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Médaille portant une photographie de sir John A. Macdonald, préparée pour ses funérailles en 1891

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Médaille portant une photographie de sir John A. Macdonald, préparée pour ses funérailles en 1891

ARCHIVÉE - Sir John A. Macdonald
homme d'État canadien et patriote

Contenu archivé

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Le legs

Fidèle à sa tradition de modestie, le Canada n'a érigé que bien peu de monuments pour honorer la mémoire de sir John A. Macdonald. Contrairement à ce qui s'est fait ailleurs pour les bâtisseurs de pays, il se trouve fort peu d'éléments tangibles dans le paysage canadien, fort peu d'éléments matériels, pour rappeler le rôle que Macdonald a joué dans la création du Canada.

Page titre d'une brochure intitulée INAUGURATION OF MONTREAL'S MONUMENT TO THE LATE RIGHT HON. SIR JOHN MACDONALD, G.C.B., BY HIS EXCELLENCY THE EARL OF ABERDEEN, GOVERNOR-GENERAL OF CANADA, JUNE 6TH, 1895, Montréal, s.l., 1895
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Page titre d'une brochure intitulée Inauguration of Montreal's Monument to the Late Right Hon. Sir John Macdonald, G.C.B., by His Excellency the Earl of Aberdeen, Governor-General of Canada, June 6th, 1895, Montréal, s.l., 1895

Chez nos voisins du sud, par exemple, des billets de banque et de la monnaie, une université, un monument de 500 pieds de haut, la capitale du pays, un état, un pont et même une montagne, dans laquelle on a sculpté son portrait, sont là pour perpétuer le souvenir de George Washington, et pour reconnaître les efforts qu'il a déployés pour construire les États-Unis d'Amérique. Ici, même si Macdonald est lié d'aussi près à la genèse de son pays que Washington l'a été pour le sien, tout se passe comme s'il avait disparu de notre mémoire collective. Aucune ville, aucune province, aucun établissement d'enseignement supérieur ne porte son nom. Aucun point d'intérêt d'envergure ne lui est dédié.

Même les infrastructures de notre pays qui portent effectivement son nom — parfois en partage avec d'autres, comme l'autoroute Macdonald-Cartier (la 401 en Ontario) et l'Aéroport international Macdonald-Cartier d'Ottawa — sont rarement désignées par leur nom officiel. L'effigie de Macdonald figure bien sur notre billet de 10 $, mais il a fallu attendre 110 ans pour que les parlementaires canadiens instituent une journée nationale en son honneur — le 11 janvier, soit la date reconnue comme étant le jour d'anniversaire du politicien. Mais il faut dire que cette journée passe habituellement inaperçue, alors que ni la télévision, ni les journaux n'en font mention.

Photographie d'un monument en l'honneur de sir John A. Macdonald, sur la Colline du Parlement, Ottawa, entre 1909 et 1939?
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Monument en l'honneur de sir John A. Macdonald, sur la Colline du Parlement, Ottawa, entre 1909 et 1939?

« Les Canadiens […], en dépit de toute leur bienséante modestie, ne semblent pas bien armés pour réagir devant les grands personnages, pour faire l'éloge d'hommes et de femmes célèbres. », a déclaré en 2001, lors du débat à la Chambre des communes, le député libéral John Godfrey, parrain du projet de loi visant à instituer la Journée sir John A. Macdonald.

« Il est regrettable qu'au Canada, alors que nous avons ces exemples [les États-Unis et le Royaume-Uni] sous les yeux, […] nous ne célébrions pas avec autant d'enthousiasme nos grands personnages historiques et les grands moments de notre histoire. », a alors déploré, dans le cours du même débat, le député de l'Alliance canadienne (aujourd'hui membre du Parti conservateur du Canada) Jason Kenney.

