à correspondre en sténo après leur mariage, et ce, pour camoufler les passages tendres de leurs lettres.

Les Thompson étaient des amis intimes du gouverneur général, lord Aberdeen, et de sa femme. Lorsque lady Aberdeen a créé le Conseil national des femmes en 1894, Thompson l'a appuyée sans réserve et il a prononcé un discours lors de la séance inaugurale de cette organisation. Son attitude envers les femmes était révélatrice de sa largeur d'esprit.

Peut-être que les Canadiennes auraient obtenu le droit de vote beaucoup plus tôt si Thompson était resté premier ministre plus longtemps. En décembre 1894, alors qu'il se trouvait au château de Windsor, en Grande-Bretagne, il est mort d'une crise cardiaque. Le choc de ce décès soudain a été ressenti des deux côtés de l'Atlantique. La reine Victoria tenait à ce que Thompson soit ramené au Canada avec tout l'apparat qu'il méritait. Par respect pour le catholicisme de Thompson, elle a fait dire une messe de requiem à Windsor. Le navire de guerre HMS Bleinheim, peint en noir, a transporté le corps de Thompson jusqu'à Halifax, où il a été enterré.

Lorsque le Bleinheim est arrivé à Halifax, un jeune artiste, Frederick Bell-Smith, a fait des esquisses représentant ce navire à son arrivée et les funérailles de Thompson. Sir Charles Tupper a encouragé Bell-Smith à perpétuer le souvenir de la messe que la reine avait fait célébrer en l'honneur de Thompson; cet artiste s'est donc rendu en Grande-Bretagne plus tard au cours de l'année. Il a alors obtenu une audience avec la reine pour esquisser son portrait. Bell-Smith a exécuté trois grands tableaux portant sur le décès de Thompson. L'un deux a été détruit lors de l'incendie de la Chambre des communes en 1916; les Archives nationales du Canada en possèdent un; et on croit que des descendants de l'artiste auraient le troisième tableau en leur possession.


Source : Les premiers ministres du Canada, 1867-1994 : biographies et anecdotes, [Ottawa], Archives nationales du Canada, [1994], 40 p.

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