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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
Bannière : Alexander Mackenzie

Gouvernement libéral du Dominion, 1877


Ce fut ensuite le tour de l'hon. M. Mackenzie; quand il se leva pour s'adresser à l'audience, il reçut de nouveau un accueil cordial. Il commença : M. l'Orateur, Mesdames, Messieurs, je me sens un peu comme l'apôtre Paul quand on lui a permis de parler pour lui-même, car je crois (comme il le croyait) être enfin devant un juge intègre; et je suis certain que les paroles que je vous adresse, et qui sont destinées au peuple canadien en général, seront accueillies avec enthousiasme par la vaste majorité de la population de ce pays. Je connais fort bien les difficultés de la tâche du premier ministre de ce pays.

Le Canada est un pays difficile à gouverner

Notre pays est vaste en étendue, vaste en territoires, composé d'une grande diversité de communautés, de croyances et de races. C'est là une tâche que tout homme d'État

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pourra trouver bien difficile à accomplir: harmoniser tous ces intérêts, créer un sentiment authentique d'unité qui favorise la prospérité du pays qu'il doit gouverner. Dans les circonstances les plus favorables, tout un chacun jugerait nécessaire, dans un tel pays, de demander parfois l'indulgence, et même la tolérance de ses amis et de ses adversaires.

Le gouvernement est assailli par des critiques constantes

Mais depuis le jour où mes collègues et moi avons pris les rênes du pouvoir, nous avons fait face à un tir de barrage constant de critiques grossières et systématiques, qui semblent avoir atteint leur apogée lors des assemblées présentement tenues par les leaders conservateurs à travers le pays. (´┐ŻBravo, bravo!´┐Ż) Mais, monsieur l'Orateur, je n'en suis pas très surpris, car je me souviens très bien des événements qui se sont produits dans les premiers temps de l'histoire de ce pays.

Sir John, champion des libertés civiles et religieuses

J'ai toutefois été étonné, voilà quelques jours, d'entendre le docteur Tupper, dans son superbe panégyrique sur son chef, sir John Macdonald, appeler cet honorable monsieur le champion notoire des libertés civiles et religieuses. («Bravo, bravo!») Pourtant, monsieur l'Orateur, pour plusieurs hommes aujourd'hui âgés, l'honorable monsieur personnifiait plutôt la tyrannie  --  la somme totale de la bigoterie civile et ecclésiastique et de la domination sur une communauté. («Bravo, bravo!») Qui ne se souvient pas du temps où cet honorable monsieur était de ceux qui luttaient, non pour l'égalité religieuse dont on parlait alors, mais bien plutôt pour l'inégalité religieuse? Qui ne se souvient pas de nos premiers affrontements d'il y a quarante ans, quand nous nous efforcions d'arracher des affaires du domaine public des mains d'une certaine dénomination religieuse? Qui ne se souvient pas de ces ministres presbytériens et méthodistes qu'on a jetés en prison parce qu'ils avaient osé célébrer la cérémonie du mariage? («Bravo, bravo!») L'honorable monsieur, aujourd'hui présenté pour la première fois à la population canadienne comme le champion des libertés civiles et religieuses, était l'un des défenseurs de ce système, l'un de ceux qui se sont évertués à perpétuer dans notre pays la suprématie d'une croyance, sinon d'une race. («Bravo, bravo!») J'ai fait mes débuts durant l'agitation politique relative à ces luttes; mes premières réunions politiques ont été tenues au nom de cette cause, ridiculisée par l'un de ses principaux opposants, qui est aujourd'hui présenté comme son champion. («Bravo, bravo!»)

Premiers combats des Libéraux en faveur de l'égalité des droits

Je me souviens bien de la lutte que nous avons menée en ce temps-là pour nos droits, et comment, enfin, en décembre 1847, nous avons réussi à faire élire ce noble personnage, M. Robert Baldwin, avec une équipe de libéraux assez forte pour lui permettre de devenir premier ministre, ce qui lui a permis de régler une fois pour toutes la question de l'égalité religieuse, malgré l'opposition de sir John et de son parti. (bruyantes acclamations) Je sais que dans un pays aussi jeune que le nôtre, ces événements prennent rapidement leur place dans l'histoire, les événements publics sont vite perdus de vue; la vaste majorité de mes auditeurs d'aujourd'hui n'ont pas participé à la lutte à laquelle je fais allusion. Mais je n'en parle aujourd'hui que pour dire ceci : les libéraux de ce pays se souviendront avec gratitude  --  ceux qui n'étaient pas encore de ce monde par la lecture, et ceux qui étaient présents, pour avoir été au c´┐Żur des événements  --  que ce sont les grands leaders du Parti libéral qui, les premiers, ont accordé des droits civils et religieux inconditionnels au peuple du Canada. («Bravo, bravo!» et acclamations) Quelqu'un m'a demandé quel était le différend entre les partis en ce moment.

Organisation et conflits de partis

Il a été dit par une certaine classe de gens  --  pas très nombreuse, ni très influente  --  qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une organisation de partis au Canada, parce que tous les conflits passés entre partis ont été résolus, et que les problèmes qui nous divisaient alors ne nous divisent plus. C'est sans doute vrai jusqu'à un certain point; il est tout aussi vrai que ceux qui ont résolu tous ces problèmes au départ sont les plus susceptibles d'administrer le gouvernement en accord avec les principes de ces grandes mesures mises en place par le Parti libéral sous M. Baldwin et ses successeurs. Et il devient vraiment nécessaire que les directives de parti qui opposaient les Conservateurs et les Libéraux dans le passé subsistent, quoique je me refuse à dire qu'un parti politique quelconque ait le droit d'entretenir des conflits de parti au point de nuire à la prospérité ou aux perspectives du pays. Les conflits politiques devraient toujours être respectables, et je peux dire en toute franchise, au nom de ceux que je dirige, et aussi, je le pense, en mon nom personnel, que nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que les conflits entre partis dans lesquels nous nous sommes engagés demeurent aussi respectables et modérés que possible. Il est vrai que nous devons, à l'occasion, parler sans ménagements de la conduite de nos adversaires politiques, mais je ne suis toujours pas convaincu qu'il soit nécessaire, dans un conflit entre partis, de remettre en question les mobiles de nos adversaires politiques, de mettre en doute leur sincérité, de les ensevelir sous un torrent de grossières injures, comme l'ont fait ce monsieur bien connu, le docteur Tupper, et ses associés, M. William Macdougall et quelques autres.

M. W. Macdougall

Je dirai très peu de William Macdougall. J'évoquerai peut-être certaines de ses déclarations, non parce qu'elles sont dignes d'attention, mais parce que sir John Macdonald se porte garant de lui comme de l'un de ses amis vraiment honnêtes  --  quelqu'un qui jouit au même titre que son chef de l'affection du Parti conservateur et qui doit donc être considéré comme une autorité par ce parti. À vrai dire, l'opinion de M. Macdougall ne m'intéresse guère, car je ne me souviens pas d'avoir jamais fait quoi que ce soit pour gagner son approbation. («Bravo, bravo!» et rires) Je me propose aujourd'hui de consacrer les courts instants mis à ma disposition, non à répondre à toutes les accusations qu'ont lancé mes adversaires lors des dernières réunions dans cette ville, ni à celles lancées par ces mêmes messieurs à d'autres réunions; non, je vais plutôt me concentrer sur quelques points particuliers. Comme je dois participer à cinq ou six autres réunions au cours des prochains dix jours, je consacrerai durant chacune d'elles une partie de mon temps à

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commenter des déclarations qu'il me serait impossible d'exposer en détail en une seule réunion. Tout d'abord, je dirai du docteur Tupper ce que j'ai entendu dire par un bon vieux méthodiste, à propos d'un sermon qu'il avait eu la chance d'entendre prononcer plusieurs fois par un certain prédicateur: «Béni soit le Seigneur, c'est la seizième fois que je l'entends et il semble que ce soit toujours le même vieux sermon, ni meilleur, ni pire.» (rires) Bien sûr, je ne m'oppose pas le moins du monde à une chose simplement parce qu'elle est répétée, et il va sans dire que cela m'est parfaitement égal que le docteur Tupper répète ses discours seize ou vingt fois.

Les «faits» du docteur Tupper

Il me suffit d'évoquer sa version des faits  --  bon, disons que ce sont des faits, puisque sir John Macdonald a défendu avec insistance, ici même, sur cette plate-forme de Kingston, l'opinion que tout ce qu'affirme le docteur Tupper est un fait. (rires) C'est probablement le seul homme dans tout le Dominion qui puisse s'aventurer à faire une déclaration d'une portée aussi considérable. (forts rires) Mais acceptons ce cadeau et soyons-en reconnaissants. (rires) C'est vraiment réjouissant pour nous de voir qu'après que nous ayions exercé le pouvoir pendant près de quatre ans, ces messieurs sont toujours incapables de faire une seule déclaration qui puisse prouver tout ce qu'ils ont insinué plutôt qu'affirmé à notre sujet. (acclamations)

Sir John mis au défi de prouver ses allégations devant le Parlement

L'an dernier, en m'adressant aux électeurs de mon comté, j'ai dit que je mettrais sir John Macdonald au défi, sur le parquet du Parlement, de prouver ses allégations à mon sujet. Je n'ai pas perdu de temps à remplir cette promesse, car j'ai répété mon offre dès le premier jour de la session. (acclamations) J'ai relancé le défi à trois reprises, mais jusqu'à maintenant, il ne l'a pas relevé. («Bravo, bravo!» et acclamations) Toute la session s'est écoulée sans qu'il essaie une seule fois de prouver ses déclarations. Je lui ai offert un comité et tout ce dont il pouvait avoir besoin pour la mise sous serment et l'interrogatoire de témoins, mais l'offre n'a jamais été acceptée; et maintenant, les même calomnies sont colportées de comté en comté comme si elles avaient été établies sous la foi du serment. Le docteur Tupper les présente comme des faits, et sir John se porte garant de leur exactitude. Je suppose que je ne peux que relancer mon défi à ces messieurs, afin qu'ils viennent les répéter sur le parquet du Parlement. («Bravo, bravo!»  --  Une voix : «Il ne le fera pas.») Je ne le crois pas non plus, mais peut-être pourrai-je alléger ses scrupules de conscience en présentant moi-même l'affaire.