Article, « Setting the record straight », tiré du journal THE KINGSTON WHIG-STANDARD, sur les archives concernant sir John A. Macdonald, le 5 juin 1999
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« Setting the record straight », article tiré du journal The Kingston Whig-Standard, le 5 juin 1999

La haute estime dans laquelle la classe politique à Ottawa tient Macdonald ne trouve pas toujours d'échos dans les autres régions du Canada. Ainsi en est-il, par exemple, du journal britanno-colombien Victoria Times-Colonist, de la ville même où Macdonald avait cherché à se faire élire au parlement en 1870, après avoir été rejeté par les électeurs de Kingston. En 2000, au moment où l'on envisageait la possibilité de déplacer la statue de Macdonald, d'un quartier malfamé de la ville, vers un lieu public plus paisible, le journal a publié un éditorial cinglant, critique du legs que le politicien a laissé à la ville et à la province : « On peut faire valoir que sir John A. se trouve bien là où il est, tout à fait représentatif du gouvernement, fixant, sans les voir, les trafiquants de drogue et les prostituées de Broad Street, sans rien y faire. »

Extrait du discours, « Let's do more to honour Sir John A. », du très honorable John Turner, dans le journal THE KINGSTON WHIG-STANDARD, sur les archives concernant sir John A. Macdonald, le 11 janvier 2001
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« Let's do more to honour Sir John A. », du très honorable John Turner, dans le journal The Kingston Whig-Standard, le 11 janvier 2001

Les politiques de Macdonald sur le fédéralisme façonneront les débats constitutionnels qui auront lieu un siècle après sa mort. C'est ainsi les mots mêmes de Macdonald que le très honorable Brian Mulroney, premier ministre progressiste-conservateur, reprendra alors pour chercher à obtenir le soutien nécessaire au train de réformes constitutionnelles qui, destinées à faire partie de l'Accord de Charlottetown, visaient à faire reconnaître le Québec comme « société distincte ».

« En choisissant le fédéralisme, nous mettons de côté la notion selon laquelle le chemin menant à l'unité canadienne passe par le sacrifice de notre diversité au profit d'un État unitaire », avait en effet déclaré Mulroney en 1991, lors d'une allocation prononcée sur la tombe de Macdonald. « Nous avons plutôt opté pour un régime qui permet aux provinces d'exercer leur souveraineté dans leurs domaines respectifs. »

Article, « Canada's Father of Confederation Was True Son of Kingston », tiré du journal THE KINGSTON WHIG-STANDARD, en l'honneur de sir John A. Macdonald, le 9 janvier 1965
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« Canada's Father of Confederation Was True Son of Kingston », tiré du journal The Kingston Whig-Standard, le 9 janvier 1965

Les pairs actuels de Macdonald sont nombreux à soutenir que son véritable legs est la façon — faite tout aussi bien de patience et de pragmatisme que de patriotisme — dont il a réussi à rassembler les éléments constitutifs du Canada. « Nous n'arrivons pas à valoriser autant que lui les notions de coalition et de consensus, d'estimer Preston Manning, l'ancien chef du Parti réformiste du Canada qui ambitionnait de devenir premier ministre du Canada. Lorsque quelqu'un envisage de déroger à la ligne de parti, on tend à y voir plutôt un signe de faiblesse qu'un signe de force. Dans un pays aussi diversifié que le Canada, on ne peut maintenir l'unité sans avoir ces qualités. Et Macdonald les possédait ces qualités. »

Article, « Canada, Kingston Honor Sir John A. », tiré du journal THE KINGSTON WHIG-STANDARD, le 10 janvier 1967
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« Canada, Kingston Honor Sir John A. », tiré du journal The Kingston Whig-Standard, le 10 janvier 1967

Selon le sénateur conservateur Hugh Segal, le legs de Macdonald au pays, c'est précisément le pays lui-même. « Sans Macdonald, nous formerions un pays qui commence à un point quelconque de la frontière entre le Manitoba et l'Ontario pour s'étendre vers l'est. Terre-Neuve serait comme l'Alaska, et je crois qu'il en irait de même pour le Manitoba, pour la Saskatchewan et pour la Colombie-Britannique. Nous achèterions notre pétrole aux Américains. Notre qualité de vie et nos possibilités de carrière seraient moindres, et le rôle que nous jouons dans le monde serait considérablement réduit. »

En 2004, les participants à un concours organisé par la chaîne CBC ont placé sir John A. Macdonald au huitième rang parmi les plus grandes personnalités canadiennes de tous les temps. Deux premiers ministres fédéraux, un premier ministre provincial et un pugnace commentateur de hockey ont obtenu un meilleur classement que lui. Mais il convient de souligner que, si les sept personnalités qui ont obtenu un vote supérieur ont connu du succès et acquis de la notoriété, il n'en demeure pas moins que, sans Macdonald, il n'y aurait peut-être pas eu de pays où ils auraient pu devenir célèbres.