HISTORIQUE DES PAROISSES DE

L'ILE DU PRINCE-EDOUARD

PAROISSE DE RUSTICO

St. Augustin

La paroisse de Rustico dans le comté de Queens, à une quinzaine de milles directement au nord de la ville de Charlottetown, est une des plus belles sur la côte nord de l'île du Prince-Edouard.

Il est fort douteux qu'il y ait eu un établissement français à Rustico avant la dispersion. En 1724, Réné Rassicot, d'Avranches en Normandie, était venu se fixer au port Lajoie avec sa famille de sept fils et trois filles. D'aucuns ont prétendu que Réné Rassicot vint un peu plus tard s'établir sur les bords de la "rivière-à-Louis" tout près de l'endroit où se trouve actuellement le moulin de Stevenson, et qu'on aurait donné son nom à la localité. Mais tout cela n'est que conjecture.

D'après tous les renseignements que nous avons pu recueillir, Louis Gallant fut le premier habitant de Rustico. il vint s'établir sur le bord de la "rivière-à-Louis" en l'année 1763. Il fut bientôt suivi de ses trois frères, Jean, Joseph et Bazil et de Jean Pitre qui est l'ancêtre de tous les Pitre de Rustico. Ces cinq familles étaient les seules dans Rustico lors du recensement de l'île par Isaac Deschamps au mois de juillet 1768. Ces cinq familles comprenaient en tout 25 personnes.

Il y avait dix frères Gallant (la famille des dix frères). Ils était fils de François-Haché-Gallant du port Lajoie dont le nom paraît dans le recensement de l'île Saint-Jean fait en 1752 par le sieur de la Roque.

Les Martin, les Doucet, les Blanchard, les Doiron, les Buote, les Pineau, les Leclair, les Blacquière, et les Gauthiers ont dû arrivé à Rustico de 1768 à 1798, car tous ces noms figurent au recensement fait en 1798. D'aucuns venaient des Iles St-Pierre et Miquelon, les autres du Nouveau-Brunswick.

De 1763 à 1772, il n'y eut que deux ou trois missionnaires dans toute l'Acadie. Probablement ils visitèrent l'île, mais nous n'ent avons aucune preuve certaine.

En 1772, l'abbé James MacDonald arriva dans l'île. Jusqu'à sa mort survenue en 1785, il s'occupa des Acadiens de l'île ‘comme de ses ouailles’. Après sa mort, Jean Doucet fut autorisé à baptiser dans toute l'île et à recevoir les consentements de mariage.

De 1785 jusqu'à l'arrivée de l'abbé Angus-Bernard MacEachern en 1790, il n'y eut pas de prêtre résidant dans l'île. L'abbé MacEachern fut seul à desservir les missions de 1790 à 1799.

En 1799, arrivèrent de France les abbés Jacques-Ladislaus-Joseph de Calonne et Amable Pichard. L'abbé Pichard fut le premier curé résidant de Rustico.

En 1803, Mgr Denaut, évêque de Québec visita Rustico. A cause de certaines difficultés entre le prêtre et ses paroissiens, l'évêque envoya l'abbé Pichard dans les missions de la Nouvelle-Ecosse et donna la mission de Rustico à l'abbé de Calonne. A l'automne de 1804, l'abbé de Calonne fut rappelé en Angleterre. Un peu plus tard il revint à Québec. Il mourut aux Trois-Rivières le 16 octobre 1822. Par le départ de l’abbé de Calonne, l'abbé MacEachern se trouva être le seul missionnaire dans l'île de 1804 à 1812.

En 1803, il y avait 52 familles à Rustico, faisant en tout 297 personnes. Une petite église non-achevée et dédiée à Saint Augustin, avait été bâtie vers 1795. Un rude presbytère qui n'avait qu'une seule chambre était tout ce que le Père Pichard put offrir pour héberger l'évêque Denaut et son secrétaire l'abbé Lartigue. Cette église, bâtie "pièces sur pièces" et le presbytère, étaient tout près du vieux cimetière que l'on voit encore sur la ferme de M. Léon Doucet.

L'évêque Denaut, sur les plaintes qui lui avaient été faites contre les habitants de cette paroisse, les repris fortement et les condamna à refaire en neuf et dans une meilleure place leur église et leur presbytère.

Au mois de décembre 1806, l'abbé MacEachern écrivit à l'évêque: "Les Français de Rustico se préparent à bâtir une chapelle le printemps prochain, de 45 pieds de longueur sur 2 pieds de largeur".

Mais au printemps suivant, il y eut des sentiments partagés quant au choix de l'emplacement de la nouvelle église. Les habitants de la rive sud de la "rivière-à-Louis" voulaient l'église de leur côté, tandis que ceux de la rive nord optaient pour le leur. On alla même jusqu'à choisir deux sites et on commença les travaux aux deux endroits. Mais bientôt les gens se ravisèrent, et en vinrent à un arrangement par lequel on choisit le site qu'occupe l'église actuelle.

En 1812, l'évêque Joseph-Octave Plessis fit une visite pastorale en Acadie et lundi le 6 juillet, il arriva à Rustico. La mission dura jusqu'au jeudi. L'évêque trouva qu'on avait assez bien suivi les ordres de son prédécesseur. Une chapelle neuve était presqu'achevée, ainsi qu'un presbytère, et les paroissiens étaient préparés à faire tout ce qui serait exigés d'eux pour mériter la résidence d'un pasteur. L’évêque leur donna donc M. Jean-Louis Beaubien, chargé en même temps de la desserte des autres postes acadiens de l'île, et il exigea deux certaines améliorations tant au presbytère qu'à l'église;. qu'ils promirent de faire sans raisonner, entr'autres, l'abandon, pour l'usage du missionnaire, de 40 acres de terre achetées en commun par quelques particuliers (Jean Gallant, Etienne Gallant, et Joseph Martin). Ce fut en cette occasion que des paroissiens de Rustico consultèrent l'évêque Plessis sur les ‘voix’ qu'on disait entendre dans toutes les chapelles acadiennes de l'île Saint-Jean depuis environ six ans. Ces "voix" étaient tantôt chantantes et tantôt soupirantes et plusieurs personnes s'en trouvaient singulièrement affectés. L'évêque, après avoir entendu là-dessus plusieurs personnes, se borna à leur dire que ces '«voix" n'ayant réellement fait de mal à personne, il importait peu qu'elles cessassent ou continuassent de se faire entendre.

Vers l'année 1815, l'abbé Beaubien ouvrit une école dans le vieux presbytère de la paroisse, et il garda l'instituteur dans sa propre maison. "Je crois, disait-il, que la meilleure manière d'élever la jeunesse dans la piété, c'est de leur donner toute l’instruction possible... faute de meilleur maître, je prendrai un certain jeune homme (François Buote) que j'ai avec moi, qui sait bien lire et écrire et qui a quelques notions de l'arithmétique. Je surveillerai cette école moi-même." D'après les habitants actuels de Rustico, il est de tradition qu'il y a toujours eu des écoles à Rustico depuis cette date.

Le père Beaubien fut missionnaire à Rustico de 1812 à 1818. Alors il s'en retourna dans la province de Québec, où il mourut en 1863.

Son successeur fut l'abbé Joseph-Etienne Cecile, natif de Nicolet. Il arriva à Rustico le 29 septembre 1818.

L'abbé Cecile ne resta que quatre ans à Rustico, et au mois de septembre 1822 il fit ses adieux à ses paroissiens acadiens et repassa dans sa province natale.

Au mois de juin précédent, l'abbé Bernard-Donald MacDonald avait été élevé à la prêtrise. C'est lui qui succéda l'abbé Cecile à Rustico, et à partir de cette date jusqu'à, sa mort en 1859, il se dévoua aux Acadiens de cette paroisse avec un zèle et un amour qui ne se démentirent jamais. Jusqu'en 1828 l'abbé MacDonald eut aussi la desserte de toutes les missions acadiennes. A partir de cette année l'abbé Poirier desservit les missions du comté de Prince; ce qui permit à l'abbé MacDonald de consacrer un peu plus de son temps à ses ouailles de Rustico.

En 1821, l'abbé MacEachern fut consacré évêque dans l'eglise de Saint-Roch à Québec. Il fut évêque du diocèse de Charlottetown jusqu'à sa mort, survenue le 22 avril 1835. Son successeur fut l'abbé Bernard-Donald MacDonald qui fut consacré à Québec le 15 octobre 1837. Il ne voulut pas demeurer à Charlottetown. Il fixa sa résidence à Rustico, et y demeura jusqu'à sa mort, le 30 décembre 1859. L'on peut donc dire que Rustico fut le siège de l'évêché de 1837 à 1859. La première lettre pastorale de Mgr MacDonald est en date de Rustico, le 7 septembre 1837.

L'église actuelle de Rustico fut construite sous la direction du nouvel évêque en 1838, mais l'intérieur ne fut finie que longtemps après. Les bons Acadiens de Rustico étaient fiers de leur nouvelle église, et avec raison, car c'était la plus grande et la plus belle du diocèse à cette époque.

La première ordination à Rustico eut lieu le 8 février 1838; le nouveau lévite était l'abbé James Brady.

La deuxième ordination fut celle de l'abbé Cajétan Miville qui eut lieu le 28 octobre 1841. L'abbé Miville était natif de Saint-Roch-des-Aulnaies, province de Québec.

L'abbé Plus McPhee fut ordonné à Rustico le 18 août 1843.

Au mois de juin 1845, on demandait des soumissions pour l'achèvement de l'intérieur de l'église. Cela nous montre que dans ce temps-là la construction d'une église était un travail de longue haleine pour les pauvres paroissiens.

De 1841 à 1846, l'abbé Miville fut assistant de l'évêque MacDonald à Rustico. Il fut remplacé par l'abbé Charles Boudreault, natif des Iles-de-la,-Madeleine, ordonné à Rustico, au mois de juillet 1846.