L'état dans lequel les Conservateurs ont laissé le pays lors de leur départ en 1873

Laissez-moi vous parler un moment de l'état dans lequel ces messieurs ont laissé le pays. Sir John dit que nous lui avons succédé après sa démission, en 1873, et il a démissionné, selon lui, parce qu'il doutait de disposer d'une majorité suffisante pour diriger le pays avec succès. Sir John a simplement démissionné au dernier moment, lorsqu'il s'est rendu compte qu'au moment du vote, il aurait été défait par une Chambre qu'il avait lui-même choisie, puisque plusieurs des hommes élus avec son soutien lui avaient retiré leur confiance et l'auraient démis de ses fonctions s'ils avaient découvert de quoi il s'était rendu coupable. Il n'avait pas le courage moral de faire face à un vote, et maintenant il proclame dans tout le pays qu'on l'a si mal traité qu'il a été obligé de démissionner.

La crise de 1873 et l'argent de sir Hugh Allan

J'ai trouvé fort amusante la façon dont l'honorable monsieur et ses collègues parlent des événements de 1873 et des circonstances prouvées par leurs propres déclarations sous serment, concernant les pots-de-vin versés aux électeurs lors de l'élection de 1872, et la réception de 360 000 $ versés par sir Hugh Allan dans le but avoué d'acheter l'électorat de notre pays. Et pourtant, monsieur l'Orateur, le docteur Tupper parle calmement de tout cela comme d'une déformation des faits, une simple méprise, et sir John maintient qu'il a été défait parce qu'on a fait circuler de viles calomnies qui ont sali sa réputation d'honnête homme. Il semble donc que nous serons obligés de recourir à une autre Commission royale d'enquête pour déterminer si les preuves obtenues sous serment par le gouvernement même de sir John sont valables ou non. Il semble que c'était une erreur de supposer que sir Hugh Allan ait ouvert ses goussets dans le but de corrompre les électeurs.

La «généreuse souscription» de Sir Hugh

Il est vrai que le docteur Tupper a déclaré dans un discours que sir Hugh Allan avait offert une généreuse souscription à la caisse électorale, et que sir John l'avait reçue dans le même esprit. C'est leur façon de présenter cette affaire. Je ne saurais dire un seul mot irrespectueux au sujet de sir Hugh Allan, mais je crois que s'il existe au Canada un homme qui, plus que n'importe qui, a le sens des affaires, c'est bien sir Hugh Allan. C'est un commerçant prospère, qui a fait beaucoup de bien au Canada en organisant une excellente flotte de navires marchands, et je lui souhaite le plus grand succès en cela et dans ses autres entreprises. Mais j'ose espérer sincèrement qu'il ne se mêlera pas de politique  --  ou à tout le moins, j'espère que lui et sir John ne se mêleront pas de politique ensemble. («Bravo, bravo!» et rires) C'est un Écossais, un homme d'affaires habile, doté de plusieurs des caractéristiques généralement attribuées à ses compatriotes. Vous avez tous entendu la vieille blague que le docteur Johnson racontait à propos des Écossais  --  que le farthing avait été inventé pour leur permettre de faire la charité. (rires) Personnellement, je n'y crois pas (rires), mais je suis convaincu que s'il y a au Canada un Écossais qui connaît la valeur du farthing mieux que quiconque, c'est bien sir Hugh Allan; et je ne pense pas que ce soit son genre, dans les circonstances, de donner à sir John et à ses collègues une somme de près de 200 000 $, et de jeter par la fenêtre  --  pour reprendre une expression bien connue  --  160 000 $ de plus, simplement pour assurer le succès du Parti conservateur, comme dit le docteur Tupper. («Bravo!») Ce monsieur appelle ça une généreuse souscription et demande : «Monsieur Cameron, monsieur Cook et d'autres libéraux n'ont-ils pas eux aussi dépensé de gros montants durant leur propre campagne?» Peut-être bien; mais ils n'ont pas dépensé l'argent de sir Hugh Allan; ils n'ont reçu d'argent d'aucun entrepreneur public qui ait par la suite obtenu un contrat

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pour avoir contribué à la caisse électorale. Nous avons même le témoignage sous serment de sir Hugh Allan, qui a déclaré qu'il n'avait aucune préférence pour l'un ou l'autre des partis politiques cherchant à diriger le pays; mais comme il pensait que sir John Macdonald et sir George Cartier étaient ceux avec qui il devrait traiter, il les avait courtisés assidûment et fait une souscription rondelette à leur caisse électorale. Et maintenant, nous apprenons que tout cela était une erreur, et que sir John Macdonald a perdu son poste à cause de viles calomnies. J'entends quelqu'un dire dans l'audience que c'est une vieille histoire. Je ne suis pas de cet avis. («Bravo, bravo!») Ce ne sera jamais une vieille histoire, tant que le Canada aura une histoire; et ce sera un bien triste jour pour le pays si jamais elle tombe dans l'oubli.

Le «Scandale du Pacifique» : nous en parlons parce que les Conservateurs veulent maintenant le justifier

Je n'y attache aucune importance en tant qu'argument électoral; je ne comptais même pas en parler, mais ces hommes, après avoir commis ce grand délit public, essaient maintenant de le justifier. S'ils ne veulent pas se taire, si ce crime politique choquant doit être ramené à la une par les mêmes hommes qui l'ont commis, nous sommes tout prêts à déterrer ce secret honteux et à réexaminer les faits. («Bravo, bravo!») L'honorable monsieur semble penser que puisque l'administration actuelle a du mal à lutter contre ce qui saperait l'énergie de tout gouvernement - -  ces difficultés qui sont l'héritage de nos prédécesseurs, et qu'il a été impossible de résoudre complètement  - - il est juste et honnête de sa part d'utiliser toutes les armes offensives auxquelles il a eu recours pour discréditer notre administration du pays.

Difficultés rencontrées par le gouvernement libéral

Quand nous avons pris le pouvoir, un nuage sinistre planait sur le pays, un nuage qui ternissait la bonne réputation du Canada aux yeux de toute nation civilisée, un nuage considéré par les peuples d'Angleterre et des États-Unis comme caractéristique du peuple du Canada. Il incombait à la nouvelle administration de dissiper ce nuage, de convaincre les peuples américain et européens que tous les hommes publics du Canada n'avaient pas les mêmes mobiles sordides et corrompus qui ont mené à la perpétration de ce terrible crime. (acclamations)

La prospérité de Sir John!

Nous étions aux prises avec d'autres difficultés à ce moment-là. L'honorable monsieur affirme, dans l'un de ses récents discours, que sous sa domination, la paix, la prospérité et la loyauté régnaient dans tout le Dominion. Pourtant, monsieur l'Orateur, quand nous sommes entrés en fonction, nous faisions face à une rébellion à peine réprimée à la rivière Rouge; nous étions à la poursuite d'hommes que l'opinion publique unanime du Canada avait condamnés comme assassins, et auxquels Sir John Macdonald avait donné 4 000 $ de fonds publics pour faciliter leur fuite. Ensuite, il s'est attaqué à M. Blake et à moi-même parce que nous avions offert une récompense pour leur arrestation dans la législature de l'Ontario, affirmant que c'était notre faute si Riel s'était enfui, et «priant Dieu de pouvoir le capturer». (»Bravo, bravo!» et rires) Je ne suis pas tellement surpris que la population du Nord-Ouest se soit soulevée après le traitement qu'elle a reçu. Qu'est-ce que le «champion des libertés civiles et religieuses» a fait dans ce cas précis?

Origine des problèmes du Nord-Ouest

Il a envoyé M. William Macdougall avec un cabinet tout constitué pour prendre possession du territoire, comme des conquérants, sans demander l'opinion de la population quant au mode ou à la nature de l'autorité sous laquelle ils allaient être placés. La population, tout naturellement, s'est objectée à être représentée par ce cabinet imposé; et même si M. Macdougall est arrivé en vue de la région, il n'a jamais pu y mettre les pieds. Les mesures prises par le gouvernement du temps, comme le dit M. Macdougall dans son célèbre pamphlet, ont montré de quoi ils étaient capables pour punir ceux qui s'opposaient à leur ligne de conduite. Nous avons appris l'autre jour que sir John Macdonald «s'était mis en quatre pour attirer les Territoires du Nord-Ouest.»

