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ARCHIVÉE - Un voyage littéraire au Canada

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Villes littéraires

Regina

Une oasis dans les Prairies
par Brooke Pratt, Université de Western Ontario

Timbre-poste de 30 cents blanc avec illustration d'un grand édifice et d'un jardin à la française

Timbre-poste intitulé « Regina, 1882-1982 », 3 août 1982

Source

C'est en 1947 que paraît Sarah Binks de Paul Hiebert, portrait satirique d'une jeune poète affectueusement surnommée « la douce chanteuse de la Saskatchewan ». Dans ce livre de fiction primé, Hiebert dépeint Regina comme « centre tout autant commercial que littéraire et culturel de la province ». Élue en 2004 capitale culturelle du Canada par le ministère du Patrimoine canadien, Regina demeure un important centre de création pour les écrivains comme pour les artistes contemporains.

La ville abrite l'Université de Regina, laquelle publie les revues Prairie Forum et Wascana Review; elle conserve une communauté littéraire active et honore ses résidants les plus talentueux en leur attribuant le City of Regina Book Award. Au nombre des lauréats de ce prix annuel, citons Byrna Barclay, Sandra Birdsell, Michael Trussler et Dianne Warren. Regina a aussi vu naître plusieurs autres écrivains canadiens célèbres, notamment les poètes Tim Lilburn et John Newlove. De plus, la vie théâtrale connaît une activité intense, avec en tête des compagnies de production telles que le Globe Theatre et le Regina Little Theatre.

Photographie en noir et blanc d'une rue et d'immeubles dans une ville

Vue sur la longueur de la rue Scarth depuis l'Hotel Saskatchewan, Regina, vers 1930

Source

Célèbre pour ses parcs construits de main d'homme (dont le plus connu, le Wascana Centre, sert de centre récréatif et culturel), Regina se démarque de la vue sans arbres du paysage environnant des Prairies. De Wandering Rafferty (1972) de Ken Mitchell, qui décrit le quartier des brasseries, à Cyclone (1998) de Julia van Gorder, où l'auteure rend compte des premières années de la ville et de la tornade qui l'a dévastée en 1912, de nombreuses œuvres littéraires font place à Regina. Rink Rat (1949) de Don MacMillan, ouvrage favori des amateurs de hockey, ainsi que les populaires mystères de Joanne Kilbourn écrits par Gail Bowen en sont deux autres exemples.

Malgré leur grande diversité, ces auteurs ainsi que ces œuvres littéraires témoignent de l'incessant désir de capter la réalité de la ville. Pour Edward McCourt, professeur et auteur de Saskatchewan (1968), le premier essai critique d'importance portant sur le régionalisme des Prairies, il faut féliciter les habitants de Regina qui donnent aux étrangers une représentation fidèle de leur ville : « Les Réginois - et c'est là certainement un signe de maturité et un témoignage de grâce - sont heureux de vivre et d'être ce qu'ils sont ».