Le 9 septembre 1849, eut lieu l'ordination des abbés Thomas Phelan et Thomas Quinn, tous deux natifs d'Irlande.

L'abbé Charles Boudreault fut remplacé en 1849 par l'abbé Mathurin Dabareul. L'année suivante l'abbé Dabareul fut transféré à la cure de Charlottetown et l'abbé Thomas Phelan le remplaça à Rustico. En 1851, l'abbé Daniel MacDonald suivit l'abbé Phelan comme assistant à l'évêque et il eut aussi la desserte de la nouvelle mission de Hope-River. En 1852, l'abbé MacDonald fut transféré à la cure de East-Point et pendant les cinq années suivantes l'évêque MacDonald dut s'occuper non seulement des affaires de son diocèse mais aussi de la cure de Rustico.

De 1857 à 1859, l'abbé Dugald-Stanislaus MacDonald, fut l'assistant de l'évêque, dont la santé était maintenant chancelante. Vers la fin de l'année 1859, l'évêque MacDonald se retira au collège Saint-Dunstan, où il mourut le 30 décembre.

Quelques semaines avant de quitter Rustico, l'évêque MacDonald avait écrit à l'évêque de Québec de lui envoyer un prêtre qui connaissait bien le français pour la desserte des paroisses de Rustico et de Hope-River. Pour réponse l'évêque de Québec lui envoya le père George-Antoine Belcourt. L'abbé Belcourt avait fait ses études au collège de Nicolet et avait été élevé à la prêtrise le 10 mars 1827. Il accompagna Mgr Provencher dans les missions de l'ouest en 1831 où il passa dix-huit ans. Ce fut lui qui publia le premier dictionnaire et la première grammaire dans la langue des sauvages de la rivière Rouge. L'abbé Belcourt arriva à Rustico au mois de décembre 1859. Pendant dix ans il se dépensa au service de cette paroisse. C'est l'abbé Belcourt qui fit construire la grande bâtisse en pierre qui sert encore comme salle paroissiale. Il établit une "Banque des Fermiers" qui fonctionna de 1864 à 1892. Il ouvrit une école supérieure dans l'ancien presbytère et il fit venir un homme bien instruit de Montréal (Jean-Israël Landry) qui y enseigna pendant deux ans. Les matières du programme étaient le français, le latin, le grec, les mathématiques, le plain chant et la musique. Le professeur Landry organisa une fanfare qui pendant bien des années fit l'orgueil de la paroisse, car c'était la seule qu'il y eût alors dans l'île, exception faite de Charlottetown. L'abbé Belcourt choisit 14 des jeunes hommes les mieux doués dans les écoles primaires de la paroisse, et il les fit venir suivre les cours du professeur Landry. Presque tous ces jeunes hommes obtinrent des brevets d'instituteur et se dévouèrent à l'enseignement dans les différentes paroisses acadiennes de l'île. Jusqu'à nos jours c'est la seule école d'enseignement secondaire que nous ayons eu parmi les Acadiens de l'île.

Le carillon de trois cloches au clocher de l'église paroissiale est aussi dû à l'initiative de l'abbé Belcourt. Il organisa une société des paroissiens connue sous le nom de "l'Institut" qui se rassemblait tous les quinze jours; souvent c'était le curé lui même qui donnait soit une conférence soit un discours. Pour encourager la lecture de bons livres, il fonda une bibliothèque

assez considérable, pour laquelle il réussit à obtenir nombre de volumes et un don de mille francs de l'empereur Napoléon III par l'entremise de l'historien Rameau de Saint-Père. Ce court

résumé ne donne qu'un bien faible aperçu du remarquable travail accompli dans cette paroisse par l'abbé Belcourt. Qu'il nous soit permis de suggérer que les paroissiens de Rustico qui ont tant bénéficié de ses initiatives, devraient commémorer d'une manière durable le souvenir de l'abbé Belcourt.

En 1869, l'abbé Belcourt fut nommé curé de l'Etang-duNord, Iles-de-la-Madeleine, et il eut pour successeur à la cure de Rustico M. l'abbé Rodolphe-P. MacPhee. L'abbé MacPhee s'étant retiré en 1888, à cause de sa mauvaise santé, fut remplacé par l'abbé Girard Definance, auquel succéda en 1891, l'abbé Ronald-B. MacDonald. Au mois de mai 1902, l'abbé MacDonald fut transféré à la cure de Souris, et il eut pour successeur à Rustico, le curé actuel, l'abbé Jean Chiasson, D. D.

Le couvent de Rustico fut bâti en 1881, sous la direction de l'abbé R.-P. MacPhee. Ce couvent qui fait maintenant partie du système d'écoles publiques de l'île est sous la direction des soeurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Depuis son arrivée dans la paroisse, l'abbé Chiasson a fait faire de grandes améliorations au couvent et à l'église. C'est aussi sous sa direction que la nouvelle chapelle "Stella Maris" de Rustico-Nord a été construite. Cette jolie chapelle longue de 60 pieds et de proportions élégantes fait honneur aux habitants de ce village qui se trouve à nue distance assez considérable de l'église St-Augustin. Cela leur permet d'assister plus facilement à la messe et à la prière qui est récitée tous les dimanche soirs par un "ancien" du village.

Nombre de familles dans la paroisse ………………………................….220
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse……………………… 204

1926
Naissances ..............…...................................……………37
Mariages …………………………………………………5
Décès …………………………………………........……..18

Soldats enrôlés, guerre 1914-1918---41.

Soldats tués ou morts, guerre 1914-1918: Joseph Doiron, Mathurin Doiron, Christophe Gallant, Rodolphe? Gauthier, Eusèbe Loco, Adrien Pitre, Joseph Martin (7).

Prêtres acadiens natifs de Rustico:

L'abbé F.-X. Gallant, curé de St-Jacques.
L'abbé J.-A.-H. Blacquière, D. D., V. F., Etang-du-Nord, Iles-de-la-Madeleine.
L'abbé P.-C. Gauthier, D. D., curé de Palmer Road.
L'abbé Pierre Pineau, curé à Terreneuve.
L'abbé Pierre-H. Gallant, curé d’Amherst, Iles-de-la-Madeleine.
L'abbé Edgar Gallant, diocèse du Youkon.
L'abbé Clarence Pitre, professeur au Collège St-Dunstan.
L'abbé Dionel Buote, diocèse de Boisé, Idaho.
L'abbé Henri Doiron, diocèse de Boisé, Idaho.
Rév. Arthur Gallant, eudiste, Charlesbourg, P. Q.
Rév. Corneille Pineau, S. J., Montréal, P. Q.

Religieuses acadiennes de Rustico:

Il y a vingt-trois religieuses, dont quinze de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal.

Depuis la fondation de la paroisse soixante-douze instituteurs et 32 institutrices acadiens ont obtenu leurs diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

*photo L’abbé Jean Chiasson, D.D
*photo Église de Rustico

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PAROISSE DE BLOOMFIELD (Anciennement Cascampec)

St-Antoine

D'après une carte de l'île Saint-Jean envoyée par le gouverneur Wilmot de la Nouvelle-Ecosse aux Lords of Trade and Plantations en date du 24 juin 1764, c'est-à-dire six ans après la déportation, il y aurait eu un établissement français à "Kescampeak", avant l'année 1758. Cependant, dans la correspondance aux archives françaises à Paris, il n'y a aucune mention faite d'un village à cet endroit. Ni le recensement de 1768, ni celui de 1798 ne donnent d'habitants pour Cascampec.

D'après le journal de la visite de Mgr Denaut à Malpec, en 1803, il y avait alors 8 familles, soit 65 personnes à Cascampec. Dans le recensement de Malpec, en 1798, parait le nom de Cyprien Gallant et sa famille de 12 enfants, (10 garçons et 2 filles). "Les dix frères de Cascampec": Firmin, Laurent, Paul, Dominique, Prospère, Jacques, Gervais, Cyprien, Urbain et Haxinie. Vers 1801 cette famille émigra à Cascampec. Jean Aucoin, l'ancêtre des Aucoin vint de Philadelphie à bord d'un vaisseau. Germain Poirier et Louis Arsenault vinrent de Malpec vers 1801. Germain Poirier s'en alla demeurer à MontCarmel en 1816. Louis Arsenault est l'ancêtre des Arsenault de Bloomfield. Pierre Bernard qui lui aussi venait de Malpec s'établit à Cascampec en 1802, d'où il passa à Tignish peu de temps après. Ces familles furent les premières qui vinrent s'établir à Cascampec.

Ces premiers colons érigèrent leurs rudes chaumières tout près de la rivière Foxley, sur les fermes occupées actuellement par MM. Bruce Gamble et John-J. Raynor. Peu de temps après leur arrivée ils construisirent une petite chapelle. L'emplacement de cette chapelle se voit encore sur la ferme de M. Bruce Gamble. Tout près de cette chapelle se trouvait un petit cimetière d'environ 50 pieds carrés et entouré d'un mur de pierres qui est encore en assez bonne état de conservation. En 1852, les ossements déposés dans ce cimetière furent transférés au nouveau cimetière près de la deuxième église construite sur la terme actuellement occupée par M. Nicolas Arsenault, à une distance d'environ un mille au nord du premier établissement, et connu sous le nom "Le Village". C'est là que reposent les restes mortels des pionniers de Cascampec.

Les premiers prêtres qui visitèrent Cascampec furent les abbés MacEachern et Pichard. De 1812 à 1822, les abbés Beaubien et Cecile eurent la desserte de cette mission comme d'ailleurs de toutes les autres missions acadiennes de l'île. De 1822 à 1828, l'abbé Bernard-D. MacDonald continua leur bon travail. En 1828, l'abbé S.-E. Poirier fut ordonné et de cette date jusqu'en 1844 il demeura à Tignish et eut charge de toutes les missions acadiennes du comté de Prince. En 1844 l'abbé Peter MacIntyre devint le premier curé résident de Tignish et il eut la mission de Cascampec comme desserte. Pendant quelque temps les abbés Aubry et Quevillon, deux prêtres du diocèse de Montréal furent assistants de l'abbé MacIntyre. Ils s'occupèrent surtout de la mission de Cascampec.