L'opinion de M. Macdougall sur ses collègues

M. Macdougall faisait partie du gouvernement de sir John; il devrait donc être bien informé. Il déclare dans son pamphlet:

Je ne trahis aucun secret de la salle du Conseil quand j'affirme qu'en septembre 1868, à l'exception de M. Tilley et moi-même, tous les membres du gouvernement étaient indifférents ou hostiles à l'acquisition des Territoires du Nord-Ouest. Quand ils se sont rendus compte qu'une crise ministérielle relative au tracé du Chemin de fer intercolonial ne pouvait être évitée que par une entente (et une action) immédiates pour assurer le transfert de ces territoires au Dominion, ils se sont trouvés prêts à agir. Le jour même où sir John A. Macdonald et M. Campbell ont abandonné les intérêts de l'Ontario au Québec et à M. Mitchell, et jeté huit millions de dollars à la mer, j'ai présenté une proposition pour envoyer en Angleterre des représentants disposant des pleins pouvoirs pour négocier l'achat d'un tiers du continent américain à titre de compensation.

Ainsi donc, M. Macdougall nous donne la preuve que ces gens étaient en fait opposés à cette action; nous avons aussi son propre témoignage à l'effet que le gouvernement ne l'a envoyé là-bas que pour se débarrasser de lui. Il écrit : «Quant aux faits eux-mêmes  --  malgré vos intrigues déloyales et les «politiques de clocher» de vos alliés de l'Est; malgré les complots des Jésuites dans le Nord-Ouest et la connivence et l'imbécillité ministérielles de la capitale;» et ainsi de suite. Je vous présente ces faits pour vous montrer que le pays, loin d'être en paix, vivait en état d'agitation; que ces hommes, bien loin de mériter l'étiquette de «super-loyaux», ont plongé le pays, non seulement dans des difficultés financières, mais aussi dans les difficultés politiques les plus graves qu'on puisse imaginer; que plutôt que de chercher à ouvrir le Nord-Ouest, ils s'y sont opposés. Lorsque nous sommes entrés en fonction, nous avons trouvé ces graves problèmes non résolus. Nous avons été obligés de maintenir un régiment au Manitoba pour garder la paix dans la population. L'Est ressentait un fort mécontentement. On voyait apparaître partout les indices d'une guerre de races et d'intérêts. Et

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non seulement devions-nous nous occuper de ces problèmes difficiles, mais nous devions aussi punir les coupables et le faire de telle sorte que ceux qui avaient pris le parti de ces hommes du Nord-Ouest comprennent que nous ne les punissions pas dans le but de démontrer une hostilité quelconque envers l'une ou l'autre de leurs races ou de leurs croyances.

Riel et ses crimes

Vous vous souviendrez que les mauvais traitements subis par les métis du Nord-Ouest lors de l'organisation du territoire avaient créé une forte vague de sympathie parmi les Catholiques francophones du Bas-Canada. Ils pensaient que Riel était une victime, ce qui était vrai jusqu'à un certain point. Mais Riel et ses amis devaient apprendre qu'ils n'avaient pas violé la loi du territoire seulement en s'appropriant le gouvernement d'une portion quelconque du pays, mais qu'ils l'avaient aussi violée de façon illégale et criminelle, en prenant la vie de l'un des sujets de Sa Majesté.

La tache sur l'honneur du Canada doit être effacée par la nouvelle administration

Tous ces problèmes devaient être réglés par le nouveau gouvernement; et quand nous considérons qu'en plus de ces difficultés, nous étions aussi aux prises avec les conséquences du grave délit politique de ces hommes, qui influençaient notre position financière, notre immigration et plusieurs autres domaines, je crois pouvoir dire que nous avons adopté la voie la plus modérée possible pour nous adresser au reste du monde et entretenir la réputation d'équité du Canada; et notre succès a dépassé toutes nos espérances. («Bravo, bravo!») Nous n'avons jamais donné à nos opposants la moindre raison de recourir à leur conduite actuelle.

Le débat de 1873 sur le scandale du Pacifique  --  une preuve de la modération des Libéraux

Je défie quiconque de lire le discours dans lequel j'ai accusé sir John Macdonald et son gouvernement, et d'y trouver quoi que ce soit qui aurait pu être dit avec plus de sobriété et de modération. Et si c'est vrai pour mon propre discours, ce l'est tout autant des discours de chaque membre de l'opposition aux Communes. Nous étions alors convaincus de faire face à une crise grave dans l'histoire de notre pays et que, tout en agissant vigoureusement en tant que membres du parti, il était de notre devoir, compte tenu des intérêts majeurs en jeu, de nous comporter de façon aussi digne et convenable que si nous étions devant un tribunal. («Bravo, bravo!») À partir du moment de notre prise de pouvoir, je demande à quiconque d'examiner la transcription de nos discours et propositions au Parlement, et notre ligne de conduite générale en rapport avec les affaires que nos prédécesseurs ont laissé dans un état de confusion aussi consternant, et de nous dire si nous aurions pu adopter une ligne de conduite encore plus modérée.

La prétendue «attaque en traître» : les élections de 1874

Entre autres choses, je suis accusé d'avoir perpétré une attaque en traître, comme ils disent, quand j'ai recommandé au gouverneur général de dissoudre le Parlement en 1874. Y a-t-il quelqu'un, ami ou ennemi, qui s'imagine que je sois assez fou pour essayer de diriger les affaires du pays avec un Parlement élu grâce à l'argent de sir Hugh Allan et à son influence corruptrice? Il est vrai que j'avais des promesses de soutien d'une bonne majorité de ce Parlement; il est vrai que nous aurions pu tenir le coup à court terme; mais j'avais le souvenir vivace de la folie commise par Sandfield Macdonald en 1862, qui, après avoir accepté ce même conseil, a assisté à la défaite de son gouvernement; d'ailleurs, mon honorable ami derrière moi fut défait en même temps. Nous en avons appelé aux électeurs parce que c'était approprié et constitutionnel. Je me suis adressé aux électeurs pour leur expliquer quelle conduite serait adoptée par le gouvernement.

La loi électorale anticipée par la tenue d'élections en un seul jour

Je leur ai dit que lorsque la Chambre des communes se réunirait, nous avions l'intention de faire voter une loi électorale qui obligerait dorénavant tous les gouvernements à tenir chacune de leurs élections en une journée. Pour nous montrer tout à fait consistants  --  même si nous n'y étions tenus par aucune loi, même si nous aurions pu retarder l'élection de sir John et des autres de plusieurs semaines, comme ils nous avaient fait le coup en 1872  --  nous avons ordonné que toutes les élections dans le Dominion se tiennent en une journée, sauf au Cap-Breton, à l'Île-du-Prince-Edouard et à Algoma, qui n'ont pu être avertis à temps. Nous avons donc saisi la première occasion de mettre en pratique les opinions que nous défendions depuis longtemps, sans recourir au stratagème d'attendre qu'une loi soit votée. Nous nous sommes fait une loi pour nous-mêmes et nous nous sommes engagés à observer les principes que nous avions précédemment défendus. Le résultat de cette politique, qui offrait à chaque candidat le plus d'opportunités de s'occuper de sa circonscription électorale sans que les candidats des autres circonscriptions viennent le déranger, fut que nous avons obtenu une majorité importante à la Chambre des communes.

La majorité libérale à la Chambre des communes

En parlant de majorité  --  au fait, l'honorable monsieur a déclaré à plusieurs reprises que notre majorité avait été de 102 et qu'elle était maintenant réduite à 41. C'est une déclaration assez énorme (rires) mais je suppose que, comme pour les autres, c'est là ce que certaines gens considèrent comme un fait. En vérité, nous n'avons jamais, à aucun moment, obtenu une majorité de plus de 76, et lors de la dernière session, notre plus grande majorité, suite à la maladie d'un certain nombre de nos amis, ne fut que de 52. Il est également vrai qu'ils ont gagné en tout 13 sièges, alors que nous leur en avons pris quatre depuis l'élection générale de 1874. Chacun peut se faire sa propre opinion quant à l'exactitude de cette déclaration de l'honorable monsieur. Mais, monsieur l'Orateur, il est peut-être temps de parler maintenant de certains sujets relatifs à notre politique, qui affectent plus ou moins l'opinion publique en ce moment.

La politique du Chemin de fer du Pacifique

Et tout d'abord, parlons des accusations lancées à propos du Chemin de fer du Pacifique. Je suis accusé par ces messieurs d'avoir changé ma politique relative à ce chemin de fer depuis que j'ai commencé à assumer mes responsabilités administratives. Ils disent que j'ai d'abord proposé de le construire d'une certaine façon. Je suis

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content si nous pouvons le bâtir d´┐Żune certaine façon. On nous a laissé entre les mains comme héritage une promesse faite à la Colombie-Britannique qu´┐Żils feraient bien de construire le Chemin de fer du Pacifique en dix ans  --  que la construction débute dans les deux ans et se termine dans les dix ans  --  et nous étions obligés de faire face au malaise social réparti dans cette province en conséquence de l´┐Żimpossibilité de réaliser des engagements téméraires pris par nos prédécesseurs. Nous avons agi sur le principe d´┐Żobtenir tout mode de progression qui ferait droit à la décision des gens du reste du Dominion et nous devrions procéder conformément à leurs moyens de construire le chemin de fer  --  autrement dit, sans avoir recours à des impôts supplémentaires à ces fins  --  et cependant prouver aux gens de la Colombie-Britannique que nous faisions tout en notre pouvoir afin de réaliser ce but.

Le Dr Tupper répudie son propre marché sur le chemin de fer avec la Colombie.

