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Portrait de studio de William James Topley, Ottawa, octobre 1874

William James Topley
Octobre 1874
PA-067187

Source

ARCHIVÉE - William James Topley : 
Réflexions sur un photographe de la Capitale

Contenu archivé

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Le photographe

Cette biographie de William James Topley a d'abord été rédigée par Andrew Rodger de Bibliothèque et Archives Canada pour le Dictionnaire biographique du Canada Le texte, légèrement modifié pour cette exposition virtuelle, est accompagné d'illustrations et de définitions de termes qui ne faisaient pas partie de la publication originale.

William James Topley est né à Montréal le 13 ou le 27 février 1845. Il était le fils de John Topley, sellier et fabricant de harnais, et d'Anna Delia Harrison. Il épousa Helena (Nellie) De Courcy McDonogh à Yorkville (village plus tard annexé à Toronto) le 15 août 1872; le couple eut deux fils, William De Courcy et un autre fils qui mourut en bas âge, et une fille, Helena Sarah. Topley est décédé le 16 novembre 1930 à Vancouver et fut inhumé à Ottawa.

William James Topley grandit à Aylmer (Canada-Est). Il fut probablement initié à la photographie par sa mère, qui, vers la fin des années 1850, avait fait l'acquisition de matériel à Montréal et l'avait utilisé à Aylmer. Il commença sa carrière dans la ferrotypie et son nom était inscrit dans un répertoire à titre de photographe itinérant au Haut-Canada en 1863, mais lorsqu'il fut embauché par William Notman à Montréal, en 1864, il toucha un salaire d'apprenti. Il s'était installé dans cette ville avec sa mère et le reste de sa famille après la mort de son père, en 1863. Son talent a pu inciter Notman, plus tard, à embaucher ses jeunes frères Horatio Needham et John George comme apprentis photographes.

Notman considérait William James extrêmement compétent comme photographe, mais pensait également qu'il pouvait avoir l'étoffe d'un gestionnaire. En janvier 1868, il confia à Topley, alors âgé de 22 ans, la direction de ses nouvelles installations à Ottawa, son premier studio à l'extérieur de Montréal. Situé dans un bâtiment construit spécialement à cette fin, rue Wellington, en face des édifices du Parlement, le studio attira vite des clients locaux et des notables de passage, notamment les membres du Parlement du nouveau Dominion. Au studio Topley, on photographia tous les premiers ministres, de sir John A. Macdonald à William Lyon Mackenzie King, ainsi que les gouverneurs généraux, du baron Lisgar (sir John Young) à lord Grey. Dès 1872, lorsque Topley devint propriétaire du studio, plus de 2 300 personnes par année venaient y poser, volume qui ne fut dépassé qu'au début du XXe siècle.

En 1875, Topley se brouilla apparemment avec Notman et décida d'ouvrir son propre studio, deux rues plus loin, dans un immeuble d'inspiration italienne opulent qu'il avait fait construire à l'intersection des rues Metcalfe et Queen. Bien que ce bâtiment ait comporté un appartement pouvant accueillir Topley et sa famille, la crise économique qui s'aggravait au Canada rendit cet endroit trop onéreux et, en 1878, Topley avait déjà emménagé dans l'ancienne résidence d'un dentiste, au 104, rue Sparks. Il y demeura jusqu'en 1888, année où il s'installa pour de bon au 132, rue Sparks. Son commerce était probablement prospère à cette époque, mais il ne fit l'acquisition d'une résidence distincte que vers la fin des années 1890.

Notman avait ouvert une succursale à Ottawa parce qu'il voyait en cette ville un marché en croissance. Topley sut tirer profit de ce contexte. Dès la fin des années 1870, il était le photographe officiel du gouverneur général, le marquis de Lorne, ce qui conféra du prestige au studio et attira la clientèle. Les portraits occupaient une grande partie du travail de Topley, mais les panoramas qu'il croqua pour le tourisme, les travaux qu'il exécuta pour des entreprises et ses autres mandats à Ottawa et dans tout le Canada, auxquels s'ajouta un volume de travail considérable pour le gouvernement, représentent des dizaines de milliers d'images. Commandées par le ministère de l'Intérieur, ses photographies de l'arrivée d'immigrants à Québec furent maintes fois publiées et en devinrent ainsi la représentation symbolique.

