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L'air

La tornade de Regina

C'est par une journée de chaleur accablante et d'humidité étouffante qu'une tornade a balayé le centre-ville de Regina, au beau milieu des préparatifs pour la fête du Dominion. La tornade a semé la destruction sur une étendue large de trois pâtés et longue de douze pâtés de maisons. Vingt-huit personnes sont mortes, plus de 200 ont été blessées et au moins 2 500 se sont retrouvées dans la rue. En outre, plus de 400 des plus beaux édifices de la ville ont été détruits, y compris des églises, la nouvelle bibliothèque publique Carnegie et les résidences de dignitaires tels que Walter Scott, premier ministre à l'époque, et H.C. Lawson, gérant de la Regina Exhibition.

La tornade a entraîné des pertes financières désastreuses. On a estimé les dommages à 4,5 millions de dollars. Il a fallu à la ville de Regina 46 ans pour rembourser un prêt du gouvernement provincial d'un montant de 500 000 $, dont les intérêts accumulés avaient dépassé un million de dollars. La tornade de Regina a aussi été la catastrophe la plus exploitée sur le plan commercial au Canada, en partie parce que des fonctionnaires de la ville et des hommes d'affaires, qui avaient installé des lits de camp dans les écoles et les parcs, faisaient payer les sinistrés qui venaient y coucher le soir. Ils ont aussi demandé aux propriétaires ruinés des prix exorbitants pour ramasser les débris de leur maison détruite.

Photo, prise vers 1913, montrant la reconstruction de trois maisons après la tornade de Regina de 1912

Source

Gens en train de reconstruire leur maison après la tornade de Regina; photo prise vers 1913

Il s'est passé plusieurs choses étranges ce jour-là, dans la ville de 31 000 habitants. La tornade a soulevé un canot et l'adolescent de 13 ans qui le pagayait sur le lac Wascana (un lac artificiel près de l'Assemblée législative) pour le déposer dans le parc Victoria, 1,2 kilomètre plus loin; le garçon n'a subi qu'une fracture au bras. La tornade a aussi soulevé un agent d'immeuble et son embarcation, sur le même lac, pour les projeter dans une fenêtre du troisième étage d'un bâtiment commercial, causant la mort de l'homme. Tandis que le vent violent aspirait les papiers des classeurs en métal, il épargnait certains coins d'une pièce, et même certains morceaux de meubles; ainsi, les tablettes du haut et du bas d'une bibliothèque sont restées intactes, tandis que la tablette du milieu a été endommagée. L'énorme coupole de l'église baptiste a été arrachée et a roulé jusqu'à deux pâtés de maisons plus loin.

On a décrit généralement la tornade comme un énorme nuage vert en forme d'entonnoir qui, heureusement, avait rétréci lorsqu'il a frappé le centre-ville. C'est sans doute pourquoi il y a eu moins de morts et de dommages qu'il aurait pu y en avoir.

La tornade était accompagnée d'éclairs ramifiés et d'un déluge de pluie verglaçante. Elle était tellement violente qu'elle soulevait des élévateurs à grains et les lançait comme des cure-dents. Elle a aussi démoli la rotonde du chemin de fer du Canadien Pacifique et fait télescoper des mètres de rails.

L'une des conséquences les plus intéressantes de la tornade de Regina a peut-être été la vague de bénévolat que la tragédie a engendrée. Des efforts ont été déployés sur-le-champ pour dégager les personnes prisonnières sous les débris de leur maison. Pendant les quatre heures sans électricité, des bénévoles ont tenu des lampes à l'huile pour éclairer ceux qui fouillaient les décombres des bâtiments démolis ou les médecins qui opéraient les blessés. Parents et amis ont hébergé ceux et celles qui se retrouvaient sans abri et dont la situation était encore plus précaire en raison de la crise du logement causée par le boom économique des cinq dernières années. Les scouts aidaient à transmettre les messages, et des membres du corps médical et des policiers arrivaient d'autres villes pour porter secours. D'énormes quantités d'approvisionnements de secours sont parvenues de partout au Canada pour les familles éprouvées.