Le Dr Tupper a fait référence à notre politique sur le Chemin de fer du Pacifique à deux ou trois occasions. Vous serez peut-être surpris de savoir qu´┐Żil était en parfait accord avec l´┐Żadministration en ce qui concerne la politique qu´┐Ża adoptée le gouvernement. Mais l´┐Żannée dernière, après avoir prononcé le discours dans lequel il avait fait cette proclamation agréable, car il y avait une élection dans le Comté de Renfrew, et à ma surprise je constate que le Dr Tupper, qui était membre de l´┐Żadministration qui se trouve aux pieds et poings liés par une obligation solennelle au peuple de la Colombie-Britannique de construire la route en dix ans, il avait le courage de dire qu´┐Żils n´┐Żavaient jamais l´┐Żintention de réaliser leur promesse de le construire en dix ans. Ils avaient consciemment fait une promesse solennelle, avec la décision délibérée de ne pas tenir à celle-ci. (bravo!) J´┐Żinsiste sur ce type de moralité que je n´┐Żarrivais pas à apprécier, et je me demande comment une partie de la population de ce pays pouvait en être satisfaite. Mais cependant, c´┐Żétait bien la déclaration du docteur. Voici ce qu´┐Żil a dit, antérieurement à cette occasion, au sujet de notre politique.

Les opinions du Dr Tupper en 1875.

Mais, M. le Président, le fait de l´┐Żengagement que le premier ministre affirme avoir entrepris avec la Colombie-Britannique au cours de la dernière saison a dissipé pour toujours toute question sur la possibilité de savoir quel parcours il fallait prendre et si nous nous trouvions dans une situation de doute ou à un moment d´┐Żhésitation. Je suis d´┐Żavis que le présent Ministère a le droit d´┐Żavoir le soutien de cette Chambre, et notamment de ceux qui sont membres de l´┐Żopposition, sur n´┐Żimporte quel acte nécessaire à accomplir cet engagement  --  peut-être un engagement plutôt téméraire  --  légué de leur prédécesseurs en ce qui concerne ce projet; et je pense qu´┐Żils auraient compté sur l´┐Żautre côté de cette Chambre afin d´┐Żobtenir leur plus grand soutien des actes qu´┐Żils ont présentés  --  j´┐Żavoue judicieusement présenté  --  pour le rachat de cet engagement.

C´┐Żest peut-être suffisant de citer le Dr Tupper lui-même contre son propre gré; mais je dois juste répéter ce que j´┐Żai dit auparavant, que par rapport à notre poursuite de ce projet nous avons toujours assumé la position de faire tout ce qu´┐Żon pouvait équitablement et consciencieusement faire avec les taxes du pays et nous nous engageons à tenir notre parole à la Colombie-Britannique, qu´┐Żil y ait ou non un consentement des opinions d´┐Żhier en ce qui concerne le mode de progression. D´┐Żune part, je crois, comme toute autre personne qui a étudié l´┐Żaffaire, que la seule façon de terminer la construction du chemin de fer c´┐Żest le peuplement des Territoires du Nord-Ouest. Nous pensons que c´┐Żest à nous d´┐Żouvrir une route à travers cette immense Région des Prairies, dont la contribution est énorme en ce qui concerne non seulement la prospérité du c´┐Żur du continent, mais de tout le Dominion.

Le Dr Tupper sur l´┐Żachat des rails d´┐Żacier.

C´┐Żétait pour accomplir cette fin que le gouvernement, croyant que le prix des rails d´┐Żacier avait atteint à l´┐Żautomne de 1874 le niveau le plus bas qu´┐Żil était susceptible d´┐Żatteindre, a acheté une quantité suffisante afin d´┐Żen assurer. Maintenant, Monsieur, même le Dr Tupper n´┐Ża pas désapprouvé la transaction au moment donné. Il précise dans un autre de ses discours prononcé en 1875, et rapporté dans le hansard:

J´┐Żai aucune intention de retenir la Chambre en ce qui concerne des commentaires **** ayant trait à l´┐Żachat des rails d´┐Żune valeur de 2,5 millions de dollars. Je pense que la Chambre sera d´┐Żaccord avec moi que cet achat était plutôt prématuré; considérant le prix élevé qu´┐Żavait atteint le fer récemment, et aussi du fait qu´┐Żau moment où l´┐Żon en aurait besoin le prix du fer pourrait baisser, le gouvernement n´┐Ża pas fait une si bonne affaire mais on nous fait croire autrement, bien que je sois disposé de leur permettre toute liberté dans une telle affaire. Mais cela est un fait accompli, et je n´┐Żen dirai plus. Je suis certain que le gouvernement a agi avec le plus grand désir pour le bien collectif, et je suis toujours prêt à les honorer quand je peux pour les bonnes intentions.

Ainsi, il paraît que nos intentions étaient bonnes à ce moment-là, et le Dr Tupper, étant un homme honnête, généreux, et un politicien neutre, était prêt à accepter le fait que nous avions fait de notre mieux.

La longévité des libéraux impatiente les loyalistes.

Les sessions parlementaires s´┐Żécoulent l´┐Żune après l´┐Żautre. Pourquoi, M. le Président, les conservateurs ont présumé en 1873 que nous n´┐Żétions pas assez compétents à diriger ce pays; ils ont dit que nous serions au pouvoir pas plus de trois mois. Seulement les conservateurs étaient dignes de diriger ce pays  -  eux seulement étaient capables de le gouverner.

Il faut faire quelque chose.

Mais, lorsqu´┐Żils se sont rendu compte qu´┐Żune session après l´┐Żautre notre force et nos activités se multipliaient, ils ont commencé à penser qu´┐Żil fallait faire quelque chose, et comme l´┐Żélection générale s´┐Żapprochait, il fallait fabriquer des accusations, surtout quand il n´┐Ży en avait pas; et ainsi, les accusations infâmes ont vu le jour, je dirais des accusations, comme beaucoup d´┐Żautres, insinuées plutôt que fabriquées.

Peu d´┐Żinculpation directe.

En effet, il n´┐Ży a jamais eu une inculpation directe sauf à une occasion, et c´┐Żétait du fait que j´┐Żavais donné à l´┐Żavance de l´┐Żinformation à un parent à moi sur le tarif des tubes.

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La façon de les rencontrer.

J´┐Żai été poursuivi au moment où l´┐Żéditeur du journal m´┐Ża accusé, et en conséquence on a accordé une règle sur la publication criminelle d´┐Żune dénonciation diffamatoire. L´┐Żhonnêteté et la générosité du Dr Tupper l´┐Żempêchent de faire une inculpation directe et de porter une plainte quelconque contre moi en ce qui concerne cette affaire, ou d´┐Żautres du même genre, laissons-le procéder comme cet éditeur du journal, et dans les moindres délais il aurait l´┐Żoccasion de les mettre à l´┐Żépreuve.

Agir dans l´┐Żintérêt public seulement.

J´┐Żai déclaré alors, comme je le fais maintenant, que le gouvernement a agi entièrement dans l´┐Żintérêt public; ils n´┐Żavaient aucune intention personnelle ni celle de leurs amis ou leurs voisins. Du jour où on a accédé au pouvoir jusqu´┐Żà présent, il ne s´┐Żest rien passé de sorte qu´┐Żun de nos opposants puisse porter plainte; nous lançons le défi pour une enquête la plus approfondie, qu´┐Żil soit devant la cour de justice ou la commission parlementaire. (des applaudissements) On a présumé qu´┐Żun de mes frères était l´┐Żassocié d´┐Żune des compagnies qui avait fait une soumission à un appel d´┐Żoffres pour ces rails d´┐Żacier. Même si c´┐Żétait vrai, il n´┐Ży a rien de mal dans cela. (bravo!) Un frère ou n´┐Żimporte quel autre parent a le même droit, comme toute autre personne, à présenter une soumission à un appel d´┐Żoffres, à condition que la soumission soit justifiable, en ordre et ouverte. (bravo!) Le public a été avisé de cette affaire et on a reçu un bon nombre de soumissions. On a accepté la soumission la plus basse dans chaque cas; mais j´┐Żaffirme comme une question de fait que c´┐Żétait un mensonge délibéré et qu´┐Żaucun frère, parent ou personne liée à moi, n´┐Żavait aucun intérêt ni aucune part dans un contrat, ou agent contractuel, ou autre de ce genre. (applaudissements) Je mets les opposants au défi de faire appel à une Commission et d´┐Żinterroger des témoins sous serment afin de prouver si je dis la vérité ou non. (applaudissements)

Les conservateurs rejettent une Commission.

M. le Président, cela constitue un comportement de lâcheté pour tenter de salir la réputation des hommes publics, tandis qu´┐Żils n´┐Żosent pas prendre l´┐Żinitiative d´┐Żun interrogatoire où les témoins seraient sous serment. Et pourtant cette affaire a fait beaucoup de bruit à l´┐Żétranger de maison en maison, et d´┐Żun rassemblement de conservateurs à un autre  --  en effet, il me semble que ces gens-là sont arrivés à la conclusion que si jamais ils accédaient au pouvoir ce serait en menant systématiquement une campagne de diffamation et en salissant la réputation de tous ceux qui s´┐Żopposent à leur progrès. Cela ne constitue en aucune façon un nouveau système de tactiques pour eux.

La diffamation est une vieille habitude.

Je m´┐Żen souviens qu´┐Żun jour en 1854 Sir John Macdonald a dit de Sir Francis Hincks qu´┐Żil était trempé dans la corruption jusqu´┐Żau nez, et le jour après ils sont devenus membres d´┐Żun nouveau parti politique. Ils abusent continuellement la réputation des hommes qui ont au moins apporté leur contribution à la lutte politique et au progrès du pays à côté de Sir John Macdonald et tous ses complices qui participent dans ce travail honteux. Je n´┐Żai plus de commentaire sur ce point, bien que j´┐Żaie beaucoup de témoignages sous main en tout temps, si jamais il en est question, pour prouver l´┐Żexactitude absolue de mes déclarations.

