La vie en tournée

C'est à pied que s'est faite la plus grande partie des premiers travaux de la Commission géologique du Canada (CGC).

Photo montrant un attelage de chiens prêt à tirer un traîneau rempli de troncs d'arbre dans la neige de Churchill à Winnipeg, en 1894

Attelage de chiens prêt à entreprendre le voyage de Churchill à Winnipeg, en 1894 (photo prise par Joseph Tyrrell)
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Photo d'un groupe de géologues, dirigé par A.P. Low, posant devant leur canot sur les rives de la rivière Hamilton, au Labrador, en 1894

Groupe de géologues dirigé par A.P. Low sur les rives de la rivière Hamilton, au Labrador, en 1894
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Photo montrant un campement de la Commission géologique du Canada, au lac Dease, en Colombie-Britannique, où des hommes construisent des embarcations, en 1887

Construction d'embarcations au campement de la CGC, au lac Dease, en Colombie-Britannique, en 1887
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Photo montrant un groupe de géologues et leurs chevaux dans la vallée de Bow, en Alberta, en 1884

Groupe de géologues dans la vallée de Bow, en Alberta, en 1884 (photo prise par George Dawson)
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Les membres de l'équipe de la Commission partaient d'une ville ou d'un village et se rendaient dans des régions éloignées et sauvages. À l'époque, il n'y avait pas beaucoup de routes et très peu de chemins de fer. Pour se rendre à destination, ils faisaient comme les coureurs des bois et les Autochtones : ils se déplaçaient à pied, en bateau ou en canot.

En 1843, la première année où il a commencé à faire l'arpentage du territoire canadien, William Logan a parcouru à pied des centaines de kilomètres. Il a marché le long de la péninsule gaspésienne au Québec, où il y a des roches exposées presque partout. Quand la marée se retirait, Logan était capable d'explorer plus de terrain. Mais quand elle remontait, il était obligé de grimper sur les falaises, ce qui était dangereux, ou d'enlever ses bottes et se mouiller.

L'année suivante, lorsque Logan a traversé l'intérieur montagneux de la Gaspésie, il a remonté la rivière en canot avec son équipe. C'était la première fois qu'un homme blanc traversait ces sommets. Logan et ses coéquipiers n'auraient jamais pu y arriver sans leurs guides autochtones. Ils ont abandonné leurs canots et traversé les montagnes à pied. Quand ils sont arrivés de l'autre côté des montagnes, Logan a demandé à ses guides micmacs de fabriquer de nouveaux canots afin de pouvoir redescendre la rivière.

Après la Confédération, le Canada a acquis des provinces et des territoires additionnels. L'étendue du pays était désormais plus vaste et les distances à parcourir, plus grandes. Les membres de la CGC s'absentaient de leurs bureaux d'Ottawa pendant de longues périodes. Les équipes itinérantes étaient plus grosses et comptaient non seulement des géologues, mais aussi des arpenteurs et des naturalistes. Ces explorateurs avaient besoin de provisions et de réserves en grande quantité, qu'ils devaient transporter dans des régions sauvages. Le terrain était aussi beaucoup plus accidenté; les équipes itinérantes devaient désormais explorer les montagnes Rocheuses, l'Arctique, le nord du Québec et le Labrador. Pour se rendre à destination, les géologues prenaient un navire ou un bateau, des chevaux et des traîneaux à chiens.

Il a dit...

« Je me suis fendu la tête lorsqu'une grosse pierre pesant un demi-quintal m'est tombée dessus [25,4 kilogrammes - ça frappe!]. Heureusement, elle n'est pas tombée de trop haut, mais elle m'a fait une ecchymose sur le côté gauche de mon muscle temporal� John m'a apporté de la soupe vers quatre heures de l'après-midi. C'était à peu près tout ce que je pouvais manger. S'il avait apporté autre chose, j'aurais été incapable de mâcher et je serais resté à jeun. » [traduction libre]

(Journal de William Logan, 18 août 1843)

Photo montrant des pièces de charrettes éparpillées dans la neige sur les lieux d'un campement de la Commission géologique du Canada au sommet des Rocheuses, en 1886

Pièces de charrettes éparpillées dans la neige sur les lieux d'un campement de la CGC au sommet des Rocheuses, en 1886
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Pépite de savoir

Ceux qui travaillaient pour la CGC avaient d'énormes défis à relever et mettaient parfois leur vie en danger. En 1895, le géologue Albert Low, un canoteur d'expérience, a décidé de courir le risque de descendre une longue série de rapides tumultueux le long d'un canyon étroit de la rivière Mouchalagane au Québec. Un de ses canots a chaviré et, malheureusement, Paul Bacon, un adjoint innu, s'est noyé.

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