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Au milieu des années 1860, le photographe montréalais William Notman décida d'étendre ses activités professionnelles à d'autres villes. Il ouvrit sa première succursale dans la ville Ottawa, qui deviendrait la capitale nationale lorsque le dominion du Canada serait constitué en 1867. Notman choisit peut-être de s'installer à Ottawa justement parce que cette ville allait devenir le siège du gouvernement fédéral – il fit construire son studio directement en face des édifices du Parlement.
Notman confia la direction de sa succursale d'Ottawa à William James Topley, qui avait à peine 22 ans lorsque le studio ouvrit ses portes en janvier 1868. Topley avait déjà travaillé au moins deux ans comme photographe professionnel à Aylmer, au Québec, avant de s'installer à Montréal en 1864, où il fut engagé comme apprenti au studio Notman. Topley était non seulement un excellent photographe, mais il avait aussi le sens des affaires. En 1872, il acheta le studio Notman d'Ottawa et l'administra comme une franchise. En 1875, il ouvrit un studio à son nom – un nom qui serait réputé à Ottawa jusqu'à la fermeture du studio en septembre 1923.
Actif durant plus d'un demi-siècle, le studio Topley produisit des centaines de milliers de photographies – de célébrités autant que d'illustres inconnus, de membres de la royauté comme de simples citoyens, de la ville d'Ottawa au fil de son évolution, et d'une bonne partie du Canada. Ce demi-siècle fut témoin de changements considérables dans le domaine de la photographie. Lorsque Topley débuta sa carrière, le processus était à ce point complexe que seul un photographe professionnel pouvait faire de la photo. Les délicates opérations requises pour produire un négatif, soit recouvrir la plaque de verre d'une émulsion, l'exposer et la développer, devaient être effectuées dans l'environnement contrôlé d'un studio. Lorsqu'il ferma ses portes en 1923, le studio fournissait en matériel de toute sorte les photographes amateurs qui prenaient des « instantanés » en appuyant simplement sur le bouton de leur caméra – probablement achetée chez Topley – et qui rapportaient le film au studio pour le faire développer et en tirer des épreuves.
À l'époque où le studio Topley démarra ses activités, la photographie imprimée dans des livres, des magazines ou des journaux n'existait pas. Les appareils photo noir et blanc n'arrivaient pas à saisir correctement l'ensemble du spectre lumineux. Lorsque le studio ferma en 1923, la télévision en était déjà au stade expérimental et la photo couleur était disponible sur le marché depuis une vingtaine d'années.