Progrès sur l´┐Żimplantation des rails sur la ligne de chemin de fer.

Je ne fais que dire qu´┐Żen ce qui concerne la poursuite de ce grand projet, le Chemin de fer du Pacifique, avec tout le grand secteur industriel qu´┐Żon pouvait déployer, et tout effort qu´┐Żon pouvait mettre dans ce projet, il nous a pris tout notre temps de transporter 15 000 tonnes de rails au Manitoba. Nous avons implanté des rails étalant à 50 milles, et on s´┐Żattend que d´┐Żici trois mois la ligne aurait été étendu à 130 milles de plus. On a utilisé entre 11 000 à 12 000 tonnes de ces rails pour terminer l´┐Żimplantation des rails d´┐Żacier sur le chemin de fer Intercolonial, selon l´┐Żexigence de la fonction publique. Il y a quelques jours le Dr Tupper nous a dit qu´┐Żil était sur le point de passer à l´┐Żattaque en Afrique. Eh bien, je vais lui devancer un peu à cet égard, et passer à l´┐Żattaque à quelque distance à l´┐Żintérieur de son Afrique.

La comparaison entre la politique loyaliste et libérale sur l´┐Żachat des rails.

Il serait peut-être intéressant de vous donner un peu d´┐Żinformation sur la manière dont le dernier gouvernement a fait l´┐Żacquisition des rails. Nous n´┐Żavons jamais acheté une seule tonne sauf par voie de soumissions publiques; en aucune occasion n´┐Żavons-nous autorisé à une seule personne attachée au gouvernement de bénéficier de ces transactions. Désormais, au cours des derniers mois ces gens qui occupaient les fonctions officielles, ont acheté sans soumission publique au moins 6 000 tonnes des rails d´┐Żacier par l´┐Żintermédiaire du beau-frère d´┐Żun ministre, qui a récolté 2,5 p. 100 pour sa part. Il a présenté des factures fausses, dont l´┐Żinspection a révélé qu´┐Żil n´┐Żavait non seulement gagné son pourcentage, mais avait facturé à peu près une livre sterling de plus par tonne au prix qu´┐Żil avait payé aux fabricants. Nous avons lancé un procès afin de récupérer 4 000 livres sterling, la différence du montant qu´┐Żil avait payé et celui qu´┐Żil avait réclamé au gouvernement, et le jugement a été en notre faveur, et contre ce beau-frère du ministre d´┐Żalors. Un autre procès est en cours, et il n´┐Ży a aucun doute que nous allons récupérer un autre montant de 5 000 livres sterling sur ces transactions, qui ont lieu avant notre élection.

Une comparaison entre les prix des rails.

Ils ont payé en moyenne 85,53 $ pour les rails livrés sur l´┐ŻIntercolonial, les rails étant de la même qualité que ceux que nous avons achetés quelques mois plus tard pour 54,60 $ et livrés à Montréal. En effet, au moment où on avait entamé notre négociation, ils avaient payé 85 $ alors qu´┐Żon nous a offert des rails pour l´┐ŻIntercolonial à 54 $ livrés à Montréal. Pourtant, ces messieurs présument de se présenter à la lumière du jour et nous accuser d´┐Żun acte irrégulier au sujet de cette affaire. Ils disent que les rails coûtent moins cher maintenant. Sans doute, ils coûtent quelque peu moins cher, et sans doute, si nous avions prévu le fait qu´┐Żils coûteraient moins cher, nous aurions acheté 10 000 ou 15 000 tonnes de moins  --  pas plus que cela, car il était absolument nécessaire

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que nous ayons les rails à l´┐Żépoque, et la qualité que j´┐Żai exigée justifierait toutes les économies que nous aurions pu faire. Toutefois si nous sommes à blâmer du tout, c´┐Żest simplement parce que nous avons exercé une bonne politique de prévoyance afin d´┐Żassurer le public des bienfaits, car, en toute honnêteté, nous étions d´┐Żavis que c´┐Żétait le prix le moins cher que nous pourrions obtenir. Si nous avions adopté leur régime, et sollicité quelqu´┐Żun lié à un membre du gouvernement, et donné à cette personne la carte blanche de payer n´┐Żimporte quel prix à son insu, et ensuite, que nous lui avions accordé une commission de 2,5 p. 100 et un prêt coquet sur les coûts de revient de base, nous aurions certainement mérité l´┐Żexécration du public. C´┐Żétait bien ce que nos accusateurs ont fait. (bravo!) Je ne crois pas qu´┐Żil y ait cinq cents réformistes dans ce pays  --  je ne crois qu´┐Żil y en ait un  --  qui justifieraient une telle transaction, commise par ceux qui l´┐Żavaient aidé à accéder au pouvoir. (bravo!, et des applaudissements)

Le système de contrat sous les gouvernements loyaliste et libéral.

Nous avons fait de tout notre mieux en notre capacité afin de mettre en place un meilleur système de contrat que celui en vigueur auparavant; et pour ne mentionner que le fait, de ces dix-neuf millions de contrats soumis, on a alloué quelques seize millions aux soumissions les plus basses, tandis que le gouvernement précédent avait accordé moins d´┐Żun tiers aux soumissions les plus basses. Vous pouvez envisager les résultats pratiques de nos efforts pour réformer le système d´┐Żadjudication de contrats. (des applaudissements) Je ne dis pas que les membres de l´┐Żancien gouvernement adjugeaient des contrats malhonnêtement, parce que je ne sais pas s´┐Żils l´┐Żont fait ainsi; je formule les faits simplement, et si jamais ces faits sont inversés et mis à l´┐Żépreuve par leur nature soupçonneuse, cela constituerait le travail préparatoire d´┐Żun grand nombre d´┐Żaccusations ou d´┐Żinsinuations au sujet de la corruption. (bravo!) Je voudrais maintenant parler pendant quelques minutes de la taxation du pays.

Notre taxation.

Je n´┐Żai pas l´┐Żintention d´┐Żempiéter sur le territoire de mon honorable ami, le ministre des Finances, qui aura l´┐Żoccasion d´┐Żélaborer sur ces sujets, et d´┐Żune telle manière qu´┐Żil ne laissera rien à désirer en cette matière. J´┐Żai tout simplement à présenter des chiffres relatifs à une année particulière de notre mandat, et une de leurs, afin de prouver qui est le gaspilleur, et de répondre simplement par l´┐Żintermédiaire d´┐Żun rapport émis par les Comptes publiques en ce qui concerne des déclarations trompeuses à ce sujet dont nous sommes l´┐Żobjet. Le Dr Tupper et Sir John Macdonald vous ont dit que le gouvernement actuel a augmenté les dépenses du pays à un degré beaucoup plus élevé qu´┐Żils auraient fait, ou plus qu´┐Żils n´┐Żavaient fait au cours de leur mandat.

Les dépenses en 1867-1868.

Si je vous dis que les dépenses annuelles étaient de 13 687 928 $ quand ils ont accédé au pouvoir, et que l´┐Żannée dernière quand ils régnaient encore, c.-à-d. 1873-1874, les dépenses avaient atteint 23 316 316,75 $  --  une hausse d´┐Żenviron dix millions de dollars en six ans  --  vous verrez qui souffre le plus en faisant la comparaison. Maintenant, pour faire une comparaison juste, il faut déduire de ces dépenses totales de l´┐Żannée 1873-1874, c.-à-d. 23 316 316,75 $, les dépenses exceptionnelles, ou les paiements exceptionnels de cette année. En voici : La police à cheval, 199 599,14 $; l´┐Żorganisation du Nord-Ouest, 12 262,41 $; arpentage de la frontière Nord-Ouest, 79 293,60 $; arpentage de la frontière ontarienne, 2 430 $; fournitures militaires, 144 906 $; remboursements douaniers des années précédentes, 69 330,02 $; intérêt sur la dette au cours de 1872-1873, 515 230,43 $; frais d´┐Żadministration (hausse), 65 022,46 $ : Total, 1 087 973,97 $. Enlevant des dépenses totales ce montant, on arrive à 22 228 132,78 $ comme somme pour les dépenses normales de cette année-là. Nos dépenses pour le long de la dernière année de notre mandat, 1875-1876, étaient de 24 488 372,11 $. Enlevant les quelques dépenses exceptionnelles comme on l´┐Ża fait tantôt, c.-à-d., la police à cheval, 369 518,39 $; arpentage de la frontière Nord-Ouest, 134 105,18 $; assistance aux immigrants du Manitoba, 83 405,80 $; et l´┐Żintérêt sur la dette au cours de 1872-1873, 1 191 697 $; le tout, 1 778 726,37 $, et on arrive à un total de 22 709 645,74 $ pour les dépenses normales sur les mêmes articles. Afin d´┐Żarriver aux dépenses normales actuelles de cette année-là on doit aussi enlever ces éléments des dépenses exceptionnelles : Inspection d´┐Żassurance 8 032,91 $; subventions aux Indiens au cours de 1873-1874, 130 166,69 $; fonds d´┐Żamortissement pour 1873-1874, 309 033 $; poids et mesures (nouveau), 99 785,05 $; inspection des crampes (nouveau), 537,72 $; falsification des produits alimentaires (nouveau) 2 601,83 $; le tout, 650 127,20 $, ce qui fait que les dépenses normales au cours de 1873-1874 étaient de 22 059 518,54 $ comparées à 22 228 132,78 $ pour ces années. (applaudissements très bruyants) Je cite ces chiffres pour montrer à quel point leur accusation, que nous avons alourdi le fardeau du peuple, est absurde et scandaleuse.

