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PLUS DE 1200 PERSONNES DANS LES ABIMES DE LA MER

Des 2,180 passagers et homes d’équipage du “Titanic”, 868 ont pu être sauvés par le “Carpathia” qui se dirige vers New York, avec les rescapés.---Tout indique que le capitaine Smith a péri avec son navire.---Le “Titanic” a coulé à pic, sous 2,000 pieds d’eau, à 3 heures, hier matin, lundi, au large [500 milles] de l’Ile aux Sables, le tombeau des navires naufragés.

LES TRANSATLANTIQUES ARRIVENT AU SECOURS LONGTEMPS APRES QUE LE “TITANIC” EUT SOMBRE

M. Charles M. Hays, president du Grand Trono, est parmi ceux qui ont heureusement échappé à la mort.—L’anxiété est grande autour du sort de plusieurs Canadiens et Montréalais.—Scènes poignantes aux bureaux de la compagnie White Star.—On sauve les femmes en grand nombre.

La nuit du 15 avril 1912 demeurera longtemps dans les annales de la marine comme celle du plus affreux désastre maritime qu’on ait jamais vu. Le naufrage de la « Bourgogne », celui du « Drummond Castle », sont effacés par cette tragédie horrible qui vient d’enlever d’un seul coup au-delà de 1,208 êtres vivants pour les plonger dans un gouffre glacé aux profondeurs insondables. Les nouveles transmises, hier, par le télégraphe, étaient incorrectes, et l’espoir qu’elles avaient fait naître dans le cœur de tous était trompeur. Le « Titanic », au moment où on l’annoncait sauvé, était déjà au fond de la mer, et presque les deux tiers de ceux qui s’y trouvaient avaient péri. Son sauvetage par le « Virginian » ou le « Parisian » n’était pas exacte, du moins en grande partie, et son retour à New York n’aura jamais lien.

Seul, un message venu du steamer « Olympic », vint consoler un peu ceux qui attendent des nouvelles du malheureux navire. Alors que la première dépêche disait que le « Carpathia » ramenait 675 personnes sauvées, le marconigramme de l’ « Olympic » portait ce nombre à 866, et on craint bien que ce ne soit là que le total des personnes sauvées du naufrage.

Après que le vaisseau en détresse eut lancé ses appels désespérés et que tous les navires qui se trouvaient dans la zone de communication se furent précipités à son secours, il semble qu’un mur de silence se soit élevé entre la scène du naufrage et le monde extérieur. Pas un mot, pas un signe ne parvint aux opérateurs anxieux, qui attendaient des nouvelles du plus gros navire du monde. Le drame eut lieu dans l’ombre, et seuls ses acteurs en furent les spectateurs terrifiés. Quand le secours arriva, le « Titanic » était perdu, coulé dans 1,500 brasses d’eau.

On ose à peine s’imaginer les scènes horribles qui ont dû accompagner cet abandon du navire, à quelques pieds d’une montagne de glace, dans une nuit sombre et par un brouillard intense. Les officiers devaient savoir qu’on pouvait sauver à peine la moitié de ceux que le navire portait. Les femmes et des enfants, d’abord !

Cet ordre dût être obéi à la lettre, car les noms de femmes et de jeunes filles dominent sur les listes partielles transmises par le télégraphe. Mais il fallut séparer les maris de leurs femmes, les frères de leurs sœurs, les pères de leurs enfants ! Qui osera retracer les atroces déchirements de ces adieux sans espoir, de ces séparations sans espérance !

Et ceux qui sont démeurés à bord, sentant le vaisseau s’enforcer peu a peu sous la pression des glaces et par le poids de l’eau qui l’envahissait, ont jete un dernier adieu aux autres, à ceux des chaloupes, qui voyaient couler le géant d’acier et de [illegible], vaincu par le pus imprévu et le plus traître des dangers de la mer.

Sur la côte, toutes les stations télégraphiqeus attendaient vainement des nouvelles. A tous les appareils, un opérateur demeurait l’oreille collée au récepteur, cherchant à percer le mystére qui entourait ce drame; mais les appareils demeurèrent silencieux comme si ceux qui avaient constaté le désastre n’osaient en parler. Ce fut le silence de la mort. Toute la journée ce silence dura, et toute la journée on espéra contre toute espérance. Puis, avec la soirée, on comprit que le plus horrible était encore ignore, et on attendi la liste des morts. C’est seulement un peu plus tard que l’ « Olympic » annonca que 866 passagers se trouvaient à bord du « Carpathia .»

A 2 heures 15, ce matin, le « Virginian » donne à son tour de ses nouvelles par une dépêche courie et laconique. Le capitaine annonce que son navire croise dans les environs du lieu de la giés à son bord. Le « Virginian » doit arrêter à Saint-Jean de Terreneuve et on saura alors à quoi s’en tenir.

Le « Titanic » est enfoncé sous deux milles pieds d’eau, à mi-chemin entre la trop célèbre Île aux Sables et le Cap Race. Sa position, quand il a frappé l’iceberg, était de 41. 16” latitude nord, par 50.14” de longitude ouest. Selon le rapport de « Carpathia » la collision s’est produite à 10 hrs 25 dimanche soir, et c’est à 3 heures du matin que le navire a coulé, et il semble peu probable qu’il ait pu avancer après le choc terrible qui s’est produit.

Le nombre exact des personnes à bord était de 2,180, dont 1,320 passagers et 860 hommes d’équipage.