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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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Notes pour un discours d'un brunch du Parti progressiste-conservateur, Montréal, le 22 août 1993


Quelques-uns d'entre vous espéraient sans doute que je parlerais aujourd'hui des dernières théories économiques de Lucien Bouchard. Mais j'ai décidé de le laisser tranquille pour le moment: c'est un homme, après tout. Je sais que les Québécois ne veulent pas revivre les vieilles batailles; ils préfèrent se tourner vers l'avenir. Et il n'y a aucun doute dans mon esprit que, lors de la prochaine élection, les Canadiens soutiendront l'équipe qui se pose en championne du renouveau, l'équipe de l'avenir.

Depuis le 25 juin, j'ai rencontré personnellement des milliers de Canadiens  --  chez eux, dans leur communauté, dans chaque province du pays. De ma propre province, la Colombie-Britannique, jusqu'à Terre-Neuve, j'ai ressenti le désir profond des Canadiens de tous âges de s'impliquer, de prendre part à notre vie en tant que nation, d'assumer le contrôle de leur propre existence. Et il est clair qu'un lien solide unit toujours notre parti aux Québécois.

De toute leur histoire, les Québécois ont rarement été mieux représentés qu'actuellement  --  ils se retrouvent aux plus hauts échelons du gouvernement fédéral. Il me fait plaisir de les féliciter de votre part pour l'excellent travail qu'ils font déjà : Jean Charest, vice-premier ministre, ministre de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie, ministre de la Consommation et des Affaires commerciales, et ministre responsable du Bureau fédéral de développement régional pour le Québec; Monique Landry, ministre désignée du Patrimoine canadien, secrétaire d'État et ministre des Communications, et ministre politique pour le Québec; Gilles Loiselle, ministre des Finances; Pierre Blais, ministre de la Justice, procureur général du Canada et président du Conseil privé; Jean Corbeil, ministre des Transports; Pierre H. Vincent, ministre de l'Environnement; et Gerry Weiner, ministre de la Citoyenneté et du Multiculturalisme. Tous ces ministres sont secondés par une équipe de parlementaires dynamiques et dévoués, qui après cette fin de semaine seront plus déterminés que jamais à représenter les intérêts et aspirations de leurs concitoyens.

Durant cette fin de semaine, j'ai aussi rencontré la nouvelle équipe des candidats qui représenteront le parti au Québec lors de la prochaine élection. Et j'ai de mauvaises nouvelles pour nos adversaires, mais de bonnes nouvelles pour les Québécois : tous nos candidats feront d'excellents députés. L'ambition de ces hommes et femmes est d'améliorer la fédération canadienne  --  et non de la paralyser, comme certains se proposent de le faire. Ils veulent contribuer à la prospérité et à la sécurité des Québécois  --  et non la mettre en péril. Suggérer que les Québécois renoncent volontairement à la chance d'exercer pleinement leur influence au sein du gouvernement fédéral revient à trahir le rôle historique que le Québec a toujours joué dans la Confédération, et à mettre en doute la légitimité de leur fierté et de leurs ambitions.

Les candidats progressistes-conservateurs du Québec veulent exercer un pouvoir réel à Ottawa, et non simplement se contenter d'un rôle secondaire. Ainsi, seule une représentation québécoise forte et unie nous permettra de travailler efficacement au redressement économique de Montréal. Nous en avons discuté longuement lors de l'atelier d'hier sur le développement régional, et tous nos députés se sont très fermement engagés à trouver des solutions réalistes à ce problème qui affecte toute l'économie du Québec.

Pour ma part, je suis vraiment très inquiète de la position dans laquelle se retrouvent chaque jour des milliers d'hommes et femmes d'ici, faute de pouvoir réaliser leur plein potentiel. Pour moi, le chômage et la pauvreté dans le Grand Montréal ne sont pas d'abord un problème de structure, de conception ou de statistiques. C'est avant tout une situation profondément humaine.