En 1860 l'abbé MacIntyre devint évêque du diocèse de Charlottetown, et la mission de Cascampec eut pour premier curé résident, l'abbé Roy qui eut cri même temps la desserte de toutes les missions de l'ouest du comté de Prince.

En 1865, l'abbé Roy retourna au diocèse de Montréal, et il eut pour successeur à Cascampec, l'abbé Azade-J. Trudelle qui demeurait à Egmont Bay. Au mois de décembre 1868, Cascampec eut de nouveau un curé résident, l'abbé James-Aeneas MacDonald.

Vers cette époque commencèrent à arriver dans cette paroisse plusieurs familles de la paroisse de Rustico. Jusqu'en environ 1880, il en arriva une cinquantaine. Celles-ci s'établirent à l'ouest de Cascampec, à l'endroit connu sous le nom de BloomfieId.

Ce fut sous l'administration de l'abbé MacDonald qu'il fut décidé que puisque la paroisse s'aggrandissait surtout vers l'ouest et que l'ancienne église se trouvait maintenant tout d'un côté de la paroisse, il fallait bâtir une nouvelle église dans un endroit plus central. L'abbé MacDonald acheta donc la ferme sur laquelle se trouve située l'église actuelle de Bloomfield, à une distance d'environ cinq milles à l'ouest de l'ancienne église et au printemps de 1875 commencèrent les travaux de construction.

Au mois d'août 1877, l'abbé MacDonald eut pour successeur l’abbé Nazaire-C.-A. Boudreault. Deux mois plus tard, celui-ci fut suivi par l'abbé Stanislaus-A. Boudreault qui eut aussi la desserte d'Alberton, Brae et St-Marc, Lot 7. L'abbé Boudreault fit fuir l'intérieur de l'église et l'année suivante il commença la construction d'un nouveau presbytère. Aussitôt que ce presbytère fut terminé l'abbé Boudreault vint y demeurer, et de cette époque date l'abandon définitif de la mission de Cascampec.

En 1879, l'abbé Boudreault fut transféré à la cure de Bassin, îles-de-la-Madeleine. Il eut pour successeur à Cascampec, l'abbé Félix-Von Blerk. C'est à cette époque que la vieille église de Cascampec fut transportée à Bloomfield, où elle sert encore comme salle paroissiale. En même temps, l'ancien presbytère de Cascampec fut traîné à travers la baie de Cascampec sur la glace et fut placé près de la nouvelle église d'Alberton, où il servit pendant plusieurs années comme résidence au curé de la nouvelle paroisse.

Au printemps de 1891, l'abbé Blerk dut retourner en Belgique, son pays natal, et pendant quelques mois l'abbé A.-E. Burke curé d'Alberton, eut la desserte de la paroisse. Au mois d'août l'abbé François-Xavier Gallant en fut nommé curé et il eut aussi la desserte de la mission de Brae. L'abbé Gallant fut curé de Bloomfield jusqu'au mois d'avril 1921, lorsqu'il fut suivi par l'abbé Jean Gaudet, le curé actuel.

Sous l'administration de l'abbé Gallant une addition de 90 pieds à l'église fut achevée et l'intérieur de tout l'édifice fut finie en bois; le presbytère et la salle paroissiale furent aussi beaucoup améliorés.

Nombre de familles ,................... ………………………196
Nombre de familles acadiennes ………………………159

1926

Naissances .................. ……………………….38
Mariages . ...............…………......................…10
Décès ................... ………........……………….14


Soldats enrôlés, guerre 1914-1918 ………………………100

Soldats acadiens tués ou morts, guerre 1914-1918: Paul-G. Doiron, George Arsenault, Jérôme Gaudet, Henri-L. Pitre, Théophile-E. Arsenault, Joseph-P. Gallant, Paul Pineau, CorneilleA. Doiron, George Poirier, Arthur-0. Gallant, Thomas Blanchard, Thomas Gotell (12).

Il n'y a pas encore eu de prêtres ou de religieuses de cette paroisse.

Depuis la fondation de la paroisse il y a eu 10 instituteurs et 17 institutrices acadiens qui ont obtenu leur diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

*photos Église St-Antoine et Ste-Anne
*photos Cathédrale St-Dunstan et Église St-Charles

 

PAROISSE DE MONT-CARMEL

C'était en 1812, près de Malpèque, à une place nommée La Fleur, vivaient plusieurs Acadiens, mais les mauvais traitements que leur faisait endurer le Major Compton, joints à la malice et aux insultes des colons anglais, les forcèrent d'abandonner leurs terres et chercher ailleurs une place, éloignée de ces tracasseries et plus en rapport avec leur vie paisible.

Au nombre de ces persécuteurs il y en avait un nommé "Green", qui à cause de ses cruautés fut surnommé « Chien Green ».

Au mois d'octobre 1812, deux familles, savoir Paul Arsenault et Jean-Baptiste Gallant, s'étant embarquées à bord de leurs canots avec leurs familles, longèrent la côte et débarquèrent à une distance de quinze milles au "Grand Ruisseau", aujourd'hui la belle et florissante paroisse de Notre-Dame du Mont-Carmel. L'année suivante Firmin Gallant, dit "Paneau", Charles Richard, Germain Poirier et autres, vinrent se joindre au petit contingent. Comme pour toute autre fondation de ce genre, la souffrance devait en être la base. Ils auront faim, ils seront privés de tous secours religieux pendant quelques années. Mais qu'importe, ils auront au moins le bonheur de vivre en paix. La tradition nous rapporte que pendant le premier hiver le déjeûner, le dîner et le souper se composaient de pommes de terre et de pommes de pré. Maigre menu comparé aux exigences de ce siècle. Ici comme partout ailleurs les Acadiens firent preuve que les beautés de la nature ne leur étaient pas indifférentes, car de tout le littoral parcouru ce qui devait plus tard devenir Mont Carmel, leur parût comme une place idéale pour y planter la croix traditionnelle. En effet, Mont Carmel est beau, son rivage pittoresque, ses côtes accidentées, le murmure des flots qui viennent mourir sur la plage, tout ceci ne symbolisait-il pas la vie mouvementée des proscrits de '55 et '58?

La première église fut bâtie en 1820, petite structure pièces sur pièces 20x26. A l'avenir ce petit sanctuaire sera le confident de leurs chagrins. Ici on viendra demander la force, la consolation, la paix, le bonheur. Ici ils seront plus près de Dieu. Ici seront signés les grands traités contractés entre l’homme et la femme. Il est modeste et pauvre, mais est-ce que le Sauveur n'a pas choisi une étable comme lieu de son premier sacrifice.

Qu'il fait beau revivre dans son imagination ces jours de bonheur. Chaque soir on se rassemble et l'on récite le chapelet et la prière du soir. Le samedi les convoque à la petite chapelle et le chant des "Cantiques de Marseilles" terminé, leur dévotion n'est qu'une préparation pour le dimanche. A défaut de prêtre on chante les principales parties de la messe, L’Ange Gallant, le plus instruit de la colonie, lit à haute voix l'évangile et l'épitre du jour. Les femmes se tiennent du côté de l'épitre et les hommes du côté de l'évangile.

Cependant ce petit essaim se multiplie. En 1827, aidés des sages conseils de Monseigneur Bernard McDonald, ils élèvent un nouveau temple au Seigneur, 40x33. En 1844, le Rev. Monsieur S. E. Poirier y ajoute une allonge de vingt-trois et demi pieds.

Jusqu'à 1820 il n'y avait pas eu d'église. En cette année sieur Thomas Richard et son épouse, Suzanne Aucoin, donnèrent à la mission un lopin de terre dont une partie devait servir pour çimetière; sur l'autre on construisit une chapelle. Nous possédons dans les registres de cette paroisse le contrat signé par sieur Thomas Richard et sa digne épouse. Ce contrat est écrit de la main du Père Cecile.

De l'arrivée de la petite colonie jusqu'à 1820, ces braves pionniers devaient marcher à St-Jacques Egmont Bay pour assister aux rares sacrifices de la messe qui s'y célébraient, Désormais le Père Cecile les visitait de temps en temps jusqu'à 1822.

En 1823 apparaît un autre missionnaire non moins saint, non moins zelé que l'était le saint homme Cecile, le Révérend Bernard McDonald, qui plus tard devint le deuxième évêque du diocèse. Pendant six ans il visitera la mission, entendra les confessions, pendant six ans il sera leur médium, leur conseiller et leur juge.

Dans ses voyages nombreux et périlleux de Rustico à Tignish, le Père Cecile avait rencontré le jeune Sylvain Ephraim Poirier, fils de Pierre la Grande Couette, neveu de Germain Poirier, un des premiers fondateurs de la paroisse de Mont Carmel. En 1819 le jeune Poirier quittait Tignish pour se rendre au collège de Nicolet. Que de prières ferventes, que de supplications pressantes les Acadiens de l'Ile adressèrent à Dieu, qu'il leur tardait de voir poindre l'aurore du jour où il leur serait donné de voir un des leurs gravir les degrés sacrés de l'autel.

La prière du juste n'est pas sans récompense. Le 28 juin 1828, dans l'église St-André, le jeune Poirier recevait de Sa Grandeur Monseigneur MacEachern l'onction sacerdotale.

Immédiatement il part pour son champ d'opération. C'est ainsi qu'en novembre 1828, nous le voyons à Mont Carmel, et il en demeure le missionnaire jusqu'à 1860. Mont Carmel est encore une mission en 1844, lorsqu'il fait ajouter à l'église une allonge de vingt-trois et demi pieds.