Ses modes de présentation changèrent au fil du temps : dans les années 1860, la mode avait été aux cartes de visite et aux photographies de taille pratique pour être placées sur des meubles, mais à la fin du siècle et au début du suivant les photographies plus grandes, présentées sur un carton de couleur vert olive foncé sur lequel le nom de Topley était inscrit en relief, étaient des produits très répandus. À l'instar de Notman, Topley produisait des images composites – de grandes photographies qu'il créait en préparant soigneusement la scène, puis en photographiant les sujets selon un angle précis et dans une posture adaptés à cette scène. Toutefois, contrairement à Notman, Topley ne produisit qu'un faible nombre de stéréogrammes, qui constituaient pourtant une des activités principales de nombreux photographes au 19e siècle. Suivant l'émergence de la photographie amateur, Topley garnit son studio d'appareils photo, de pellicules et d'autres fournitures, et fit la promotion de ses services de finition et d'agrandissement de photographies. Autour de la fin du siècle, il créa la Topley Scientific Instruments Company pour vendre des dispositifs optiques, du matériel d'arpentage et des photostats, ainsi que pour fournir le service connexe.

À ses débuts, en 1868, le studio employait trois personnes, mais dès 1874 ce nombre était passé à 14 : des photographes, des copistes, des retoucheurs et des artistes (souvent pour préparer les montages composites et les fonds de scène). La dépression qui suivit obligea Topley à réduire le nombre de ses employés. Par ailleurs, l'adoption du procédé de développement sur plaques sèches dans les années 1880 aurait permis de rendre la production plus efficace sans augmenter le personnel. Au cours des années 1870, Topley employa ses frères Horatio et John; le premier passa au service du ministère de l'Intérieur en qualité de photographe en 1887, mais le deuxième demeura au studio jusqu'en 1908 environ, époque à laquelle il lança son propre commerce.

La vie de Topley semble avoir été empreinte de la sensibilité d'un chrétien évangélique. À partir de ses premiers jours dans la capitale, il fut actif dans le mouvement des écoles du dimanche, à Hull, à Ottawa et ailleurs dans la vallée de l'Outaouais. Dès le milieu des années 1870, il fut responsable de l'école du dimanche à l'église méthodiste Dominion, où il chantait dans la chorale. Actif à la Bible Society d'Ottawa, il joua un rôle prépondérant dans la Young Men's Christian Association, occupant la présidence en 1871 et en 1881, et assumant d'autres tâches au conseil d'administration au fil des ans. Sa participation à la vie communautaire ne se limita pas à l'évangélisme. En effet, il s'intéressa à la Metropolitan Society for the Prevention of Cruelty to Animals et, avec sa femme, il contribua à des œuvres de charité locales. Sa compassion transpire dans certaines de ses photographies; un portrait de Polly, femme détenue à la prison du comté de Carleton, est particulièrement touchant. Il fit partie également du conseil de direction de la Fine Arts Association et fut l'un des membres fondateurs du Camera Club of Ottawa; il avait un bateau sur la rivière Rideau et participait à des parties de chasse à l'automne.

En 1907, le fils de Topley, William De Courcy, prit la direction du studio, mais le père semble y être demeuré actif, peut-être jusqu'en 1918. À cette époque, le studio était beaucoup moins actif que par le passé. Le commerce ferma ses portes en 1923. Topley et sa femme, qui mourut en 1927, passèrent une grande partie de leurs dernières années à Edmonton avec leur fille, Helena Sarah, et leur gendre, Robert C. W. Lett. Ce dernier, employé du Grand Trunk Pacific Railway, a probablement contribué à ce que le nom de Topley soit attribué à une collectivité située sur le réseau de cette ligne ferroviaire, dans le nord de la Colombie-Britannique. Topley mourut à la résidence temporaire d'Helena Sarah, à Vancouver, en 1930.