Les loyalistes augmentent les dépenses de dix millions de 1867 à 1873.

Il semble tout à fait légitime à ces messieurs d´┐Żaugmenter, pendant leur mandat, les dépenses d´┐Żenviron dix millions, alors qu´┐Żon s´┐Żattend à ce que nous, avec les énormes intérêts entre nos mains qui n´┐Żexistaient pas à l´┐Żépoque, tels que, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, le maintien d´┐Żune puissante force policière au Nord-Ouest afin de maintenir l´┐Żordre dans le pays, et l´┐Żacquisition du territoire en entier des Indiens, n´┐Żaugmentions pas d´┐Żun seul dollar les dépenses du pays. Si nous avions laissé nos dépenses atteindre les mêmes proportions qu´┐Żeux pendant leur mandat, elles seraient de 4 915 000 $ de plus. Mais nous avons réussi par prudence et attention non seulement à garder le montant à un niveau que nous considérons nécessaire en 1873-1874, leur dernière année financière, mais nous sommes en fait arrivés à les réduire considérablement en 1875-1876, et elles seraient réduites bien davantage, comme M. Cartwright va vous montrer, au cours de cette année qui tire à sa fin.

Un exemple de précision  --  officiers de douanes, l´┐ŻÎle-du-Prince-Édouard.

Je suggère de vous montrer maintenant quelle crédibilité on doit placer dans les soi-disant déclarations que le Dr Tupper fait au pays. Ce monsieur honorable vous a profondément assurés que son gouvernement n´┐Żavait désigné que vingt-deux officiers de douanes à l´┐ŻÎle-du-Prince-Édouard, alors que le gouvernement actuel avait désigné soixante-cinq. Maintenant, que

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diriez-vous, et qu´┐Żen dirait quelqu´┐Żun, quand je vous dis  --  et le Dr Tupper aurait dû le savoir lorsqu´┐Żil a fait cette déclaration  --  qu´┐Żau moment où nous avons accédé au pouvoir il y avait soixante-dix de ces officiers à l´┐ŻÎle-du-Prince-Édouard, et j´┐Żai une liste complète ici pour montrer de qui il s´┐Żagissait. Pourtant ce monsieur qui ne s´┐Żemploie que des faits pour donner l´┐Żimpression qu´┐Żil y a maintenant trois fois plus de ces officiers en place qu´┐Żil n´┐Ży avait lorsque nous avons accédé au pouvoir. Je voudrais simplement préciser que la liste que je tiens à la main est ouverte à l´┐Żinspection si jamais quelqu´┐Żun s´┐Żintéresse à vérifier ma déclaration. On nous a dit que la mesure législative prise par l´┐Żancien gouvernement était d´┐Żun caractère admirable, et d´┐Żun portée très précise et détaillée.

Mesure législative.

On nous a dit qu´┐Żau moment où ils ont pris en charge le code des lois était blanc  --  les pages dépourvues de lois à l´┐Żexception de la Loi impériale  --  et que c´┐Żétait lui et ses collègues qui ont présenté et adopté tous les actes du Parlement rattachés au Dominion. Il ajoute que beaucoup de ces mesure législatives ont été violemment et vigoureusement contestées par l´┐ŻOpposition. De plus, il dit que depuis trois ans que nous sommes au pouvoir, nous n´┐Żavons pas abrogé une seule de ces mesures et que nous continuons à faire marcher la machine sur les mesures législatives de l´┐Żancien gouvernement; la législation mise en place par le gouvernement actuel a été, soit copié des anciens actes, soit tirée de la promulgation d´┐Żune loi que l´┐Żancien gouvernement avait préparée. Je me permets de dire que l´┐Żancien gouvernement n´┐Ża laissé aucune loi quelconque prête pour l´┐Żadoption, et que nous avons abrogé  --  certaines entièrement, d´┐Żautres en partie  --  plus de 50 ou 60 mesures législatives qu´┐Żils avaient rédigées dans le code des lois. De plus, je me permets de dire que c´┐Żest nous qui sommes à l´┐Żorigine de beaucoup de ces lois qui se trouvent maintenant dans le code de lois et tout cela en relation avec l´┐Żorganisation du gouvernement fédéral et sa perpétuation en tant qu´┐Żun nouveau système. L´┐Żhonorable monsieur devrait le savoir quand il vous adressait ces merveilleux mots au sujet de l´┐Żinstauration d´┐Żune loi électorale à plus de cinq reprises, ou plutôt qu´┐Żil avait promis cinq fois dans son discours du Trône de la présenter et finalement on l´┐Ża introduite. Et quel était l´┐Żeffet de cette merveilleuse loi? Eh bien, elle a autorisé de nommer des évaluateurs ou des assesseurs dans toutes les communes du Dominion, en plus de ceux nommés par les municipalités, et la nomination d´┐Żun avocat réviseur dans tous les comtés. Ces gens  --  des candidats ordinaires du gouvernement du jour  --  avaient l´┐Żautorité de décider si vous et moi avions des propriétés en vertu de quoi nous aurions le droit de voter. La loi a été reçue avec tant d´┐Żamertume lors de la première lecture dans son propre camp de la Chambre qu´┐Żil n´┐Ża jamais osé passer à la deuxième lecture. On l´┐Ża chassée hors de vue. La première chose qu´┐Żon a faite consistait à présenter une loi électorale détaillée et bien rédigée, pour mettre le système électoral du pays sur une voie bonne et satisfaisante, en ce qui concerne à la fois l´┐Żefficacité et une économie minime pour son fonctionnement. (bravo!) Si on avait adopté sa loi électorale, le gouvernement du jour, qu´┐Żil soit le sien ou le nôtre, aurait certainement mis le droit de vote dans les mains de ses propres créatures. Nous l´┐Żavons mis dans l´┐Żendroit où cela devrait être  --  le pouvoir délégué des municipalités. Les conseils sont élus par le peuple; le conseil élit à son tour les assesseurs; l´┐Żélectorat peut faire appel au conseil d´┐Żune décision de l´┐Żassesseur, et le conseil agit comme juge; afin qu´┐Żils aient, comme ils doivent avoir, l´┐Żautorité dans leurs mains. L´┐Żappel, comme c´┐Żest le cas maintenant alloué au juge de la cour de comté, n´┐Żaurait pas existé sous son projet de loi, mais les émissaires rémunérés du gouvernement du jour passeraient dans vos communes afin d´┐Żinscrire les noms de ceux qui auraient le droit de vote en omettant les autres.

Sir John le législateur.

Jusqu´┐Żici il affirme qu´┐Żil est à l´┐Żorigine de toutes les législations du Dominion! Je me permets d´┐Żaffirmer  --  et je lance un défi à lui et à tous ceux qui me contredise  --  que Sir John Macdonald, depuis son entrée au Parlement, n´┐Ża jamais introduit aucune mesure gouvernementale, ou même l´┐Żexécution de certaines grandes modifications. (bravo! et des applaudissements) Parmi tous les projets de loi qu´┐Żil a présentés au Parlement fédéral, vous chercherez en vain et ne trouverez que des ré-adoptions des vieux actes canadiens au sujet de la loi criminelle et autres choses du genre, et des modifications tirées principalement des textes législatifs d´┐ŻAngleterre; bien que si vous regardiez le nôtre, vous verrez que nous avons sérieusement fait beaucoup d´┐Żattention aux réformes qui étaient obligatoires.

Loi sur la Cour suprême.

Il a laissé entendre au cours d´┐Żune réunion l´┐Żannée dernière  --  il n´┐Żose pas parler de cela cette année, toutefois  --  que ce gouvernement avait tout simplement englobé sa Loi sur la Cour suprême, avait fait des changements pour le pire, et ensuite l´┐Żavait adoptée. Il se trouve qu´┐Żil n´┐Żavait jamais son propre projet de loi sur la Cour suprême. Il est vrai qu´┐Żil a pris 500 $ sans l´┐Żautorisation du Parlement pour payer le juge Strong afin que ce dernier rédige un projet de loi, ce qu´┐Żil a fait, et sans doute c´┐Żétait excellent d´┐Żune certaine manière. Mais ce n´┐Żest pas notre projet de loi sur la Cour suprême; et même si nous l´┐Żavions prise, nous avions certainement le droit de copier le projet de loi du juge Strong comme Sir John l´┐Żavait fait et faisant de sorte que le peuple règle la facture. (bravo! et des rires) C´┐Żest vrai qu´┐Żun projet de loi sur la Cour suprême s´┐Żest laissé présager dans l´┐ŻActe constitutionnel, et en fin de compte il s´┐Żest avéré nécessaire d´┐Żavoir un tel tribunal.

Pourquoi Sir John n´┐Ża jamais adopté son projet de loi sur la Cour suprême.

