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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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John George Diefenbaker.

Biographie

1895-1979

Je suis le premier Premier ministre de ce pays qui n'est ni d'origine anglaise ni d'origine française. Je suis donc déterminé à faire émerger une citoyenneté canadienne universelle... Je suis très heureux de pouvoir dire qu'il y a aujourd'hui à la Chambre des communes, dans mon parti, des députés d'origine italienne, hollandaise, allemande, scandinave, chinoise et ukrainienne, mais que ce sont tous avant tout des Canadiens.  --  John Diefenbaker, le 29 mars 1958.

Alors que les premiers ministres qui l'avaient précédé s'étaient préoccupés de réconcilier les cultures anglaise et française au Canada, John Diefenbaker, lui, aspirait à une identité canadienne englobant les autres cultures. Il s'intéressa même aux droits des Autochtones du Canada, qui étaient aussi exclus de la notion des « deux peuples fondateurs ». Ainsi, sous le règne de Diefenbaker, les Autochtones du Canada purent voter au fédéral pour la première fois, et James Gladstone, membre de la tribu Blood, devint le premier Autochtone nommé au Sénat.

La carrière politique de Diefenbaker constitue un modèle de détermination et de ténacité. En effet, ni l'échec ni l'opposition ne l'empêchèrent de poursuivre son but. John George Diefenbaker naît à Neustadt (Ontario), en 1895. Ses parents sont d'origine allemande et écossaise. En 1903, sa famille s'installe à Fort Carlton, au nord de Saskatoon. Maître d'école, le père de John incite ses fils à lire. Dès son jeune âge, après avoir lu un livre sur Wifrid Laurier, John Diefenbaker décide qu'il veut lui aussi diriger le Canada plus tard.

Diefenbaker fréquente l'Université de la Saskatchewan, qui lui décerne un baccalauréat ès arts, en 1915, puis une maîtrise en sciences politiques et économie, en 1916. Il s'enrôle, également en 1916, et sert quelque temps en Grande-Bretagne pour être rapatrié en 1917.

Il retourne ensuite à l'université et obtient une licence en droit en 1919. Il ouvre un cabinet à Wakaw, près de Prince Albert. Diefenbaker acquiert rapidement une grande réputation en tant que criminaliste. Pendant ses vingt ans de carrière, il permet à dix-huit hommes d'échapper à la peine de mort.

Diefenbaker n'a cependant pas renoncé à ses ambitions politiques. Ses premières tentatives pour se faire élire échouent à tous les niveaux : comme candidat à un poste de député fédéral en 1925 et en 1926; comme député dans sa province en 1929 et en 1938; comme candidat au poste de maire de Prince Albert en 1933. Il est élu chef du Parti conservateur de la Saskatchewan en 1936, mais son parti ne remporte aucun siège aux élections de 1938. Il finit par se faire élire à Ottawa, en 1940, mais son parti est dans l'opposition.

Les Conservateurs restent dans l'opposition sous King et Saint-Laurent. C'est à cette époque que Diefenbaker commence sa campagne de défense du Canadien moyen et des minorités ethniques. En 1942, il dénonce le comportement du gouvernement à l'égard des Canadiens d'origine japonaise. Il lui arrive même de s'opposer à son propre parti. Ainsi, il bloque une campagne des Conservateurs visant à rendre le Parti communiste hors la loi.

Diefenbaker accède à la direction de son parti en 1956, après l'avoir vainement convoitée en 1942 et en 1948. Chef de l'opposition, il harcèle les Libéraux pendant toute la durée du débat sur le pipeline et réussit à les discréditer aux yeux de l'électorat. Aux élections de 1957, les Canadiens peuvent constater pour la première fois que Diefenbaker peut mener une campagne remarquable. Le style flamboyant et théâtral de Diefenbaker amuse les Canadiens, et ses appels aux agriculteurs, aux commerçants et aux travailleurs d'usines lui attirent des sympathies et des votes. Il devient « Dief, the Chief » (Dief le chef).

Les Conservateurs forment un gouvernement minoritaire en 1957, et ils sont réélus l'année suivante avec un nombre de sièges sans précédent. Toutefois, les politiques de Diefenbaker sont radicales et souvent en contradiction avec les valeurs traditionnelles des Conservateurs. De plus, ce parti n'a pas été au pouvoir depuis vingt-deux ans, ce qui ne lui facilite pas la tâche. Diefenbaker fait néanmoins adopter des lois qui améliorent les programmes sociaux. C'est le cas, par exemple, de la Loi sur la remise en valeur et l'aménagement des terres agricoles qui vient en aide à beaucoup d'agriculteurs partout au Canada. Diefenbaker trouve aussi un nouveau marché pour le blé : la Chine. Il lance, également, des projets de relance dans les Maritimes. Il nomme pour la première fois une femme au Cabinet fédéral, Ellen Fairclough.

Il se fait le champion des droits de la personne à l'extérieur du Canada en se prononçant pour l'indépendance d'un grand nombre de pays du Commonwealth non blancs. La déclaration anti-apartheid qu'il fait en 1961 contribue au retrait de l'Afrique du Sud du Commonwealth. Diefenbaker indispose les Américains en refusant de les appuyer dans leur lutte contre Cuba.

Toutefois, le chômage, la dévaluation du dollar et l'abandon du projet Avro Arrow nuisent à la popularité des Conservateurs, si bien qu'en 1962, ils ne forment plus qu'un gouvernement minoritaire et qu'ils sont défaits l'année suivante par les Libéraux. Les politiques radicales de Diefenbaker finissent par lui aliéner la confiance de son parti. En 1967, un congrès pour le choix d'un chef est convoqué : Diefenbaker est vaincu par Robert Stanfield. Il continue néanmoins à représenter sa circonscription aux Communes. Il remporte sa dernière élection en 1979, soit trois mois avant sa mort, le 16 août.

Fervent admirateur de John A. Macdonald, Diefenbaker désirait des funérailles d'État aussi grandioses que celles qui avaient été faites au premier Premier ministre du Canada. Un train mortuaire spécial ramena la dépouille du « chef » à Saskatoon, où il fut inhumé.


Source : Les premiers ministres du Canada, 1867-1994 : biographies et anecdotes, [Ottawa], Archives nationales du Canada, [1994], 40 p.

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