En 1860, le Rev. Joseph Quevillon, curé de Miscouche, a charge des âmes. En 1869 le Rev. M. S. E. Poirier est nommé le premier curé de la paroisse, et pendant dix ans, malgré la maladie, malgré son âge avancé, il accomplit ses devoirs de prêtre avec tout le zèle et toute la pompe que l'Eglise déploie dans ses différents offices. En 1879 il se retire du service actif, et le 3 août 1887 il reçoit la récompense de ceux qui ont combattus les bons combats.

Pendant la desserte de la paroisse par le Rev. Joseph Quevillon, on construisit un couvent à Mont-Carmel. Plus tard cette bâtisse fut transportée à Summerside et aujourd'hui elle sert de presbytère au curé de cette place.

Avec la disparition du Père Poirier, Mont-Carmel tombe au rang de mission. De 1879 à 1887 le Rev. N. C. A. Boudreault, curé de Miscouche, dessert la paroisse. De octobre 1887 à octobre 1888, Mont Carmel redevient paroisse, ayant pour curé le Rev. E. V. Boyde.

Etant devenue mission en 1888, le curé de St-Jacques Egmont Bay, le Rev. S. Boudreault, prend charge et, pendant cinq ans il se dépense pour leur avancement spirituel et matériel. En septembre 1893, le Rev. J. P. McGrath prend charge de la paroisse comme curé et malgré sa santé chancelante, il opère des merveilles. En novembre 1894 sa santé faisant défaut il dut prendre un repos. De nouveau Mont Carmel tombe au rang de mission, mais cette fois elle aura deux guides spirituels, savoir le Rev. S. Boudreault, curé de St-Jacques et le Rev. John A. McDonald, curé de Miscouche.

Déjà en 1892 le Rev. S. Boudreault voyant que l'église était trop petite pour la population qui augmentait visiblement, avait commencé à prélever des souscriptions volontaires. Son successeur, le Rev. J. P. McGrath, marche sur les mêmes traces, et le Rev. J. A. McDonald continue à augmenter les fonds de réserve de l'église, et lorsqu'en 1896 on remet entre les mains du curé actuel, le Père Arsenault, les argents accumulés, on constate que la somme de $6,000 est en dépôt dans les banques.

Désormais Mont Carmel demeura paroisse. Arrivé en octobre 1896, Monsieur le curé convoque une assemblée générale des paroissiens afin de prendre des mesures pour la construction d'une nouvelle église. Cette fois, ce n'est pas une église pièces sur pièces, mais une église en briques et aux proportions élancées. Monsieur R. P. Lemay, architecte de Québec, en élabore les plans dans l'hiver 1897. On bèche la glaise nécessaire pour la fabrication de la brique.

Le contrat de la fabrication de la brique fut donné à M. John McLure.

Le 5 juillet 1898, sa Grandeur Monseigneur J. C. McDonald, accompagné des Révérends Messieurs

Dougald McDonald,
Stanislas Boudreault,
John A. McDonald,
S.-J. Arsenault,
A.-D. Cormier,
P.-C. Gauthier,
Laughlin McDonald, Pose et bénit la pierre angulaire.

Le Rév. A.-D. Cormier, C. S. C., du collège St-Joseph, Memramcook, donne le sermon en français, tandis que le Rév. JohnA. McDonald, curé de Miscouche, prêche en anglais.

Le premier janvier 1899, Sa Grandeur Mgr J.-C. McDonald, accompagné d'un nombreux clergé, bénit le nouveau temple sous le vocable de Notre-Dame du Mont Carmel. A cette occasion, le Rév. P.-C. Gauthier, D. D., curé de Palmer Road, fait le sermon de circonstance.

Dimensions: 140x60 pieds. 450,000 briques sont employées dans sa construction.

En 1905, les paroissiens se décidèrent de loger leur curé. Immédiatement Monsieur Lemay de Québec, envoie les plans du presbytère. On manufacture 17,000 briques et en 1906 Monsieur le curé prend possession de sa nouvelle résidence.

Le 27e jour de décembre 1908, Sa Grandeur Mgr McDonald, accompagné de douze prêtres, fait la dédicace de l'église qui maintenant achevée n'en cède en rien à aucune église dans les provinces maritimes.

Déjà on avait élevé à la gloire de Dieu, trois magnifiques temples, mais jusqu'à présent Mont Carmel n'avait pas donné de prêtre aux services des saints autels. Ce bonheur nous était réservé pour le centenaire de la fondation de la paroisse.

En effet, le 12 mai 1912, Monseigneur E. A. Latulippe, évêque de Catène, vicaire apostolique de Témiscamingue, élevait à la dignité de ministre des autels Arsène-J. Arsenault, arrièrepetit-fils de Paul Arsenault, fondateur de la paroisse en 1812. Cette fête, fait époque dans les annales de la paroisse. Avec Monseigneur étaient présents Mgr James Morrison, administrateur du diocèse, Mgr D.-M. McDonald, curé de Tignish, les RR. S. Boudreault, Jean Chiasson, D. D., John-A. McDonald, F.-X. Gallant, P.-C. Gauthier, D. D., M. Monoghan, D. D., E. Thériault, secrétaire de Sa Grandeur, J.-S. Gallant, Jean Gaudet,

Théodore Gallant et A. Landry.

Nombre de familles dans la paroisse ……………………………………110
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse ... ………………..….110

1926

Naissances …………………………………………………………....…23
Mariages ...............…………………………. ...........................................5
Décès ......……………….................……...................................................2
Soldats enrôlés, guerre 1914-1918 ……………………………………..38

Soldats tués ou morts, guerre 1914-1918: Albini Arsenault, François Arsenault, Joseph-J. Arsenault, Arsène Gallant, Augustin Gallant, Arthur Gallant, Augustin Gallant, Dosithée Richard, Sylvère Richard, Béloni Poirier. (10)

Prêtres natifs de la paroisse: L'abbé Arsène Arsenault, professeur à l'Université d'Ottawa, l'abbé Alphonse Arsenault, professeur à l'Académie St-Pierre, Iles de la Madeleine, Rev. Augustin Arsenault, C. S. S. R., Ste Anne de Beaupré, P. Q.

Religieuses de Mont Carmel: Il y a 21 religieuses de la paroisse.

Depuis la fondation de la paroisse, 5 instituteurs et 18 institutrices ont obtenu leurs diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

(Cet historique est emprunté au "Premier Centenaire de la Paroisse de Mont Carmel (1812-1912)". Il nous fait plaisir de remercier l'auteur, l'abbé Pierre-P. Arsenault, pour nous avoir donné la permission de le reproduire.)

*photo Chapelle Stella Maris
*photos Rév. Arthur Gallant et L’abbé Pierre Pineau

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PAROISSE DE MISCOUCHE (Anciennement Malpec)

St. Jean-Baptiste

Lorsque les survivants de l'ancienne paroisse de Malpec revinrent de l'exil, ils s'établirent sur les lots 16, 17 et 19. Bientôt après leur arrivée ils construisirent une petite église "pièces sur pièces", sur le lot 19, tout près du petit cours d'eau que les Acadiens de Miscouche appèlent encore "la rivière Platte".

En 1772, lorsque l'abbé James MacDonald visita cet endroit, ce fut dans cette petite église qu'il dit la messe. L'abbé MacDonald passa l'hiver de 1773 dans ce village parce que c'était le seul établissement dans l'île qui eût une chapelle à cette époque. Pendant treize ans, jusqu'à sa mort en 1785, l'abbé MacDonald s'occupa d'une manière spéciale de cette mission.

En 1790, l'abbé Angus-Bernard MacEachern arriva dans l’île et lui aussi se dévoua pendant bien des années au bien spirituel des Acadiens de cet endroit.

Vers 1796, une nouvelle église "longue d'environ 40 pieds", fut bâtie près de la première. En 1806, on la traîna à une distance d'environ un mille et demi plus au nord dans la direction de l'église actuelle, à un endroit connu sous le nom du "Pavillon", résidence du colonel Compton, seigneur de Malpec. Le petit presbytère fut laissé sur son ancien emplacement près de la rivière Platte.

De 1799 à 1804, ce furent les abbés Pichard et de Calonne qui desservirent cette mission.

En 1803 lors de la visite de Mgr Denaut, évêque de Québec, il y avait 235 Acadiens à Malpec. Durant sa visite, Mgr Denaut confirma 262 Acadiens, mais un bon nombre de ceux-ci venaient des nouvelles missions de Tignish et de Cascampec.

En 1812, Mgr Plessis visita cette mission. Dans le journal de sa visite nous lisons: "Les Acadiens de Tagumiche (Tignish), du Cap Kildare (petit Tignish) et de Cascampec, lesquels réunis à ceux de Malpec, font un total d'environ 100 familles". "Ce déplacement inutile de l'église (dont mention plus haut), l'incertitude de la propriété du terrain qu'elle occupe, le défaut de presbytère et d'un circuit de terrain pour la commodité du prêtre, furent les causes qui empêchèrent l'évêque d'y laisser M. Beaubien, comme il se l'était proposé". L'abbé Beaubien fut donc placé à Rustico, et il eut la desserte de la mission de Malpec.

En 1818, l'abbé Cecile succéda l'abbé Beaubien à la cure de Rustico et il desservit toutes les missions acadiennes de File jusqu'à l'année 1822.

Dans les premiers temps de l'établissement des Acadiens sur le domaine du colonel Compton, il s'était montré très bien disposé envers ses tenanciers, niais au bout de quelques années les relations devinrent très tendues; si bien que vers 1799 et 1800, un grand nombre de familles quittèrent Malpec et allèrent se fixer à Tignish et à Cascampec. En 1812 et 1813 encore d'autres émigrèrent à Mont-Carmel et à Egmont Bay. Cependant, peu de temps après cette émigration le colonel Compton, craignant que toutes ses terres allaient être abandonnées par ses tenanciers, commença à se montrer plus conciliant, et lorsque les Acadiens lui proposèrent d'acheter la partie ouest du lot 17, il se rendit à leur demande.