Sir John a découvert qu´┐Żil existait une forte opposition parmi ses amis du Bas-Canada, contre le principe de cette mesure législative et il n´┐Żavait ni la force morale de les obliger à l´┐Żaccepter, ni le potentiel de charpenter une autre. Quand nous sommes arrivés au pouvoir, tout de suite nous avons promis une loi; nous l´┐Żavons adoptée immédiatement; elle est maintenant devant le public, et elle a fait preuve comme la plus grande réussite. S´┐Żil y a deux mesures pour lesquelles nous nous exprimons nos félicitations, elles sont la Loi électorale et la Loi sur la Cour suprême. (bravo!) Cette dernière a si bien fait preuve de son objet qu´┐Żon a cessé d´┐Żavoir recours au Conseil privé d´┐ŻAngleterre, et nos juges sont en train d´┐Żadministrer les lois du pays dans toutes sortes de procès.

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La dimension du code des lois.

Sir John nous a dit l´┐Żannée dernière tout content que le texte législatif  --  le texte du gouvernement actuel était aussi grand que l´┐Żalmanach de Scobie  --  un livre dont tous les anciens résidants s´┐Żen souviennent très bien. J´┐Żai parcouru l´┐Żétendue de sa législation, et j´┐Żai découvert que nous le dépassons de loin en ce qui concerne l´┐Żampleur, et certainement le contenu de chacune des années qu´┐Żil était au pouvoir, c´┐Żest un fait remarquable, mais un fait tout de même.

La méthode de législation.

Comme j´┐Żai mentionné tantôt, Sir John a connu du succès principalement du fait qu´┐Żaprès avoir contesté pendant la moitié de sa vie une mesure particulière ou bien un principe quelconque et si jamais il tombe sur ce principe qui est sur le point d´┐Żêtre adopté et sera adopté par le public, même s´┐Żil est pour ou contre, il se rend et travaille en collaboration avec la majorité, et ensuite il crie : «On l´┐Ża fait brillamment, n´┐Żest-ce pas?» (bravo! et des rires) J´┐Żentends mon ami M. Ross dire que cela est une vieille ruse de Sir John. Oui, c´┐Żest bien cela; mais son truc devient plutôt éculé. Nous savons tous que le pays est redevable à qui, pour avoir mise en place une législation judicieuse et profitable dans toutes les provinces du Dominion du jour.

Aucune mesure corrective ne provient d´┐Żune origine loyaliste.

Comme j´┐Żai laissé entendre tantôt, je ne peux pas me souvenir d´┐Żune seule mesure d´┐Żune grande ampleur qui a été à l´┐Żorigine du gouvernement conservateur pendant leurs vingt années de bail du pouvoir. Ce parti ne proposait des lois qu´┐Żaprès le développement, la préconisation et la délibération de ces lois et souvent après une contestation violente menée par le parti libéral de ce pays. (des applaudissements) En bref, je voudrais faire un autre point, avant de céder la parole aux autres orateurs. Il est très important que je me réfère à cette question, étant donné que je suis d´┐Żavis qu´┐Żil faut accorder une attention particulière à des affaires concernant des accusations personnelles menant à l´┐Żinsinuation. On a insinué que j´┐Żai fait l´┐Żusage des faveurs publiques de la Couronne en une ou deux occasions en vue de bénéficier un certain nombre de bons supporteurs ou la participation des amis de mes supporteurs. Je parlerai d´┐Żune de ces allégations ici, et je vais vous montrer combien de vérité, ou plutôt combien il n´┐Ży a guère de vérité dans ces déclarations et dans les discours prononcés partout au pays.

M. A. B. Foster et le chemin de fer de la baie Georgienne

Vous êtes au courant du fait que parmi les intéressés de la fameuse iniquité du Scandale du Pacifique, le sénateur, M. A. B. Foster, était censé savoir beaucoup sur cette affaire. Tout le monde savait qu´┐Żil avait condamné cette transaction, et qu´┐Żil était un contractant du chemin de fer, engagé profondément dans ce type de commerce, et on présume maintenant que le gouvernement a alloué le contrat de la baie Georgienne comme une faveur particulière, afin qu´┐Żil puisse récupérer ses fortunes perdues. De plus, on présume que nous avons par la suite enlevé le contrat de ses mains, et que l´┐Żargent qu´┐Żil avait avancé comme dépôt de valeurs n´┐Ża pas été remboursé convenablement, et ainsi nous avons commis un acte sans précédent. On présume aussi que nous sommes convenus à faire un prêt d´┐Żune certaine quantité de rails à M. Foster, et qu´┐Żon n´┐Ża ni payé ces rails ni ne les a retournés. Désormais, en ce qui concerne la première allégation, je voudrais dire que la soumission de contrat pour cette région de la baie Georgienne du Chemin de fer du Pacifique a été dûment annoncé dans la presse publique.

La soumission la plus basse a reçu le contrat.

La soumission la plus basse était celle de M. Munson; mais ce dernier a cédé son contrat à M. Foster, et nous l´┐Żavons accepté comme le cessionnaire de la soumission la plus basse.

Subvention pour la ligne du Canada Central.

À la même époque, nous avons accordé une subvention de 12 000 $ par mille pour les 120 milles du chemin de fer du Canada Central Railway Company, étalant aux environs de Douglas jusqu´┐Żà la baie Georgienne, la dernière station de l´┐Żest, la ligne pour laquelle M. Munson avait faite une soumission. Il était évident que les levés de terrain du Canada Central Railway Company pouvait être mieux administré et à un coût moins élevé si la même compagnie avait les contrats pour les deux chemins de fer, car on devait faire une bifurcation. Le Canada Central Railway Company a donné leur contrat à M. Foster, à qui, comme j´┐Żavais affirmé, nous avons alloué le contrat pour les 85 milles qui restait à construire. La région s´┐Żest avérée beaucoup plus difficile que la construction du chemin de fer qu´┐Żavait prévu M. Foster au moment où il a accepté le contrat; et il a fait la demande d´┐Żune révision des modalités du contrat, et que le gouvernement a refusé d´┐Żaccorder.

Annulation du contrat de la baie Georgienne.

Toutefois, lorsqu´┐Żil s´┐Żest rendu compte qu´┐Żil serait incapable de procéder avec le travail diligemment comme nous avions souhaité, nous avons décidé d´┐Żannuler le contrat et de rembourser son argent consigné, et nous lui avons accordé une somme pour le travail qu´┐Żil avait fait comme aurait été homologué par l´┐Żingénieur à la suite des levés de terrain, à condition que ces levés soient disponibles au gouvernement afin de les compléter. C´┐Żest bien cela qu´┐Żon caractérise comme un grand mal. Où est le mal dedans? Nous avons adjugé le contrat équitablement. Nous l´┐Żavons annulé à juste titre, et sans doute nous avions le pouvoir de l´┐Żannuler; et quant à cela, nos prédécesseurs ont annulé beaucoup de contrats. Et certainement nous avions le pouvoir de rembourser son argent et décharger de la garantie, et nous avons fait ainsi croyant que c´┐Żétait dans l´┐Żintérêt public.

L´┐Żannulation du contrat du Pacifique de Sir Hugh Allan et le dépôt de un million de dollars remboursé.

L´┐Żancien gouvernement a fait exactement la même chose, et ils n´┐Żont pas remboursé 85 000 $ comme nous l´┐Żavons fait, mais ils ont payé plus de un million de dollars à Sir Hugh Allan lorsqu´┐Żils ont annulé son contrat. Si c´┐Żétait injuste de notre part d´┐Żannuler un contrat et de rembourser la garantie, à quel point étaient-ils plus injustes que nous, quand ils ont remboursé environ douze fois plus que nous l´┐Żavons fait! Nous étions sûrs que nous l´┐Żavons fait dans l´┐Żintérêt public; on l´┐Ża fait régulièrement dans le passé, et sans doute tout gouvernement le fera. Il n´┐Ży a rien dans l´┐Żaffaire qui ait le rapport de la moindre ombre de corruption.

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Montant payé pour les levés de terrain.

Ils prétendent qu´┐Żon lui a payé 40 000 $ ou 50 000 $ pour les levés. Nous avons payé la somme exacte que M. Sandford Fleming a certifiée dans sa déclaration officielle comme étant juste.

L´┐Żopinion de M. Shanly.

M. Shanly, un ingénieur de nom et un conservateur fervent, dit que ces levés de terrain valaient 8 000 $ ou 10 000 $ de plus. Tout cela est devant le public, et pourtant on l´┐Ża manipulé et provoqué des assertions inexactes.

Prêt de rails.

Puis on arrive à ce prêt de 100 tonnes de rails d´┐Żacier, et l´┐Żemprunt de 127 tonnes supplémentaires par le Canada Central Railway Company. Ces rails étaient la propriété du Canada Central Railway Company, le gouvernement ayant le droit de rétention sur les frais accessoires. La valeur totale de ces rails était de 8 172 $, et d´┐Żune garantie de 30 000 $ en obligations de chemin de fer. On avait besoin de ces rails pour terminer la ligne jusqu´┐Żà Pembroke l´┐Żautomne dernier, lorsqu´┐Żil s´┐Żavérait primordial pour le commerce du pays de compléter le chemin de fer jusqu´┐Żà ce point-là. Le gouvernement a simplement agi comme n´┐Żimporte quel membre de la communauté aurait fait  --  c´┐Żest-à-dire, prêter n´┐Żimporte quoi pendant une période à un voisin afin de terminer un tel projet qu´┐Żil avait en main. Toutefois, sur cette question, je vais citer le Dr Tupper contre lui-même encore une fois.

Un prêt de 10 000 $ à la société gazière d´┐ŻOttawa.

