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ARCHIVÉE - Un voyage littéraire au Canada

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Villes littéraires

Fredericton

Le coin des poètes
par Marcel Barriault, Bibliothèque et Archives Canada

En 1783, les réfugiés loyalistes arrivent en Nouvelle-Écosse et bâtissent une colonie le long de la rivière Saint-Jean, sur les ruines de l'ancien village acadien de Sainte-Anne-des-Pays-Bas. La ville porte le nom de Frederick's Town (ville de Frederick), en l'honneur du prince éponyme, fils du roi George III et oncle de la reine Victoria. L'année suivante, la Nouvelle-Écosse donne naissance à la colonie du Nouveau-Brunswick qui prend pour capitale Frederick's Town, devenue Fredericton.

L'un des événements pivot de l'histoire littéraire de Fredericton survient en 1785, lorsque les anciens de la ville fondent l'Université du Nouveau-Brunswick (UNB), la plus ancienne université canadienne de langue anglaise. Le poète et essayiste Jonathan Odell, satiriste et loyaliste, compte parmi les premiers administrateurs de l'université.

Dès sa création, l'UNB encourage la littérature à Fredericton; plusieurs étudiants, anciens élèves et professeurs deviennent des poètes célèbres. De fait, deux des quatre « poètes de la Confédération » - sir Charles G. D. Roberts, surnommé « le père de la poésie canadienne » et son cousin Bliss Carman, connu comme « barde de Tantramar » - ont étudié à l'UNB. Nommé lui-même professeur à l'UNB, Carman forme une nouvelle génération de poètes, dont Francis Joseph Sherman. Très tôt, les œuvres de Roberts, Carman et Sherman confèrent à Fredericton le titre de « coin des poètes ».

En 1945, l'UNB lance The Fiddlehead, le périodique littéraire canadien aujourd'hui le plus ancien. Au fil des ans, plusieurs membres du comité de rédaction sont eux-mêmes devenus des poètes célèbres, tels Alfred Bailey, Elizabeth Brewster, Fred Cogswell et Robert Gibbs. Don McKay, qui a dirigé la revue de 1991 à 1996, a reçu par deux fois le Prix de poésie du Gouverneur général, pour Night Field (1991) et Another Gravity (2000).

Bien que The Fiddlehead ait ses bureaux à Fredericton et qu'elle ait publié les œuvres d'écrivains locaux tels qu'Alden Nowlan et Alistair MacLeod, la revue a aussi fait paraître les premiers travaux de géants nationaux de la littérature, dont Al Purdy, Jay Macpherson et Dorothy Livesay. Fredericton est peut-être le « coin des poètes », mais la ville a aussi activement participé à découvrir des poètes qui vivent en d'autres coins du paysage littéraire canadien.