Le 28 septembre 1816 fut signé le contrat de vente par lequel les Acadiens de Malpec devinrent les propriétaires de 6000 acres, c'est-à-dire les terres des villages actuels de Miscouche et de St-Nicolas. Le prix payé était de 625 livres. Sur le document au greffe de Charlottetown, nous lisons les noms suivants: Raphaël Gaudet, Antoine Poirier, François Gaudet, Basile Poirier, Isidore Poirier, Charles Poirier, Jean Pineau, Laurent DesRoches, Benoni Poirier. On fit immédiatement la division de cette terre entre les familles acadiennes de Malpec. De cet achat date la nouvelle paroisse de "Belle-Alliance" (nom qui malheureusement était voué à l'oubli), aujourd'hui Miscouche.

Pendant quelque temps on continua d'aller à la messe à l’église au "Pavillon", mais comme tous les "amis" avaient quitté l'endroit on y allait à regret et le coeur gros des souvenirs d'antan, de sorte que pendant l'été de 1819 on transporta la vieille église près du site de l'église actuelle et au mois de juillet l'abbé Cecile y dit la messe pour la première fois. De l'ancien emplacement il ne reste plus aucune trace, mais le vieux cimetière est encore conservé sur la ferme de M. Ollie McCormack à Ste-Hélène.

Après le départ de l'abbé Cecile en 1822, l'abbé Bernard-Donald MacDonald, le premier prêtre natif de l'île, eut la desserte de toutes les missions acadiennes jusqu'en l'année 1828. Il demeurait à Rustico et à Miscouche.

En 1823, l'abbé MacDonald dit la messe de minuit de Noël dans une nouvelle église qu'on venait d'achever. Cette église qui à l'époque de sa construction, était la plus grande et la plus belle de l'île, sert aujourd'hui comme salle paroissiale.

Le successeur de l'abbé MacDonald fut l'abbé Sylvain-Ephrem Poirier, le premier prêtre acadien de l'île, élevé à la prêtrise l'année précédente. Il eut charge de toutes les missions acadiennes du comté de Prince, avec résidence à Tignish.

En 1844, l'abbé Peter MacIntyre fut nommé curé de Tignish et des missions voisines, et l'abbé Poirier vint demeurer à Miscouche. Il eut aussi la desserte de Mont-Carmel et Egmont-Bay.

A l'automne de l'année 1860, l'abbé Poirier après trente-deux ans de labeurs dans les missions acadiennes du comté de Prince se vit obliger de se retirer par raison du mauvais état de sa santé. L'abbé Roy, curé de Cascampec, eut charge de Miscouche jusqu'au printemps suivant, et alors l'abbé Joseph Quevillon du diocèse de Montréal fut nommé curé de Miscouche avec la desserte des missions de Mont-Carmel et Egmont-Bay.

Au mois de septembre 1864, eut lieu l'ouverture du nouveau couvent de Miscouche, bâti sous la direction de l'abbé Quevillon. Il fut placé sous les soins de trois soeurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Cinquante élèves furent inscrites sur les registres.

En 1869, l'abbé Ronald-B. MacDonald suivit l'abbé Quevillon à, la cure de Miscouche.

Au mois de mars 1879, l'abbé MacDonald eut comme successeur l'abbé Charles-Nazaire-Antoine Boudreault qui fut curé, jusqu'à sa mort, survenue le 5 janvier 1889. Son successeur fut l'abbé John-A. MacDonald qui fut remplacé au mois de juin. 1905, par l'abbé Martin Monaghan, le curé actuel.

L'église actuelle fut construite en 1890 sous la direction de l'abbé John-A. MacDonald. Ce fut aussi l'abbé MacDonald qui fit construire le presbytère actuel en 1891.

En 1922, M. l'abbé Monaghan fit faire des réparations importantes au couvent et y ajouta une allonge de plusieurs pieds. Ces améliorations qui ont coûtées près d'une vingtaine de mille piastres en font un des plus beaux couvents du diocèse.

L'abbé Monaghan a aussi fait bâtir une chapelle dans le village de St-Nicolas. Plusieurs fois par année, l'abbé Monaghan va entendre les confessions et dire la messe dans cette chapelle qui se trouve à une distance d'environ cinq milles du village de Miscouche.

Nombre de familles dans la paroisse ……………………………………………..118
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse………………………………… 86

1926

Naissances ............... ………………………………………………….20
Mariages ................. ………………………………………………..…6
Décès ............ ……………………………………………....................6

Soldats enrôlés, guerre 1914-1918. Environ 40.

Soldats tués ou morts: Frank Gaudet, Hcetor Gallant, Phiîé-as DesRoches, Joseph-G. DesRoches, Antonin Gaudet (5).

Prêtres acadiens natifs de la paroisse:

L'abbé J.-Nazaire Poirier.
Religieuses acadiennes de la paroisse:
Il y a douze religieuses acadiennes de cette paroisse.

Depuis la fondation de la paroisse, 12 instituteur et 23 institutrices acadiens, ont obtenu leur diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

 

*photo Église St-Simon et St-Jude
*photos Église Immaculée-Conception et
Église St-Alexis

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PAROISSE DE TIG NISH

St-Simon et St-Jude

Dans l'automne de 1799, huit familles acadiennes quittèrent Malpèque, et longeant la côte en canots, arrivèrent, après d'innombrables difficultés, au ruisseau du Grand Tignish, près de l'endroit où se trouve actuellement le brise-lames. Tignish n'était pas un village sauvage lors de l'arrivée des premières familles acadiennes comme l'ont prétendu quelques-uns. Des témoignages qu'on ne saurait contester démontrent qu'il n'y avait jamais eu de village sauvage dans cette partie de l'île. Il est vrai que souvent, quelques-uns de ce peuple nomade, venant du cap des Nez, où ils avaient un campement, s'y arrêtaient après avoir doublé le cap Nord en canots, en route pour l'île des sauvages et Malpèque, mais ils n'y étaient jamais restés. La forêt était encore vierge lors de l'arrivée des Acadiens et e premier arbre qui fut abattu, tomba sous les coups de la hache du jeune Pierre Chiasson, âgé, alors, de treize ans. Le jeune Pierre était petit-fils de Jacques Chiasson, (Moyen), qui faisait partie des huit familles qui arrivaient. Quoique la saison fût avancée, les colons se mirent à l'oeuvre, se bâtirent des maisonnettes et s'installèrent dans ces nouveaux établissements élevés à la hâte pour y passer l'hiver. Ayant apporté une quantité suffisante de provisions pour leur servir jusqu'au printemps, les fondateurs de Tignish passèrent leur premier hiver assez confortablement.

Au printemps de 1800, sept autres familles vinrent se joindre à celles qui étaient venues l'automne précédent. C'est alors que commença le défrichement des terres de Tignish; ce fut le berceau de cette paroisse qui est aujourd'hui l'une des plus importantes de l'île du Prince Edouard.

En 1801, les colons érigèrent la première église qui ait existé à Tignish. C'était une bâtisse "pièces sur pièces", longue de trente pieds et large de vingt-cinq, dont le toit était couvert en bardeau attaché avec des chevilles de bois d'érable.

Ce modeste temple servit aux exercises religieux de la jeune paroisse pendant vingt-cinq ans. Rarement favorisés de la visite d'un missionnaire, chaque dimanche les fidèles s'assemblaient dans la petite église et le plus "savant" d'entre eux agissait comme "prieur". La prière du matin s'y faisait en commun; on lisait l'épître et l'évangile du jour et on chantait le Kyrie, le Gloria et le Credo. L'exercice se terminait par l'Angelus que l'on récitait et dont on chantait le cantique auquel prenait part toute la congrégation. L'office terminé, on restait sur le terrain de la petite église en attendant les vêpres qui avaient lieu une heure après la prière. Dans l'intervalle les enfants étaient réunis dans l'église pour le catéchisme.

En été, les femmes qui pour la plupart portaient le sabot, laissaient leurs chaussures à la porte afin d'éviter le bruit qu'elles auraient causé en marchant dans l'église avec ces souliers de bois. A défaut de cloche, une conque --espèce de porte-voix-servait à appeler les fidèles. Tout près de l'église se trouvait une autre petite bâtisse qui servait de presbytère à l'occasion des rares visites d'un prêtre, et en son absence, était utilisée comme maison d'école. Le premier maître d'école qui y enseigna, fut André Dau. Les livres en usage étaient le "Pensez-y-Bien", "L'instruction de la Jeunesse" et le Catéchisme.

On peut difficilement se former une idée des difficultés sans nombre qu'eurent à surmonter les premiers habitants de Tignish pour pourvoir à leurs besoins spirituels et temporels pendant les premières années de la paroisse. Avait-on besoin d'une hache, ou voulait-on faire moudre quelque grain, il fallait faire un voyage d'au delà de cinquante milles en canots ou en raquettes pour satisfaire ce besoin. Un mariage se présentait-il, on était obligé bien souvent, d'aller jusqu'à Rustico, distance de quatre-vingt milles pour y trouver un prêtre. Lorsque en 1803, Mgr. Denaut visita l’île et que Mgr. Plessis y vint en 1812, les fidèles de Tignish eurent à se rendre à Malpèque en canots, et y menèrent leurs enfants pour leur faire recevoir le sacrement de la confirmation. En face de toutes ces difficultés, la jeune colonie vivait dans un état de contentement comme si elle eût tout à souhait. De nouvelles familles venant de Rustico et de Malpèque, de temps à autre, augmentaient graduellement le chiffre de la population; la paroisse se développait et prospérait.