En 1872, ce monsieur et ses associés ont accordé un prêt, non pas d´┐Żune valeur de 8 000 $ des rails sans la moindre dépense, mais un prêt de 10 000 $ en liquide à la société gazière d´┐ŻOttawa, sans l´┐Żautorisation du Parlement, sans aucune autorité, que ce soit bon, mal ou indifférent, et on n´┐Ża pas encore remboursé toute la somme. C´┐Żétait malveillant de notre part de prêter 100 tonnes de rails d´┐Żacier qu´┐Żon utilisait à peine, quoique nous ayons le droit de rétention sur ces rails, mais c´┐Żétait tout à fait légitime et approprié pour lui de plonger sa main dans les fonds publics et de retirer 10 000 $ sans aucune autorisation quelconque. (bravo!)

Politique de construction pour la ligne de la baie Georgienne.

En ce qui concerne la politique générale adoptée pour la construction de la ligne de la baie Georgienne, je tenterai d´┐Żaborder cette question à fond lors d´┐Żune autre réunion, et je ferai ainsi dans l´┐Żensemble au sujet du Chemin de fer du Pacifique.

Le coût du Chemin de fer du Pacifique en vertu du contrat.

Je serai en mesure de montrer malgré les difficultés auxquelles nous avons dû faire face à l´┐Żouest du lac Supérieur, inexistantes au cours de la construction de l´┐ŻIntercolonial, ce gouvernement, grâce à sa politique habile, de par son système équitable d´┐Żadjuger des contrats, de par son système judicieux de faire des travaux préparatoires grâce à des levés de terrain détaillés et l´┐Żinspection du pays, a connu du succès dans l´┐Żadjudication des contrats et la construction du chemin de fer à l´┐Żouest du lac Supérieur d´┐Żune longueur de 220 milles, à un coût par mille inférieur à la moitié de celui de l´┐ŻIntercolonial. (des applaudissements) Je suis certain d´┐Żêtre en mesure d´┐Żétablir cela, en ce qui concerne l´┐Żadministration des grands travaux publics du pays, nous avons connu un succès au-delà de nos propres attentes en réalisant une économie que tout gouvernement professe d´┐Żobserver et souhaite avoir, mais très peu peuvent l´┐Żatteindre à moins qu´┐Żils ne consacrent toute leur énergie à la tâche, et apportent des réformes dans l´┐Żadministration des travaux publics. J´┐Żai l´┐Żimpression, cependant, qu´┐Żil serait injuste de profiter davantage de votre temps à présent, surtout comme je propose de répondre sous peu, sans réserve, aux questions concernant les accusations portées par les chefs de l´┐Żopposition au cours des réunions récentes. Si je n´┐Żarrive pas à adresser face à face pleinement la population de Kingston sur tous ces sujets, j´┐Żaurai néanmoins le plaisir de vous adresser à travers la presse publique du pays. En guise de conclusion, permettez-moi encore une fois de remercier diligemment et sincèrement les femmes et les hommes qui sont venus saluer mes collègues et moi, ainsi que l´┐Żhomme d´┐ŻÉtat distingué de Toronto et ses collègues du gouvernement de l´┐ŻOntario. En ce qui concerne mes collègues et moi-même, permettez-moi de vous assurer que rien ne nous fera plus de plaisir que de savoir que nous pouvons toujours compter sur votre sympathie, votre soutien et la contenance morale de tous les hommes qui nous ont assistés en 1874 à nous placer avec tant de succès là où nous sommes à l´┐Żinstant. (des applaudissements prolongés) Il n´┐Ży a aucun but personnel chez n´┐Żimporte quel homme qui occupe un poste comme le mien, s´┐Żil exécute, comme il devrait, les tâches sous sa responsabilité. (des applaudissements) Afin d´┐Żêtre certain que c´┐Żest un but personnel avec une telle objective, cela est une question d´┐Żune grande fierté d´┐Żêtre mis en mesure en tant que ministre, et plus particulièrement comme premier ministre, à diriger avec tant de succès les affaires d´┐Żun grand pays, et à la satisfaction de ceux qui l´┐Żont nommé à cette haute fonction. (des applaudissements) Il s´┐Żagit d´┐Żune position digne de louanges, et je vous assure que personne ne peut ressentir cette fierté plus que moi à présent. Je regretterais jusqu´┐Żaux derniers jours de ma vie si j´┐Żarrive à tremper ma main dans quelque chose qui laisserait une ombre ou la moindre obscurité  --  selon les mots du Dr Tupper  --  sur ma carrière politique ou sur mon caractère alors que j´┐Żoccupe une fonction publique. (des applaudissements bruyants)

Les tactiques de l´┐Żopposition.

Je sais qu´┐Żil s´┐Żagit des tactiques de nos opposants  --  je sais que c´┐Żétait leurs tactiques il y a vingt ans, et trente-cinq ans  --  pour chasser leurs adversaires hors de la vie publique à travers des diffamations grossières, afin qu´┐Żils puissent dégager le terrain à leur profit. Je leur dis : «messieurs, vous ne le pouvez pas faire. (bravo! et des applaudissements). Vos diffamations contre nous ne feront aucun mal, votre ruse échouera, parce que le peuple n´┐Żest pas de votre côté.» Sir John Macdonald n´┐Żavait jamais l´┐Żappui des gens de l´┐ŻOntario; il n´┐Ża jamais commandé une majorité de la population de cette province, et ne le fera jamais. (des applaudissements) Il a représenté une politique rétrograde de bout en bout.

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L´┐Żorigine de la Confédération.

Il s´┐Żattribue le mérite pour être le fondateur de la Confédération. Pourquoi, le 14 avril 1864, il a voté en faveur de la non-réformation de la Constitution. Le Dr Tupper nous dit qu´┐Żà cette époque-là les Canadiens et les Canadiennes se regardaient les yeux dans les yeux, prêts à se sauter à la gorge. Quelle situation grotesque. J´┐Żétais dans la vie publique à cette époque-là, et je n´┐Żétais pas au courant de cette situation horrible jusqu´┐Żà ce que je l´┐Żentende de sa propre bouche. Je sais que le 14 avril 1864, Sir John Macdonald a voté qu´┐Żil n´┐Żétait pas nécessaire de faire des changements constitutionnels, et le jour suivant son gouvernement a chuté, et après il a vu qu´┐Żil fallait faire des changements. (des applaudissements et des rires) Comment se fait-il qu´┐Żil s´┐Żest rendu compte aussi vite de la nécessité des changements constitutionnels?

L´┐Żhonorable George Brown et les libéraux en 1864.

C´┐Żétait parce que M. George Brown, le chef du parti libéral, a dit : «Messieurs, si vous voulez, vous pouvez garder vos postes au gouvernement. Nous avons une majorité au Parlement; nous vous avons vaincus; mais nous sommes prêts à vous laisser dans vos postes si seulement on nous accorde les changements constitutionnels que vous avez mentionnés hier comme n´┐Żétant pas nécessaires.» Sir John et ses amis, en effet, ont très vite trouvé qu´┐Żil était nécessaire de faire des changements constitutionnels (des rires), ils auraient accordé plus de changements si on les avait gardés au pouvoir. (bravo! et des rires) Ses accompagnants et lui ont la réputation d´┐Żavoir fait des choses pires que cela.

Les vieux tours de l´┐Żopposition actuelle.

J´┐Żai assumé la vie publique au Canada pendant un bon bout de temps pour savoir que le Lord Elgin, un des meilleurs gouverneurs et le plus noble (des applaudissements) a pris une voie courageuse afin d´┐Żassurer la subsistance de ses conseillers constitutionnels, ces messieurs ont hissé le drapeau noir à Brockville, la foule à London l´┐Ża bombardé d´┐Ż´┐Żufs pourris, et à Montréal ils ont brûlé les édifices du Parlement. Nous aurions dû savoir en 1864, lorsqu´┐Żils ont connu la défaite contre nous, qu´┐Żune situation similaire produirait de nouveau, et M. George Brown leur a dit: «N´┐Żayez pas peur, vous aurez vos postes. Nous voulons que nos principes soient exécutés au sein du gouvernement, et si vous désirez y être nos outils, comme vous avez été dans toutes les législations du pays, nous voterons afin de vous garder dans votre poste et au pouvoir.» Ils l´┐Żont fait; et Sir John Macdonald, en violation de sa déclaration faite le jour précédent qu´┐Żaucun changement constitutionnel était nécessaire, a décidé d´┐Żeffectuer ces changements connus comme la Confédération. Maintenant il dit qu´┐Żil a fait tout. (bravo! et des rires) Il devrait certainement supposer que les gens perdent leur mémoire, que l´┐Żhistoire du passé a été encrée dans son intégralité le 1er juillet 1867; et que ce jour-là a été non seulement le jour d´┐Żinauguration de la Confédération, mais aussi le jour où tout le reste, qui pourrait évoquer les souvenirs d´┐Żun événement quelconque qui a lieu quelques années précédentes, a été balayé. Tels sont les hommes qui font partie de la loyale opposition de Sa Majesté; tels sont ceux qui feront partie de la loyale opposition de Sa Majesté après les prochaines élections générales dans ce pays. (des applaudissements bruyants et prolongés)


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Traduction de : The Pic-Nic speeches delivered in the Province of Ontario during the summer of 1877. Published, in response to numerous inquiries and suggestions from all parts of the Dominion, by the Reform Association of the Province of Ontario, and prepared for the Press by the Secretary, Mr. G. R. Pattullo, of the Woodstock "Sentinel." Toronto: Globe Printing and Publishing, 1878. Pages 2-13.


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