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ARCHIVÉE - Un voyage littéraire au Canada

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Paysages littéraires

La côte Ouest

Changer le point de vue d'une nation
par Erica Kelly, Université de Western Ontario

Timbre-poste blanc avec illustration en couleurs figurant des arbres sur une rive rocheuse et un drapeau du Canada en haut à gauche

Timbre-poste figurant un paysage côtier à Chemainus (Colombie-Britannique), 16 novembre 2006

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Les habitants de la côte Ouest canadienne s'enorgueillissent d'apporter au reste de la nation un nouveau point de vue : les artistes de la Colombie-Britannique sont à l'avant-garde de l'évolution, établissant des tendances qui passent par la suite vers l'est. Au début des années 1960, des étudiants de l'Université de la Colombie-Britannique ont formé un collectif représentant la scène poétique locale. Frank Davey, George Bowering, Fred Wah, puis Daphne Marlatt et Lionel Kearns, entre autres, font paraître TISH, un magazine qui déclare dans son premier numéro être « obsédé [...] par les possibilités du son ». De tels travaux d'échange issus d'une riche communauté ont donné une grande force aux arts de la scène de la côte Ouest.

La littérature de la côte Ouest incite les lecteurs à considérer les nouvelles perspectives selon le lieu et le moment. Dans son poème intitulé « The Artefacts: West Coast » (1971), Dorothy Livesay écrit : « L'histoire, dit l'enfant / n'a pas de sens / Que puis-je / répondre à cela? » (traduction libre). De nombreux écrits de la côte Ouest traitent de cette question, renvoyant à des faits de l'histoire nationale parfois troublants. Ainsi par exemple, « Call My People Home » (1950) de Livesay et Obasan (1981) de Joy Kogawa témoignent de la relocalisation forcée des Nippo-Canadiens de la côte Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale. Burning Water (1980) de George Bowering conteste l'autorité des historiens et cartographes, tout comme le fait Eden Robinson dans Monkey Beach (2000).

Couverture de livre noire avec titre en gros caractères blancs et un tableau figurant des totems dans un village

Klee Wyck, par Emily Carr, Toronto : Farrar & Rinehart, 1942

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La dynamique scène culturelle de la Colombie-Britannique reflète la richesse et la beauté de la région. Dans son ouvrage intitulé Klee Wyck (1941), la peintre Emily Carr parle de l'esprit de la côte Ouest. Elle manifeste dans ses descriptions son admiration pour l'énergie qu'elle perçoit : « la végétation qui surplombe la plage est luxuriante; la terre regorge d'une telle vitalité que chaque graine émergeant à sa surface germe et éclate » (traduction libre). La côte Ouest présente une géographie et un mode de vie qui inspirent aux résidants une loyauté farouche. Les poètes Jeanette Armstrong, bill bissett, Gary Geddes, Phyllis Webb et Rita Wong, ainsi que les romanciers Jack Hodgins, Audrey Thomas et Ethel Wilson, entre autres, illustrent leurs liens à la côte du Pacifique. Dans cet espace où, aux dires d'Earle Birney, « l'aube est aussi grise que l'aile d'une mouette » (traduction libre), la pluie abonde, comme foisonne la fierté du lieu.