Les premiers missionnaires qui visitèrent Tignish furent les abbés de Calonne et Pichard (1799-1803). Après leur départ la population catholique de l'île entière fut sous les soins de l'abbé Bernard MacEachern qui plus tard fut le premier évêque de l'île. Il vint à l'île en 1790. En 1812 le Père Beaubien qui accompagna Mgr Plessis lors de sa visite épiscopale, resta dans l'île et fut chargé des missions françaises. Le Père Beaubien resta six ans dans l'île. En 1818, il fut remplacé par l'abbé Cecile qui s'en retourna à Québec en 1822. Dans cet intervalle, le Père MacEachern ayant été élevé à la dignité épiscopale comme premier évêque de l'île, le Père Bernard MacDonald, le premier insulaire admis aux fonctions du sacerdoce, avait la charge de toutes les missions de l'île. Six ans plus tard, en 1828, le premier Acadien de l'île, le Rev. Sylvain-Ephrem Poirier fut ordonné prêtre et eut la desserte de toutes les paroisses françaises du diocèse nouvellement créé. L'église que les premiers colons avaient bâtie immédiatement après leur arrivée à Tignish étant devenue trop petite pour satisfaire aux besoins de la paroisse qui avait déjà pris des proportions considérables, une autre plus spacieuse -ayant une longueur de soixante pieds sur quarante-cinq de largeur fut commencée en 1826 et complétée sous les soins du Père Poirier, qui en même temps, fit bâtir un presbytère. L'église a été depuis transportée sur le terrain de l'église actuelle et est utilisée comme maison d’école et salle publique.

Après la mort de Mgr. MacEachern en 1835, le Père Bernard MacDonald lui succéda comme deuxième évêque de l'île. Le Père Poirier se trouva alors seul à desservir les différentes missions qu'il y avait entre Tignish et Miscouche. Plusieurs années plus tard il fut définitivement transféré à la cure de Mont-Carmel, où il exerça les fonctions sacrées jusqu'au jour où, perdant l'usage de ses membres fatigués par l'excès de ses travaux apostoliques, il dut enfin se retirer du saint ministère et attendre le jour de la récompense.

En 1844, Tignish eut, pour la première fois, un curé permanent dans la personne de l'abbé Peter MacIntyre qui dirigea la paroisse pendant seize ans.

Pendant les premiers dix-huit mois qui suivirent l'arrivée du Père MacIntyre à Tignish, la paroisse passa par une violente agitation. En proie, depuis plusieurs années au pouvoir tyrannique du propriétaire James-H. Peters, les habitants, rendus à bout de patience d'être ainsi harassés, résistèrent et refusèrent de payer rente davantage. Le Père Maclntyre, tout en reconnaissant l'injustice des lois iniques exercées par le propriétaire contre la population, condamna néanmoins les moyens auxquels avaient eu recours ses paroissiens et les avertit Au danger auquel ils s'exposaient; mais le Pasteur ne fut pas entendu. Or. dut céder à la fin sans avoir rien gagner, et lorsque la rigueur des lois s'abattit sur son peuple ce fut le Père MacIntyre qui fut leur protecteur et leur intercesseur.

Une dizaine d'années après ce soulèvement (1875) la législature du jour passa une loi obligeant les propriétaires de vendre leurs terrains au gouvernement qui les revendit aux habitants à des conditions aisées.

La deuxième église de Tignish étant devenu trop petite pour la paroisse qui comptait alors près de trois cents familles, le Père MacIntyre en fit bâtir une plus spacieuse. C'est l'église actuelle.

La nouvelle église, bâtie en brique fabriquée dans la paroisse même, fut commencée en 1859, sous la direction de P.-C. Kielly de New-York. Mgr. MacKinnon évêque d'Antigonish, N. E., en bénit la pierre angulaire, et Mgr Connolly, archevêque d'Halifax en fit la consécration le 19 août 1860, quatre jours après que le Père MacIntyre eut été appelé à la dignité épiscopale. Ce superbe édifice a une longueur de cent pieds sur soixante-deux pieds de largeur, et passe pour un des plus beaux du diocèse.

Le Père MacIntyre devenu évêque, nomma le Père Dugald, M. MacDonald son successeur à la paroisse de Tignish. Au bout d'un an, le Père MacDonald, appelé à la mission de Saint-Colomban, Pointe de l'Est, fut remplacé par l'abbé Dougald Maclsaac qui desservit la paroisse jusqu'en 1867. Après le départ de l'abbé MacIsaac, le Père Dougald MacDonald revint et en a été le curé jusqu'en 1924. Son successeur fut l'abbé G.J. MacLellan, le curé actuel.

Immédiatement après son arrivée en 1867, le Père MacDonald fit achever le couvent commencé par le Père MacIntyre. Ce couvent bâti en brique, est long de 75 pieds et large de 32 pieds, et à trois étages et demi. Cette institution ouverte en 1868, est sous la direction des Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame (de Montréal). Les trois fondatrices furent les Soeurs Ste-Marie-Antoinette, St-Adélard et St-Joseph de Nazareth.

En 1872, M. l'abbé MacDonald fit bâtir le presbytère actuel, résidence princière qui fait l'admiration de tout le monde. Un orgue au prix $2,400 et un chemin de croix de $600 ont été placés dans l'église. Les décorations, à l'intérieur de l'église ont été exécutées par M. Meloche, artiste, de Montréal, au prix de J6000. En 1896, M. l'abbé J.-S. Turbide, qui est décédé aux Ilesde-la-Madeleine au mois d'avril dernier, fut nommé vicaire à M. l'abbé MacDonald. En 1899, M. l'abbé Turbide fut appelé à la cure de Hâvre-aux-Maisons, Iles-de-la-Madeleine.

Nombre de familles dans la paroisse ……………………………………..380
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse……………………… 228

1926

Naissances …………………………………….. 69
Mariages …..……………………………………14
Décès ……….......………………………………40

Prêtres natifs de Tignish:

L'abbé Sylvain-Ephrem Poirier, (décédé).
L'abbé Jean Chiasson, D. D., curé de Rustico.
L'abbé Pierre-P. Arsenault, curé de Mont-Carmel.
L'abbé Jean Buote, curé de Hâvre-aux-Maisons, Iles-de-laMadeleine.
Religieuses de Tignish:

Il y a quinze religieuses natives de cette paroisse.

Depuis la fondation de la paroisse douze instituteurs et vingt institutrices ont obtenu leurs diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

(L'historique de cette paroisse est emprunté à "L'Impartial Illustré" (1899). Remerciements à Mme F.-J. Buote pour permission de reproduire.)

*photos L’abbé Henri Doiron, Dionel Buote et Clarence Pitre
*photos L’abbé André Arsenault, Jean Buote et Alphonse Arsenault

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LA PAROISSE D'EGMONT BAY

St-Jacques

Après la paix de 1763, quelques Acadiens qui avaient échappé à la déportation, retournèrent à Malpèque, visiter les cendres de leur village qui leur avait autrefois coûté de si rudes labeurs et auquel ils étaient si profondément attachés. Ils s'y établirent de nouveau. Commençant une nouvelle vie sous le régime anglais, ces Acadiens acceptèrent la situation loyalement, ce qui n'empêcha pas cependant qu'ils eurent à surmonter d'innombrables difficultés de la part des Anglais, leurs voisins. Les conquérants sachant que les conditions de la paix ne leur permettaient plus de livrer une guerre ouverte, eurent recours aux moyens les plus vils, et continuèrent contre les Acadiens une persécution systématique pour leur faire abandonner leurs belles terres. A la fin, découragés et ayant encore frais dans la mémoire le souvenir de l'acte odieux perpétré contre eux et les leurs en 1758, plusieurs familles acadiennes résolurent de chercher ailleurs d'autres lieux où ils pourraient être à l'abri des tracasseries de leurs conquérants qui continuaient à être leurs persécuteurs. En 1812 et 1813 plusieurs familles émigrèrent à Egmont-Bay.

L'abbé MacEachern écrivait à l'évêque de Québec en 1813. "Je regrette de vous dire que les pauvres Acadiens du lot 17 sont obligés d'émigrer à Egmont-Bay. Il se dit que leurs voisins leur causent des misères tant au spirituel qu'au temporel". Parmi les premiers émigrés il y avait: Joseph Arsenault (Jo. League), Placide Arsenault, Jacques Arsenault, Joseph Bernard, Maxime Gallant et Prospère Poirier.

Peu de temps après leur arrivée à Egmont-Bay, ils construisirent une petite église, "pièces sur pièces", qu'ils firent dédiée sous le vocable de St-Jacques. Dans ce nouveau lieu, ils abattirent les arbres, défrichèrent les terres, et au milieu de mille misères, ils se firent de nouvelles demeures où aujourd'hui leurs descendants jouissent des fruits de leurs labeurs et de leurs sueurs. Ce dut être avec regret qu'ils quittèrent leurs beaux champs et leur ancien village pour reprendre encore une fois le chemin de la forêt afin de se tailler de nouveau des demeures où ils pourraient vivre en paix; mais ils avaient toujours foi en Dieu et le père Beaubien de Rustico venait de temps en temps les visiter et les encourager. De ces humbles commencements est sortie la paroisse de St-Jacques.

De 1818 à 1822, ce fut l'abbé Cecile qui desservit la mission de St-Jacques.

Le jour de l'Epiphanie 1821, une incendie détruisit la petite église. Ce fut une rude épreuve pour les gens, mais au bout de deux mois on en avait construit une nouvelle et durant le carême, l'abbé Cecile vint y dire la messe pour la mission.

De 1822 à 1828, la mission de St-Jacques fut desservie par l'abbé B.-D. MacDonald qui résidait à Belle-Alliance (Miscouche).

En 1828, l'abbé Sylvain-E. Poirier fut élevé à la prêtrise et immédiatement après son ordination il prit charge de toutes les missions acadiennes du comté de Prince. Il demeura à Tignish d'où il desservait la mission de St-Jacques.

En 1844, l'abbé Peter MacIntyre devint curé de Tignish d où il desservit les missions du comté de Prince à l'ouest de St-Jacques. L'abbé Poirier prit sa résidence à Miscouche et il eut encore la desserte des missions de Mont-Carmel et de Saint-Jacques.

