Mary Riter Hamilton - Traces de Guerre
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Mary Riter Hamilton in front of her quonset hut with her dog, France,
ca. 1919-1922  Courtesy Ron Riter

Mary Riter Hamilton devant sa hutte de fortune avec son chien, France, v. 1919-1922.
Courtoisie de Ron Riter.

LES MARQUES

«Je suis venue parce que je croyais devoir le faire. Si je n’étais pas venue tout de suite, il aurait été trop tard, étant donné que les champs de bataille auraient été effacés et que les lieux où s’est déversé le sang des héros canadiens ne seraient devenus que des noms et des souvenirs. Bien entendu, les grandes réalités de la guerre seraient demeurées et je ne pouvais ajouter rien d’autre que mes tableaux à la nature tragique et à la signification de tout cela, mais il me semblait que quelque chose était menacé de disparaître à tout jamais.
Je ne crois pas que je pourrais revivre cette période et je sais que tout aspect esthétique ou ou digne d'intérêt qui peut transparaître de mes tableaux ne traduit que très sommairement les visions qui me sont apparues à ce moment-là -- des visions qui provenaient de l’esprit des soldats mêmes.»

[Traduction libre d’un extrait d’une lettre de Mary Riter Hamilton à Arthur Doughty, Archiviste fédéral, en date du 27 juillet 1926]

LE DÉFIGUREMENT

«Il est heureux que j’aie pu arriver avant qu’il ne soit trop tard pour obtenir une impression juste de la réalité. Le premier jour, je me suis rendue sur [le Plateau de] Vimy, la neige et le grésil s’abattaient sur le paysage et j’ai été à même de constater ce que les soldats avaient été contraints d’endurer. Si (comme vous le dites et d’autres encore me le disent) mes tableaux sont empreints d’une partie de la souffrance et de l’héroïsme de guerre, c’est qu’à ce moment précis l’esprit des gens qui se sont battus à en perdre la vie flottait dans l’air. Chaque arbre éclaté et bout de terre balafré témoignaient de ces sacrifices. Depuis, la nature a déployé beaucoup d’efforts pour cicatriser ses blessures. D’ici quelques années, chaque trace de cette guerre aura disparu. Avoir pu préserver pour la postérité ce dont ce coin de terre consacré avait l’air par suite des conflits armés demeure un grand privilège et la seule récompense qu’un artiste peut jamais espérer obtenir.»

[Traduction libre d’une parole de Mary Riter Hamilton, au cours d’une interview avec Frederick G. Falla, représentant du McClure Newspaper Syndicate, pour l’édition du 10 septembre 1922]

LES DÉBRIS

«À mon avis, il est heureux que j’aie pu parvenir sur les lieux avant qu’il ne soit trop tard pour obtenir une impression réaliste. La transformation s’opère très rapidement. Même durant le court laps de temps où j’ai été ici, je peux constater un changement considérable. Dans quelques mois, il ne restera plus que très peu de traces de la guerre... Il n’y a absolument rien d’amusant à voir ce pays dévasté. En fait, une tragédie n’y attend pas l’autre.»

[Traduction libre d’une citation de Mary Riter Hamilton, tirée d’une lettre à The Gold Stripe, mai 1919]

LES RUINES

«Je me suis dit que là où nos soldats avaient enduré des conditions tellement plus atroces je pouvais aller aussi, et je suis très fière d’avoir pu -- de façon si modeste soit-elle -- commémorer les actes héroïques de nos forces armées et, en particulier, prêter un appui aux malheureux compatriotes (comme ceux des Amputés de guerre) qui souffriraient toute leur vie durant des affres de la guerre.»

[Traduction libre d’une parole de Mary Riter Hamilton, au cours d’une interview avec Frederick G. Falla, représentant du McClure Newspaper Syndicate, pour l’édition du 10 septembre 1922]

LA RECONSTRUCTION

«Je me rends en Europe pour y saisir sur toile les paysages où un si grand nombre de nos vaillants soldats canadiens ont combattu et perdu la vie, puisque ces tableaux ne peuvent être réalisés avec succès qu’avant le début des travaux de reconstruction de la France et de la Belgique. La capacité exceptionnelle de nos soldats est indéniable et j’appréhende le moment où j’atteindrai les lieux mêmes de leurs exploits héroïques.»

[Traduction libre d’une parole de Mary Riter Hamilton, au cours d’une interview avec Anne Anderson Perry, paru dans Western Women’s Weekly, édition du 1er février 1919]


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