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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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John Napier Turner.

Biographie

1929-

Tout pays qui serait prêt à céder des leviers économiques serait inévitablement amené à céder des leviers politiques et perdrait du même coup une grande partie de sa capacité à demeurer souverain. Je ne crois pas que, pour assurer notre avenir, nous devions céder les leviers concourant à notre souveraineté économique et ainsi accepter de devenir un partenaire mineur dans la grande entreprise des États-Unis d'Amérique. - John Turner, le 12 octobre 1988.

Voilà des paroles inattendues de la part d'un ancien chef d'entreprise sur le sujet du libre-échange. Mais en dépit de ses nombreuses années de carrière dans le milieu des affaires, John Turner avait une vision du Canada qui allait bien au-delà des aspects financiers. Il mesurait bien les risques associés à la signature de l'accord sur le libre-échange et il a combattu vaillamment dans l'espoir de convaincre les Canadiens de défaire le parti qui en était le promoteur. Et il a bien failli y parvenir.

John Napier Turner voit le jour en 1929 à Richmond dans le Surrey, en banlieue de Londres, en Angleterre, d'un père anglais faisant métier d'armurier. Turner aurait pu grandir en Angleterre, n'eût été du décès de son père survenu alors qu'il n'avait que trois ans. La mère de Turner, Phyllis, qui est canadienne, retournera dans sa ville natale de Rossland, en Colombie-Britannique, après le décès de son mari. L'année suivante, elle se voit offrir un emploi à la Commission du tarif (devenue depuis le Tribunal du commerce extérieur) à Ottawa. Phyllis Turner entame alors ce qui sera une brillante carrière dans la fonction publique, et ses enfants grandiront à Ottawa.

Turner fréquentera le collège Ashbury et le collège St. Patrick avant de voir sa mère se marier avec Frank Mackenzie Ross, un homme d'affaires prospère de Vancouver. La famille déménage ensuite dans l'Ouest, et Turner est admis à l'Université de la Colombie-Britannique où il étudie en sciences politiques, en économie et en anglais, et où il excelle en athlétisme.

Après avoir obtenu son diplôme en 1949, il reçoit une bourse de la fondation Rhodes, qui lui permettra d'aller étudier en droit à Oxford et, par la suite, il ira préparer son doctorat à l'Université de Paris. En 1953, il rentre à Vancouver faire ses études préparatoires au Barreau canadien. Plutôt que de retourner à Paris, il déménage à Montréal, où il entre au service du cabinet Stikeman and Elliott. Il est ensuite admis au barreau du Québec, en 1954.

Turner est attiré en politique par le ministre du Cabinet libéral, C.D. Howe. En 1957, Howe lui demande de se joindre à son équipe pour la campagne électorale. Trois ans plus tard, Turner est invité à prendre la parole à un congrès libéral à Kingston. Graduellement, il resserre ses liens avec le parti et, en 1962, il accepte de se porter candidat à l'investiture libérale dans la circonscription de St-Laurent-St-Georges. Il devient candidat et remporte l'élection en juin.

Une fois installé à Ottawa, Turner se joint à un groupe de jeunes Libéraux désireux de réformer la politique du parti. Les médias auront tôt fait de qualifier ces ambitieux Libéraux d'arrière-banc de « jeunes Turcs ». En dépit de son étiquette de rebelle, Turner entre au Cabinet du premier ministre Lester Pearson à titre de ministre sans portefeuille. En 1967, il est nommé Ministre du Ministère de la Consommation et des Corporations, récemment créé.

Lorsque Pearson démissionne en 1968, Turner entre dans la course à la direction du parti, laquelle il perd aux mains de Pierre Elliott Trudeau. Lorsque ce dernier prend le pouvoir, Turner est nommé ministre de la Justice. Pendant ses quatre années à ce poste, il réorganise et rajeunit le Ministère. Il abandonne la longue tradition du favoritisme de parti dans la nomination des juges, dirige un certain nombre de réformes du Code criminel, met sur pied la Commission de réforme du droit et dirige le Ministère à l'époque où ce dernier impose le régime de la Loi sur les mesures de guerre, pendant la crise du FLQ.

En 1972, Turner devient ministre des Finances. Comme le Parti libéral forme un gouvernement minoritaire, les budgets qu'il soumet doivent être acceptés par au moins l'un des deux partis d'opposition. Il réussit à faire accepter son budget de 1973, mais l'année suivante, son budget est défait par le Nouveau Parti démocratique, et des élections sont déclenchées. Après les élections de 1974, Turner demeure ministre des Finances, une fonction qu'il affectionne de moins en moins. Le Cabinet ne lui offrant plus d'autres horizons, il démissionne de son poste de Ministre des Finances en 1975 et quitte la politique l'année suivante.

Il retourne à la pratique du droit, au sein du cabinet torontois McMillan Binch. Lorsque Trudeau quitte à son tour la politique au lendemain de la défaite libérale aux élections de 1979, Turner n'est nullement disposé à entrer dans la course à la direction du parti. Les Conservateurs (minoritaires) seront bientôt défaits à la Chambre des communes, et Trudeau est invité à reprendre la tête des troupes libérales.

Lorsque Trudeau quitte finalement la vie politique en 1984, de nombreux Libéraux voient dans Turner son successeur logique. Avec un large appui au sein du parti, Turner est élu chef et, du même coup, premier ministre.

Turner hérite toutefois de graves problèmes; le départ de Trudeau laisse un vide dans la politique des Libéraux, et après seize années de pouvoir libéral, l'électorat est revenu de ses illusions.

Turner, tablant sur sa nouvelle popularité comme chef, déclenche hâtivement des élections. Mais le parti sort de son congrès exsangue et désorganisé; de plus, même si Turner a bien cherché à se dissocier des politiques de Trudeau, il a, tout comme son prédécesseur, fait preuve de favoritisme dans ses nominations, et indisposé l'électorat. Les Libéraux en paieront le prix, par une défaite cuisante aux élections de 1984.

La reconstruction du parti sera pénible, bien que Turner saura tirer parti des difficultés et scandales nombreux qui jalonneront le règne des Conservateurs. Turner connaît ses meilleurs moments comme chef de l'opposition au cours de la campagne électorale de 1988, lorsqu'il se fait le pourfendeur de l'Accord sur le libre-échange. Malheureusement, ses efforts ne suffiront pas à vaincre les Conservateurs. Après deux défaites électorales, Turner quitte la politique et retourne à sa carrière de droit.


Source : Les premiers ministres du Canada, 1867-1994 : biographies et anecdotes, [Ottawa], Archives nationales du Canada, [1994], 40 p.

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