A cause du mauvais état de sa santé, l'abbé Poirier se vit obliger d'abandonner la cure de Miscouche en 1860. Il eut pour successeur l'abbé Quevillon du diocèse de Montréal. L'abbé Quevillon eut aussi charge des missions de Mont-Carmel et de Saint-Jacques.

En 1865 la paroisse eut son premier curé résident, dans la personne de l'abbé Azade-J. Trudelle. Son successeur fut l'abbé Cajetan Miville qui arriva au mois d'octobre 1868. L'abbé Miville mourut le 11 décembre 1882, et l'abbé Stanislas-A. Boudreault devint curé de la paroisse. Pendant près de quarante ans l'abbé Boudreault se dépensa au service de ses paroissiens avec un zèle et un amour qui ne se démentirent jamais; sa mémoire restera ineffaçable dans cette paroisse. Il décéda le 27 janvier 1921 à l'âge de 77 ans.

M. l'abbé Richard St. John eut alors charge de la paroisse jusqu'au mois d'avril 1821 lorsque le curé actuel, M. l'abbé François-Xavier Gallant fut transféré de la paroisse de Bloomfield. L'église neuve a été commencée en 1922 et l'extérieur fut fini en 1923.

Nombre de familles …………………………………………………………………195
Nombre de familles acadiennes …………………………………………………….189

1926

Naissances ............... ……………………………………………………33
Mariages ................. …………………………………………………….6
Décès .................... ………………………………………………............15
Soldats enrôlés, guerre 1914-1918 ……………………………………100

Soldats acadiens tués ou morts: Joseph Arsenault, Moise Arsenault,- Théophile Arsenault, Hercule Arsenault, Théodore Arsenault, Emmanuel Arsenault, Etienne Arsenault, Augustin Arsenault, Jean-Cyrus Arsenault, Paul-A. Arsenault, Antoine Gallant, Joseph-A. Gallant, Emmanuel Geneau, Stanislas Barriault. (14)

Prêtres acadiens natifs de la paroisse: Rev. Sylvère Arsenault, C. S. C., (décédé). L'abbé Théodore Gallant, curé de Sturgeon, 1. P. E., l'abbé Joseph-S. Gallant, curé de Wellington, I.P.E., l'abbé François Arsenault, curé de Bassano, Alta, l'abbé André Arsenault, Académie St-Pierre, Iles de la Madeleine.

Religieuses acadiennes de St-Jacques: Il y a 75 religieuses dont 22 de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal.

Depuis la fondation de la paroisse, 28 instituteurs et 40 institutrices acadiens ont obtenu leurs diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

*photos Couvent de Congrégation N.-D. et Presbytère de Mont-Carmel
*photos Église Notre-Dame, M-C et Église St-Jean Baptiste, Misc.

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PAROISSE DE ROLLO-BAY

St.-Alexis

Selon le recensement fait par le Sieur de la Roque en 1752, il y avait alors six familles à la baie de Fortune (Rollo-Bay), soit en tout 57 personnes.

D'après le recensement de 1768, il n'y avait qu'une seule famille composée de cinq personnes à la baie de Fortune.

Le recensement de 1798 donne le nom de 22 familles. C'était des Longueépée, des Chiasson, des Landry, des Pitre, des Bourque et des Decheverrey.

Comme tous les autres groupes acadiens, celui-ci fut visité par l'abbé James MacDonald de 1772 à 1785, et par l'abbé MacEachern à partir de 1790. Durant l'hiver de 1800, l'abbé Gabriel Champion, venu de France, eut soin de cette mission. De 1800 à 1804, les abbés Pichard et de Calonne eurent la desserte de toutes les missions acadiennes de l'île. A la visite de Mgr Denaut en 1803, la population de cette mission était de 83 âmes.

Lors de la tournée pastorale de Mgr Plessis en 1812, il y trouva "une pauvre chapelle, misérablement construite et non-achevée, n'ayant pour tout ornements que deux chandeliers sans crucifix et un devant d'autel d'indienne sur lequel sont représentés des jeux d'enfants". Mgr Plessis y confirma 96 personnes.

De 1804 à 1812, l'abbé MacEachern fut le seul missionnaire a visiter cette mission; de 1812 à 1818 ce fut l'abbé Beaubien, et de 1818 à 1822, l'abbé Cecile.

A partir de 1822 jusqu'à 1835 ce fut encore l'abbé MacEachern qui desservit cette mission.

En 1853, l'église actuelle fut bâtie sous la direction de l'abbé Francis MacDonald.

L'abbé John MacDonald de Launching eut charge de RolloBay de 1835 à 1840; de 1840 à 1864 ce fut l'abbé Francis MacDonald, et de 1864 à 1880, ce fut l'abbé Donald-F. MacDonald.

Le premier curé résidant de Rollo-Bay fut l'abbé Edward Walker, D. D., en 1880. Il en a été le curé jusqu'au mois d'octobre 1926, alors que l'abbé Alphonse-L. Sinnott lui succéda.

Au mois d'août 1871, à Morell, près du site de l'ancien village de St-Pierre du Nord, se fit une découverte qui rappela des souvenirs d'avant la dispersion.

Un monsieur Barry en labourant un champ près de sa demeure, déterra la cloche de l'ancienne église de St-Pierre. Cette cloche avait dû être cachée lors de la déportation en 1758; il y avait donc 113 ans qu'elle gisait là. On la fit refondre et aujourd'hui elle est au clocher de l'église de St-Alexis.

Aujourd'hui, exception faite de quelques "anciens", on ne parle presque plus le français dans cette paroisse. Les causes de cette abandon de la langue sont faciles à trouver. Ce petit groupe, qui d'abord ne se composait que de quelques familles était entouré de gens de langue anglaise; il n'a eut aucune relation avec les autres groupes français, et ayant été desservi pendant plus d'un siècle exclusivement par des curés de langue anglaise, il n'est pas étonnant que ces gens aient perdu leur langue. On n'enseigne plus le français dans les écoles de cette paroisse, et en très peu d'années la langue française y aura complètement disparue.

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PAROISSE DE HOPE-RIVER

Ste Anne

La paroisse actuelle de Hope-River qui faisait autrefois partie de celle de Rustico fut formée en 1843. Jusqu'à cette date les habitants de cet endroit étaient obligés de se rendre à l'église de Rustico pour entendre la messe. Ce fut l'évêque B.-D. MacDonald qui fit construire la première église. Elle fut dédiée à Ste Anne. Cette paroisse fut longtemps desservie par l'évêque MacDonald et ses assistants les abbés Cajetan Miville, Charles Boudreault, Mathurin Dabareul, Thomas Phelan, Daniel MacDonald et Dougald-Stanislas MacDonald. De 1860 à 1866, la paroisse fut desservie par l'abbé François-Xavier DeLangie, curé de Kinkora. De 1866 à 1869, l'abbé Doyle qui suivit l'abbé DeLangie à la cure de Kinkora eut la desserte de Hope River. De 1866 l'abbé R.-P. MacPhee, curé de Rustico en fut chargé jusqu'en l'année 1875, date à laquelle l'abbé Azade-J. Trudelle en devint le premier curé résidant. En 1881, par suite d'un accident, l'abbé Trudelle dut se retirer du ministère pendant quelque temps, et la paroisse fut de nouveau donnée à l'abbé R.-P. MacPhee. L'abbé Stanislas-A. Boudreault était alors vicaire à Rustico et jusqu'en 1882, ce fut surtout lui qui administra les affaires paroissiales à Hope River. Le 11 octobre 1888 l'abbé F.-X. Gallant fut nommé curé. Au mois d'août 1891, l'abbé Gallant fut nommé à la cure de Bloomfield, et il fut suivi, à Hope-River par l'abbé James-A. MacDonald. En 1903, l'abbé A.-J. MacAulay fut nommé pour remplacer l'abbé MacDonald. L'abbé MacAulay fut remplacé en 1913, par l'abbé Jean Gaudet, qui fut suivi le .5 avril 1921, par le curé actuel, l'abbé William-V. MacDonald.

Jusqu'en l'année 1866, l'église se trouvait à une distance denviron 2 milles à l'ouest de l'église actuelle. En cette an" liée, l'abbé DeLangie 1a fit transporter au site actuel. Une nouvelle église commencée en 1875 fut incendiée avant d'être finie. L'année suivante fut commencée la troisième église qui fut terminée en 1877. L'église actuelle qui a été commencée en 1911 par l'abbé A.-J. MacAulay, n'est pas encore achevée.

Le premier presbytère bâti en 1876 devient la proie des flammes en 1881. L'abbé R.-P. MacPhee en fit bâtir un nouveau l'année suivante; celui-ci fut incendié en 1901. Le presbytère actuel a été bâti en 1902, sous la direction de l'abbé James-A. MacDonald.

Nombre de familles …………………………………..153
Nombre de familles acadiennes ……………………70

1926

Naissances ................………………………28
Mariages .............…………………..……….4
Décès ...................…………………..........….13
Soldats enrôlés, guerre 1914-1918 …………………………………..42

Soldats acadiens morts ou tués: Amand LeClair, Camille Doiron, - Doiron, Emmett Pitre, Henri Gallant, Antoine Pineau, Laurent Doiron. (7)

Il y a quatre religieuses, deux institutrices et douze instituteurs acadiens de la paroisse de Hope-River.

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PAROISSE DE SUMMERSIDE

St. Paul

D'après le recensement de 1881, il n'y avait que 208 personnes de langue française dans la ville de Summerside. En 1921, sur une population totale de 3228, les Acadiens comptaient pour 994. La population catholique pour la même année est de 1567. (totale). Les Acadiens forment donc les deux-tiers de cette ville.

Les Acadiens de Summerside sont presque tous venus des paroisses de Miscouche, Mont-Carmel et St. Jacques depuis une trentaine d'années. D'abord, ils étaient peu nombreux; ils étaient noyés dans la population de langue anglaise; ils commencèrent à apprendre Français, puis à le parler, et dans peu de temps ils oublièrent leur français.

