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ARCHIVÉE - Histoires orales de la Première Guerre mondiale :
Les anciens combattants de 1914 à 1918

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Élement graphique : Administrant les premiers soins à un soldat canadien blessé.

La bataille de la Somme

Traduction libre de la transcription fournie par Bibliothèque et Archives Canada.

Dans cette section :

Entrevue avec Robert Mitchell : 24e Bataillon
Extrait de transcription, 3 minutes, 55 secondes

Q. Nous avons fait une longue digression. Vous deviez me parler de la Somme voilà un bon moment.

R. La Somme, c'était notre première bataille. Si vous avez le temps, je vous prêterai un livre, tout y est résumé. J'ai participé à la rédaction. Nous étions environ une centaine à avoir travaillé à ce livre.

Q. J'aimerais mieux vous entendre me raconter vos souvenirs.

R. Nous marchions tout le temps. Nos pieds étaient endoloris. Dans la Somme, le sol était sec et calcaire. On était bien sûr en septembre. Rappelez-vous que ce sont les Fritz qui ont commencé. Ils ont fait sauté quelques tranchées et, si je m'en souviens bien, un premier ministre londonien s'est levé un matin pour écouter les mines qui explosaient. Nous les avons suivis dans la bataille.

Q. Pour vous, c'était une bataille particulière.

R. La Somme a été notre première grande bataille.

Q. Est-ce pour cela qu'elle est particulière?

R. Je suppose. Vous savez, jusque-là, nous avions des escarmouches, comme celles aux cratères de Saint-Éloi, et dans les tranchées, ou en dehors. Nous passions une semaine en dedans, dix jours au dehors, ça devenait monotone.

Q. Qu'est-ce qui a fait de la Somme une grande bataille?

R. Les journaux en ont beaucoup parlé. Nous savions que nous allions dans la Somme. Avant cela, la seule information concernant les Canadiens était toujours : « Tout est calme sur le front ouest. » Et deux ou trois camarades sur dix se faisaient tuer, mais le front ouest était bien calme à l'époque. C'est seulement lorsque nous arrivions à un grand front que nous pouvions regarder tout autour et voir des tranchées partout. Le 22e Bataillon, le Van Doos, a fait à l'époque un excellent travail. Je sais que notre bataillon a été désigné pour lui emmener des bombes.

Q. Du point de vue d'un soldat, qu'est-ce qui a fait de la Somme une grande bataille?

R. Sans doute la publicité, dans les journaux.

Q. Est-ce que le travail à faire, et la bataille, n'ont pas été plus importants?

R. Si, nous étions plus de monde. Nous savions que nous n'étions pas seuls, nous n'occupions qu'une petite partie de la ligne. Nous étions encadrés de chaque côté par des troupes anglaises; il y avait peut-être des Australiens derrière nous, avec des pièces d'artillerie. N'oubliez pas que c'est à la Somme, le 15 septembre 1916, que nous avons eu pour la première fois des blindés. Nous en avions 15, je crois. Nous avons cru au début que ce serait grandiose de marcher derrière les blindés, mais l'ennemi s'est attaché à détruire ces blindés. Ce n'était plus drôle du tout alors. Nous les avons esquivés par la suite. Bien sûr, pour l'époque, c'était de grands monstres bruyants. Nous avons tous fait le tour du pâté, juchés sur ces monstres. C'était superbe.

Q. Étaient-ils vraiment surestimés?

R. Oui, je suis sûr qu'ils l'étaient. Aujourd'hui, ils ne le sont plus, car l'artillerie a été mise à jour, mais à l'époque, c'était des canons de six à dix, très bruyants, qui provoquaient une forte commotion à l'intérieur.

Q. Je n'ai jamais discuté avec un homme qui s'est trouvé dans un blindé.

R. Les premiers blindés étaient terribles. Je m'y suis seulement promené, une promenade de plaisir de cinq minutes, et j'étais ravi de sortir de là. C'était si bruyant! Il y avait quelqu'un en dedans qui tirait avec une mitrailleuse, puis nous avons eu de petits canons de campagne, c'est tout. Aujourd'hui, ils ont des radars, et donc ils n'ont pas besoin de montrer où ils vont. Les premiers blindés étaient lourds et encombrants.

Q. On devait se sentir très seul en dedans. On ne devait pas se sentir très protégé, même entouré de tant d'armement.

R. N'oubliez pas que si quelqu'un visait droit sur le blindé et que le coup frappait à l'extérieur, la commotion en dedans était terrible. Je crois que la moitié d'entre eux ont été abandonnés là. Nous sommes arrivés avec 15 blindés, et six ou huit sont restés là.