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par Elizabeth Krug, Direction de la préservation, en détachement au programme des Collections numérisées du Canada à Industrie Canada
À l’heure actuelle, les bibliothèques, les musées, les archives et les autres organismes culturels ont commencé à employer les nouvelles technologies de l’information pour numériser des quantités massives de livres, de registres et d’images. En effet, cette technique offre des possibilités nouvelles en matière de copie et de préservation des images, du son et des textes. De plus, l’information numérique peut être transmise à n’importe quel ordinateur personnel branché sur Internet, ce qui permet de supprimer les distances. Par conséquent, les écoles, les bibliothèques et les particuliers peuvent accéder instantanément à des documents conservés dans des lieux éloignés.
Industrie Canada ne ménage aucun effort pour connecter les Canadiens à Internet. Le gouvernement canadien, qui souhaite faire du Canada la nation la plus branchée du monde, s’efforce de tailler au pays une place de choix dans une économie mondiale fondée sur le savoir. Les citoyens qui utilisent Internet, que ce soit au foyer, à l’école ou dans une bibliothèque, ont accès à une mine de connaissances sur le Canada et sur le monde. Cette information devrait leur permettre d’élargir leurs horizons, d’acquérir de nouvelles compétences et de contribuer plus efficacement à l’économie et à la société. Puisque les 16 500 écoles et les 3 400 bibliothèques du Canada sont branchées à Internet depuis le mois de mars 1999, et qu’il existe maintenant des milliers de terminaux du Programme d’accès communautaire, les outils d’accès dont dispose le public connaissent une évolution rapide.
Depuis 1996, le programme des Collections numérisées du Canada (CNC) d’Industrie Canada aide des organismes des quatre coins du pays à constituer un stock de renseignements sur le Canada à verser dans Internet. Financé grâce à la Stratégie fédérale d’emploi des jeunes, le programme des CNC permet une exploration en ligne impressionnante de la diversité culturelle du Canada. Dans le cadre de ce programme, on accorde des contrats à des organismes pour qu’ils embauchent des jeunes qui, groupés en équipes de projets multimédias, créent des sites Web où sont rassemblés des documents canadiens importants appartenant au domaine public. Des textes, des images et des enregistrements sonores et visuels sont ainsi combinés dans des sites thématiques et offerts aux usagers sous forme de publications électroniques, de visites virtuelles ou de banques de données à consulter. En mettant ces sites sur pied, des jeunes de 15 à 30 ans acquièrent de l’expérience et de nouvelles compétences dans le secteur de la technologie de l’information. En même temps, ils voient des aspects importants de l’identité canadienne et contribuent à sa préservation. Les jeunes qui participent à ces projets possèdent toute une gamme de compétences allant de l’utilisation d’un scanner à la création de sites Web ou de bases de données, et un grand nombre d’entre eux ont, par la suite, lancé leur propre entreprise. Des concours ont lieu trois fois par année. Le site Web des CNC [http://collections.ic.gc.ca/] permet de consulter plus de 300 des collections enregistrées à ce jour, en plus d’offrir des détails complets sur le programme.
Les CNC ont également financé des projets de diverses envergures dans une vingtaine de ministères et d’organismes fédéraux, dont les Archives nationales. En 1996 et en 1997, celles-ci ont obtenu des contrats pour la numérisation des formules d’enrôlement des membres du Corps expéditionnaire canadien de la Première Guerre mondiale. Les Archives nationales, qui ont la garde de ces formules, ont dirigé le projet et embauché des jeunes pour numériser ces documents dans leurs bureaux de Renfrew (Ontario) et de Gatineau (Québec). À ce jour, le financement des CNC a permis aux Archives de numériser à peu près 20 p. 100 des formules (environ 200 000 pages). Les images numériques peuvent être extraites de la banque de données Soldats de la Première Guerre mondiale : Corps expéditionnaire canadien sur ArchiviaNet. La population a réagi avec enthousiasme à l’accès en ligne à ces formules. Les généalogistes et le grand public peuvent ainsi découvrir des liens tangibles avec leurs ancêtres, tandis que les fragiles documents originaux sont préservés en lieu sûr. Le site Soldats de la Première Guerre mondiale : Corps expéditionnaire canadien, qui est l’un des plus visités des CNC, ne le cède en popularité qu’à celui des Livres du souvenir.
Les projets de numérisation de moindre envergure offrent d’autres exemples de la diversité des documents conservés par les Archives nationales. Ils ont été entrepris par des écoles des quatre coins du Canada dans le cadre de la phase pilote du programme, au début de 1996, et on peut encore les voir sur le site des CNC :
En 1998, les Archives nationales se sont associées au ministère des Anciens combattants et à Industrie Canada pour créer un site Web sur les soldats de la Première Guerre mondiale qui ont reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Un jeune que les Archives nationales ont embauché grâce aux fonds fournis par les CNC a examiné des formules d’enrôlement, des photographies, des articles de journaux, des citations et d’autres documents, et il les a numérisés pour le site Héros de la Croix de Victoria : un Portrait. Cette collection numérisée, tout comme le Monument virtuel canadien à la guerre, a été mise à la disposition du public sur le site Web du ministère des Anciens combattants en novembre 1998. Actuellement, d’autres jeunes s’occupent d’un programme qui vise à relier aux Livres du souvenir tous les dossiers des Canadiens morts à la guerre, et ils se préparent à demander au public des documents numérisés qui seront inclus dans le site du Monument.
« Le Canada en temps de guerre », l’un des grands thèmes des Collections numérisées du Canada [http://collections.ic.gc.ca/], se caractérise par une extraordinaire diversité. Voici un échantillon de sites produits par les jeunes embauchés dans le cadre du programme des CNC :
Les Collections numérisées du Canada : logo de la page Web.
La liste ci-dessus ne représente qu’un petit échantillon des Collections numérisées du Canada [http://collections.ic.gc.ca], une source abondante de renseignements sur l’identité canadienne. En 1998, on a lancé, à titre de projet pilote, un site complémentaire, Collections numérisées autochtones (CNA). Le site des CNA présente un contenu autochtone créé par de jeunes Autochtones. Une quarantaine de programmes ont été financés, dont certains dans des collectivités très éloignées.
Actuellement, 28 collections sur toute une gamme de sujets, dont l’histoire, les documents de recherche, les affaires et la culture, ont été chargées sur le Web.
Le potentiel de la numérisation a suscité un grand intérêt dans le milieu des archives. Grâce à elle, on peut copier des documents importants d’une manière qui permet également de les diffuser par voie électronique. Les Archives nationales, qui ont la garde de notre mémoire collective, tirent parti de cette technologie et améliorent le service à leur clientèle en lui offrant l’accès en ligne à ces fonds et collections. Le programme des Collections numérisées du Canada apporte un complément à ce type d’activités, en invitant les organismes intéressés à proposer des projets dans le cadre desquels ils embaucheront des jeunes contractuels pour numériser les archives canadiennes.