A l'école publique, la seule fréquentée par les garçons, on n'enseigne pas de français aux commençants. Ce n'est qu'à, partir du grade VII que l'on commence à enseigner un peu de français aux élèves qui se destinent à subir les examens d'admission aux collèges. Quant aux petits Acadiens dont la langue maternelle est le français, on ne s'en soucie guère. S'ils ne peuvent apprendre l'anglais qu'avec bien des difficultés, tant pis pour eux; pourquoi naissent-ils français? Evidemment c'est de leur faute; qu'ils en subissent les conséquences, tel semblent être le raisonnement des autorités scolaires.

Toutes les filles catholiques de la paroisse sont censées suivre les classes du couvent dirigé par les soeurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Ce couvent n'est pas sous le contrôle du département de l'instruction publique; il est indépendant. Toutefois, on n'enseigne le français qu'à partir du grade VII. Ajoutez à cela, le fait que toujours depuis sa fondation, cette paroisse a été desservie par des prêtres de langue anglaise, et il n'y a pas lieu de s'étonner que les Acadiens de cette petite ville ne parlent que peu ou point le français.

Il y a été organisé autrefois une succursale de la Société l'Assomption, qui pendant quelques années eut un certain succès, mais dernièrement on semble s'y intéresser de moins en moins et elle est sur la veille de péricliter tout à fait.

Nombre de familles dans la paroisse ……………………………………358
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse ……………………… 190

(environ).

1926

Naissances ................ …………………………………….66
Mariages ................. …………………………………….12
Décès .................... …………………………………….17

Sur le monument érigé dans la ville de Summerside à la mémoire des soldats du comté de Prince tués ou morts à la guerre 1914-1918, il y a 232 noms. Sur ce nombre, il y a 59 noms acadiens, dont 19 Arsenault et 14 Gallant.

*photo Monument au soldats acadiens, M.-C.
*photo Congrès pédagogique acadien de Tignish

 

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PAROISSE DE CHARLOTTETOWN

St-Dunstan

D'après le recensement de 1881, il n'y avait que 206 personnes de langue française dans la ville de Charlottetown. En 1921, sur une population de 12,347, il y avait 864 Acadiens. La population catholique de Charlottetown est de 5646 âmes.

Les Acadiens de Charlottetown sont venus surtout des paroisses de Rustico et de Hope-River. Il y a aussi plusieurs familles des paroisses acadiennes du comté de Prince.

A Charlottetown comme à Summerside, le français n'est pas enseigné aux commençants, ni dans les écoles, ni dans les couvents. Ce n'est que lorsque les élèves entrent au grade VIII que commence l'étude du français. L'enseignement se borne à quelques notions de grammaire données en anglais, et à des exercices de traduction.

Les enfants de parents acadiens sont tenus à apprendre leur catéchisme et leurs prières en anglais. Il est donc très difficile, sinon impossible, que les petits Acadiens conservent leur langue.

En 1914 une succursale de la Société L'Assomption fut fondée et depuis cette date des assemblées françaises ont lieu chaque mois. A présent cette succursale ne compte que 26 membres en règle, mais elle continue de travailler au réveil du sentiment national parmi les nôtres.

Il y a cinq ans une Société Acadienne d'Epargne fut organisée. Cette société qui compte environ 100 membres a eu un succès assez considérable. L'année dernière les déposants ont économisé près de deux mille piastres. Comme ce montant a été réalisé en petites sommes de 10 à 15 sous, ce résultat est assez encourageant. Chaque année le montant déposé va en augmentant. Il nous semble que l'on devrait organiser de semblables caisses d'épargnes dans tous les centres acadiens de l'île.

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PAROISSE DE WELLINGTON

Immaculée - Conception

Dans cette paroisse de 84 familles formée en 1875, en détachant des parties des paroisses de Miscouche, Grand River et Egmont-Bay, il y a 20 familles canadiennes.

Le curé actuel est l'abbé Joseph-S. Gallant, natif de la paroisse d'Egmont-Bay.

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PAROISSE DE ST. CHARLES (Nouvelle Acadie)

St-Charles

De 1882 à 1887 une quinzaine de familles de la paroisse de Rustico vinrent s'établir au nord de la paroisse de Rollo-Bay dans un endroit alors connu sous le nom de Burke's Road. (Chemin de Bourque). C'était les familles de Eusèbe Pitre, Laurent Gallant, Benoni Gallant, Lambert Martin, Cyriaque Martin, Evariste Gallant, Jérome Pineau, Polycarpe Gallant, Cléophas Gallant, Sylvestre Gallant, Timothée Gallant, Gilbert Gallant, Timothée Pitre, Joachim Doiron et Maxime Pitre.

Il y avait alors cinq familles de langue anglaise dans ce village: David Anderson, John Butler, A. MacKenzie, Charles MacCormack et Arthur Christian. Ce district se trouvait compris dans la paroisse de Rollo-Bay; les gens devaient donc se rendre, pour entendre la messe, à l'église de St-Alexis qui se trouve à une distance d'environ sept milles.

Le curé de Rollo-Bay, l'abbé Edward Walker, encouragea ces gens à se construire une église. Ils se mirent bientôt à l'oeuvre, et, à l'été de 1896, ils eurent la joie de posséder une jolie petite église complètement achevée et qui leur fait honneur. Cette église fut dédiée en 1900, sous le vocable de St. Charles.

Ces vaillants paroissiens ne se sont pas contentés de cela. Aussitôt leur église terminée, ils commencèrent la construction d'un presbytère, et maintenant ils ont une résidence pour leur futur curé qui ne le cède en rien à celle des plus anciennes paroisses du diocèse.

Ces gens ont fait beaucoup de progrès depuis leur arrivée. Lorsqu'il vinrent de Rustico, tout ce district était recouvert de forêt vierge. Aujourd'hui la forêt est presque complètement disparue; elle a dû céder à la hache du défricheur, et on y voit de très belles fermes. La qualité du sol est des meilleures. Il y a maintenant 40 familles acadiennes dans ce village.

L'école publique qui fut ouverte en 1887, est maintenant sous la direction de M. Eusèbe Doucet. Pour l'année scolaire 1926, il y avait 41 élèves inscrits sur les registres. L'enseignement du français se borne à la lecture et un peu de grammaire.

A présent la paroisse de St. Charles comprend un autre district habité par quelques 30 familles écossaises et irlandaises. Elle est maintenant desservie par l'abbé Kenneth MacPherson curé de la paroisse de Ste-Marguerite, qui se trouve située sur la côte du golfe à six milles au nord de la NouvelleAcadie.

Sous le rapport de la langue, l'avenir de ce petit groupe est plutôt sombre. Il est vrai que l'on parle encore le français assez généralement dans les familles; mais entourés comme ils le sont, de tous les côtés, de voisins de langue anglaise et n'ayant aucunes relations avec les autres groupes acadiens, ils ne conserveront l'idiome national et les traditions acadiennes qu'au prix de bien des efforts et de bien des sacrifices. Vraiment, les autres groupes acadiens de l'île devraient s'intéresser beaucoup plus au sort de ces gens et leur faciliter autant que possible les moyens de conserver leur identité nationale.

PAROISSE DE PALMER-ROAD

Immaculée- Conception

La paroisse actuelle de Palmer-Road qui faisait autrefois partie de Tignish fut formée en 1869 et desservie pendant plusieurs années par l'abbé D.-M. MacDonald curé de Tignish. Les Acadiens de cette paroisse sont descendants des premiers colons de Tignish.

La première église fut construite en 1869 sous la direction de l'abbé MacDonald. Elle fut dédiée sous le vocable de l'Immaculée-Conception.

En 1878, l'abbé MacDonald fit construire le presbytère actuel.

En 1882, l'abbé Azade-J. Trudelle devint le premier curé résidant de la paroisse. Il y fut suivi en 1885 par l'abbé G.-A. Picotte. En 1891, l'abbé Picotte fut remplacé par l'abbé J.-C, MacMillan, l'auteur de l'histoire en deux volumes: "The Catholie Church in Prince Edward Island", qui à l'automne suivant fut obligé de se retirer à cause du mauvais état de sa santé. Il eut comme successeur l'abbé Jean Chiasson, D. D. En 1902, l'abbé Chiasson fut transféré à la cure de Rustico et il fut remplacé par l'abbé P.-C. Gauthier, le curé actuel.

Le 24 mai 1890, la première église de Palmer-Road fut détruite par le feu. Cette église n'était ni bien grande ni très belle, mais dans la situation des colons de cette paroisse nouvellement organisée, l'épreuve fut rude. Toutefois, les gens ne se découragèrent pas et l'abbé Picotte ayant appelé les paroissiens en assemblée, il fut décidé de réparer une grande bâtisse qui se trouvait près de l'église incendiée et de l'utiliser comme chapelle en attendant qu'une nouvelle église fût bâtie.

L'année suivante, sous la direction de l'abbé Chiasson, fut construite l'église actuelle qui est considérée comme l'une des plus belles du diocèse de Charlottetown.

Nombre de familles dans la paroisse ……………………………………………75
Nombre de familles acadiennes dans la paroisse……………………………… 203

1926

Mariages ……………………………………………………………….…13
Naissances …………………………………………………………………56
Décès …….........……………………………………………………………14
Soldat enrôlés, guerre 1914-1918 ……………………………………………….26
Soldats tués ou morts, guerre 1914-1918 ………………………………………...3

Prêtres natifs de la paroisse:

L'abbé Jean Gaudet, curé de Bloomfield.

Religieuses de la paroisse:

Il y a sept religieuses de cette paroisse.

Depuis la fondation de la paroisse deux instituteurs acadiens et cinq institutrices acadiennes ont obtenu leurs diplômes du Bureau de l'Instruction Publique.

*photo Église St-Jacques, Egmont-Bay
*photo Famille de Ignace Gallant et Domethilde Buote