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ARCHIVÉE - Un voyage littéraire au Canada

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Villes littéraires

Halifax

Une sensation d'histoire
par Christopher J. Armstrong, Université de Chukyo

Timbre-poste de 46 cents blanc avec illustration en couleurs de navires, grandes voiles blanches déployées, dans un port

Timbre-poste intitulé « Halifax. Les grands voiliers », 15 juillet 2000

Source

Fondée en 1749 comme base militaire anglaise, Halifax, que les Micmacs appellent chebookt (grand port), possède une histoire longue et variée. Sue MacLeod y voit « une ville contemporaine qui ne secouera jamais son passé ».

La Halifax coloniale établit rapidement sa réputation littéraire. En 1752, John Bushell fait paraître le premier journal canadien, le Halifax Gazette. Le Novascotian de Joseph Howe devient un forum pour la culture littéraire en émergence au XIXe siècle; Howe publie des œuvres de l'écrivain de réputation internationale Thomas Chandler Haliburton. Il célèbre également la ville et son histoire dans des poèmes tels que « To the Town Clock » et « Melville Island ». D'autres auteurs, notamment Francis Blake Crofton, Mary Herbert, Alice Jones, James De Mille, J. M. Oxley et Margaret Marshall Saunders, contribuent à mieux faire connaître la littérature de la ville en s'inspirant de son riche passé.

Photographie en noir et blanc d'une femme debout, à l'extérieur, tenant un oiseau

Margaret Marshall Saunders, vers les années 1920

Source

Malgré les progrès et changements, l'histoire et ses épreuves reste une source d'identité personnelle et commune. Dans Roger Sudden (1945), Thomas Raddall donne au passé de la Nouvelle-Écosse, avec sa chronique de la fondation de Halifax, des dimensions gigantesques. L'ouvrage moderne intitulé The Nymph and the Lamp (1950) est empreint de nostalgie et d'aliénation urbaine. Si l'expulsion de 1755 façonne l'identité acadienne dans Candyman (1994) de Simone Poirier-Bure, le déracinement d'Africville en 1964 détermine la vision d'écrivains afro-néo-écossais tels que George Elliott Clarke, Sylvia D. Hamilton, Maxine Tynes et Frederick Ward.

Les catastrophes influencent également le caractère de la population. L'explosion survenue à Halifax en 1917 a inspiré de nombreux textes littéraires : « Winter's Tale » (1936) de Thomas Raddall; The Sixth of December (1981) de Jim Lotz; No Safe Harbour (2006) de Julie Lawson et Glass Voices (2007) de Carol Bruneau. Le plus célèbre de tous, Barometer Rising (1941) de Hugh MacLennan, conjugue suspense, réalisme documentaire et contestation sociale; l'auteur se plaint de la collectivité engagée dans la guerre et l'empire, et il fait l'éloge de la beauté et de la diversité du paysage urbain.

Devant la grande diversité qu'offre la ville, des poètes ont tenté de rendre une image globale de Halifax. Bill Howell témoigne de sa population enracinée et tenace dans « Seventeen Forty-Nine »; Leslie Choyce décrit la brume permanente qui enveloppe la ville; Shauntay Grant en chante les rythmes urbains dans « The City Speaks in Drums ». D'autres auteurs, tels que John Wall Barger, Brian Bartlett, Don Domanski, Lorri Neilsen Glenn, Sue Goyette et Matt Robinson, racontent les petits miracles du quotidien dans des quartiers bien définis de Halifax, s'inspirant souvent de la riche histoire de la ville.