Depuis plus de 20 ans, vos gouvernements fédéral et provincial ont fait des efforts considérables, recourant à diverses approches dans l'espoir de stimuler l'économie de Montréal. Plusieurs de ces mesures ont eu des résultats très prometteurs ces dernières années. Je pense en particulier aux industries avioniques et pharmaceutiques, dont la croissance phénoménale est le résultat direct d'initiatives prises par notre gouvernement, en collaboration avec le gouvernement du Québec. Mais plusieurs tentatives antérieures avaient connu beaucoup moins de succès et nous avaient coûté très cher  --  en ressources gaspillées, évidemment, mais surtout en espoirs déçus.

Ces dernières années, les différents paliers du gouvernement, en collaboration avec de nombreuses institutions et agences concernées par le développement de Montréal, ont préparé toute une gamme de plans d'actions basés sur leur compréhension de la racine du problème. Les expériences passées nous ont déjà permis de tirer quelques conclusions qui devraient guider nos actions futures. Ainsi, nous savons que des injections massives de fonds publics ne sont ni possibles ni désirables. Et en toute modestie, nous devons admettre que les gouvernements ne sont pas toujours les mieux placés pour diagnostiquer les malaises économiques et prescrire le traitement adéquat.

Le gouvernement ne peut ni ne doit remplacer l'initiative privée. Trop souvent, les gouvernements ont agi isolément, se croyant capables de créer une quelconque formule magique dont ils détiendraient le brevet exclusif. Mais cela a toujours résulté en un gaspillage d'énergie, un chevauchement de structures et un gaspillage des fonds publics. Seule une action concertée et soutenue de tous les gouvernements et de toutes les personnes concernées peut produire des effets qui se feront sentir à moyen et à long terme. Une telle action doit aussi tenir compte de tous les facteurs susceptibles d'augmenter notre avantage compétitif, incluant par-dessus tout le facteur humain.

Par exemple, le 3 août dernier, le premier ministre Bourassa et moi avons conclu un accord de principe sur la formation au travail qui s'accorde avec l'objectif de base de mon gouvernement, mieux servir les Canadiens par une utilisation plus judicieuse de nos ressources. Le premier ministre McKenna et moi avons aussi convenu qu'un accord similaire pourrait être conclu avec le Nouveau-Brunswick. En ce qui me concerne, la rationalisation de la formation professionnelle n'est ni une obsession politique ni une forme de monnaie utilisée entre les gouvernements. C'est surtout la solution logique à un problème humain très réel. En faisant un meilleur usage des ressources consacrées à la formation, nous ferons renaître l'espoir chez les Canadiens qui veulent simplement vivre dans la dignité.

Mais il serait naïf de s'imaginer que nous avons réglé tous nos problèmes de sécurité du revenu simplement en clarifiant le rôle des gouvernements fédéral et provincial dans le domaine de la formation professionnelle. Nous devons définir et appliquer une politique meilleure, plus cohérente et plus efficace sur la sécurité du revenu. Nous ne pouvons plus nous permettre de fermer les yeux sur des anomalies et des anachronismes qui, en fin de compte, pénalisent les bénéficiaires de nos programmes.

Les gouvernements consacrent des ressources considérables aux programmes sociaux. Et il est vrai que pendant bien des années, nous avons joui de l'un des meilleurs systèmes de services sociaux au monde. Et pourtant, nous sommes toujours incapables de satisfaire les besoins de dizaines de milliers de familles canadiennes.

Voici une autre absurdité : malgré notre niveau élevé de chômage, 300 000 emplois restent inoccupés, en grande partie parce que beaucoup de nos sans-emploi n'ont pas reçu la formation rendue nécessaire aujourd'hui par les progrès technologiques. Ici même, à Montréal, il y a plus de chômeurs que dans toutes les Maritimes réunies. Et malheureusement, dans bien des cas, les Montréalais sont des sans-emploi chroniques parce qu'ils n'ont pas eu la chance d'être formés pour les emplois disponibles. En tant que citoyens canadiens, nous bénéficions d'un système de programmes sociaux sans pareil. Mais il est clair que notre système a laissé tomber beaucoup de gens  --  parce qu'il n'a pas soutenu adéquatement leurs efforts pour acquérir leur autonomie et contribuer à leur société au mieux de leurs capacités.

