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ARCHIVÉE - Un voyage littéraire au Canada

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Villes littéraires

Edmonton

Des chevaux, des champs et des centres commerciaux, oh mon Dieu!
par Véronique Dorais, Université de Calgary

Photographie en noir et blanc d'une rue bordée de maisons

Nouvelle banlieue à Edmonton, photographiée par Chris Lund, août 1957

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« De toutes les villes du monde, pourquoi Edmonton? » demande un personnage de Todd Babiak dans The Garneau Block (2006). La réponse est simple : Edmonton regorge d'histoires. Après tout, plusieurs auteurs canadiens populaires, dont Frances Susan Itani et Rudy Wiebe, sont diplômés de l'Université de l'Alberta. Daphne Marlatt et Trevor Ferguson, entre autres, ont participé au programme annuel d'écrivain en résidence. Cet espace urbain qu'est Edmonton est rempli de mythes et d'histoire, depuis la lutte de Rudy Wiebe avec des artéfacts historiques et des faits d'art, dans The Temptations of Big Bear (1973), aux illustrations de banlieues chaotiques, à l'époque de la flambée des prix du pétrole, que donne Ian McGillis dans A Tourist's Guide to Glengarry (2002).

Nulle représentation littéraire n'est aussi mémorable que celle des 800 chevaux en débandade au croisement de l'avenue Jasper et de la 101e Rue, dans The Studhorse Man (1969) de Robert Kroetsch. Aritha van Herk conjugue fiction et géographie dans Places Far From Ellesmere (1990); elle y explore les possibilités mythiques du paysage urbain. Dans The Miss Hereford Stories (1994) de Gail Anderson-Dargatz, Edmonton contraste avec la ville fictive de Likely.

Edmonton est aussi présente dans la poésie canadienne. Dorothy Livesay souligne son lumineux ciel nocturne dans son poème « The Pied Piper of Edmonton » (1971), et Earle Birney voit la croissance de la ville comme un « froncement de sourcils perplexe » dans « North Star West » (1951). Eli Mandel se méfie de la culture urbaine en émergence dans « Edmonton, 1967 » (1973), de même que Norman Sacuta dans « Death of a Scuba Diver at West Edmonton Mall » (2001).

Photographie en couleurs d'un homme, à l'extérieur, avec une clôture, un champ et des arbres à l'arrière-plan

W.P. Kinsella

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Pourtant, le caractère urbain de la ville dérive de son intérêt initial comme cadre historique. Par exemple, Edmonton apparaît dans Box Socials (1991) de W. P. Kinsella, un roman sur le baseball qui célèbre le parc Renfrew (aujourd'hui parc John Ducey). Le Fort Edmonton, devenu musée, retrouve sa fonction originale de poste de traite que la Compagnie de la Baie d'Hudson a destiné au commerce de la fourrure dans The Trade (2000) de Fred Stenson. La voix des Franco-Albertains résonne dans Cantique des plaines (1993) de Nancy Huston, et Henry Kreisel dépeint Edmonton, dans son roman intitulé The Betrayal (1971), comme un lieu de liberté.