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Télégramme de William Cornelius Van Horne au premier ministre John A. Macdonald lui annonçant la fin des travaux de construction du Chemin de fer Canadien Pacifique, avec la pose du dernier crampon à Craigellachie, un petit hameau dans les montagnes Selkirk, le 7 novembre 1885

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Télégramme de William Cornelius Van Horne au premier ministre John A. Macdonald lui annonçant la fin des travaux de construction du Chemin de fer Canadien Pacifique, avec la pose du dernier crampon à Craigellachie, un petit hameau dans les montagnes Selkirk, le 7 novembre 1885

ARCHIVÉE - Sir John A. Macdonald
homme d'État canadien et patriote

Contenu archivé

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Les politiques

La Confédération est devenue l'élément emblématique distinctif de toute la carrière politique de sir John A. Macdonald. D'aucuns penseront d'emblée que la Confédération, et donc la naissance du Canada, est le résultat d'un processus ayant donné lieu à diverses conférences d'ordre politique, que des politiciens aux vues similaires ont organisées, mais il n'en est rien. En fait, elle est le fruit du cheminement, long et ardu, de Macdonald vers la création d'un pays. Un chemin qu'il a souvent dû parcourir en solitaire. Jusque-là, il n'y avait qu'un ensemble de gouvernements précaires vaguement associés les uns aux autres, auxquels il ne manquait que la détermination, la vision et le talent d'un homme pour s'unifier. Macdonald consacrera presque toute sa vie à la réalisation de cet objectif, si bien que la Confédération sera appelée à devenir son legs le plus important.

Photographie de la Conférence de Québec, en 1864, qui avait pour objectif d'établir les bases d'une union des provinces de l'Amérique du Nord britannique; copie du tableau FATHERS OF CONFEDERATION, de Robert Harris, 1885
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Conférence de Québec, en 1864, qui avait pour objectif d'établir les bases d'une union des provinces de l'Amérique du Nord britannique; copie du tableau Fathers of Confederation, de Robert Harris, 1885

Il suffit de reculer de dix ans seulement avant la naissance de la Confédération pour considérer le bourbier politique duquel est parti Macdonald pour façonner, tant bien que mal, l'unité du pays. En 1857, le processus politique de la province du Canada est dans une impasse. Des disputes d'ordre politique paralysent le régime des co-premiers ministres provinciaux, conçu pour créer une communauté d'intérêts entre le Canada-Est (Bas-Canada) et le Canada-Ouest (Haut-Canada). Les factions francophone et anglophone de l'Assemblée législative ne s'entendent sur rien, si bien que l'on assiste à une succession de six gouvernements en six ans. Entre-temps, les chances de persuader les Maritimes de se joindre au Canada ne cessent de s'amenuiser.

Lithographie représentant la Conférence de Londres de 1866, avec Macdonald assis au bout de la table, par John David Kelly, vers 1889
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Les Pères de la Confédération à la Conférence de Londres en 1866, par John David Kelly, vers 1889

La première des grandes réalisations de Macdonald en vue de bâtir un pays est d'avoir trouvé le moyen d'unifier trois partis — son propre parti, le Parti libéral-conservateur, le Parti bleu, dirigé par George-Étienne Cartier, et le Clear Grit de George Brown — pour former la Grande Coalition de 1864. Cet événement marquera le début d'une ère nouvelle pour le Canada, le signe annonciateur de la Confédération. Fort de l'appui des gouvernants de ce qui allait devenir le Québec et l'Ontario, enfin unis, Macdonald, ainsi habité d'un nouveau sentiment de confiance, se fixe alors un deuxième objectif, soit celui d'unifier les Maritimes et le Canada.

Résolutions de la Conférence de Québec de 1864, et crayonnage de John A. Macdonald datant de 1866 Source

Résolutions de la Conférence de Québec de 1864, et crayonnage de John A. Macdonald datant de 1866

Usant de sa magistrale habileté politique, il persuade, lors de la Conférence de Charlottetown de 1864, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick — qui en étaient venus tout près de réaliser leur propre unification — de se joindre au Canada. L'Île-du-Prince-Édouard, après avoir caressé l'idée de joindre les rangs des États-Unis, décidera éventuellement de suivre le chemin de l'intégration au Canada déjà tracé par les autres provinces maritimes. Macdonald rédige 50 des 72 résolutions qui serviront à établir le cadre d'un Canada unifié. Elles font l'objet d'un débat à la Conférence de Québec, où elles sont adoptées par 31 dirigeants politiques. Macdonald a dès lors enfin son pays. Reste à obtenir l'approbation officielle de la Chambre des communes britannique pour officialiser l'existence du Canada. Il se rend donc à Londres, où il assiste, le 29 mars 1867, à l'adoption, par les politiciens britanniques, de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique.