Le monde a subi de profonds changements depuis la création de nos programmes. Les besoins des gens ont changé radicalement, ici au Canada. Ainsi, trois tendances majeures ont transformé la structure de nos familles : une augmentation du nombre de familles monoparentales; une participation accrue des femmes à la main-d'ï¿œuvre; et des familles plus petites. Un nombre croissant de Canadiens doivent trouver le moyen d'équilibrer les exigences de leur travail et la nécessité de prendre soin de leurs enfants ou des membres de leur famille malades ou trop fragiles pour prendre soin d'eux-mêmes. Nos programmes n'ont tout simplement pas évolué au rythme de ces changements sociaux. Et, trop souvent, ils ne sont tout simplement pas aussi efficaces qu'ils le devraient.

Notre façon de nous attaquer à ce problème définira le type de société que nous sommes et que nous voulons devenir. Le système actuel a clairement besoin d'être renforcé et modernisé. Nous devons améliorer ces programmes de sécurité du revenu qui ont si bien servi les Canadiens depuis les années 1960, et nous assurer que nous pourrons relever les défis de la nouvelle décennie.

Les Canadiens savent à quoi ils peuvent s'attendre de la part de nos programmes de soutien du revenu : ils devraient aider les gens à préparer leur avenir, et non seulement subvenir à leurs besoins immédiats. L'homme de l'est de Montréal qui a travaillé toute sa vie sur la chaîne de production ne devrait pas être forcé de demander la charité quand l'usine ferme ses portes. Il devrait avoir la chance de recevoir une nouvelle formation ou de créer sa propre entreprise. Il devrait avoir toutes les chances de continuer à apporter sa contribution à la communauté qu'il a sans doute aidée à bâtir toute sa vie durant.

Pour trop de gens, le fait de travailler entraîne une diminution du revenu. Pour les assistés sociaux, la perte des soins dentaires, des médicaments sur ordonnance gratuits et des subsides pour le logement peut leur coûter beaucoup plus cher que ce que le travail leur rapporterait. Nous connaissons tous de tels cas. La mère de deux enfants, prestataire du bien-être social, qui reste simplement à la maison et ne fait rien. Pour certains, elle se fait entretenir par l'État. Mais prenons-nous parfois le temps d'y regarder de plus près? Si elle essaie de travailler, souvent pour un petit salaire, ou dans un emploi à temps partiel, elle perd ses prestations. Et elle peut perdre toute chance d'être admise à un programme de formation. Le fait de travailler, et ce souvent au salaire minimum, lui coûterait donc de l'argent.

C'est aujourd'hui que cela arrive. Ici-même, à Montréal, bien trop souvent. Ce que nous devons faire, c'est récompenser  --  et non pénaliser  --  l'effort et l'initiative. Toute tentative sérieuse de réforme de notre nouveau système de sécurité du revenu doit être un effort national. Il doit impliquer tous les paliers du gouvernement, des affaires, du travail, des organisations volontaires, des bénéficiaires de nos programmes et des professionnels qui les servent. Mais il doit tout particulièrement impliquer chaque Canadien.

Tous autant que nous sommes, que nous travaillions dans le secteur public ou dans le secteur privé, que nous soyions impliqués dans l'éducation, les mouvements syndicaux ou l'action communautaire, nous devons tous ensemble réfléchir sérieusement à la question de la sécurité du revenu. Les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et les citoyens doivent unir leurs forces pour s'assurer que la réforme sera complète et généreuse, qu'elle répondra aux besoins et aux exigences d'aujourd'hui et, autant que possible, anticipera les besoins futurs.

C'est justement parce que je suis convaincue de l'absolue nécessité d'unir nos efforts et de me rendre compte parfaitement qu'une action urgente est essentielle, que le gouvernement fédéral ne s'attaquera pas de façon unilatérale à la révision complète des programmes de sécurité du revenu. Toutefois, j'ai l'intention de donner bientôt des précisions sur la façon dont nous pourrions envisager la réforme de la sécurité du revenu. Je crois qu'il faut maintenant engager un dialogue national sérieux sur cette question. La structure du nouveau ministère du Développement des ressources humaines a été conçue pour encourager ce genre d'initiative et appliquer les idées et recommandations qui en résulteraient. Après tout, quelle autorité ou crédibilité morale aurait un gouvernement qui prétendrait vouloir revitaliser l'économie nationale et réformer notre système social, mais serait dans l'incapacité de se gouverner de manière rationnelle et efficace? Aucune, selon moi.

