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ARCHIVÉE - Vision photographique du Canada :
La mémoire d'une nation

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Essais

Mosaïque canadienne

Photo montrant une église orthodoxe ukrainienne et un autre édifice plus petit à côté, Canora (Saskatchewan), date inconnue
Église orthodoxe ukrainienne
Canora (Saskatchewan), date inconnue
Photographe inconnu
PA-088549
Source

La diversité du Canada est représentée sur des photos depuis les débuts de la photographie. En 1857, Paul-Émile Miot est devenu le premier photographe à se faire recruter pour accompagner une expédition navale française d'exploration hydrographique. Ses photos des villages de pêcheurs francophones de Terre-Neuve font partie des premiers témoignages en photo du patrimoine culturel du pays.

Lorsqu'on examine les photos historiques liées à l'immigration et à la colonisation, il est important d'aller au-delà de l'image et de se demander pourquoi on a pris certaines photos et qui les a prises. Est-ce que ce sont les gens qui ont demandé qu'on prenne ces photos, peut-être pour montrer le développement de leur communauté dont ils étaient fiers? Ou est-ce plutôt des photographes amateurs qui ont pris des instantanés des immigrants récemment arrivés parce qu'ils avaient piqué sa curiosité? Il est impératif de prendre conscience que des intentions subjectives se cachaient parfois derrière certaines photos, intentions nourries par le photographe ou l'organisation qui lui commandait les images. Découvrir pourquoi certaines photos ont été prises permet d'acquérir une meilleure compréhension de la société canadienne et de la vie des Canadiens et Canadiennes de divers milieux culturels.

L'exemple des dossiers des Chemins de fer nationaux du Canada (CN) sur les nouveaux immigrants illustre bien les intentions subjectives qui motivaient parfois des organisations à commander des photos. Dans les années 1920 et 1930, le CN a créé des dossiers photographiques afin d'illustrer la progression de l'immigration, tel que l'exigeait le gouvernement. Sur ces photos, des familles se tiennent près de la maison qu'ils viennent de construire, symbole de leur réussite dans ce nouveau pays. Ces images devaient servir à convaincre d'autres Européens d'immigrer au Canada. Les dossiers ont par la suite été utilisés à des fins commerciales, car l'établissement d'autres immigrants le long de la voie ferrée augmentait les revenus du CN. Certains chercheurs ont affirmé que le CN avait également eu recours à ces photos pour réfuter la croyance du gouvernement canadien selon laquelle certaines familles photographiées (qui appartenaient, selon les politiques du gouvernement, à des groupes ethniques " non privilégiés ") n'étaient pas de bons colonisateurs. Si l'on en croit cette théorie, les photos ont aussi eu pour fonction de montrer que les immigrants apportaient une contribution importante au développement du pays.

D'autres photos des collectivités culturelles visaient à démontrer le succès de programmes du gouvernement aujourd'hui reconnus comme des erreurs, tel l'internement des Canadiens d'origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Cet épisode est illustré par des documents ambigus et parfois même approbateurs, émis par des sources officielles comme le ministère de la Défense nationale et l'Office national du film.

Dans l'histoire du Canada, l'établissement de différents groupes culturels au pays a été perçu tantôt comme un bienfait, tantôt comme un fléau. L'immobilisation, en 1914, du navire à passagers Komogata Maru, qui avait à son bord des immigrants sikhs remplis d'espoir, ainsi que l'imposition d'une taxe d'entrée aux immigrants chinois sont deux exemples de la réticence des citoyens canadiens et de leur gouvernement à l'égard de ce que nous appelons aujourd'hui le « multiculturalisme ». Cependant, les photographies conservées à Bibliothèque et Archives Canada reflètent aussi l'abandon de cette attitude restrictive. En effet, les photos prises après la Deuxième Guerre mondiale montrent des collectivités culturelles fières et en pleine croissance, ainsi qu'une ouverture d'esprit de la part des Canadiens déjà établis et du gouvernement. Les photos prises par des organismes culturels et des particuliers sont essentielles pour raconter l'histoire de l'immigration et de l'édification des collectivités du point de vue des gens qui ont vécu ces expériences. Même les photos instantanées prises par des amateurs, comme celles des collections de Thomas Shoyama, de Louis Rosenberg, de l'Organisation finlandaise du Canada et de l'Association hongroise du Canada, sont de précieux documents qui apportent un contrepoids aux photographies du gouvernement et d'autres sources officielles.