Photographie des délégués des assemblées législatives de la Province du Canada, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, le 27 octobre 1864
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Congrès international, à Québec, des délégués des assemblées législatives de la Province du Canada, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, le 27 octobre 1864

À titre de premier ministre libéral-conservateur, Macdonald poursuit sa démarche de construction du pays. D'une part, il invite l'Île-du-Prince-Édouard à faire partie du Canada en lui promettant, essentiellement, d'effacer sa dette, et, d'autre part, en amenant la Colombie-Britannique et le Manitoba à souscrire au projet du Chemin de fer Canadien Pacifique. Des conservateurs d'aujourd'hui ne jugeraient guère conservatrices les politiques des gouvernements de sir John A Macdonald. En général, les principes du gouvernement minimal, de la responsabilité financière et du marché libre répugnent aux gens qui votent pour Macdonald. Aussi le premier premier ministre du Canada est-il plutôt de l'avis que la création d'une union transcontinentale passe par un gouvernement central fort, par une acceptation de la nécessiter de dépenser et par une politique restrictive en matière de commerce extérieur.

Photographie de John A. Macdonald, assis au centre de la première rangée, et des délégués de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard, à l'occasion de la Conférence de Charlottetown, le 11 septembre 1864 Source

Conférence de Charlottetown réunissant des délégués de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard afin d'examiner la possibilité d'une union des colonies de l'Amérique du Nord britannique, le 11 septembre 1864

Macdonald considérera que la somme ultimement versée pour la réalisation du chemin de fer, soit environ 52 millions de dollars (1,3 milliard en dollars d'aujourd'hui), comme une dépense publique nécessaire. Quoique fervent loyaliste à l'égard de la Grande-Bretagne en matière de politique étrangère, il ne cédera jamais à une volonté de Londres qui va à l'encontre des intérêts du Canada. Ainsi, lorsque le gouvernement de Sa Majesté lui demande d'envoyer des troupes canadiennes au Soudan pour soutenir une offensive britannique, il s'indigne : « Nous sacrifierions nos hommes et gaspillerions notre argent pour sortir [le premier ministre britannique William] Gladstone et compagnie du bourbier dans lequel, par leur propre imbécillité, ils se sont enlisés. »

Dépliant intitulé THE OLD FLAG, THE OLD POLICY, THE OLD LEADER: THE NATIONAL POLICY AND THE WORKINGMAN, 1891
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Dépliant intitulé The Old Flag, the Old Policy, the Old Leader: The National Policy and the Workingman, 1891

Sur le plan économique, c'est durant la campagne électorale de 1878 que Macdonald fait connaître sa Politique nationale, qu'il assortit de la promesse d'achever la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique. Ce programme politique lui permet de reprendre le pouvoir en l'emportant sur les libéraux d'Alexander Mackenzie. Macdonald voit dans ce chemin de fer reliant l'ensemble du pays un moyen de protéger l'économie canadienne contre l'influence grandissante du commerce américain, ainsi qu'une occasion de favoriser les échanges d'un bout à l'autre du Canada. Sa Politique nationale assurera effectivement une fermeture efficace de la frontière aux importations américaines par l'imposition de droits de douane élevés sur les biens en provenance des États-Unis, mais elle empêchera aussi les producteurs canadiens de livrer concurrence sur les marchés étrangers.

Soucieux de contrecarrer toute tentative des États-Unis d'annexer les territoires de l'Ouest, Macdonald crée en outre un organisme chargé de veiller à l'application de la loi : la Police à cheval du Nord-Ouest, qui deviendra par la suite la Gendarmerie royale du Canada. Sa préoccupation à cet égard est d'ailleurs sans doute justifiée, compte tenu du fait que les membres du Congrès américain adoptent des lois comme le Canada Annexation Act.

Affiche électorale sur laquelle on peut lire : « Under Which Flag, Canadian? » (« Sous quel drapeau, le Canada? »), 1891 Source

Affiche électorale sur laquelle on peut lire : « Under Which Flag, Canadian? » (« Sous quel drapeau, le Canada? »), 1891

Il se trouve par ailleurs des historiens pour affirmer que la Politique nationale a créé une fracture entre les populations de l'Ouest canadien et du Canada atlantique, d'une part, et celles de la région du centre économique de l'Ontario, d'autre part. « La Politique nationale a donné lieu à un développement inégal, ce qui a entraîné toutes sortes de problèmes régionaux, de souligner l'historien Claude Bélanger. Les populations de l'Ouest ont été marginalisées, et se plaignent depuis des injustices dont elles se sentent victimes. Pour ce qui est des gens des provinces maritimes, ils ont perdu cette prospérité dont ils jouissaient depuis toujours et, avec elle, le gouvernement farouchement autonome qui leur avait été si fièrement légué. »

Cette insistance que Macdonald a mise en vue de doter le Canada d'un gouvernement central fort l'a aussi amené à tenter d'assimiler les Premières Nations en les intégrant à l'identité canadienne. « Macdonald était habité tout aussi bien par un sentimentalisme romantique à l'égard des Premières Nations que par une totale indifférence pour leur droit de préserver leur culture et de leur religion ancestrales, écrit l'historien Donald B. Smith. Les politiques [de Macdonald] ont mené à la disparition des institutions dont se servaient les Premières Nations pour se gouverner elles-mêmes. »

Qu'elles aient été visionnaires ou à courte vue, inspirées ou dénuées de tout sens pratique, les politiques de Macdonald ne cessent de façonner notre pays. Elles font que les Canadiens sont constamment appelés à réexaminer ce passé, ce présent et ce futur qu'ils ont en partage.