C'est pourquoi, le jour même ou j'ai été assermentée comme premier ministre du Canada, j'ai annoncé la plus vaste réforme jamais entreprise de la structure de notre gouvernement fédéral. Entre autres, nous avons ramené le Cabinet à un effectif plus raisonnable, ce qui facilitera la prise de décision. Nous avons aussi organisé les ministères en fonction des soucis immédiats des Canadiens : emploi, santé, sécurité publique et prospérité. J'ai toujours été convaincue que les gouvernements devaient s'adapter aux besoins de la population, et non l'inverse. Ce n'est pas la responsabilité de la population d'essayer de comprendre comment le gouvernement fonctionne. Le gouvernement a le devoir de servir le public de façon aussi efficace, simple et directe que possible.

Il y a environ deux semaines, à Vancouver, j'ai annoncé une autre série de vastes réformes visant à renforcer le rôle des députés et simplifier le fonctionnement du gouvernement, tout en le rendant plus facile à comprendre et plus accessible pour tous les Canadiens. Par exemple, nous projetons de lever le voile du secret entourant la préparation du budget. Nous voulons aussi faire comprendre le processus des nominations au gouvernement. J'ai aussi exprimé mon intention de donner plus de détails sur les activités des membres des groupes de pression, resserrer les règles sur les conflits d'intérêts, et examiner comment les politiciens sont payés.

Je crois que, dans l'ensemble, les Canadiens respectent le travail exigeant et important accompli par leurs politiciens. Toutefois, je ne pense pas qu'ils apprécient nécessairement que leurs députés commencent à percevoir leur pension avant l'âge de 55 ans, ou qu'on leur permettre de retirer un double revenu de leurs fonctions. Ces pratiques prendront fin.

Même les meilleures réformes gouvernementales n'auraient pas plus d'effet qu'un pétard mouillé si la population ne partageait pas notre désir de changement. Notre réussite en tant que pays, le type de société que nous voulons créer, pour nous-mêmes et pour nos descendants, repose finalement dans les mains du peuple canadien. Ces dernières années, nous avons appris, entre autres choses, que les gouvernements ne peuvent par eux-mêmes assumer leurs responsabilités les plus fondamentales ni atteindre leurs objectifs les plus nobles. Par exemple, nous savons maintenant que notre unité, la pierre angulaire de la grandeur et de la prospérité du Canada, est avant tout une question empreinte d'émotion et de raison pour chaque citoyen.

Nous sommes à la veille d'une élection. En ce qui me concerne, j'ai l'intention de mener une campagne à la fois positive et directe. Je crois que nous avons assez parlé de ce qui peut diviser notre pays, ou même de ce qu'un membre de notre fédération pourrait peut-être réaliser par lui-même. Le moment est venu de nous concentrer sur ce que nous pouvons accomplir ensemble.

Par-dessus tout, ce n'est pas le moment d'essayer de paralyser les initiatives du gouvernement; il nous faut bien plutôt nous tourner vers l'avenir. Nous devons faire en sorte que les Québécois puissent, dans les années, 1990, travailler à leur sécurité sociale et culturelle tout autant qu'à leur prospérité économique. Et aujourd'hui, je demande à tous les Québécois de se joindre à moi pour soutenir cet instrument de changement et de progrès qu'est le Parti progressiste-conservateur du Canada. En particulier, je fais appel à votre merveilleux sens de la solidarité, qui vous a rendus capables de préserver et de développer sur ce continent une culture et une société uniques au monde.

Que vous veniez comme moi de Port Alberni sur la Côte Ouest ou de Port-Cartier sur les rives du Saint-Laurent, nous partageons tous le rare privilège d'être citoyens de l'un des plus grands pays au monde. Ensemble, fiers de notre passé, ouvrons toutes grandes les portes de notre avenir.


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Traduction de : Campbell, A. Kim.Notes for an address by Prime Minister Kim Campbell at a Progressive Conservative luncheon. Ottawa : Office of the Prime Minister, 1993. 5 p.


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